Bonjour bonjour!
Bientôt la rentrée, pressées? Non, je suppose que non ;) Mais bon, c'est la vie, faut bien travailler des fois!
Alors voici le chapitre 11 qui est, il me semble (quoi, c'est mon histoire, je dois savoir? nianiania) l'avant dernier. Et voui, Dylan et Tyler vont bientôt vous quitter, c'est tristounet :') Mais je suis sûre que d'autres auteurs vont prendre la relève, ça serait dommage de ne pas exploiter plus que ça le Dyler :)
Bref, j'espère que ce chapitre vous plaira, je pense... Etant donné que... non je dis rien, pas de Spoiler!
Bisou bisou!
Chapitre 11
POV Dylan
Je me mis à courir, comme l'ensemble des acteurs présents sur le plateau. Mon regard était vissé à celui de Shelley qui hurlait à une dizaine de mètres de moi. Je tendis la main vers son visage effrayé, juste avant que la supposée explosion retentisse et là, un fil – attaché au harnais que je portais dans le bas du dos – me tira en arrière brusquement tandis qu'un ventilateur se mettait à tourner à pleine puissance pour mimer le souffle de la déflagration. J'atterris sur un sol en mousse – pas si moelleux que ça – et un corps chaud recouvrit le mien. Je fermais les yeux pour ne pas être ébloui par la violente lumière accompagnant le simulacre d'explosion. Lorsque je les rouvris, je croisai une fraction de seconde les iris verts de Tyler avant de tenter de le repousser. Mon regard se fit paniqué alors que Stiles comprenait que la voiture qui contenait Malia venait d'exploser.
« Noooooooooon ! » hurlai-je d'une voix cassée. « Malia ! Malia ! »
« Coupez ! » cria Russell en avançant vers nous. Les spots s'allumèrent tous d'un coup et me brûlèrent la rétine. « Ok, il nous restera encore certains gros plans à faire, mais l'essentiel est dans la boîte. Par contre on refera ton cri Dylan, on dirait un chat qu'on égorge. »
Je lui lançai un regard mauvais tandis que je percevais quelques rires. Ian, Arden et les autres se relevèrent en époussetant leur vêtements. Je soupirai à fendre l'âme et laissai tomber ma tête contre le sol, mon corps éprouvé transformé en guimauve. Six heures qu'on bossait sur cette scène. Six heures ! Est-ce-que vous vous rendez compte ce que ça faisait de se faire plaquer à terre trente-deux fois d'affilée ? Par Tyler qui plus est. Y'avait vraiment quelqu'un là-haut qui m'en voulait !
Je tentai de me relever. En vain, bien sûr, comme les fois précédentes. Pour que Derek semble très difficile à faire bouger – ou bien pour accentuer la faiblesse des muscles de Stiles – on faisait porter à Tyler des poids sous son blouson de cuir. Et bien sûr, il les avait sur lui actuellement. Je soupirai à nouveau et Tyler me jeta un regard mauvais.
« Arrête de te plaindre. J'y suis pour rien, moi. Comme si j'avais envie de rester couché sur toi. » finit-il en marmonnant, une grimace - de dégoût - collée aux lèvres. Je résistai à l'envie de lever les yeux au ciel et pris mon mal en patience, attendant que quelqu'un vienne le dégager de là, me rendant ainsi ma liberté.
Ça faisait un peu plus d'un mois que Tyler m'avait bien fait comprendre sa façon de voir l'évolution de notre amitié et, bien que mon cœur se soit tordu de désespoir, j'avais obéis à son ordre. Plus aucun échange. Ni tactile, ni visuel, ni verbal. Je m'étais dit qu'en respectant son souhait de m'éloigner, il allait peut-être se rendre compte que l'on comptait beaucoup l'un pour l'autre. Qu'on ne pouvait pas anéantir une amitié comme la nôtre d'un simple claquement de doigts.
