Chat-pot: Merci beaucoup, je suis ravie que ce retournement de situation t'ait autant plu. Je vais essayer pour Dobby tout de même. ;)

Bonne lecture à tous ;)

Quelques jours s'étaient écoulés depuis l'annonce de l'atroce nouvelle qui était toujours aussi insupportable qu'insurmontable pour la famille Weasley. C'était une bien triste atmosphère qui régnait au Terrier. On parlait peu, on mangeait peu. La maison était sans cesse bercé de sanglots, de cris, de colère, de rancœur. On ne vivait plus, on errait tels des spectres, des âmes en peine, qui ne font qu'exister dans l'ombre d'une vie . Plus aucun sourire n'osait se dessiner au creux des lèvres, offrant ainsi des visages accablés par le chagrin, d'autres déformés par la haine et la colère.

L'impuissance étreignait chacun, on ne pouvait rien. On ne savait que dire, alors on ne disait rien, on ne savait que faire, alors on ne faisait rien.

Le Terrier était si différent de celui qu'Hermione avait connu la première fois qu'elle y avait été. Elle avait tout d'abord redouté cet endroit curieux et inquiétant qu'elle avait découvert après son enlèvement. Puis elle avait apprécié et s'était laissée étreindre par la chaleur, la bonne humeur et la cordialité du Terrier. Ce fut une bien aimable séquestration, pensa t- elle avec nostalgie. Tant de temps s'était écoulé depuis. L'homme que Ron avait tué avait complètement déserté les pensées de la brunette. Qui était-il ? Qu'avait il fait pour mériter la mort de la main d'un auror ? Ces questions ne l'avaient plus torturé depuis bien longtemps.

Le rouquin avait tant changé aux yeux de la brunette, il n'était plus cet assassin qu' elle avait rencontré ce soir là, ce soir qui avait changé toute sa vie. Rien n'était plus pareil depuis qu'elle avait rencontré Ron. Elle était comme un personnage arraché de son histoire, de son roman et jeté dans un autre. Elle ne connaissait pas le rouquin depuis fort longtemps. Toutefois, elle ne saurait dire pourquoi ni comment, mais elle avait confiance en lui.

Le calme apparent, ce silence accablant et atroce plongeait chacun dans une réflexion dévastatrice.
Enfermée dans sa chambre,Ginny restait muette, le coeur déchu, refusant de voir qui que se soit, refusant de manger. Elle était désespérée. Harry et Ron avaient quitter le Terrier pour enquêter, plus déterminer que jamais à mettre la main sur les Malfoy qui étaient sans nuls doutes à l'origine de cette tragédie. Certes, Harry aurait préféré être près de sa femme, la soutenir, la consoler toutefois il devait agir, venger son fils et Ginny le savait bien et n attendait plus que cela.

Hermione demeurait au Terrier sur ordre de Ron partageant la peine de la famille.
L'enterrement eu lieu immergeant la famille dans une douleur encore plus profonde, l'obligeant à se séparer davantage de l'enfant, abandonnant son corps au bras froid et humide de la terre. Ce fut une épreuve de plus dont ils eurent du mal à se remettre.

Le lendemain Hermione et Ron quittèrent le Terrier pour se rendre au QG. Le rouquin estimait qu'il était dangereux de laisser Hermione sans sa protection ni celle d'Harry au Terrier comme il l'avait fait auparavant et l'emmena donc avec lui. Il semblait pressé et marchait si vite qu'Hermione avait du mal à le suivre et devait par instant courir pour rester à peu près à sa hauteur. Le visage du rouquin n'avait plus ces traits rieur et taquin, joyeux et amicaux qu'Hermione connaissait, ils étaient à présent durs, sévères et maquillés par la fatigue. La brunette ne l'avait presque pas vu depuis le jour où ils avaient appris la nouvelle.

-Savez - vous pourquoi on vous a demandé au QG ? Demanda la brunette souhaitant briser ce silence qui ne cessait de régner depuis quelque temps.
-Parce que j'y travaille peut être ? Ironisa le jeune homme ne ralentissant pas sa marche, ne jetant pas même un regard à la brunette.

Hermione soupira. Elle savait très bien ce que traversait le rouquin, ce qu'il devait ressentir et justement elle voulait l'aider. Toutefois, il semblait une fois de plus entêté à ne pas vouloir se confier à elle.

-Vous savez très bien ce que je veux dire, Ron...
-J'ai pas le temps de t'expliquer, grogna-t-il.

Ils pénétrèrent dans le bureau des aurors d'élites de la section 1 .

