Le ballet de décembre débuta. Le froid étreignit chaque goutte de pluie, la parant d'une robe de givre. Une infinité de flocon de neige d'un blanc si pure, si innocent se mit à danser dans le ciel guidé par le vent. Chaque danseuse s'abandonnait corps et âme virevoltant dans l'immensité des cieux avant de se blottir dans les bras chaleureux des toits, des arbres, du sol. Quelques unes d'elles se déposèrent sur la peau dénudée d'une belle jeune femme la faisant frissonner. Malgré la rudesse du froid, elle était très peu vêtue. Une robe couleur rubis emprisonnait fermement son buste, dévoilant impudemment la peau soyeuse de ses jambes dévêtus ainsi que de sa poitrine qui s'en échappait partiellement. Une ceinture d'un noir de jais enlaçait sa taille faisant ressortir la splendeur de ses formes. Ses pieds étaient chaussés de bottines sombres qui s'enfonçaient dans la neige toute fraîche qui recouvrait le sol. Un bonnet de Noël trônait sur sa tête, duquel s'échappait une cascade de boucles brunes. Elle tremblait de froid. Elle était magnifique.
Une fureur ardente, une sauvagerie dominatrice si vive, si déstabilisante se lisait dans ce regard qui la dévisageait. Il caressait de ses yeux chaque parcelle de sa peau dénudée, dépourvue de toute pudeur, de toute gène. Les joues de la jeune femme déjà rosies par le froid s'empourprèrent davantage par l'embarras. Elle ne supportait pas être aussi dévêtue et encore moins autant contemplé surtout par lui. Il semblait la dévorer, séduit, charmé par le spectacle qu'elle offrait. Toutefois, la colère était présente dans ses prunelles. Elle frissonna, mais elle ne baissa pas pour autant son regard défiant cet océan d'un bleu orageux, devenu si menaçant. Une tempête se préparait, mais elle était décidé, elle ne craignait pas. Plus un mot ne s'échappait des lèvres du jeune auror, seul son regard parlait la faisant défaillir, il la dominait d'une façon qu'elle ne saurait expliquer. Son regard était électrisant.
La stupeur envolée, il se précipita vers elle, ôtant son manteau qu'il lui offrit l'enveloppant avec. Ils se disputèrent longuement dans cette petite ruelle isolée puis elle le quitta, à présent doté d'une chevelure aussi blonde que le blé. Il avait tenté de la retenir par la raison, la force mais en vain, elle était bien trop têtue. Il était furieux.
Elle lui lança un dernier regard, un regard inquiet, puis elle brisa le contact pénétrant dans un pub, il la suivit. Elle avait beau remuer ciel et connerie le mettant hors de lui, il ferrait n'importe quoi pour elle, il l'a suivrait jusqu'au bout du monde. Oui, il en était certain, aussi énervante qu'elle avait beau être, il l'aimait. Il tenait à ce fichue bout de femme agaçant plus qu'à sa vie. Mais bon sang, comment était-il permis d'aimer une personne si énervante ? !
Il s'accouda au bar marmonnant quelque chose au serveur qui lui servit une bière. Elle était non loin de lui et sirotait un cocktail dégouttant, un mélange d'alcool très fort et d'une autre substance visiblement trop sucrée. Il ne cessait de la regarder. Elle le savait, elle le sentait. Il craignait, il analysait chaque chose, chaque mouvement. Elle aspira de nouveau un peu de cette odieuse boisson afin se redonner courage, car oui, elle allait en avoir besoin. Elle débutait sa mission d'infiltration. Ron avait tout d'abord catégoriquement refusé qu'elle se lance dans un jeu si dangereux, qu'elle soit sous l'influence de polynectar ou pas, il était hors de question qu'elle prenne un tel risque. Puis, après maintes explications et argumentations de toute sorte, il n'avait toujours pas accepté. Mais qu'importe, elle ne lui avait pas laissé le choix. Elle allait extirper des informations de ces mangemorts de Malfoy coude que coude, elle le devait s' ils voulaient avancer...
Les hommes de sa convoitise pénétrèrent dans le pub la faisant émerger de ses pensées. Ils braillèrent grossièrement commandant quelques bières.
Le bar n'était pas très rempli en cette période très proche de Noël, chacun était pris par les préparatifs. Il y avait toutes fois deux trois femmes habiller bien plus vulgairement qu'Hermione et quelques ivrognes.
