Il faisait toujours froid, un de ces froids de décembre, si glacial, si rude, qui tente de briser les remparts de vêtements, ces bras dans lesquels chacun cherche à s'emmitoufler, cherche un peu de chaleur. L'air hostile griffait la moindre partie de la peau, qui dénudée s'offrait voluptueusement à lui. Chacun cherchait refuge, s'abandonnant à la chaleur délicieuse qui exhalait des cheminées, d'une simple soupe brulante et appétissante, d'un corps amical ou amoureux qui vous enlace, contrastant avec ce froid odieux. Toutefois, lorsqu'en cette nuit obscure et froide, tous aspirait à l'apaisement, à la chaleur bienveillante de leurs appartements, eux étaient là, dans ce froid, eux étaient là, car personne d'autre n'y était. Ils étaient de ceux qui sortent lorsque les autres entrent, de ceux qui jubilent lorsque la nuit de son ombre les recouvre dissimulant leurs méfaits. Ils étaient discrets, non pas timides, ni mystérieux, ils étaient dissimulateurs, l'ombre était leur soleil, la lumière leur ombre.

Ils étaient là, lui et elle. Ils attendaient ne disant rien, pas un mot, pas un murmure, pas même un regard ne s'échangea entre eux. Ils regardaient au loin, droit devant, dans la même direction, leur visages meurtris par le vent. Toutefois, leurs mains étaient jointes, leurs doigts s'entremêlaient. Ce n'était pas une mince affaire et à trop s'en mêler, ils n'allaient certainement pas tarder à se brûler les ailes.

Un bruit sonore retentit, mettant fin au calme apparent. Leurs mains se lâchèrent aussitôt, le contact se brisa. Leurs visages s'obscurcirent. L'inquiétude envahit la femme, la détermination enivra l'homme. C'était maintenant où jamais, c'était un instant qu'il avait attendu depuis si longtemps.

Face à eux, un homme vêtu d'un long manteau noir contrastant avec ses cheveux d'un blond presque blanc, retirait doucement ses gants. Il était seul, seul contre eux. Il avait pourtant l'air serein, certainement habitué à ce genre de rendez-vous clandestin au beau milieu de nul part. Il fut toutefois rejoins presque aussitôt par un elf de maison qui tenait entre ses mains un gros sacs sans nul doute rempli de gallions. L'homme le sermonna pour son retard et le frappa.

-Vous avez tout ? Questionna-t-il d'une voix aussi froide que le temps en se détournant de son elf de maison..

-Tout, répondit l'homme lui tendant un paquet, nous ne comptons plus que sur vous à présent maître.

Le blond l'examina, et sourit. Tout était parfait. Il avait entre ses mains ce poison meurtrier qui faisait sa puissance et ce massacre que tout le monde redoutait. Il était loin d'en avoir fini, tout ne faisait que commencer.

-N'ayez de craintes, lui répondit le blond, tout se déroule comme nous l'avions prévu. Nos petites expériences ont abouti, de nombreux enfants moldus, de Sang-de-Bourbe, et de sang mêlé ont déjà rendu l'âme. La substance de la fête foraine à moins été efficace même si elle à pas mal semer le trouble parmi les adultes. Qu'à cela ne tienne, ce qui nous intéresse, c'est éliminer la futur génération de ces moins que rien. Réjouissez-vous, nous accomplirons ce que notre pauvre maître n'a su achever, nous le ferons pour lui. Nous ferrons renaître notre armée de mangemorts !

-Pour récupérer la victoire qui nous appartient, déclara la femme, une victoire qu'un gamin nous a volé.

-En effet...Mais cet idiot va payer ! On a fait crever son fils, on fera de même pour le reste de cette pourriture, se délecta le blond, quel plaisir de voir Harry Potter esclave de son chagrin ! Quel sentimental ! Je crois bien que je les tuerais de ma propre main ces sales gosses, un part un, devant lui, pour mieux me délecter de ce spectacle.

-Malfoy, espèce de salaud !

Le concerné leva brusquement la tête mais avant même qu'il ne croisa le regard de l'homme qui l'avait insulté, un sort le percuta, le paralysant. L'homme s'avança vers lui, la baguette à la main, son regard était sombre, plein de haine et de fureur.

-C'est idiot de se faire piéger ainsi, n'est-ce pas Malfoy ? Murmura l'homme agrippant le blond par les cheveux afin qu'il puisse voir son visage déformé par le courroux. Tu fais moins le malin maintenant sale ordure !

L'homme donna un violent coup de genou dans le visage du blond lui brisant le nez. Du sang en jailli. La douleur était odieuse. L'elf de maison se précipita à la rescousse de son maître, mais il fut bien vite repousser par un sort.

-Non ! Hurla la jeune femme. L'elf de maison n'a rien fait !

Elle se précipita vers le pauvre petit être tandis que son partenaire s'acharnait sur sa « victime ».

-Ça fait mal hein ?! Hurla t-il en obligeant l'homme à demi conscient à le regarder, dit le que ça fait mal ! Supplie-moi d'arrêter ! Supplie-moi !

Il le frappa à nouveau avec tant de haine et tant de rage que le blond perdit conscience, à moins que ce n'était tout simplement que du désespoir, de l'impuissance. Le frapper, le tuer. Pourtant rien ne changerait ce qui était arrivé. Il avait besoin de se défouler, de faire payer Malfoy ses méfaits, et surtout l'empêcher d'achever son plan.

