Un torrent de larmes dévastait son visage, griffait ses joues. Son corps tout entier tremblait animé par ses sanglots. Ses muscles se contractaient. Elle ne pouvait plus contenir cette peur, cette haine contre elle-même ainsi que toute cette horreur qui imprégnait son esprit d'une douce folie. Ses larmes telle une cascade dévastatrice ne cessaient de couler torturant la jeune fille. Son cœur battait à tout rompre. La respiration saccadée, le souffle court, elle laissait sa peine quitter son corps. Elle hurlait à en perdre voix, à en faire pleurer les enfers tandis que la peur telle la peste détruisait son organisme, tel un poison lentement la tuait. Ses sanglots redoublèrent l'étouffant.
Le corps du jeune auror recouvrait toujours celui d'Hermione. Désespérée, la jeune femme enlaçait le rouquin de toute ses forces se pressant contre lui comme si sa vie en dépendait. Elle noyait ses larmes dans les cheveux flamboyants du jeune homme comme si elle désirait que ces flammes brûlent ses yeux afin qu'elle ne puisse plus pleurer. Elle avait besoin de cette étreinte, le poids oppressant du rouquin la rassurait. Elle voulait se perdre dans ses bras, se noyer dans son regard océan. Elle voulait qu'il l'étreigne lui aussi mais le jeune auror ne bougeait pas. Toutefois, il était vivant car elle sentait son souffle contre son oreille ainsi que les mouvements de son torse qui indiquait qu'il respirait. Ron serrait les poings s'enfonçant les ongles dans la peau jusqu'à se faire saigner ainsi qu'il serrait les dents pour s'empêcher d' hurler. Ses blessures le brûlaient, il ne sentait presque plus son épaule. La rage, le consumait, il était furieux contre ce petit bout de femme qu'il recouvrait de son corps. Il aurait voulu lui hurler dessus, lui hurler que tout était de sa faute, qu'elle n'était qu'une imbécile, qu'une idiote mais pas maintenant, pas en cette instant où elle avait tant besoin de réconfort. Il resserra l'étreinte qu'elle avait formé l'enveloppant d'une pression protectrice. Elle était si frêle entre ses bras, si fragile qu'il redoutait qu'en l'étreignant trop fort il ne la brise. Il caressait de sa main la tête de la jeune femme désirant l'apaiser.
Elle suffoquait sous le poids de Ron, noyée dans ses larmes, à bout de souffle. L'auror voulu la libéré mais lorsqu'il essaya de se relever, elle se pressa davantage contre lui voulant le retenir. Elle ne voulait pas perdre ce contact qui lui était vitale, apaisant.
Le jeune homme abandonna enfouissant son visage dans la nuque de la brunette. Les larmes de cette dernière ne cessaient de couler. Chaque partie de son corps tremblaient toujours. Le rouquin embrassa son cou, ses lèvres caressaient la peau de la jeune femme. Puis, il prit appuie sur ses coudes afin de pouvoir la regarder. Leurs regards se croisèrent faisant perdre à Hermione toute notions. Il essuya les larmes qui coulaient sur les joues de la brunette et appuya son front contre celui de cette dernière. Il ne cessait de la regardait lui susurrant de se calmer. Le souffle chaud de l'auror apaisait Hermione, bien qu'il faisait battre son cœur à toute allure. « Calme-toi » lui répétait-il. « C'est finit, je suis là, tout va bien ». Ses lèvres déposèrent un baiser sur son front puis glissèrent vers son oreille continuant à lui susurrer des mots rassurants.
Peu à peu, la respiration de la jeune femme ralentit, son corps se calma, ses sanglots s'arrêtèrent. Bientôt le tumulte de la souffrance laissa place au silence apaisé. Seuls les respirations du rouquin et de la brunette se faisaient entendre. Le souffle d'Hermione ralentit considérablement. Son étreinte se desserra. Elle s'était endormie. Le rouquin la contempla instant, son visage était fatigué, ses joues encore humides. Son petit corps bougeait en dessous du sien animé par sa respiration. Il embrassa à nouveau son front et se blottit contre elle. Il désirait être ce soir ce pilier dont elle avait tant besoin, cette couverture de chaleur qui la protégerait du froid. Mais il serrait également son bourreau car s'il y avait une chose que Ronald Weasley pouvait lui promettre, c'est qu'elle allait passer un sale quart d'heure à son réveille.