Les mangemorts ne manquèrent pas de remarquer la brunette qui leur lançaient des regards aguichant et très suggestives. Elle ses demandait si elle n'avait pas l'air d'une idiote, elle n'avait pas l'habitude de faire de telles stupidités, surtout à l'encontre de mangemorts. Le rouquin, lui ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel, exaspéré par la situation.
Les mangemorts ne se firent pas prier et l'un d'eux s'approcha de la brunette d'une pas assuré la draguant très ouvertement. Elle fut surprise de la facilité avec laquelle l'homme se jetait dans son jeu. Alors, elle se mit à jouer, à jouer une stupide pouffe, ce n'était pas difficile, elle n'avait qu'à imiter le comportement de la collègue de Ron, Lavande. A cette pensée, un sourire se dessina sur ses lèvres.
Bien vite, ennuyés les acolytes du mangemort quittèrent le pub accompagné de ces charmantes dames qui s'y trouvaient. Leur camarade n'avait certainement pas besoin d'eux pour conclure sa soirée autant qu'eux n'avait pas besoin de lui. Ils pouvaient se vanter eux, d'avoir été plus rapide et agile que lui. Hermione en fut très satisfaite, bien que cette situation la mettait très mal à l'aise et l'agaçait au plus au haut point. Toutefois, il avait bu plus d'un verre et se retrouvait en quelque sorte seul avec elle, il était un contre un, enfin deux, Ron ne cessait d'observer la scène, ce qui rassurait grandement la brunette. Il était là.
Hermione faisait du rentre dedans au mangemort, murmurant à son oreille. Elle jouait des épaules faisant danser sa poitrine. Elle avait l'air ridicule, elle le savait, mais si c'était ce qu'il fallait faire. Lui tenait difficilement sur sa chaise et parlait énormément riant de forte voix. La brunette était très attentive à chacune de ses paroles, car oui, l'alcool avait bel bien ouvert sa chambre des secrets. Après tout, chaque mangemort n'était pas forcément très futé, enfin la majorité, aurait juré la brunette. L'homme se confiait très ouvertement à la brunette, peut être car il voulait vite la « séduire » pour qu'elle puisse le satisfaire ensuite.
Ron essayait d'écouter mais en vain, il n'arrivait pas à distinguer clairement ce qui se disait. Il espérait que cette mascarade agaçante est servie au moins à quelque chose. Il commençait clairement à perdre patience. Enfin, il l'avait déjà perdu il y a bien longtemps, heureusement que le rouquin savait se retenir. Il commanda une autre bière. Il ne supportait pas de la voir ainsi, dans les bras d'un autre.
Le mangemort ne cessait de la tripoter pour son plus grand déplaisir. Il ne tenait presque plus sur sa chaise et n'avait clairement en tête que de déballer ce cadeau qu'était cette mère Noël. Il s'approcha encore d'elle...
Soudain, un verre se brisa violemment. Le rouquin ne tenant plus l'avait brisé entre ses doigts se faisant remarqué par le mangemort. Le regard de Ron était amère, furieux. S'en était assez.
-Oh tiens ! Regardez qui voilà ! Weasley ! S'exclama, le mangemort en titubant. A ta santé sale auror! J'aurais ta peau un jour, tu sais ! Tu tries une sale tronche mon gars !
Hermione s'immobilisa. Elle n'avait pas pensée au fait que lui était clairement reconnaissable. Son sang se glaça. Qu'allait-il faire ? Pourquoi s'était-il fait remarquer ? Ron... Le rouquin quand à lui sourit s'approchant d'un pas assuré. Il n'avait clairement pas peur de cette vermine.
-Je vois que malgré tout nous avons des points communs, nous aimons les bonnes cuites et les belles femmes.
Joignant le geste à la parole, il agrippa fermement Hermione l'embrassant fougueusement, sa main se perdit sur la peau soyeuse de la cuisse de la jeune femme. Elle frissonna. Les doigts de l' auror sur sa peau n'avait rien avoir avec ceux du mangemort, les siens étaient doux, lui provoquait une multitude de petites sensations délicieuses dans le ventre. Il ne lui avait pas laissé le choix, elle n'avait pas voulu résisté. Elle était à lui, le rouquin le manifestait puis la relâcha comme un vulgaire jouet qui ne lui plaisait plus. Elle resta immobile, déstabilisée, se mordant les lèvres.
