Hey,
Et là je suis terriblement choquée de recommencer au chapitre 1. C'est normal. X)
Bon, je vous préviens, ce tome-ci, j'alterne énormément la première personne du singulier et la troisième pour la narration. Y a pas vraiment de logique, j'écris au feeling. Et parfois ça sonne mieux.
Je le répète encore, l'ambiance est malsaine. C'est pas fait pour être à l'aise.
Bon, faut que vous le sachiez, ce tome est un bordel chronologique pas possible ! Rien n'est dans l'ordre et c'est ce qui forge ce côté inquiétant. Par contre ce chapitre est très bien placé chronologiquement. Il n'y a pas de retour en arrière ou en avant. Rien. Juste une suite chronologique, mais c'est quand même le bordel x) mais c'est juste pour situer quoi.
… Commencer une histoire par la fin de ladite histoire, c'est vachement tordu comme affaire ! Bon, vous n'allez rien comprendre. But… I DON'T CARE ! Vous vous en sortirez, vous verrez.
Bon j'écris cela la veille des vingt ans de Friends. (C'était pour le calcul mental ça) Ca explique beaucoup de chose –nan je blague-.
REVIEWS EST MA NOURRITURE ! (Et vous ne voulez pas que je devienne anorexique pas vrai ?)
Folite.
Toutes les pages sont à Michael GRANT, seul m'appartient la couverture.
Chapitre I : The End.
« La vie est cruelle. »(Anita.)
« La vie est une garce qui n'a aucun scrupule à détruire. » (Amélie)
« La vie est belle. » (Cléa)
Ils grandissent. Peu importe ce que tu peux y faire, tout le monde grandit. Et apprend.
Début de Glopland : trois-cent trente enfants.
Fin du tome 1 : deux-cent quatre-vingts sept.
Actuellement : cent trois.
Je soupirai. J'étais appuyé contre ma main. J'allai m'endormir. C'était certains. Non mais qui a eu l'idée de faire une réunion d'explication ? Non mais franchement. Enfin j'avais d'autres chats à fouetter moi. Fallait que je nourrisse mon poisson rouge. D'abord. Il faisait un peu froid en ce moment, peut-être même que je devrai lui faire un bonnet. Puis en plus il allait salir partout dans son aquarium. C'était mauvais ça. J'allais encore devoir passer l'aspirateur. Je lui avais pourtant dit qu'il fallait faire popo dans sa litière. C'était pas compliqué ! Et il me sortait toujours l'excuse de la « mémoire de poisson rouge ». Mais non ! Hé ho, un poisson rouge ça a une mémoire de trois mois donc hein, pas fou le coco. Je lui répète une fois par semaine. Au moins. Bon d'accord trois fois.
…
Par jour. Mon poisson est atteint d'Alzheimer ! Pas ma faute, crotte quoi. Puis c'est juste que j'aime pas les miettes. C'est sale et puis ça attire les rongeurs. Et après on est obligé de foutre de la mort à rat dans l'aquarium et puis mon poisson les bouffe et il crève.
…
Pas que j'ai déjà tenté l'expérience, non, non, non. Je suis juste prévoyant. D'abord. Et puis enfin quoi, quelqu'un qui mange en foutant des miettes partout, c'est crade quoi ! Regardez Sam-Sam là-bas, il bouffe son sandwich tranquillement et il a des miettes partout, bah lui il n'ira pas loin. Est-ce que le président mange ainsi ? Non. Est-ce qu'un directeur mange ainsi ? Non. Est-ce qu'un chef d'entreprise mange ainsi ? Non. Bref, il sera trouffion. Mais y a des trouffions qui mangent proprement hein. Je fais pas de généralité moi. C'est juste que manger salement, bah après c'est pas crédible. Donc on monte pas en grade.
D'ailleurs, pourquoi Sam-Sam a le droit de manger et pas moi ? J'ai faim moi aussi. Ça fait trois heures qu'on est là à nous expliquer qu'il faut être prudent pour la sensibilisation à l'hygiène parce que les mômes sont violents. Comme-si on le savait pas.
J'ai. Faim.
Et y a ce taré de Tyler qui me fixe. Alerte, psychopathe. C'est peut-être un pédophile ? Vous croyez qu'il veut me violer ? Flippant. Et mais en plus il ne cligne même pas des yeux ! Il a un regard presque jaune. Eurk. Ca jure affreusement avec son teint.
…
C'est un vampire. Ok c'est bon je veux sortir. J'ai un poisson à tuer. Vous savez les poissons ils ont de la chance, parce qu'on peut les asphyxier, comme nous. Mais on ne peut pas les noyer. C'est pas juste.
J'ai pas compris pourquoi y avait des nouveaux au Conseil. Comme Tyler. Non mais il est franchement flippant. Je suis sûr que chez lui il a le manuel de « 1001 techniques pour tuer Drake. ». Parce qu'il veut me tuer, c'est certains. Il doit hésiter entre la décapitation et la pendaison. Personnellement s'il me laisse le choix, je préférerai être pendu. Ah, je pense qu'il vient de penser à la méthode 754, immolation. Je sais pas vous hein, mais je crois que je suis dans la merde.