Hermione ouvrit les yeux, sa tête lui faisait atrocement mal bien qu'elle n'eut aucune blessure physique. Ses mains caressèrent le sol qui était devenue moelleux et très doux. Surprise, elle se redressa rapidement et s'aperçut qu'elle n'était plus allongée sur le plancher froid du salon de Ron mais sur le lit dans lequel elle avait dormit pour la première fois dans cette maison. Ses doigts étaient tachés de sang...Par Merlin ! Ron avait été blessé la veille ! Est-ce lui qui l'avait déposé dans ce lit ? Ron...Il allait la tuer.
Elle ne se laissa pas vagabonder davantage dans ses pensées de peur de ne plus avoir le courage de lui faire face. C'était une foudre inévitable qui allait s' abattre sur elle. Cette dernière était la petite fille qui avait fait une bêtise et appréhendait la réaction de son père. Mais voilà ce n'était pas une petite bêtise.
Elle quitta son lit et rejoignit le couloir qui menait au salon. Elle marchait lentement comme condamnée à une mort proche. Ses jambes la portaient bien qu'ils eurent envie de fuir. Elle arriva dans le salon et le vit. Accoudé à la fenêtre, le jeune auror regardait à travers. Ses pensées devaient sûrement ressasser les événements de la veille. Il ne semblait pas l'avoir entendu.
Hermione le détaillait attentivement, essayant de percevoir une crispation ou autre mouvement dû à la douleur. Sa blessure à l'épaule était-elle aussi grave qu'elle en avait l'air. Elle ne pu s'empêcher d'admirer ses doigts. C'était elle qui l'avait blessé, elle et sa stupidité. Et lui l'avait sauvé. Il n'avait pas hésité un instant à mettre en péril sa vie pour la sienne...
-Qu'est ce qui t'a pris de me suivre ? Demanda l'auror d'une voix qui se voulait calme ne détachant pas son regard de la fenêtre.
Le cœur de la jeune femme accéléra. Mais aucune paroles ne pu s'échapper de sa bouche, qu'aurait-elle pu répondre. Elle avait agi avec stupidité et manque de réflexion.
Un silence pesant s'installa enveloppant la pièce d'appréhension et d'une tension désagréable.
-La curiosité, je suppose, déclara le rouquin.
Il serra les poings et se retourna vers Hermione. Elle cru défaillir lorsqu'elle croisa le regard accusateur du rouquin.
-Tu te rends compte de ce que tu as fais ? La questionna Ron d'un ton toujours aussi calme. Te rends-tu compte de ce que tu as fait ?
Un silence prit place à nouveau. Le regard du rouquin était d'un bleu électrisant, un bleu glacial, un bleu perçant. Hermione, elle restait toujours silencieuse. Elle était en faute, argumentée ne ferait qu'aggraver la situation. Si elle n'avait su faire preuve de sagesse la veille, elle se devait de ne pas persister dans son erreur à présent.
-Hermione, l'interpella t-il, tu as gâché toute ma mission, une opération que nous préparions depuis des mois. Tu n'imagines même pas le nombre de victimes qu'ils ont causé et qu'ils cause encore. Tu n'imagines pas l'importance de cette opération. Hermione tu as foutu en l'air des mois de travail, des milliers de recherches. Leurs victimes sont des enfants, Hermione, des milliers d'enfants...
Les larmes montèrent aux yeux de la brunette, les paroles du rouquin lui imprégnait le corps de honte, le transperçait par les mots. Elle avait tout gâché, tout.
-Tu m'as suivi alors que je t'avais ordonné de rester, continuait-il, ce n'est pas pour t'embêter que je t'avais laissé dans ce bureau. C'était pour ta sécurité. Si on suit des formations, des études pour devenir auror, c'est bien pour une raison. Je croyais que tu étais intelligente, Hermione.
Le corps de l'auror tremblait, son regard ne cessait de transpercer la jeune femme, son regard était si intense qu'il l'a faisait faiblir davantage.
-Par Merlin ! S'emporta soudainement Ron faisant sursauter Hermione. Tu te rends compte dans quel pétrin tu viens de te foutre ?!
Le jeune homme s'était levé dominant de sa taille la brunette. Son expression était furieuse. Hermione se mit à regretter le sourire qu'il affichait continuellement à son habitude ainsi que les taquineries qu'il lui offrait sans cesse. Ron était en colère. La haine ainsi que la rage se lisaient dans ses yeux. Ceux d'Hermione était toujours embrumer de larmes. Seule la volonté de cette dernière les empêchait de s'échapper. Non ! Elle ne devait pas pleurer, elle devait assumer les conséquences de ses actes.