-Tu restes là, lui ordonna t-il. Et cette fois, je veux pas te voir dans mes pattes, c'est clair ?

Il ne lui laissa pas le temps de répondre et quitta la pièce laissant la jeune femme seule dans le bureau. Curieusement, cette pièce qui abritait plusieurs bureaux était vide. Pourtant, l'heure n'était pas tardive bien au contraire. Hermione prit place dans le bureau de Ron fermant les yeux un instant. La situation était difficile et la surpassait grandement. Ses pensées ne cessaient de se bousculer. Elle s'inquiétait. Elle s'inquiétait pour tout les Weasley, pour Ron. Elle ne savait que faire, comment aider, se rendre utile.

Son regard se posa sur une photo sur laquelle toute la famille Weasley riait au complet y compris l'adorable petit James. Les yeux de la jeune femme se mirent à briller, des larmes à perler sur ses joues, elle n'avait pas même le cœur d'en vouloir au rouquin. Au contraire, elle aurait voulu le consoler, apaiser sa peine. Sa mauvaise humeur ainsi que sa froideur n'était que la preuve de sa détresse et de sa douleur.

Soudain, la porte s'ouvrit, arrachant la brunette de ses pensées, sur deux jeunes femmes l'une brune qu'Hermione ne connaissait pas, l'autre blonde qu'Hermione reconnut comme étant Lavande.
La brunette essuya rapidement ses joues voulant dissimuler ses larmes. Toutefois les jeunes femmes ne l'aperçurent pas. Elles discutaient.

-Tu sais qui est l'homme qui vient d'être arrêté ? Ils avaient l'air d'être impatient de l'interroger.
-Ohhh ! C'est l'homme qui prédisait que Ron et moi finiront marier ! S'extasia Lavande.
-Ah ! Cet homme est impliqué dans l'affaire de la substance illicite qui amplifiait différentes émotions.
-Et qui disait que Ron et moi finiront ensemble !
-Lavande ! Je t'en prie ! Si Ron s'intéressait un minimum a toi pour ce que tu as, c'est-à-dire, ton corps alors ça ferait longtemps que tu serais passée par son lit ! Alors arrête de me prendre la tête avec ça et concentres-toi sur l'affaire !

Lavande grogna mécontente mais ne sut que rétorquer sachant très bien qu'elle n'avait pas eu la prédiction qu'elle déclarait avoir eu.

-Vous êtes ? Demanda soudainement la femme brune d'un air méfiant à l'égard d'Hermione qu'elle venait tout juste d'apercevoir.
-Laisse, c'est juste le boulet que se trimballe Ron, lâcha Lavande en s'affalant sur sa chaise.
-Excusez-moi ? L'interpella Hermione offensée.
-Qu'est ce que tu crois ? L'interrogea Lavande mâchant vulgairement un chewing gum. Il doit te surveiller nuit et jour comme une gamine, te nourrir, te loger et te trimballer partout où il va. Tu crois peut être qu'il le fait de gaité de cœur ?
-Ferme-la Lavande et mêles-toi de ce qui te regarde, grogna le rouquin exaspéré qui venait de pénétrer dans la pièce, pour changer tu pourrais travailler un peu.

Surprise, Lavande ouvrit grand la bouche arborant un air plus stupide qu'à son habitude. Ce qui croyez-moi est quelque chose. Hermione se leva cédant sa place au jeune auror mais il la retint.

-Reste assise, lui ordonna t-il en tirant une chaise et s'asseyant dessus.

Sous les airs ébahis des trois jeunes femmes, le rouquin plongea toute son attention dans un rapport.

Les deux aurors rejoignirent leurs bureaux et imitèrent le rouquin prenant chacune un dossier.
Bientôt, tout le reste de la section rejoignit la pièce. Chacun semblait déçu et fatigué.

Ainsi, s'écoulèrent plusieurs heures où un silence pesant régnait. Hermione couvait de son regard le rouquin. Elle admirait son visage si joliment dessiné, caressant de ses yeux, les paupières baissés du jeune homme, qui laissaient à peine entrevoir ses prunelles bleues concentrés. De temps à autre, elle rencontrait le regard de Lavande qui semblait vouloir l'étrangler, ce qui eu pour résultat de la divertir un peu.