Les premiers jours, j'avais eu quasiment l'impression qu'on ne tournait plus dans la même série. Je ne le voyais jamais. Faut dire que c'était en partie grâce à moi. Lorsque j'entendais son prénom, je me détournais et si, par malheur j'entrais dans une pièce où il se trouvait, je fuyais sans un regard. Mais n'allez pas croire qu'il n'avait pas fait la même chose de son côté. J'avais souvent aperçu sa silhouette s'éclipser alors que je discutais avec d'autres acteurs. Ou identifié son parfum tandis qu'une porte claquait. Et apparemment nous n'étions pas les seuls à faire en sorte que nous soyons le plus possible séparés. Je m'étais demandé si Jeff n'avait pas supprimé tous les passages mettant en scène Derek et Stiles. Peut-être Tyler l'avait-il soudoyé pour qu'il le fasse...
Quoi qu'il en soit, j'avais presque oublié son existence. Bon d'accord, peut-être pas. Mais j'avais essayé. Et puis, au fil des jours, Tyler avait semblé plus enclin à supporter ma présence. Il avait l'air moins coléreux lors des répèt' et m'avait même dit « Merci » deux semaines plus tôt, lorsque je lui avais passé une des bouteilles d'eau que Ian faisait tourner. Ce qui m'avait fait buguer pendant quelques secondes. Oui, franchement, il m'avait semblé que l'horizon s'éclaircissait et que, peut-être, nous allions pouvoir parvenir à une entente... cordiale.
Bien sûr, je m'étais lourdement trompé. En effet, depuis quelques jours, il semblait vouloir exploser un mur à chaque fois que je croisais son chemin. Et, pas de bol, ça arrivait souvent puisque le scénariste avait apparemment décidé de rattraper son quota de « Sterek » en fin de série. Tyler n'avait pas dû lui graisser assez la patte. Génial. Du coup nous restions souvent tard le soir, heureusement jamais seuls, pour répéter ou finir une scène particulièrement complexe – comme aujourd'hui par exemple. Je n'avais toujours pas compris ce revirement de situation qui – je devais l'avouer – m'avait un peu déçu. Bon, ok, terriblement déçu. Je pensais... Enfin, je sais pas... J'avais tellement envie de retrouver mon meilleur pote. Hélas, au vu des regards enragés qu'il m'adressait de nouveau chaque fois qu'il me voyait, je commençais à faire une croix sur cet espoir.
POV Tyler
Bon. Bon bon bon. Exactement le genre de situation que j'essayais à tout prix d'éviter ces derniers temps. Je lançai un regard exaspéré aux techniciens pour que l'un d'entre eux vienne nous dépêtrer de cette position merdique mais ils semblaient occupés à résoudre un problème de câble. Comme si nous n'étions pas plus importants qu'un foutu câble. J'entendis Dylan soupirer à nouveau et lui sortis une réplique que j'espérais cinglante pour qu'il arrête. Pas que ça me fasse plus chier que ça qu'il souffle, à vrai dire j'en avais moi-même extrêmement envie. Non, c'était juste qu'à chaque soupir, son corps bougeait contre le mien et j'avais peur d'avoir un... léger souci.
Bien que ça me mette vraiment mal à l'aise d'y penser, je devais avouer que depuis bientôt une semaine mes rêves avaient plutôt évolué. De la timide caresse sur la joue, j'en étais arrivé à... fantasmer sur Dylan. Mais du genre carrément érotique. Oui, je faisais des rêves torrides à propos d'un mec, le même mec sur lequel j'étais actuellement étalé, et j'en étais franchement pas fier. La première fois que je m'étais réveillé tremblant, emmêlé dans des draps trempés et affligé d'un léger souci dans la partie basse de mon anatomie, je ne me souvenais que vaguement du rêve dont j'émergeais. Je me rappelais de corps se mouvant en cadence, de peaux luisantes de sueur et de gémissements étouffés. Mais je n'avais pu attribuer aucun visage à la personne qui avait peuplé ma nuit. Ce n'était que sous la douche, alors que je m'occupais de mon « problème », que ça m'était revenu. Et alors, j'avais joui comme jamais avec des images de Dylan frémissant dans mes bras. Je m'étais senti vraiment mal, sale et honteux. C'était pas moi ça ! J'avais jamais été attiré par le moindre mec ! Je me croyais le plus hétéro des hétéros. Et me voilà qui me masturbais en imaginant baiser mon ex meilleur pote.