J'ai faim.
Enfin je ne sais pas hein, mais si je meurs d'ici quelques minutes, je préfèrerai crever le ventre plein. Pas vous ?
En plus y a cette imbécile de Britney qui chante « Elle a les yeux revolver ». Faut qu'elle arrête, après Tyler il va se souvenir de la méthode 581, et va me fusiller du regard. Pas que je vais mourir sur place hein, mais on sait jamais. Faut être prêt à toute éventualité dans la vie.
Hé mais attendez, si je meurs, qui va nourrir mon poisson ? Qui va aspirer ses miettes ? Pensez à Jojo le poisson avant de me tuer ! Un enfant sans sa maman, c'est un orphelin ! Pensez à mon Jojo futur orphelin ! C'est trop triste.
J'ai faim.
Nan mais sérieux, je suis sur le point de devenir ventriloque. Même si je sais que vous avez tous à cœur mon avenir professionnel dans le milieu de la ventriloquie, quand même. Je préférerai devenir Sénateur. C'est plus cool. Et vachement mieux payer.
Astrid ne s'arrête donc jamais de parler. C'est à s'en taper la tête sur la table. Et je sais que vous avez tous à cœur la pitié de ma pauvre tête. Elle vient de me fusiller du regard. Help. Je suis sûr qu'elle a le tome 2 des « Mille et une techniques pour tuer Drake. »
Vous savez, je suis très fier de mon prénom. C'est le même que celui du médecin que joue Joey dans Friends. Ça prouve ma prédestination à devenir Sénateur.
…
Parce que soyons clair, je ne deviendrai ni médecin ni acteur. C'est juste que sénateur rime avec acteur donc je prends ça du bon côté.
Je suis un gars optimiste vous savez. Moi j'ai aucun complexe à voir le bon côté des choses. Par exemple puisqu'Astrid et Tyler veulent me tuer, c'est plutôt cool. Ça prouve qu'au moins deux personnes pensent à moi dans ce monde.
Voilà. Positif dans la vie.
Par contre j'ai faim. Et là, je ne vois aucun positif dans cette situation. Je savais que j'aurais dû prévoir un plan C.
Oui parce que le plan A c'était venir. Le plan B c'était être malade, mais on m'aurait envoyé à l'hôpital et je ne sais pas vous, mais moi je ne l'aime pas trop. C'est à s'en dégoûter des médecins.
Encore une preuve que je ne suis pas fait pour être médecin.
« Bon vous pouvez partir. »
OUUUUUAIS ! Victoire ! A moi le merveilleux sandwich au bacon ! A moi le nettoyage de la maison de Jojo ! A moi la libertééééééééé ! En fait je l'aime bien cette Astrid.
« Sauf toi Drake, faut que tu expliques les horaires à Tyler. »
Je retire ce que je viens de dire, cette fille est une garce. Elle veut ma mort, je vous l'avais dit. En plus elle s'est ralliée à la cause de Tyler, le psychopathe qui veut me tuer par immolation. Elle a toujours été pour les causes perdues d'avance.
§
Elle était affalée sur le lit. Sa peau pâle, presque translucide. Ses cheveux gras s'éparpillant sur les draps sales. Son regard transparent fixant le plafond d'un air lointain. Toujours cet air d'ailleurs. Ses lèvres étaient entre-ouvertes. Un léger souffle s'en échappait en buée. Ses bras en croix, une main tombait du lit. De la crasse s'infiltrait sous ses ongles. Sa poitrine ne se soulevait pas. Elle paraissait morte. Elle était morte. De l'intérieur. Une estafilade s'éclatait le long de sa joue. Du sang dégoulinait le long de sa lèvre gonflée. Elle portait une tunique blanche. Autrefois blanche excusez l'euphémisme. Elle était découpée, pleine de terre et de sang. Laissant apparaitre sa peau au niveau du ventre, des hanches et du creux de la poitrine. Des hématomes virant vers le jaune se déchiraient sur son corps. Du sang dégoulinait le long de son poignet de sa paume. Son souffle se dispersait dans l'air. Une larme glissa le long de sa joue.
Elle était dans une chambre. Les murs étaient blancs. Il faisait nuit. Le lit prenait toute la place. Il y avait une armoire à sa droite et une fenêtre à sa gauche. En face se tenait une porte et un miroir. Le vent faisait flotter les rideaux pâles. La lampe accrochée au plafond se balançait dans un grincement. Seul bruit pour briser le silence. La lumière se reflétait dans le miroir créant des ombres sur les murs. La porte était fermée. Des voix s'élevaient petit à petit de l'autre côté.