Le ciel commençait peu à peu à s'obscurcirent, chassant la lumière du soleil qui céda sa place à celle des ampoules, qui emplirent de leur lueur toute la pièce. Hermione sentait ses paupières se fermer malgré elle. Son bras ainsi que sa main souffrait à présent de retenir dans sa paume son menton ainsi que toute sa tête. La brunette avait préféré ne pas adresser la parole au jeune auror afin de ne pas le déranger, sauf s'il solliciterait son aide, chose qu'il ne fit pas. Elle s'était également abstenue d'essayer de déchiffrer ce qu'il écrivait bien qu'elle en avait drôlement envie.

Soudain, elle sentit ses poumons se compresser ainsi que sa respiration l'abandonner. Sa tête tournait lui donnant une douleur atroce. Puis tout s'arrêta. Hermione reprit sa respiration dès qu'elle le pu. Elle se trouvait devant la maison du rouquin qui ouvrait déjà la porte.

-Hermione ! La pressa le jeune homme.

Elle obéit et entra. Elle était surprise que le rouquin les est fait transplaner sans la prévenir. Toutefois, elle comprit bien vite que la raison était qu'il n'avait pas de temps a perdre car à peine il entra, il disposa de nombreux dossiers sur la table basse et se remit au travail.
Sa fatigue apparente l'avait-il décider à rentrer afin qu'elle puisse se reposer ? Cette pensée la toucha.

Ne voulant toujours pas le déranger, elle décida de préparer un bon dîner pour faire plaisir au jeune homme.

-Non Hermione, je n'ai pas le temps de m'occuper de l'apocalypse que tu as l'intention de faire dans ma cuisine, déclara très sérieusement le rouquin concentré . J'ai déjà commander à dîner, ça devrait pas tarder. Ça vient du QG normalement il y a peu de risque qu'on en crève.

Voyant que les paroles du rouquin semblaient sérieuses, Hermione s'abstint, le remercia rapidement puis alla s'enfermer dans la salle de bain avant d'éclater d'un rire franc et amusé. Il exagérait avec sa cuisine toute de même.

Elle en profita pour prendre une douche rafraîchissante puis rejoins le rouquin dans le salon. Le jeune homme mangeait déjà renversant la moitié de son repas sur ses papiers, se maudissant. Hermione prit sagement place devant lui et dégusta son dîner. Aucune parole ne fut échangée.
Lorsqu'elle eut finit, elle débarrassa ses couverts ainsi que ceux de Ron.

Elle alla ensuite bouquiner dans sa chambre.

Deux heures sonnèrent. Éprise de sa lecture Hermione n'avait pas vu le temps passer. Allant se servir un verre d'eau, elle constata que le jeune auror travaillait encore.

-Vous ne dormez pas encore ? Lui demanda t-elle inquiète.
-Toi, non plus je te signale, grogna t-il, ne relevant pas même la tête.
-Vous devriez aller vous coucher, il est tard et...
-Écoute ! Vociféra le rouquin furieux tapant de son poing sur la table, si tu es crevée, alors va te coucher et fous-moi la paix !

Hermione ne se découragea pas devant la froideur du jeune homme.

-Vous êtes épuisé, continua t-elle, vous n'arriverez à rien comme cela.
-Avec toi dans mes pattes, ria t-il méchamment, c'est sur oui, je n'arriverai à rien. Sauf s'il s'agit d'avoir plus de soucis.

Elle ignora sa remarque, elle voulait tellement l'aider.

-Je comprend ce que vous devez ressentir mais...
-Bon sang Hermione ! Tu ne sais pas du tout ce que je ressens ! Alors arrête de me donner des conseils alors que tu ne sais même pas t'occuper de toi-même. Merde quoi !
-Ron soyez raisonnable,vous ...
-L'interrogatoire n'a rien donné, il refuse de parler ! L'enquête n'avance pas, alors que mon neveu est mort ! Et on a toujours pas déterminé dans quels aliments les champignons ont été introduit ! Ces connards vont encore s'en tirer ! Et toi, tu penses que je devrais aller dormir ?!
- Et vous croyez que vous rendre vulnérable en passant une nuit blanche à regarder en boucle les même papiers ça vous rendra votre neveu ?! S'emporta la brunette soudainement. Vous êtes un acharné et vous avez un bon cœur mais parfois vous êtes un abruti. Je n'ai pas peur de vous ! Alors crié, crié si ça vous soulage !

Le rouquin resta bouche bée, le regard froid, à dévisager la jeune femme. Ses yeux brillèrent de rage. Elle posa son verre et s'installa près de lui sur le canapé.

-Si vous croyez qu'en haussant la voix vous m'impressionner, déclara t-elle en commençant à feuilleter les papiers. Deux cerveaux valent bien plus qu'un peu utilisé.