Pour couronner le tout, cette nuit-là n'avait pas été orpheline. Non, bien au contraire, toutes les suivantes l'avaient imitée, m'envoyant des rêves à la limite du porno gay. Je ne savais pas comment gérer ça. Je voulais que ça s'arrête, que mon inconscient – ou quelle que soit la merde qui provoquait ça – se taise pour que je puisse enfin ne plus avoir peur de m'endormir. Situation assez ironique si on y réfléchissait bien : moi qui avais voulu retrouver Dylan dans mes rêves quelques jours plus tôt, je crevais maintenant de trouille à l'idée de fermer les yeux le soir. Parce que je savais ce qui m'attendait. Je savais que j'allais me réveiller au moins trois fois, dans l'obscurité de ma chambre, une érection douloureuse pointant vers le plafond avec le prénom de mon ex pote prêt à jaillir de mes lèvres tremblantes.
J'avais tout essayé. De la douche glacée, à la technique « Je pense à quelqu'un d'autre pendant qu'j'me touche ». Cette dernière fut un échec total, puisque les contours féminins que je traçais dans mon esprit laissaient rapidement place au corps musclé de Dylan. Ce qui achevait de me rendre cinglé puisque je m'obligeais à stopper tout mouvement, me refusant à poser les mains sur mon corps tout en ayant son visage en tête. J'avais même couché avec une fille, bordel – une rousse au cheveux longs afin d'éliminer toute association d'idées. Mais rien n'y avait fait, mon corps avait refusé catégoriquement d'entendre raison et cette obsession n'avait fait que croître. Quel con !
C'est ainsi que j'étais redevenu exécrable envers Dylan. Moi qui m'étais pourtant dit que, peut-être, notre relation pouvait reprendre un tournant amical. Maintenant c'était impossible. Après tout ce que mon esprit tordu imaginait alors que j'évitais soigneusement de le croiser, je n'osais imaginer la nature de mes fantasmes si je me rapprochais à nouveau de ce type.
Je revins au moment présent en sentant Dylan bouger contre mon corps. Il s'impatientait clairement et je ne pouvais lui donner tort. Je tentais de me relever à nouveau mais, à cause de la fatigue et des poids sur mon dos, je ne parvins qu'à accentuer le frottement de nos torses. Bordel. Il ne me rendit pas le regard hargneux dont je le gratifiai : ses yeux fixaient un point au dessus de mes épaules. Son air se fit soulagé et je sentis soudain quatre paires de mains attraper mon harnais pour me tirer en arrière, me libérant de la chaleur du corps de Dylan. Bien malgré moi, la déception m'envahit et je me concentrai pour n'en rien laisser paraître. A la place, je forçai mes traits à exprimer également du soulagement. Dylan s'en aperçut et me lança un regard qu'il voulait rendre agressif mais qui laissait surtout filtrer sa peine, et je dus m'auto-flageller pour ne pas le réconforter en le serrant dans mes bras. Si seulement mon cerveau pouvait garder en permanence le contrôle de mon corps...
J'observai Dylan se relever difficilement et me détournai. J'avais hâte de retirer tout cet attirail qui ralentissait mes pas en me donnant l'impression que la gravité avait doublé. Enfin allégé, je passai près de Ian et Holland. Je fronçai les sourcils en voyant cette dernière m'adresser un sourire complice. Je l'ignorai – elle avait tendance à être bizarre ces derniers temps – pour me rendre aussi vite que possible dans ma loge, pressé d'enlever le maquillage et les lentilles que j'étais obligé de porter.