Elle ne bougeait pas. Pas même lorsque la porte s'ouvrit. Pas même quand il s'accroupit près d'elle. Pas même quand il effleura son visage et qu'il fit glisser sa paume le long de sa cuisse. Pas même lorsqu'il l'embrassa. Et encore moins quand il la secoua. Elle était morte. Et son souffle s'élevait lentement dans cette pièce lugubre. L'homme prit sa tête entre ses mains et s'appuya contre l'armoire. Il se mit à sangloter. Soudain, son corps s'agita. Elle fut d'abord prise d'un spasme. Puis sa main droite s'éleva lentement vers le plafond. Il la fixa, apeuré. Sa poitrine se souleva soudainement. Ses jambes se mirent à sursauter. Ses lèvres s'ouvrirent et un son guttural, rauque en sortit. Un hurlement déchirant. Il se leva. Et baissa son bras. Elle se débattait dans tous les sens. Il la retenu. Elle criait, pleurait, saignait. Elle se blessait dans sa folie. Il se mit à sangloter en écho avec elle. Leurs regards se croisèrent. Il plongea dans ses iris ternes et mornes. Il plongeait dans sa démence et sa folie meurtrière. Puis soudain, son corps retomba mollement sur le lit. Sa tête tomba vers la fenêtre. Elle fixait la vitre d'un air absent.
Il se laissa tomber contre le sol, prit dans une crise de larmes. Il suffoquait. Elle était morte. Il le savait. Il se releva, dans un soupir à peine audible. Il y avait tellement cru, autrefois. Il ouvrit la porte et se retourna dans un geste désespéré vers le corps de la jeune fille. Elle le fixait. De ce regard où démence et mort cohabitaient.
« Tu me manques Cléa. Souffla-t-il. »
Et Pete sortit de la pièce. Ses mots se répercutèrent entre les murs mais n'atteignirent jamais le corps inanimé. Ils s'incrustèrent dans cette crasse déjà profonde qui balayait son corps. Cléa replongeait. Sa folie la bouffait et les autres aussi. Chacune de ses sorties se soldaient par son inconscience. Elle payait le prix d'actes passés. Elle payait sa folie, elle payait ses mots, elle payait sa résurrection. Elle payait la violence de jeunes. Elle payait la haine. C'était tellement plus facile, plus drôle de s'en prendre à une souffrante.
La violence de Glopland était devenue à son summum. La boue trainait dans la rue. Les gamins marchaient en bande avec des revolvers ou des couteaux. Ils se battaient. Le Conseil agissait autant qu'il pouvait mais la vie tournait au cauchemar.
Deux ans et sept mois. C'était le temps qui s'était écoulé depuis la guerre. Deux ans et sept mois, que Glopland sombrait. Les morts et les blessés se faisaient plus nombreux chaque jour. La population diminuait. Les survivants se déchiraient. Chaque enfant n'était plus qu'un lambeau de chair. Ils subissaient la vie. Le taux de suicide était incroyablement élevé.
Le cauchemar devenait réalité.
§
Je fis trainer mes pieds contre le sol. Je tenais mon plateau grisâtre du bout des doigts. Les habitants étaient rassemblés à différentes tables. C'était sans doute le seul endroit où tout le monde cohabitait tranquillement. Tranquillement pas joyeusement. Ne confondez pas. Une odeur nauséabonde s'échappait dans l'air mêlant la transpiration, la crasse, le sang et la nourriture. Elle me causait de violents haut-le-cœur. Je secouai la tête, cherchant Drake du regard. Ce fut Diana qui m'aperçut et qui secoua la main en l'air, projetant ses bracelets sur sa peau pâle. Je m'approchai et plaquai fermement mon plateau contre la table. Mon gobelet en plastique glissa sur le sol. Je me baissai pour le ramasser mais une main blafarde me précéda. Elle me tendit le gobelet, je le pris et levai le regard vers le possesseur de la main. Je fixai son regard boueux. Une lueur moqueuse étincelait au fond de ses yeux. J'étais captivé par ses iris. Mon cœur rata un battement. Je secouai imperceptiblement la tête et coupai le contact visuel au prix d'un ultime effort. Je m'assis et cassai presque mon gobelet en l'abattant sur mon plateau. Puis je me rendis compte qu'il était mon voisin. Je fis grincer mes dents. Son odeur était partout. Elle emplissait l'air, m'empêchait de respirer. Mon cœur battait dans le vide. Ma gorge était sèche. Je n'avais plus faim. J'essayais d'ignorer sa présence, mais nos coudes se frôlaient. Mes yeux me brûlaient. J'étais totalement absente de la conversation, jouant avec ma nourriture. J'étais