Le jeune auror se leva brusquement et renversa brutalement la table basse faisant ainsi sursauter la brunette. Le coeur de la jeune femme manqua un battement. La respiration haletante, elle observait Ron stupéfaite. Elle avait exagéré.

Ce dernier s'était détourné d'elle, s'approchant de la fenêtre. Il était fatigué, à cran, déçu de n'arriver à rien. Tout cela le dépassait amplement. Il se mordait les lèvres pour s'empêcher de pleurer. Il était perdu, il ne savait plus où aller, ni où chercher. La seule pensée qui l'obsédait était de se venger, tuer la vermine qui avait détruit le bonheur de sa famille et avait enlever un fils, un petit-fils, un neveu. Il serra les poings. Il s'en voulait de se montrer si cruel envers Hermione, elle qui n'y était pour rien. Toutefois, sa colère l'empoisonnait. Il ne dormait plus, il ne vivait plus. Sa peine l'étouffait.

Soudain, il sentit une pression dans son dos, une agréable chaleur qui finissait par l'envahir. Deux petites mains s'agrippèrent à son torse le faisant frissonner. La brunette s'était approchée silencieusement de lui et s'était blotti contre son dos manifestant son soutien. Elle s'avouait que l'acte du rouquin l'avait effrayé, toutefois elle n'était pas du genre à fuir lorsque l'on avait besoin d'aide. Elle avait voulu lui tenir tête, lui montrer qu'elle avait la force et le courage de l'épauler, de le soutenir. A présent c'est ce qu'elle faisait. Sa violence n'était que preuve de détresse.

Hermione caressa doucement le torse de Ron, ressentant de curieuses sensations. Ses petits doigts embrassaient les muscles du jeune homme le faisant frissonner davantage, l' apaisant un peu. La tête posée sur le dos de l'auror, elle sentait sa respiration se calmer. Ron appréciait ce contact, cette proximité, le corps d'Hermione collé au sien le soulageait. Il avait l'illusion de partager sa peine, de porter ensemble le fardeau de sa haine. Il ferma un instant les yeux. Ses mains se posèrent sur celles d'Hermione. Leurs doigts s'enlacèrent.

Ils restèrent ainsi quelques instants oubliant le temps qui fuyait. La jeune femme posa ses lèvres sur le dos de Ron, lui offrant un doux baiser.

-Excuses-moi, murmura-t-il doucement, je n'aurais pas dû être désagréable avec toi... Je m'en veux tu sais...
-Ce n'est pas grave, lui répondit-elle gentiment, ça n'a pas d'importance.
-Hermione...
-Ne dites plus rien.

Elle desserra son étreinte, sa main quittant celle du rouquin caressait le torse puis le dos du jeune homme tandis qu'elle lui faisait fasse.

-Je n'en peux plus, confia Ron les yeux humides. Je n'arrive à rien, même plus à dormir. Je dois avancer, pour ma sœur,Harry , ma famille, pour James mais je n'y arrive pas.

Hermione posa une main sur la joue de Ron le contemplant avec peine. Le voir si vulnérable lui fendait le cœur. Ils devaient trouver la trace de Malfoy et le faire payer. Peut importait le temps que cela prendrait, elle n'en avait que faire. Elle l'aiderait.
Elle se mît sur la pointe des pieds et déposa un tendre baiser sur la joue du rouquin, puis un deuxième. Ensuite,elle s'éloigna de lui pour remettre la table en ordre et ramasser les papiers tout en lui disant:

-Dites-moi tout ce que vous savez, il y a peut être quelque chose que vous avez omis ou qui ne vous a pas interpeller dans ces papiers. Je vais vous aider.

Ron la contemplait. Il avait tant besoin d'elle. Il ne savait pas comment mais il en était devenu dépendant. Hermione s'assit sur le canapé et se mît à feuilleter les dossiers.

-Vous venez ? Dit-elle à son intention en levant les yeux vers lui.

Il la rejoignit, s'assit à côté d'elle et la prit dans ses bras. Surprise, elle encercla néanmoins de ses bras le cou du jeune homme resserrant leur étreinte. Ron se sentait si bien avec elle.

-Merci Hermione, lui murmura t-il à l'oreille.
-C'est la moindre chose que je puisse faire, lui répondit-elle chaleureusement.

Si le monde du jeune homme s'écroulait, il venait de trouver en Hermione le pilier qui l'aiderait à le soutenir.

Quittant ce délicieux contact à contre cœur, ils se mirent tout deux au travail guider par l'espoir que la brunette avait fait renaître dans le cœur du jeune homme.