Perdu dans l'immense forêt de papiers qui s'étendait sur la majeur partie de son bureau, le jeune auror essayait tant bien que mal de retrouver son chemin dans ce labyrinthe désordonné. Il ne cessait de passer sa main dans ses cheveux signe de son agacement et de sa lassitude. Son regard parcourrait des dizaines de dossiers à la recherche du malheureux qui s'était caché. Ce dossier porté disparu semblait d'une importance capitale pour le compte-rendu qu'il était entrain de rédiger. Agacé, le rouquin jurait de plus bel apprenant à la brunette des jurons dont elle ne connaissait même pas l'existence. Assise en face de Ron, elle le contemplait à l'œuvre.
Sans un mot, une dizaine de minutes après la réprimande de ce matin, Ron était revenu dans le salon, l'avait agrippé par le bras et les avaient fait transplanner au QG dans le bureau des aurors d'élites de la section 1. Il avait placé une chaise pour elle puis avait pris place derrière son bureau. Sans même un regard à l'encontre de la jeune femme, il s'était plongé dans son travail. Voilà la raison pour laquelle, elle était là assise depuis des heures à ne rien faire.
Les traits du visage de Ron étaient crispés par la concentration et sévères. Chaque mot qu'il inscrivait sur le papier lui rappelait indéniablement la sottise dont avait fait preuve la brunette la veille.
Hermione baissa la tête toujours si honteuse d'avoir fait preuve d'un tel manque de maturité et de bon sens. De plus, le patron de Ron avait convoqué ce dernier dans son bureau. Et bien qu'Hermione n'avait rien vu, ni entendu de leur échange, elle savait très bien que cette entrevu fut tout sauf une partie de plaisir pour le jeune homme. Ce qui fut confirmer par le regard meurtrier que lui avait jeté le jeune auror en revenant. Hermione n'avait rien répondu de peur d'attiser davantage la colère du rouquin. Toutefois, elle admirait la persévérance dont faisait preuve le jeune homme, bien qu'elle est compromis sa mission, il travaillait d'arche pied afin d'utiliser au moins les quelques informations qu'il avait pu tirer de cette malencontreuse opération.
-Ron ! L'interpella l'auror Potter en s'approchant de son partenaire, regarde ce sont des photographies des derniers corps retrouvés, s'il y a une chose qui est sur c'est que...
Harry se tut en apercevant que la jeune femme les écoutait.
-Continu, dit Ron froidement, de toute façon elle finira bien par savoir et mieux vaut que ce soit par nous que par une autre tentative complètement stupide.
Hermione rougit. Elle avait fait une erreur, une grosse erreur même, elle l'admettait mais ce n'était pas une raison de l'accabler ainsi sans cesse.
-Donc je disais, continua Harry légèrement déboussolé, à part le fait que toutes les victimes étaient des enfants, le seul point en commun qu'elles est, c'est d'avoir été éventrées par un animal.
-Un animal ? Demanda Ron surpris, pourtant nous sommes certains que ces meurtres sont liés à Malfoy et ses acolytes. Comment pourrait-ce être l'œuvre d'une bête sauvage ? A moins qu'ils ne s' agissent de loup garou.
-Je n'en sais trop rien. Mais ce dont on peut être sûr c'est que la chair de ses enfants a été dévoré au niveau de l'estomac. On aperçoit bien des traces de dents qui ne pourraient appartenir à un homme, déclara Harry.
-Mais pourquoi seul leurs ventres ont été dévoré ? Le reste de leurs corps est resté intact, affirma Ron intrigué.
Les deux aurors regardaient attentivement la photographie essayant d'y déceler le moindre indice ou la moindre réponse aux questions qu'ils se posaient.
-Malfoy avait parlé de la production de quelque chose de mortel... déclara Hermione qui avait suivi chaque mot de leur conversation.
Ron l'étrangla de son regard, elle gâchait sa mission et osait encore continuer à se mêler de ce qui ne la regardait pas. Elle était vraiment pas croyable !
-Quelle production ? Demanda Harry intrigué.
Hermione voulu répondre mais Ron la devança lui ordonnant de se taire.
-Selon Malfoy la production ralentissait, expliqua Ron, Bellatrix avait rajouté que c'était du à la difficulté à trouver les ingrédients pour la production. Mais alors la production de quoi, je n'en ai pas la moindre idée. Peut être que j'aurais pu le savoir si je n'avais pas été dérangé pendant ma mission.
Le regard du rouquin se posa à nouveau sur Hermione qui regrettait l'inattention dont il avait fait preuve à son égard tout au long de la matinée.
-Donc Malfoy produirait quelque chose de mortel. Mais dans quel but ? De tuer des enfants ? Et comment ? Réfléchissait l'auror Potter à haute voix. Tous ça n'a pas de sens.
-Quand bien même il s'agirait d'une arme...commença Hermione.
Le rouquin se leva brusquement, le regard furieux. Il en avait plus qu'assez. Effrayée, Hermione se leva également mais ne pu s'empêcher de continuer.
-Serait-ce la bête qui tue ou...La fin de sa phrase s'était transformé en un cris aigu.
Ron frappa son bureau de ses poings puis s'élança à la poursuite de la jeune femme qui se mit à courir autour de son bureau tout en continuant à exposer son point de vue à l'auror Potter.
-Hermione ! Hurla-Ron hors de lui, arrête-toi immédiatement !