-Dégages Weasley, celle-là, elle est à moi... S'énerva le mangemort. Je l'ai vu le premier...Tu dégages j'ai pas encore conclu, elle va me faire une belle...
Le mangemort ne pu finir sa phrase, le poing du rouquin l'avait violemment frapper au visage lui faisant perdre l'équilibre. Ron n'en resta pas là pour autant, il s'avança vers lui avec fureur, le soulevant de terre puis le propulsa brutalement contre le bar. Toute la haine et la rage qu'il avait tenté d'enfouir dans son être tout au long de la soirée se libéraient à présent. Une sorte d'animosité s'était emparé de lui, une force incontrôlable et effrayante.
Hermione était terrifié, elle ne l'avait jamais vu autant en colère, sa force était surprenante. Toutefois, le mangemort à peine conscient riposta lança un sort à l'encontre de son adversaire, c'est-à-dire, une chaise. Ron soupira, il lui ferait la peau lorsqu'il saura le différencier d'une chaise. Se battre contre un homme aux réflexes d'une limace attardée n'avait pas de sens.
Sans un mot sous le regard effaré, des clients du pub et de son propriétaire, Ron agrippa le bras d'Hermione et il les fit transplaner.
Il savait qu'il venait de commettre une grave erreur, que lorsque le mangemort reprendrait ses esprits, il se souviendrait que cette femme qui lui avait soustrait tant d'informations avait été avec lui. Mais qu'importait si le mangemort ne savait pas que cette femme avait été Hermione.
Il ne prononça pas un mot tandis qu'il rentrèrent chez lui. La jeune femme commençait peu à peu à reprendre son apparence et avec, il semblerait son caractère.
-Vous êtes vraiment incorrigible vous ! Vous me faites la moral pendant des heures et vous gâchez tout avec votre stupidité ! Vociféra t-elle.
-Il n'était plus apte à te dire un mot. Tout ce que tu pouvais lui faire dire tu l'as fais !
-Peut être pas ! Peut être qu'il avait encore des choses à me dire ?!
-Ah non, c'est pas parler qu'il voulait !
-C'est bon, Ron ! Je ne suis pas une enfant, j'aurais très bien pu le repousser au moment venu. Osez dire que me faire tripoter par ce mangemort me faisait plaisir ?! Puis qu'est ce qui vous a pris de m'embrasser ainsi et de me laisser comme une vulgaire chose ?!
-Je n'étais pas satisfait , dit-il simplement.
-Pardon ?! S'écria la jeune femme blessée. Pourtant les pouffes c'est ce que vous aimez non ?
Un petit sourire en coin se dessina sur le visage du rouquin.
-J'en aurais bien plus profité, mais je préfère te tripoter lorsque tu as tes propres traits, ta peau douce à toi et tes petits seins tout mignon de petite pouffe.
Hermione resta bouche bée essayant tant bien que mal de dissimuler sa surprise. Il avait ce don de lui ôter tout ses mots.
-Je n'ai pas de petits seins ! Finit-elle par crier.
Le rouquin éclata d'un rire franc et amusé. Il s'approcha d'elle la prenant doucement par le menton, il la rapprocha de lui et l'embrassa à nouveau. Il glissa ses doigts dans les boucles indisciplinés de la jeune femme tandis que sa langue caressait tendrement celle d'Hermione lui faisant perdre tout ses moyens. Elle était incapable de le repousser, elle ne le voulait pas. Ce baiser était si délicieux.
Le rouquin y mit fin en lui pinçant la poitrine, amusé. Elle le frappa, outré.
-Ron ! Vous n'êtes qu'un imbécile, dit-elle à moitié en riant les joues rougies.
Le jeune homme sourit.
-Allez au boulot, raconte moi ce que tu as, ma petite tomate.
-Très bien, dit la brunette essayant de reprendre toute constance, de calmer son trouble. Et bien...
-Et si j'ai tapé ton copain, c'est par pur et simple jalousie. Tu es à moi.
-Je...
-Je ne suis pas un objet Ron ! L'imita très mal le rouquin, je ne suis à personne...
La brunette le coupa lui balançant un coussin à la figure. Et bien qu'elle enchaîna sur les informations, elle n'en resta pas moins touchée par les propos du rouquin.