oppressée, mal à l'aise. Je n'étais pas à ma place. Je voulais fuir. Partir. Echapper à cette emprise qu'il avait sur moi. Et la vérité me frappa douloureusement : je crevai d'amour pour lui. J'en aurais hurlé tellement la souffrance me bouffait. Je l'aimai. Je l'aimai encore. Je plongeai à pied joint dans cette indifférence. Je papillonnai des yeux. Le blanc se formait autour de moi. Je n'entendais plus rien. Juste sa voix qui riait aux éclats. Ma poitrine se serra. Ce son était délicieux, il me donnait des frissons. Se baladait sur mes courbes et glissait le long de ma nuque. Son odeur m'empêchait de respirer. Je devais partir. Tout de suite, maintenant. Je le savais. Toute ma conscience me le hurlait mais mon corps et mes frissons ne m'obéissaient plus. Je restai figé, dans cette expression d'extase. De jouissance. Puis son rire se tue. Je clignai des yeux. Je me levai et partis en courant. Je claquai la porte d'entrée du self et m'engouffrai dehors. L'air humide et froid emplit mes poumons. Je me laissai glisser sur les marches du perron. Mon souffle était saccadé. J'enfonçai ma tête entre mes mains. Les larmes glissaient sur mes joues. Je gémis. J'étais enfermée dans cet amour inconditionnel que j'éprouvais pour lui. Notre histoire avait été si belle, si mouvementée mais tellement passionnée. Elle ne pouvait pas être terminée. Et pourtant si. Trois mois, et j'avais l'impression d'en crever encore sur place aujourd'hui. Il m'enfermait. Il me faisait dépérir. Je crevais. Je rejetais ma tête en arrière. Une goutte s'écrasa sur mon front. Azilis ne maitrisait pas ses pouvoirs, notre temps en devenait réellement instable. Elle avait dû capter ma tristesse, elle était douée pour ce genre de chose.
« Anita ? »
Je fixai un arbre en face de moi. Mon interlocuteur s'assit à mes côtés.
« Tu vas mouiller. Grinçai-je.
-Tant pis. Me répondit-elle. »
Je lui jetais un regard en biais. Amélie avait changé. En bien comme en mal. Moi aussi. Tout le monde avait changé. Les événements de ces deux dernières années avaient tout bouleversés. Encore pire que la guerre avec Lune. La violence faisait partie intégrante de notre quotidien. Amélie était devenue plus grande, ses cheveux continuellement courts et son regard froid. Elle était plus fière, plus glaçante aussi. Terrorisante parfois. On avait tous nos peurs. Tous, nos séquelles.
« Je suis désolée.
-Ne le sois pas, tu n'as rien fait.
-C'est vrai, mais c'est mon rôle de psy de faire ça. »
J'eus un rire faux. Comme toujours. D'aussi loin que je me souvienne.
« Tu n'es pas psy.
-Je sais, mais c'est comme-si. »
Elle rejeta ses cheveux en arrière, désinvolte.
« Tu n'es pas obligée.
-Si. Tu ne comprends Anita parce que toi tu as encore ce semblant de liberté malgré que tu te victimises dans ton amour pour Caine…
-Ne prononce pas son nom.
-Si ça te chante, bref. Je disais que tu ne comprends pas. Tu es libre, un peu. Encore. Tu n'es pas enfermée dans un rôle, tu n'es pas à gueuler ta haine du monde. Tu n'es pas à haïr toute sociabilité. Tu es libre. Tu n'as pas ces enfants qui viennent te voir en pleurs et en sangs. Tu n'entends pas leurs complaintes et leurs dégoûts de l'humanité. Ils n'ont plus rien d'humains ces gosses. J'en ai vu un qu'avaient six ans ! Six ans tu te rends compte ! C'est le double de sa vie que quand il est rentré dans Glopland. Il parle comme toi et moi. Il a déjà bu et il a perdu un bras. Il déteste tout le monde. Il a vu des morts. Et il a six ans. Il ne capte rien et il se fait battre. Tout est différent. Alors, si. Je suis obligée. Parce que si je ne suis pas là, personne ne les emmènera à l'hosto'. Et ils crèveront à même cette putain de dalle. Leur sang se mêlera à celui de tant d'autres dans la boue et l'eau crade des égouts. Et on crèvera tous. »
Je restai silencieuse.
« Ce putain de monde différent. »
Je fermai délicatement mes yeux, faisant souffrir ma paupière martyrisée. Puis me relevais et vomis. Je vomis tout, mes tripes et mon sang.
« Et ouais… C'est comme ça maintenant. Claqua Amélie d'un ton fataliste sans même bouger. »
Je me redressai et essuyai ma bile de ma manche.
« Tain, mais comment on a pu tomber aussi bas ? Grinçai-je. »
Ce n'était pas une vraie question. Bien sûr que je le savais. Et ce n'en était que plus douloureux.