Arrivé dans le couloir menant aux différentes loges, je tombai nez à nez avec Britt. Celle-ci eut d'abord l'air étonné avant que ses yeux ne se fassent plus durs. Elle m'adressa un regard empli de pitié, auquel bien sûr je répondis. Je ne pouvais pas blairer cette fille. A la base je n'avais rien contre elle, mais j'avais bien vite compris qu'elle ne me portait pas dans son cœur. Et depuis la dispute qui avait eu lieu entre Dylan et moi, elle ne se privait pas de me lancer des regards mauvais et légèrement moqueurs. J'étais certain qu'elle jubilait à l'idée que nous n'étions plus amis, cette garce. Nous nous observâmes en chiens de faïence, les lèvres pincées. Je ne voulais pas baisser les yeux et lui laisser cette petite victoire. Je savais que c'était ridicule mais je ne pouvais pas m'en empêcher. Apparemment elle était dans le même état d'esprit. C'est l'arrivée d'un Dylan essoufflé qui brisa notre duel silencieux. Il s'apprêtait à parler lorsqu'il se rendit compte de ma présence. Il ferma alors la bouche et nous dévisagea quelques secondes.
« Euh... Les gars... Cette situation est légèrement bizarre... » Il se tourna vers Britt et lui sourit – et je la détestai encore plus. « On y va ? Ton père va nous attendre. »
« Oui, tu as raison mon amour. » Elle accentua ce dernier mot et je fulminai intérieurement. Manifestement elle savait ce que je ressentais. Elle percevait ma jalousie. Après tout, on prétendait qu'une fille comprenait très vite lorsque quelqu'un piétinait ses plates-bandes. Et cette salope faisait tout pour retourner le couteau dans la plaie. Elle me jeta un coup d'œil et continua. « C'est toujours bon pour notre week-end, au fait ? Je dois réserver le chalet pour vendredi, ce soir au plus tard ! »
Le sourire cruel qu'elle arborait n'échappa à personne et Dylan leva un sourcil avant de lui répondre.
« Euh... oui je crois que c'est bon, faut juste que je voie avec les autres pour que- »
« Non, tu peux pas ! »
Cette phrase m'avait échappé et je ne me rendis compte de mes paroles que lorsque le couple tourna un regard vers moi. Étonné pour Dylan, agacé pour Britt. Je fis carburer mon cerveau à plein régime pour produire une explication. Vite !
« Je veux dire... c'est pas possible que tu partes ce week-end. » Je me raclai la gorge devant l'air perplexe de Dylan. Après tout, depuis un mois, les seules fois où je lui parlais, c'est que j'y étais obligé. Et voilà que je m'immisçais dans leur conversation. Je me repris. « On a une scène entre Stiles et Derek à tourner lundi prochain et on doit répéter. »
« Et vous pouvez pas le faire avant la fin de la semaine ? » me demanda Britt – enfin ça tenait plutôt de l'ordre si vous voulez mon avis. Elle croisa les bras sur son torse, me défiant de la contredire. Ce qui, évidemment, me donna particulièrement envie de le faire.
« Non, on a trop de choses à terminer cette semaine. Et puis la scène est super longue, il va nous falloir pas mal de temps pour bien la maîtriser. » ajoutai-je pour enfoncer le clou.
Je dus me faire violence pour ne pas laisser paraître un sourire de victoire tant son air défait était jouissif à regarder. Elle se tourna vers Dylan qui nous observait tour à tour sans rien dire. Il grimaça et fit un sourire d'excuses à Britt avant de me regarder.
« Ah... Bon bah, ok... Tu me diras où et quand tu veux qu'on répète. »
Puis il se détourna et partit dans sa loge, laissant Britt seule avec moi. Cette dernière me lança un regard de tueuse avant de le suivre, claquant de façon pitoyable ses talons au sol dans un signe manifeste d'énervement. Je pus enfin laisser mon sourire s'épanouir et roulai des yeux. Alors seulement je réalisai ce que je venais de faire... J'allais devoir passer des heures en tête à tête avec Dylan... Foutue testostérone.
POV Ian
Je fixai mes yeux rouges et douloureux dans le miroir en face de moi et soupirai. J'allai devoir rappeler les maquilleurs pour qu'ils m'enlèvent ces lentilles alors que je venais tout juste de les renvoyer. J'aimais pas du tout qu'on me tripote de partout comme ils le faisaient mais apparemment je n'allais pas avoir le choix. Tandis que je finissais d'ôter les dernières traces de maquillage, j'entendis quelqu'un toquer doucement à ma porte et la silhouette floue – foutues lentilles ! – de Holland apparut sur le seuil.