La femme agrippa son compagnon par le bras.

-Qu'est ce que vous faites ! Ce n'est pas le moment ! Transplanons avant que quelqu'un ne nous surprennes ! Et arrêtez de le frapper bon sang ! Cela ne nous avancera en rien et vous le savez très bien ! Il nous le faut vivant.

-Lâches-moi ! Je vais le tuer !

Toutefois, il était trop tard. Un bruit avait de nouveau retentit, une multitude de mangemorts étaient apparus. L'elf de maison avait rempli son devoir, il avait appelé du renfort pour ne pas avoir à se cogner la tête toute la soirée de ne pas avoir secouru son maître.

L'homme et la femme avaient transplanné aussi rapidement qu'ils avaient pu emportant avec eux le corps inconscient de Malfoy. Un sort avait fusé.

Ils atterrirent brutalement sur le sol dans un endroit méconnu et désert. Maintenant qu'une orde de mangemort était à leur trousse, ils ne pouvaient dévoiler leurs véritables identités, surtout que le polynectar allait certainement cessé d'agir sous peu.

Il était blessé, du sang coulait le long de son torse. Elle fut horrifié.

-Ron ! Par Merlin ! Ron !

Troublée, elle se précipita sur le jeune homme. Il était impossible de se rendre à St Mangouste de peur d'y attirer les mangemorts. Ron n'aurait jamais voulu de toute façon mettre autant de vie en péril. Toutefois, il saignait, il saignait énormément.

-Ron ! Dites quelque chose ! Je vous en prie... Supplia t-elle tandis que des larmes commencèrent à perler le long de ses joues. Espèce d'abruti...Je vous l'avais dis...je vous l'avais dis, qu'il fallait fuir...

-Pas de vulgarité...C'est pas parce que je crève qu'il faut devenir vulgaire miss Granger ...déclara le rouquin d'une voix faible, un mince sourire étirant ses lèvres.

-Ron...

Il souffrait. Sa poitrine se soulevait d'une infinie lenteur, d'une immense difficulté. Chaque mouvement de son corps meurtri semblait affligeant. Le sort l'avait frappé en pleine poitrine lui extorquant un cris atroce. Sa chemise blanche avait pris une teinte rouge inquiétante, malgré les quelques soins que la brunette avait essayé de lui prodiguer. Elle avait arrêter l'hémorragie certes, toutefois il avait déjà perdu énormément de sang. Son souffle caressait l'oreille de la brunette, un souffle qui s'épuisait, un souffle qui s'en allait doucement. Son visage se perdait dans la cascade de boucles brunes de la jeune femme, dans laquelle il essayait de trouver du réconfort, d'y perdre sa douleur. Des larmes perlaient le long des joues d'Hermione, une fois de plus tout était de sa faute, elle le tuait de jour en jour, de par sa stupidité et son imprudence. Ses larmes amères griffaient ses joues, ses larmes lui faisait si mal, si mal au cœur. Pourquoi avait-elle insisté ? Pourquoi avait-elle été si stupide ? Elle ferma ses yeux endoloris par la peine essayant de renifler le moins possible. Elle ne voulait pas qu'il l'entende, pourtant c'était absurde. Évidement qu'il l'entendait, il était là, contre elle, il sentait chacun de ses sanglots, de ses frissons. Son corps tout entier tremblait, alors qu'elle essayait de calmer son chagrin, sa haine, sa fureur, en vain. Chaque scène de cette immonde soirée se dessinait une à une devant ses yeux, juste là, sur ses paupières. Elle revoyait chaque instant. Pourquoi avait-elle voulu obtenir ces informations ? Certes, ils avaient Malfoy entre leurs mains, mais à quel prix ? La vie de Ron, valait-elle tout ça ? Non, bien sûr que non. Sa vie était bien plus inestimable aux yeux de la jeune femme, bien plus inestimable que tout.

Il voulait la réconforter, bien que sa blessure lui affligeait une terrible douleur, les sanglots de la jeune femme lui était davantage insoutenable. Il glissa sa main dans la sienne, emprisonnant ses fins doigts, lui murmurant que ce n'était sûrement pas la dernière fois, et que c'était avec plaisir qu'il donnerait son temps, sa force, sa vie, pour réparer ses imprudences et erreurs. Un petit rire s'échappa de la gorge de la brunette malgré ses sanglots. Les battements du cœur du rouquin accélérèrent, il aimait ce contact, la chaleur de la brunette. Ce petit rire bien qu'éphémère, le fit sourire.

-Serres-moi fort contre toi, Hermione, lui susurra t-il dans un souffle, j'ai froid...

-Vous voulez en profiter pour me tripoter ? Demanda t-elle voulant plaisanter un peu.

Le rouquin sourit à nouveau, tandis qu'elle se blottit davantage contre lui essayant tout de même de ne pas lui faire mal.

-Les secours ne devrait plus tarder, murmura t-elle, j'ai envoyé un patronus à Harry, ils vont emmener Malfoy et nous pourrons transplaner aussi étant donné que le polynectar ne fait plus effet. Les mangemorts ne pourront pas nous reconnaître... Ron... Ron !