§
Astrid posa lentement son bras de fer sur la table. Elle se massa son moignon brusquement. Elle trouvait son plaisir dans la douleur, comme d'habitude. Du sang dégoulinait sur sa paume. Elle soupira. Ses cheveux poisseux étaient de part et d'autres de son visage. Elle tortilla nerveusement une mèche et se mordit violemment la lèvre inférieure, un goût métallique se propageant dans sa bouche. Une larme glissa sur sa joue mais elle l'essuya bien vite. Sa vie était un désastre. Pourquoi ? Comment ? Elle avait envie de vomir. Un chao total. Elle ne captait plus réellement ce qui se produisait autour d'elle. La violence, elle ne la contrait pas. Elle la vivait. La continuait. L'excitait. La violence, c'était tout ce qu'elle connaissait. Tout ce qu'elle vivait. Elle ne l'ôterait pas de Glopland. Jamais. Et ça, tout le monde en était conscient. Les optimistes étaient morts et enterrés. Un enfant de Perdido Beach ne pouvait survivre sans violence. Ce serait lui ôter tout point de repère, le tuer en somme. Et ce serait une violence invisible. La vie est faite de violence, morale ou physique. Sous toutes ses formes. Et ils la vivaient, la consommaient. S'en dopaient presque. C'était la violence ou la mort. C'était survivre ou souffrir. Il y avait ceux qui frappaient et ceux qui subissaient. Forts et faibles. La loi du plus fort, du plus puissant. Même pas du plus vieux.
Ils étaient tous brisés. Eux et la ville. Eux et leur habitat. Ils étaient lassés de la vie, cassés. Déchirés de part en part. Le sang emplissait l'air. Ils vivaient avec ce goût métallique continuellement dans leur bouche, sur leur corps et dans leur bile. La faim existait. Elle avait ramassé les plus faibles, mais c'était depuis longtemps qu'ils ne restaient que les plus forts. Survivre. C'était tout ce qui comptait. Par n'importe quel moyen. N'importe quelle tentative. Peu importait les conséquences. Tant qu'il n'y avait pas d'échec. Sinon, c'était la mort.
Les règles du jeu étaient ainsi faites. Une seule règle : survivre. Une seule sentence : la mort. La souffrance n'était que dérisoire. Mais obligatoire et intransigeante.
§
C'était impossible. Anita ferma les yeux. Comment ? Elle ne comprenait pas. Elle ne voulait pas. La bile remontait entre ses lèvres. Son ventre hurlait à la famine. Mais elle n'en avait que faire. Elle passa une main nerveuse dans ses cheveux coupés au carré. Elle posa son pied droit sur les marches. Et si elle se trompait ? Si ce n'était pas ça ? Si jamais elle donnait de faux espoirs ? Et si personne ne la croyait ? Ils la tueraient ?
…
Bien sûr qu'ils la tueraient quelle question. Ils tuent tout le monde en ce moment. Rien que le fait qu'elle soit arrivée jusqu'au Conseil était déjà un exploit. Elle monta les marches au pas de course. Elle ne devait pas s'arrêter, elle le savait, sinon elle retournerait en arrière et passerait peut-être à côté du seul moyen de sortir de Glopland. De cet Enfer. Et ça, ça la mènerait droit à la mort. Donc elle avait deux chances sur trois de mourir. Elle détestait sa vie.
Elle se retrouva face à la porte de bronze. Son cœur battait fort, les battements résonnant dans sa tête lui donnant la migraine. Elle ouvrit la fenêtre d'un coup sec et vomit. Elle passait son temps à vomir de toute façon. Pour de multiples raisons d'ailleurs : la peur, le dégoût, l'horreur, la souffrance. Anita essuya vivement ses lèvres avec sa manche et resserra sa queue de cheval. Elle emplie ses poumons d'air et frappa trois fois à la porte, ses coups partant en écho dans le silence qui l'entourait. C'était toujours ainsi dans le Conseil. C'était fait pour vous impressionner. Astrid avait « dessiné » les plans, en fait c'était juste Pete qui avait lu ses pensées et fait ce à quoi elle pensait. Et il fallait dire que le résultat était impressionnant. Le silence était permanant. Même lorsqu'on criait. Nos pas se répercutaient toujours. Il y avait toujours cette forme de puissance qui transparaissait. Ce qui était ironique dans l'affaire, c'est qu'Astrid, La Présidente, faisait tâche dans ce décor. Il lui manquait un quelque chose qui rappelait de la prestance. Ce qui faisait qu'on lui obéissait, qu'on pensait à elle. Ce qui faisait d'elle un chef accompli. La seule personne qui était taillée malgré elle pour cet environnement, c'était Cléa. Malheureusement, il faudra se contenter de la blonde dégénérée.
Les portes s'ouvrirent. Anita resta un instant ébahie par le lustre, comme à chaque fois qu'elle venait au Conseil. Cette pièce avait un semblant de magie. On y était captivée. Elle nous chuchotait lentement, telle une litanie « La Vérité… Rien que La Vérité… ». On ne pouvait mentir en cet espace. On était dans un état second. Une espèce de transe.
Anita secoua la tête. Astrid qui était assise de l'autre côté de la table, se releva. La brune s'approcha d'un pas fier. Elle déposa en un claquement sec ses dossiers rouges sur la table de verre. Astrid l'interrogea du regard.