« Je peux entrer ? » demanda-t-elle en avançant vers l'endroit où j'étais assis.
« Fais comme chez toi » répondis-je en souriant ironiquement. Comme si j'avais besoin de lui dire.
Elle s'assit légèrement sur l'accoudoir de mon fauteuil et me fixa dans le miroir. Ses yeux s'agrandirent puis se plissèrent lorsqu'elle s'aperçut de mon léger problème. Elle posa ses mains sur mes joues pour tourner mon visage vers le sien et soupira à nouveau.
« Faut vraiment que t'arrêtes de vouloir enlever ces machins tout seul, Ian. Tu vas te faire vraiment mal un jour ou l'autre. » me gronda-t-elle avec son air de maman.
Je lui fis une grimace et elle soupira en s'éloignant de moi pour aller se laver les mains. Lorsqu'elle revint, elle s'assit confortablement sur mes genoux et entreprit de me libérer de ces trucs démoniaques. Elle les déposa dans leur étui sur la coiffeuse et au lieu de se lever comme je pensais qu'elle allait le faire, elle resta là, à me fixer durant quelques secondes. Au bout d'un moment, le silence devint légèrement dérangeant, rappelant celui de notre dernière répét'. Je me raclai la gorge et Holland cligna rapidement des yeux, comme émergeant d'une sorte de transe.
« Alors, tu es venue juste pour me taper sur les doigts ou bien tu voulais me dire quelque chose ? »
« Ah oui ! » Elle lissa le col en V de mon tee-shirt trop moulant à mon goût et continua sur le ton de la conspiration. « Mon plan marche à merveille ! J'ai, par hasard, entendu une conversation entre eux deux il y a quelques minutes... »
Elle laissa sa phrase en suspens pour faire durer l'intrigue. Je ne lui fit pas le plaisir de demander la suite, même si j'en avais envie. Je n'avais pas relevé son « par hasard », sachant très bien qu'elle était allée les espionner. Il ne fallait pas m'en demander trop. Voyant que j'attendais patiemment, elle fit une petite moue déçue et continua :
« Tyler est jaloux comme un pou ! Il a même pratiquement supplié pour passer du temps avec Dylan. »
« Ça j'en doute. » Je m'imaginais très mal mon ami supplier qui que ce soit, et sûrement pas son ex pote.
« C'est pourquoi j'ai précisé « pratiquement ». » Elle fit une mimique excédée et je ne pus m'empêcher de sourire devant son air gamin. « Max n'est pas là ce week-end. » Son changement de sujet brusque me prit au dépourvu et je ne sus quoi répondre. Elle plongea ses yeux dans les miens, y cherchant un indice de... de je ne savais quoi. Elle dut pourtant le trouver car elle me sourit doucement et se décida enfin à descendre de mes genoux. « Je me disais qu'on pourrait peut-être se faire un pique-nique. Tu sais, comme avant... »
Comme lorsqu'on était encore ensemble. Voilà ce qu'elle sous-entendait. Et malgré mon envie de dire oui, je me retins. Je n'avais pas le droit d'entrer dans son jeu. Du moins, pas plus que je ne l'avais déjà fait. Le week-end dernier m'avait bien fait comprendre que nous glissions sur une très mauvaise pente, et je ne voulais pas que quelqu'un souffre. Holland et moi, nous avions essayé. Ça n'avait pas fonctionné. Enfin, c'est ce que j'avais pu comprendre lorsqu'elle m'avait rejeté brutalement quelques mois auparavant. Malgré mon amour pour elle, j'avais bien intégré qu'elle n'était pas faite pour moi, et qu'elle insiste pour me garder près d'elle comme ça, me faisait du mal. Parce que, la plupart du temps, j'étais trop faible pour dire non. Cette relation amicale devenait vraiment trop... quoi ? Ambigüe? Je ne savais pas... Je savais juste qu'il fallait que j'y mettre un frein.
« Oh tu sais, je crois que Haley aimerait qu'on aille voir le nouveau film avec Shia LaBeouf... » Je vis dans ses yeux que le prénom de ma petite amie l'agaçait mais je ne regrettais pas de l'avoir prononcé. « Une autre fois peut-être ? » ne pus-je me retenir d'ajouter.
