Hey,

Le chapitre 3 ! Décidément j'avance vite. (Je l'écris avec trois semaines d'avance… CHAMPAGNE ?! –et je l'ai terminé avec deux semaines d'avance ! CHAMPOMY ?!-)

Et vous savez que je viens de me rendre compte que ça nous faisait une belle petite troupe de psychopathe ça au Conseil ? Une belle bande d'amis où Barry est l'intrus, j'ai pas résisté du coup à une discussion du Conseil où (hormis Cléa et Pete) tout le monde participe ) Je pense qu'il y en aura souvent, c'est trop cool à écrire xD C'est juste que pour une fois, y a une sorte de mise en place de toute la troupe, ils sont ensembles, tous ! Et puis… Bref c'est sympa à écrire. ) Peut-être qu'un jour je tenterai ça sous une forme plus joyeuse...

Bon alors techniquement, je devais avoir un rythme de deux lettres par chapitre, parce que ça comblait des blancs et que ça permettait d'avoir plus de points de vue variés. Malheureusement… Il y en a quatre dans ce chapitre. Alors ne me demandez pas pourquoi, c'est juste que ça faisait cool ! –Et puis j'étais d'humeur guimauve è.é –

Aaaaah ! Ma fin est choquante ! Ma fin est choquante ! Ma fin est… Aaaaaaah ! Allez vite la lire… NON ! Lisez d'abord le début ! (Parce qu'il est bien le début xD). Et n'oubliez pas de me dire ce que vous pensez d'Azi, du dénouement et de l'écriture )

Désolée, sur la fin j'ai un peu laissé tomber les descriptions (généralement c'est toujours comme ça vers la fin de mes chapitres, l'excitation d'en terminer un me rend hyper excitée du coup je passe de dialogue en dialogue ! Le pire c'est à la fin d'un tome, je saute partout comme une puce tellement j'ai envie d'écrire les derniers mots du coup je n'y arrive pas xD)

Bisous baveux tout partout,

Folite.

Réponse au review :

Hey Liwily ! MERCI ! Que d'honneur, je ne vais plus pouvoir mettre de bonnet maintenant ! Ouais tout est réfléchi, attends j'ai carrément fait des fiches pour chaque personnage ! Tu imagines ?! J'ai plus d'un vingtaine de fiche ! Et encore, je ne te raconte pas le nombre de page avec des conséquences et les cadre avec les victimes et tout et tout… J'en perds mon latin ! Glop ? Il est en vacance ! Mais ne t'inquiète pas il va revenir, faut juste que deux trois trucs se passent et il revient ) J'espère que ce chapitre va te plaire, perso je l'aime bien. Il n'est pas comme les autres je trouve O.o (Genre mes chapitres ils ont un caractère chacun… ILS VONT TOUS NOUS ENVAHIR ! Hum…) J'ai trop hâte d'avoir ta réaction sur la fin (tu vas être choqué *.*) Kiss.

Chapitre III : Une longueur d'avance

« Je ne connais pas. » (Amélie.)

« Je ne sais pas. » (Anita.)

« Je ne crois pas. » (Cléa.)

Mots : 6 738. Pages : 12. Taille : 9.

La plus intolérable des souffrances, c'est celle incomprise.