« J'ai trouvé. »
La phrase avait fusé. Tellement répétée, tellement significatif de bonnes nouvelles. Comme toutes ces autres fois. En un instant, la blonde fut près d'elle. Elle ouvrit le dossier avec une lenteur exaspérante. Ses yeux bleus brillaient. Un sourire de surprise se logea sur son visage.
Elle avait ouvert la boîte. Elle avait récapitulé les éléments des messages. Et au final, la solution se trouvait sous leur nez. Si simple. Si cohérente. Astrid se cogna le front sur la table.
« Mais évidemment… »
Parce que l'être humain se complique toujours la vie. Mais pourquoi faire simple quand on peut faire compliquer ?
§
Le noir. Le noir complet. Sans rayure. Sans tâche de blancheur. Sans couleur. Noir. Ce noir profond qui forme des vagues, ce noir contre qui on s'appuie. Ce noir qui nous berce. Qui endort. Ce noir qui rend fou. Qui saute aux yeux. Qui pique. Qui brûle. Qui fait mal. Ce noir qu'on cherche, et qu'on ne trouve que quand on est trop blanc. Ce noir qui nous tâche. C'était tout ce qu'elle savait. Tout ce qu'elle connaissait : Noir. Son seul mot. Sa seule pensée. Son seul acte. Qui était-elle ? Elle ne le savait pas. Noir. Comment était-elle ? Elle ne le savait pas. Noir. Tout ce qu'elle connaissait c'était cette couleur et ce qu'elle pouvait y apercevoir du monde à l'intérieur. Plongée dans ce noir depuis si longtemps. Elle savait parler. Elle savait lire, écrire et compter. Elle savait qu'elle savait. Mais ne comprenait pas comment elle pouvait s'en souvenir. Noir. Etait-elle née ici ou avait-elle vécu autre part ? Amnésique. Noir.
Il y eut un éclat de blancheur qui fit hurler la jeune fille, car oui, s'en était une et un bruit sourd, comme-si on fermait une porte. Le noir, elle le connaissait par cœur. Dans ses moindres vagues. Elle ne se souvenait plus. Parfois elle revoyait des visages. Elle entendait des rires. Mais qu'était-ce ? Elle ne comprenait pas. Noir. Juste noir. Et puis ce blanc qui la faisait hurler. Ce blanc qui arrivait en riant et qui la transperçait. Qui brisait cette sombre harmonie. Le blanc qui amenait les souvenirs avec lui. Ce blanc qui défilait dans sa tête comme un poignard sur ses poignets. Son âme qui s'effilait. Lentement. Douloureusement. Délicieusement. Elle hurlait, sans s'arrêter. Elle se mouvait mais on l'empêchait de partir. Elle suffoquait. Puis le blanc disparaissait. Les souvenirs avec. Et elle rechutait. Noir. Sauf que cette fois-ci il n'y eut aucunes emprises pour l'empêcher de partir. Alors elle courut. Elle courut dans cette blancheur éclatante où d'autres couleurs vivaces se déchiraient. La douleur la tenaillait. Elle vomissait, hurlait. Des voix résonnaient à ses tempes.
« Je t'aurais aimé ô monde cruel ! »
« Je t'aurais aimé ô trio fou ! »
« Je vous aurais aimé ô mes chats ! »
Ses tripes s'éclataient dans une guerre sanglante. Elle vomissait. Hurlait. Riait. Elle courrait sans s'arrêter. La lumière l'éblouissait.
« Azilis. »
Ses pensées tournoyaient dans sa tête. Elles la brûlaient. Sa mémoire lui hurlait. Les souvenirs revenaient. Mais pas de manière dirigée et dans l'ordre non, c'était un bordel monstre. Tous se précipitaient pour être les premiers. Elle ne comprenait plus rien. La douleur lui vrillait la tête. Elle divaguait, complétement déglinguée.
« The Queen a encore frappé. »
Elle revoyait le sang. Encore et encore. L'odeur métallique montait à ses narines. On lui bouffait le cœur. Elle se blessait. C'était son sang. Son odeur. Ses cris.
« Je vais mourir… »
Elle chuta. Le noir lui manquait. Tout était bien trop clair ici. Bien trop vivace. Bien trop réel. Ses yeux la brûlaient.
Noir.