Elle me sourit faussement et détourna le regard.
« Oui... Une autre fois. »
Son murmure fut à peine audible. Elle haussa les épaules et sortit de la pièce comme si le diable était à ses trousses. Je soupirai et me replongeai dans la contemplation de mon reflet. Les femmes...
POV Dylan
J'embrassai une dernière fois Britt qui avait absolument tenu à m'accompagner à cette foutue répétition avec Tyler. Pour passer le plus de temps possible en ma compagnie avant le week-end, avait-elle argumenté. Parce que, si moi, je n'avais pas pu partir à cause de la soudaine lubie de mon ex-meilleur pote concernant l'acharnement au travail, elle y allait quand même, avec deux copines. Je posai mes mains sur ses épaules dans l'intention de la repousser doucement mais elle se colla un peu plus à moi, nichant son nez dans le creux de mon cou.
« J'ai pas envie de te laisser. » marmonna-t-elle contre mon tee-shirt.
Je ris légèrement, tout en étant un tantinet perplexe. C'était pas comme si je partais à la guerre non plus !
« Exagère pas, on se revoit dans trois jours, c'est pas la mort ! »
« On sait pas ce qu'il peut arriver en trois jours... »
Son ton mi-geignard mi-sérieux me fit plisser le front. Je la trouvais étrange depuis quelques jours. En fait depuis la conversation qu'on avait eu avec Tyler. Elle me sautait dessus à la moindre occasion – encore plus que d'habitude, j'entends. Comme si elle avait peur que je me volatilise. Franchement, que pouvait-il se passer ce week-end ?
« Bon, ça va, j'vous dérange pas ? »
Le ton glacial me fit sursauter et tourner immédiatement la tête vers le nouveau venu qui s'approchait d'un pas nonchalant. Ce qui était en totale contradiction avec l'air contrarié qu'il arborait. Britt soupira et se détacha lentement de moi pour plonger son regard dans celui de Tyler qui nous avait finalement rejoints. Il se fixèrent – ça devenait une habitude ou quoi ? – et j'eus soudain l'impression stupide d'être entre deux chiens se disputant un os. Et, pour tout dire, me comparer à un os me dérangeait un peu. Je me léchai les lèvres.
« Bon... On y va alors. On se voit lundi Britt. » Ajoutai-je en enlaçant cette dernière. Câlin qui dura plus longtemps que je ne l'avais pensé car elle s'agrippa à mes épaules et m'embrassa langoureusement le cou.
J'entendis Tyler souffler d'impatience. Quand Britt me lâcha enfin et que je pus me retourner vers lui, il avait disparu. Ma copine partit à reculons en me lançant des petits signes de la main et j'attendis qu'elle fut sortie de la pièce pour me diriger vers le plateau où Tyler m'attendait sûrement. Avant de monter les quelques marches qui menaient au décor du loft des Hale, je m'encourageai intérieurement et fis une petite prière pour que rien de terrible ne se passe ce soir. Vu le regard énervé que Tyler me lança lorsque je le rejoignis, je me dis que j'aurais peut-être dû en faire deux.
Il me tendit brusquement mon texte sans me regarder, sans un mot, comme pressé d'en finir. Je le pris lentement, tentant de calmer le jeu. Il alla se placer contre un des énormes piliers positionnés ici et là qui étaient censés soutenir le plafond du loft et finit pas me dévisager, attendant que je commence. Ouais... ça sentait bien la soirée craignos... Je jetai un coup d'œil à la première page et rentrai dans mon personnage.
***[...]***
Cela faisait trois heures qu'on était là et je n'en pouvais plus. Mon crâne allait exploser et mon corps ne souhaitait qu'une chose : prendre un bon bain chaud. Je venais de m'asseoir sur un des canapés du décor et buvais l'eau d'une bouteille à grandes goulées. Fallait qu'il se calme Jeff avec Stiles, il n'arrêtait pas de le faire crier depuis quelques épisodes et je sentais que ma gorge ne supporterait pas ce traitement encore longtemps. J'allais proposer à Tyler qu'on se revoie samedi ou dimanche pour répéter la dernière scène – après tout, on avait bien bossé – mais il me coupa dans mon élan.