Il ne fallait pas y croire, n'est-ce pas ? Y croire reviendrait à se l'avouer, marcher dans les traces de l'enfer. Courir droit vers la déchéance. Je ne voulais pas y croire, je ne voulais même pas que cet imbécile de Drake continue à parler. Il devait se taire, arrêter d'analyser point par point la situation catastrophique. Je ne voulais pas, je ne voulais plus ! C'était trop. Mais la vérité était là et dans notre cécité nous la condamnions alors qu'elle était plaquée à nos rétines. Cet imbécile nous frappait de plein fouet, il nous claquait en nous la hurlant. Mais je ne voulais pas moi, je ne voulais plus. Le sang dégoulinait sur les murs, il me hantait. L'odeur était écrasante, j'avais l'impression d'imploser. On courrait droit à notre perte, le chao le plus total. C'était le crépuscule de notre ère, j'étais lasse. Je ne devais pas y croire, je devais ignorer. Il fallait que je continue à avancer sans me préoccuper du reste. Mais altruisme, je n'arrivais pas à enlever les complaintes de Franck de la tête. Ca partait en écho, tout se répétait. On s'éclatait dans une mare de sang à même cette putain de terre. Ce putain de sentiment d'abandon. Y avait un goût amer qui persistait entre mes lèvres, pourquoi continuer à vivre ? Pourquoi continuer tout simplement ? Je n'avais plus la force de jouer, plus la force de me battre pour des causes perdues. Je ne voulais pas y croire, non je ne voulais pas. J'avais pas envie de savoir qu'un sérial killeur se baladait dans les rues, je n'avais pas besoin de savoir que le sang s'accumulait dans les égouts. J'avais juste envie de vomir et de partir, laissez-moi rêver. Notre vie s'effilait délicatement entre nos doigts, j'agonisais. On s'explosait amoureusement dans notre optimisme. Je ne voulais pas savoir, je ne voulais même pas comprendre. On nous brûlait les cils, cachant derrière un sourire notre souffrance. Personne n'était dupe, on était de très mauvais acteurs. Jamais personne ne sortirait indemne d'ici. Jamais personne ne sortirait, je ne croyais plus en rien. J'aurais voulu toucher les étoiles, j'aurais voulu rire devant un coucher de soleil. Maintenant je me taisais, sans prononcer un traitre mot qui aurait pu être retenu contre moi. Je ne voulais plus rien savoir, de toute façon je ne comprenais pas. Plus rien n'avait de sens, pourquoi quelqu'un chercherait-il tuer encore plus de monde alors que sous peu, tout s'éclaterait, tout se briserait ? Le déchéance était proche, y avait une date limite. Pourquoi S'emmerder avec des magouilles à la con alors qu'y avait une péremption. Aucun être, aucune action n'était digne de mon intérêt, le monde était trop cruel, je me taisais. On nous détruisait lentement, les nerfs à vif. Je préférais ne pas savoir, maintenant qu'il nous avait bousillé la vue avec sa vérité, on allait vivre en alerte, avec cette peur aux tripes qui nous hurlait notre fin proche. Comme-si on ne le savait pas, la fin était proche et vivement cette fin ! J'avais besoin de partir, c'était une priorité absolue. Tout serait fini, ce serait la fin. Sans déchéance latente.

Un sérial killeur, un monstre abominable. On n'avait pas compris sa façon de jouer, mais il tuait. Et Franck nous suppliait de le tuer. La date fatidique approchait toujours, le jeudi. The Queen tuait, nous éclatant dans ces sanglots rougeâtres. La peur nous tiraillait, explosés à même la dalle sale, on s'apitoyait sans comprendre. Que pourrions-nous faire ? Le sang s'éclatait sur nos mains, la mort riait. La souffrance s'agitait en nous comme une lame de fer forgé, on hurlait à la mort, détruit de l'intérieur. Nos corps se déchiquetaient en lambeaux, The Queen gagnait. On était que de pauvres loques qui ne comprenaient pas la suite du jeu, Elle s'esclaffait.

On n'était que de pauvres étoiles, perdues dans nos illusions dérisoires. The Queen nous avait claqués, nous laissant brisés. Mais le jeu ne faisait que commencer.

§

Cléa,

Ne crois pas que je t'envoie une lettre pour te déclarer mon amour éternel, tout le monde sait que l'amour tombe à chaque coin de rue et que j'habite sur le seul rond-point de Glopland pardi !

Je vis un moment de solitude intense, si si je te jure. J'ai l'impression d'être seul au monde ! Bon, à part si on enlève ce con qui pisse derrière le lampadaire et ces deux énergumènes-même-pas-discrets qui copulent devant le buisson, oui devant, ils sont bourrés. Ouais je sais, je devrai appeler le Conseil et me plaindre en disant que c'est inadmissible de laisser ces jeunes nous montrer leurs fesses et que de toute façon c'était une honte, et qu'il fallait préserver la vue des plus petits, et que les jeunes s'étaient vraiment plus ce que c'était ! Le monde court à sa perte. Mais… Non. On sait bien que je suis l'être le plus cynique de tous les temps.

Après toi évidemment, je ne peux pas lutter contre la fille qui a offert des lames de rasoirs à une petite de sept ans en lui disant qu'elle en aurait besoin plus tard. Celle-ci elle était pas mal, j'aurai bien aimé être là. Quoique non, paraitrait-il que le grand frère n'aurait pas aimé. Et je n'aurais pas tellement voulu être à la place de celui qui devait faire le chevalier servant qui va sauver sa princesse au lieu de se barrer en abandonnant ses couilles, mort de peur. Franchement. Surtout que tu es une princesse mariée, et que je suis à des années lumières d'abandonner mes testicules, donc j'aurais dû t'aider. Merde, ce n'est pas juste.

Bref, je crois que Diana ne m'aime plus, elle ne m'a pas donné sa part de sandwich au pâté aujourd'hui.

Et là tu dois me consoler, pas rire intérieurement. Merlinouille, vous n'êtes qu'une bande de lâcheur !

De toute façon je ne l'aime pas. Non mais, j'ai des priorités moi dans la vie. D'abord. C'est moi qui m'occupe de l'enquête et interrogatoires sur The Queen, donc hein. Je suis quelqu'un d'occuper moi, oui madame.