§
Pete ouvrit délicatement la porte. Il devait lui annoncer la bonne nouvelle, même si elle ne comprenait pas. Il s'en fichait. Il lui parlait. Encore et encore. Il lui racontait tout, chaque petits détails. C'était son moyen de tenir. Son moyen de vivre. Mais il ne comprenait pas, il hésitait encore entre être heureux ou non. La fin de La Zone signifiait la fin de leur histoire, la fin de tout. Il ne la verrait plus. Peut-être était-ce mieux, ainsi elle irait mieux. Mais c'était réellement égoïste, mais il l'était, mais ne plus la voir, ne plus l'avoir (vous noterez le jeu de mot), c'était comme… Mourir. Elle était peut-être folle, il allait peut-être mal. Certes ils crevaient en lenteur, douloureusement. Mais ils étaient ensembles. C'était tout ce qui compté pas vrai ? Mourir ensemble. Vivre ensemble. Plonger ensemble. Pleurer ensemble. Faire un gosse ensemble. Allez au pouvoir ensemble. Sauver Glopland ensemble. Faire la guerre ensemble. Tuer ensemble. Rire ensemble. Souffrir ensemble. Ils avaient tout fait ensemble. Leur histoire, ils l'avaient écrite main dans la main. Yeux dans les yeux. Lèvres contre lèvres. Mais c'était fini. La fin. Il avait envie d'hurler. En avait-il profité ? Peut-être. Oui. Non. Pas assez ! La fin avait été atroce. Horrible. Le sexe, l'alcool, les clopes. La souffrance. Où était l'amour dans tout ça ? Nulle part. Ils vomissaient la douleur. Tous avaient souffert. Peut-être eux plus que d'autres, peut-être pas. Cette dépendance mutuelle, cet amour dévastateur les avaient bouffés. Ils crevaient. Ils se savaient voués à l'échec. Depuis le début, ils l'avaient dit. C'était certains. Parce qu'ils n'étaient dans aucun camp. Vous vous souvenez ? Vous avez cru que c'était la guerre ? Ah mais non. Je parle de ça moi. Je parle toujours de cette souffrance latente. Eternelle. Ils vont crever, ils le savent. Lui sans elle, elle sans lui. C'était une histoire impossible. Une histoire de douleur. Ils avaient toujours souffert. Leur amour était destructeur. Ils s'autodétruisaient. S'entretuaient. C'était ainsi écrit. Ainsi prédit. Mais ils finiraient cette histoire ensemble. Comme ils l'avaient débuté. Parce qu'il le fallait. Il en avait en besoin.
La chambre baignait dans le noir. Il tapota contre le mur. Ses doigts rentèrent en contact avec l'interrupteur. Il prit une profonde inspiration et l'enclencha. La première chose qu'il vit se fut le lit. D'une blancheur éclatante, le sang s'étalant sur les draps défaits. Puis il vit les rideaux flottaient au rythme du vent qui passait par la fenêtre ouverte. Ensuite il aperçut le rockingchair, ce fauteuil à bascule qui trainait prêt du lit. Il l'avait installé il y a huit jours. Ensuite, il aperçut des traces de pas sur le sol. Des traces de sang. Puis son regard se dirigea naturellement de nouvelle sur le lit. Puis sur le mur en face. Et là il la vit. La Marque. The Queen. Les informations gravèrent petit à petit les échelons. Elles fusionnèrent et explosèrent. Lumière fut.
Cléa avait disparu.
§
Diana se frictionna les bras. De la buée s'échappait lentement entre ses lèvres. Elle redressa le col de son sweat. Elle était débraillée. Les mêmes vêtements depuis des mois : un sweat brunâtre à capuche, un jean resserré à la taille et des bottes. Pas de sous-vêtements, ils avaient brûlé. Son sweat était tâché de sang et de terre. Son jean déchirait au niveau des cuisses. Les tentatives de viol étaient nombreuses. Elle se faufila lentement entre les chaises. Les installations étaient simples : des chaises blanches installées en colonnes et une petite estrade en bois. L'hôpital avait disparu. Mais plus rien ne les étonnait. Les blessés, malades et autres catégories étaient donc rassemblés sur des matelas à même le sol. Diana finit par s'assoir aux côtés de Drake. Il lui prit la main dans un sourire. Diana ferma délicatement les yeux. Anita les rejoignit, titubante. Elle essuyait vivement la bile qui dégoulinait sur son menton. Les manches de la veste en jean de la jeune fille, étaient équipés d'un « sort » par Pete qui leurs permettait d'être automatiquement nettoyée chaque jour. Sinon, elles infesteraient la bile et le sang. Le teint d'Anita était blafard. Ses joues creusées et des cernes effrayants, ses genoux frêles étaient stupéfiants et sa taille si fine la rendait fragile. Elle n'était plus que l'ombre d'elle-même. Elle n'avait pas grandi. Ses cheveux étaient rassemblés en un chignon lâche. Du sang tâchait son bas.
Ils furent bientôt rejoints par Amélie qui s'installa aux côtés de Diana. Une barre soucieuse barrait son front. Elle se mordillait la lèvre. Elle était inquiète. Tout le monde l'était. L'avenir ne serait plus jamais le même. Qu'allaient-ils devenir ? Rien. Des loques ivres de souffrance. Mais ses réflexions furent interrompues par le crissement de chaise de Pete. Il leur adressa un bref signe de la tête. Il grattait le sang sous ses ongles. Ce n'était pas le sien, celui de sa femme. Anita à l'autre bout de l'allée, forma silencieusement les mots « où est-elle ». Pete haussa un sourcil. Amélie eut un hoquet d'horreur.