Cette dernière faisait tomber un grand nombres d'objets aux pieds de Ron afin de l'empêcher de l'attraper. Elle savait qu'elle ne faisait qu'attiser la colère du jeune homme mais elle ne pouvait s'empêcher de donner son avis sur l'affaire. Après tout peut être que cela pourrait les aider.
-Ou quelque chose qui se retrouverait dans l'estomac de ses enfants ! Finit-elle rapidement avant que le rouquin ne l'emprisonne dans ses bras.
Ron l'avait attrapé par le ventre et la tenait à présent fermement contre lui.
-Dans leurs estomacs...Répéta Ron intrigué par les paroles de la brunette. Et c'est cette substance qui détruirait ainsi leurs ventres ?
-Pourquoi pas, déclara Hermione.
-N'oubliez pas qu'il y a des traces de morsures sur ce qui restent de leurs ventres, leur rappela Harry. Bon de toute façon je vais recontacter le légiste pour qu'il refasse l'autopsie en cherchant des traces d'une quelconque substance présente dans leurs organismes.
Le jeune homme transplana. Ron assis de force Hermione sur sa chaise. Il quitta un instant la pièce et revint avec une corde.
-N'y pensez même pas...
Ainsi, Hermione se retrouva attaché à la chaise. Un sourire satisfait se dessina sur le visage du rouquin qui se remit au travail. Cette conversation remettait en cause un grand nombre de choses tout en apportant davantage de questions que de réponses. Cette affaire se compliquait. Il essaya de s'apaiser afin de mettre en ordre ses idées et terminer son compte rendu.
-C'est tout de même bizarre que seul des enfants soient touché, non ? Demanda Hermione, s'il s'agit bien d'une sorte de poison pourquoi elle n'affecte que les enfants ou pourquoi on ne contamine qu'eux.
Ron se mordit l'intérieur des joues pour s'empêcher d'hurler.
-Et bien je commence vraiment à apprécier les objets moldu, déclara t-il en finissant d'en mettre une bonne dose sur la bouche d'Hermione, comment ça s'appelle déjà ? Scoche ?
Hermione se débattait, essayant d'enlever ces cordes sous le regard amusé du rouquin qui enfin pouvait travaillé en paix.
Les heures continuaient à défiler et la nuit ne tarda pas à tomber. La pièce se vidait peu à peu, chacun rentrait chez lui. Ron quant à lui travaillait toujours, sous le regard désespéré d'Hermione qui ressemblait à un saucisson. Elle était indigné de la façon dont la traitait le rouquin. Comment osait-il ! De plus, elle perdit son sang froid lorsque l'un des partenaires de Ron avait affirmé à ce dernier que s'il fallait l'enchaîner, c'est que c'était un mauvais coup pour un soir. Le rouquin avait rit de bon cœur amusé par le regard meurtrier du petit félin qui se croyait menaçant.
Bien vite, il ne restèrent que tout les deux dans le bureau. Ron rangea la multitude de dossiers qui se trouvait sur le bureau et se leva. Il s'approcha de la brunette et décolla doucement le scotch de la bouche de la jeune femme.
-Si tu continues à être aussi pénible je vais devoir toujours porter du scotch sur moi, affirma le rouquin, un sourire aux lèvres.
-Vous plaisantez j'espère ! J'avoue avoir fait des erreurs mais ce n'est pas une raison pour me traiter ainsi ! S'emporta Hermione . Vous m'avez laissé ligoter à la chaise, du scotch sur la bouche toute l'après-midi ! Et bon sang enlevé cette corde !
Le rouquin contemplait la jeune femme.
-Je n'aurai peut être pas du te crier ainsi dessus ce matin, confessa-t-il ignorant les paroles d'Hermione, mais je voulais absolument que tu comprennes les conséquences de tes actes.
-Ron ! Libérez-moi.
-Mais ce qui s'est passé est fait et nous ne pouvons rien n'y changer. Donc autant aller de l'avant. De plus jusqu'à que nous coincions ces mangemorts, je suis condamné à vivre avec toi alors autant que se soit en de bons termes, déclara le rouquin en souriant, puis j'ai eu ma petite revanche.
Il pinça la joue de la jeune femme qui lui lança un regard noir puis s'agenouilla derrière elle et entreprit de défaire la corde. La brunette pensa que c'était le bon moment pour s'excuser, loin de ce regard qui ne cessait de la perturber.
-Je voulais m'excuser, dit Hermione d'une petite voix.
Le rouquin releva la tête intrigué par les paroles de la brunette tout en continuant à défaire le nœud.
-Je n'aurais pas dû vous suivre, j'aurais dû vous obéir au lieu de n'en faire qu'à ma tête, déclara Hermione.
-Du dit et du redit, déclara Ron en se relevant.
La corde se détendit et glissa.
-Bon on va y aller, il commence vraiment à se faire tard, déclara Ron en rangeant sa chaise sous le regard d'Hermione toujours assise.
-Merci, déclara-t-elle, les yeux brillants.
Ron se retourna vers la brunette et la contempla.
-Si je suis encore vivante c'est bien grâce à vous et quoi que j'en dise ou quoique je fasse, je vous en serais indéfiniment reconnaissante, déclara la brunette le regard ancré dans celui du rouquin.
Le jeune auror sourit invitant le silence à les rejoindre. Ils se regardèrent ainsi pendant quelques instants.
-Bon bah tu feras le dîner ce soir, déclara le rouquin en souriant puis lui tendit le bras.
Hermione ne pu s'empêcher de sourire. Un poids immense lui tombait du cœur.
-Vous êtes incorrigible, déclara-t-elle en lui saisissant le bras.
Ils transplanèrent.