-Tu voulais tout savoir ! Tu voulais absolument rentrer au cœur de cette affaire ! S'écria l'auror, Eh bien félicitation ! Tu as été vu par les mangemorts les plus dangereux de toute leur organisation ! Hermione, tu as entendu une bonne partie de leur conversation et ils le savent que trop bien. Tu es devenue la cible qu'ils vont tenté d'éliminer à tout prix ! Bordel tu vas être traqué comme une bête Hermione ! A leurs yeux tu n'es qu'une sang-de-bourbe, tu ne vaux pas mieux qu'un animal ! Et encore !
-Ron...je ne...
-Ferme-la idiote ! Vociféra le jeune homme qui semblait perdre le contrôle de sa colère. Tu as tout foutu en l'air ! Ils vont vouloir te tuer ! T'égorger ! M'atteindre par le biais de ma famille ! Et tout ça parce que tu avais envie de mettre ton nez dans ce qui ne te regardes pas !
Il s'approchait dangereusement de la brunette, seul la table les séparait. La brunette tremblait, elle avait peur, peur de cet homme.
-Tu n'es qu'une imbécile Hermione ! S'époumona Ron en frappant violemment la table de ses poings, arrachant un cri à Hermione. Si on impose des consignes, des ordres c'est qu'il y a des raisons pour cela ! Tu imagines si cette femme t'avais tué ?!
Il fit une pause reprenant son souffle. Il respirait lourdement baissant le regard, fermant les yeux.
La brunette ne pu contenir davantage sa peine, son humiliation. Elle éclata en sanglot. Elle s'en voulait, elle s'en voulait tellement et le rouquin ne faisait qu'agrandir sa peine, il l'accablait encore et encore. Alors qu'elle était déjà anéantie. Elle se mordait les joues pour cesser de pleurer mais en vain. C'était plus fort qu'elle.
Le regard du rouquin croisa à nouveau celui de la brunette. Son regard avait changé, ses yeux étaient humides.
-Qu'est ce que tu crois, disait-il, que faire ce genre d'opération, m'approcher à ce point de l'ennemi ne m'effraie pas ? Tu crois que malgré le fait que je sois auror, je n'ai pas peur ? Peur pour ma famille, peur pour moi ?
Le rouquin la fixait intensément comme s'il voulait pénétrer son âme.
-Mais, je vais au delà de mes craintes et appréhensions. Le courage ne réside pas dans le fait de n'avoir peur de rien, ça c'est la stupidité, l'ignorance et le manque d'imagination. Le courage, c'est défier ses peurs et les affronter malgré la connaissance des risques. Et ces risques toi tu ne t'en rendais pas compte.
Le rouquin passa ses mains sur son visage.
-Tu n'imagines pas ce que j'ai ressentis, sous tension et adrénaline déjà, lorsque j'ai vu ce mangemort t'abandonner à ses maîtres.
Les yeux du rouquin brillait. Cette femme l'exaspérait.
-Tu étais comme une brebis parmi les loups, impuissante, continuait le rouquin.
Il baissa le regard de nouveau. Ses ongles griffaient la table sur laquelle il s'appuyait. Il réfléchissait car tout se bousculaient dans son esprit. Tout était flou.
-J'ai eu si peur pour toi Hermione, confessa-t-il en relevant la tête et la fixant droit dans les yeux.
Le regard du jeune homme lui fit perdre tout ses moyens, elle était si accablée, si blessée. Mais ses dernières paroles touchèrent la jeune femme. Elle ne souhaitait qu'une chose qu'il la prenne dans ses bras.
Le rouquin passa à nouveau ses mains sur son visage puis dans ses cheveux.
-Ron... balbutia Hermione.
-Tu es vraiment inconsciente, mais vraiment inconsciente ! S'écria le rouquin.
Sa voix s'éleva à nouveau faisant redoubler les larmes de la jeune femme. Sa colère l'emportait une fois de plus. Et plus il y repensait, plus il perdait le peu de patience qu'il lui restait.
-Cesse de pleurer, déclara t-il froidement, ça ne changera rien à ce que tu as fait.
Il lui lança un dernier regard amer et froid et se dirigea vers sa chambre, il n'avait plus envie de la regarder. Hermione le reteint par le bras.
-Ron, je suis tellement désolée, je ne voulais pas...
Le rouquin se dégagea violemment de son étreinte.
-Hors de ma vue, ou je t'assure que je ne répond plus de mes actes !
Sur ses mots, il quitta la pièce laissant la brunette seule dans sa peine.