« Comment ça ?
-Elle a fait « pouf » ! Fit Pete dans un haussement d'épaules. »
Anita enfonça sa tête entre ses mains, plus blanches que jamais. Presque cadavérique.
« Ça marchera tout de même ?
-Oui. »
Pete se laissa tomber contre son dossier, les yeux fermés. Son souffle était court, une légère pellicule de sueur coulait le long de son front. Il tremblait. C'était compréhensible, tous ne devaient pas être en meilleur état. Amélie se mordit violemment la lèvre inférieure si bien qu'elle se mit à saigner. Elle essuya vivement le liquide de son majeur. Le sang poisseux se perdit dans l'herbe brûlée.
Diana tourna lentement la tête pour observer autour d'elle. Tous les enfants étaient ici, nuls ne parlaient. Ils restaient silencieux, apeurés. La peur de l'inconnu, la frayeur du rejet. L'avenir était terrible et pourtant si proche. Ils n'avaient cru ce jour perdu à jamais. L'Espoir avait triomphé. Mais le prix était bien trop élevé. Pour symboliser la différence, et aussi pour choquer les visiteurs, Astrid avait ordonné qu'à la fin du procédé, nul ne bouge de sa place. Une chaise par enfant rentré dans la Zone, qu'il soit nourrisson, ado ou enfant, avait été positionné. Trop de chaises étaient vides. Trop de places étaient immaculés de sang. Il y avait un gamin de huit ans là-bas. Il avait cinq ans qu'il était rentré dans Glopland. Cinq ans. Aujourd'hui il était borgne, borgne peut-être même orphelin. Il avait perdu sa grande-sœur. Huit ans, il avait goûté à la drogue, à l'alcool, à la violence et au sang. Surtout aux sangs.
Le blanc l'effrayait. Diana restait bloquée sur chaque chaise vide. Chaque chaise éblouissante. Il y en avait trois sur leur rangée. Selon elle, c'était déjà trop. Selon Amélie, c'était un miracle qu'il y en ait si peu. Plus une quatrième, pour Cléa. Elle ne pleurait pas. Le deuil était dur, évidemment. Mais ce n'était plus ses affaires. La souffrance s'accumulait si bien qu'elle en devenait insignifiante, mais intolérable.
Ils se mourraient tous. Lentement. Délicieusement. La mort riait, ramassant amoureusement les survivants.
C'était la fin. La fin totale. D'eux, de leur Univers, de l'espoir de retrouver le bonheur. La fin d'une histoire, d'un Trio, de Pete et Cléa, de Caine et Anita. De tout ce qui les composaient. La fin les bouffait. La fin les attendait en riant.
La Lumière ne fut jamais.
§
Le Président tira lentement sur son cigare. Un sourire s'affichait délicatement sur son visage, laissant transparaitre ses rides. Il était heureux. S'était fini. Il ouvrit son tiroir du bas et en sortit une lettre. Il la lut pour la dixième fois au moins. Ces mots l'ennuyaient. Ca expliquait ce qu'il ne voulait pas qui se passe. Mais au fond, avait-il le choix ? Le risque d'une révolte était bien trop présent, et les prochaines élections approchaient à grand pas. Il devait assurer ses arrières. Il soupira et se servit un verre de Whisky. Il avala une gorgée puis ordonna qu'on appelle le Directeur de l'AMNS. Peut-être était-ce plus prudent ainsi.
Le Directeur entra dans la pièce sombre. Le Président lui souffla quelques mots, un sourire fleurissait sur le visage de l'homme. Bien, ainsi l'avenir de Pete était assuré d'être meilleur. Il ne souffrirait pas. Il ne souffrirait plus.
C'était fini.
§
Quelque part, dans une sorte de passage à Univers parallèle, dans un cadre Spatio-Temporel inconnu, Le Passeur aussi nommé Génie-Ali Baba-Fantôme, venait de découvrir son emploi du temps de la journée, son programme. Il faillit faire un arrêt cardiaque. Ainsi, trois ans après, les revoilà ! Ces trois folles. Ah non, il fallait rajouter un quatrième. Le Passeur avait suivi avec soin l'affaire puisque La Narratrice était sa cousine. Et il fallait l'avouer, l'histoire avait été mené de manière anormale. Les héros étaient devenus les méchants. Et vice-versa. L'histoire avait pris de l'ampleur dans Inter-imaginaire pour finir par créer des conflits politiques. Mais peut-être était-ce mieux.
Et puis après tout, il fallait s'y attendre : on n'envoyait pas des dérangées qui le prenaient pour un fantôme ou Ali Baba voir même un génie, dans une histoire qui en version original, partait déjà en vrille catastrophique. Tout ça ne pouvait pas rester sans conséquence.
Il l'avait bien dit lui. Mais personne ne l'écoute jamais de toute façon.
A suivre…
Chapitre II: PS: Je t'aime.