« Bon tu te grouilles ? J'ai pas tout mon temps. »
Charmant. Je grinçai des dents mais ne dis rien. Après tout, il avait raison, je n'avais pas franchement envie de le voir durant le week-end, il m'était déjà assez désagréable de supporter sa présence en semaine. Agacé, je me levai brusquement et, comme le maladroit qu'était Stiles – oui, mon personnage avait tendance à déteindre sur moi – je me renversai un peu d'eau sur le tee-shirt. Enfin, quand je dis un peu... ce fut plus qu'un peu en réalité. Je restai pétrifié durant quelques secondes, me demandant si ça valait le coup d'aller chercher un autre haut dans ma loge, mais la voix sarcastique de Tyler m'interrompit dans ces réflexions.
« C'est pas un peu d'eau qui va te tuer. On reprend ? »
Je lui lançai un regard noir et froid, aussi glacé que moi. Il ne faisait pas chaud sur ce plateau et je commençais déjà à frissonner. Mais qu'importe ! Plus vite on finissait, plus vite je pourrais aller me changer.
« Merde Derek, pourquoi faut-il que ça soit si compliqué ! » Le ton énervé de Stiles surprit Tyler, mais il se reprit en adoptant instantanément l'attitude blasée habituelle de son personnage. Je fis quelques enjambées rapides en arrière puis revins sur mes pas. « C'est simple pourtant, tu devais protéger Malia ! » Mon ton se fit désespéré tandis que Stiles se souvenait de la terreur dans les yeux de sa petite amie.
« Elle n'est pas morte. » Sa voix claqua durement, sans émotion.
« Bordel de merde, heureusement qu'elle ne l'est pas ! » Je gesticulai et ma voix se fit grondante. « Sinon je t'assure que j'aurai trouvé un moyen pour que tu ne sois plus capable de te tenir debout. »
« C'est une menace ? » Tyler plongea ses yeux dans les miens et avança à pas lents vers moi, tel le prédateur que Derek était. Et je sus ce que devait ressentir un lapin devant les phares d'une voiture. Je dus m'y pendre à deux fois pour que ma voix sorte assurée. C'est qu'il faisait peur ce con !
« Non. Juste un constat. »
Tyler n'était plus qu'à quelques centimètres de moi et je pus sentir la chaleur qui irradiait de son corps, réchauffant mon torse gelé. Il pencha légèrement la tête vers moi et son souffle vint s'échouer sur ma joue.
« Fais gaffe à tes fesses, Stilinski. » Il posa une main sur le mur à côté de ma tête, m'emprisonnant de sa présence. C'était dans la scène ça ? « Je pourrais devenir méchant. »
Je tentai de ricaner comme le prévoyait le script mais seul un son étranglé sortit de ma bouche. Sa voix avait pris une tonalité qui ne collait pas du tout avec la scène. Je n'avais plus l'impression qu'il parlait à Stiles, mais plutôt à Braeden. C'était très perturbant. Il déplaça son visage en face du mien et je pus plonger dans ses yeux verts qui semblaient assombris. Mais qu'est-ce-qu'il foutait putain ?! J'avais lutté des semaines pour me sortir ce regard de la tête et il venait tout gâcher ! Son corps s'approcha un peu plus.
« Et tu ne veux pas que je devienne méchant... N'est-ce-pas ? »
Sa voix rauque acheva ce que son regard avait commencé et mon cerveau passa en mode « off ». Je ne pus que fermer les yeux lorsque ses lèvres approchèrent de mon visage dans l'intention manifeste de rencontrer les miennes.
Re =)
Allez, dites moi tout, qu'en avez vous pensé? Moi j'aime bien ce chapitre, il se passe plein de chose intéressantes =D
A votre avis, comment va se dérouler le prochain chapitre ? Bon, y'a pas trop de suspense étant donné qu'il faut du Dyler, je vous l'ai promis... Après... Comment ça va se passer, c'est autre chose ;)
Bisou bisou bisou bisou!
Daelys