Je viens de croiser un être humain en voie de devenir un zombie. Là j'ai peur, on pourrait même croire qu'il va chercher des somnifères pour se tuer. Tu crois que si je lui dis que dans son cas, la noyade serait plus rapide, il va le prendre bien ? On devrait mettre des panneaux « ATTTENTION LE SUICIDE TUE ! », ce serait tout aussi efficace. Quoique y aurait bien un idiot pour dire que la mort, c'était la voie de la libération. Bof, ça a déjà été dit ça, pas besoin de panneaux. A priori les gosses sont trop lâches pour se suicider, ils préfèrent mourir de la main d'un Serial Killeur.

D'ailleurs ô toi, tu ne serais pas qui c'est ? A force que tout le monde t'envoie des lettres, à force d'avoir tous les indices de chaque personne en main, tu dois bien savoir qui c'est !

Non parce que si ça continue et comme je n'ai toujours pas compris la logique de son système –oui parce qu'il n'y a que moi pour la comprendre, les autres sont trop arriérés, ils pensent encore que c'est une querelle familiale- j'ai peur qu'il –ou elle- s'en prenne à moi pour éviter que quelqu'un sache qui c'est.

Faut un appât, tu sais comme un morceau de viande qui avant de mourir, nous dirait le nom de l'assassin.

Nan je blague, le suicide tue je le rappelle !

Bisous baveux tout partout –non je blague ! Me tue pas Pete, me tue pas !-,

Drake.

§

Alex Bondupoint, d'origine française, raclait des pieds quelques caillasses sur la terre gelée. Il soupira, de la buée s'échappant entre ses lèvres. Selon Pete, Azilis était responsable de ce changement climatique à cause de ses pouvoirs incontrôlables. Evidemment, nous nous savons que c'est la faute au Président qui a décidé que de faire chuter les températures terminerait au plus vite cette histoire. Non ? On ne le sait pas ? Ah bah alors faites comme-si je n'avais rien dit ! Il se frotta les mains tentant en vain de les réchauffer. Il portait un jean légèrement troué et un sweat à capuche rabattue. Il portait aussi des Converses trempées et une sacoche en cuir. Une mèche blonde vint lui obstruer la vue, il ferma les paupières quelques secondes. Il faisait partie d'une des équipes de recherche sous les ordres du Commando, et plus précisément de Sam. Aujourd'hui, il était chargé de la première vérification de vie dans la zone d'enfermement de Dahra. Ils étaient deux à devoir y aller seulement son coéquipier était partit derrière un buisson faire ses besoins naturels. Le Conseil voulait savoir comment la traitresse se portait, peut-être envisageaient-ils la libération conditionnelle. Pour l'instant, Alex n'en avait que faire. Entre les murailles, la température n'était pas élevée mais Pete avait tout de même réussi à la conserver au-dessus de zéro, si bien qu'il pleuviotait souvent. Les enfants ne se posaient même plus de question, tout était si étrange. Mais en dehors, il neigeait. Dahra avait été enfermée dans un nouveau lieu pour lutter contre le froid : une chaumière abandonnée, dans la forêt que Lune avait brûlée. Des souches calcinés, des buissons brûlés, des branches par-ci par-là, ainsi était composé le paysage dans lequel évoluait Alexandre. L'herbe était gelée si bien que ça craquelait sous ses pas, il pleuvait. Le sol dégelait lentement, provoquant quelques flaques de boue à quelques endroits plus exposés. Alex croisa ses bras tapant du pied. Il gardait obstinément les paupières fermées, le paysage désertique autour de lui l'oppressait, il se sentait mal à l'aise, des souvenirs de la guerre lui revenait sous formes de flash-back. Son cœur battait fort, il voulait retourner dans son appartement au plus vite, il n'était pas bien ici. N'importe qui se serait sentit mal en ce lieu, mais Alex avait participé à l'extinction partielle du bois, il avait vu des gens mourir en ce lieu, les cris lui revenaient encore.

« Bon, merde quoi ! T'attends le dégèle pour te torcher le cul ou quoi là ! Hurla-t-il à l'adresse de son partenaire. »

Celui-ci lui répondit par un léger grognement et sortit des buissons plus ou moins sombres dix minutes plus tard, ce qui lui valut une nouvelle remarque. Hans était habitué à la mauvaise humeur habituelle de son compagnon lorsqu'ils venaient en dehors de la muraille. Ils avancèrent lentement, les craquements de la neige seuls brisant le silence. Il y aurait pu avoir un cri de corbeau pour améliorer le contexte mais malheureusement, ils étaient tous morts soit brûlé, soit mangé. Lorsque la chaumière fut à portée de vue, ils la jouèrent à pierre-feuille-ciseau pour savoir qui irait à l'intérieur, Hans perdu. Ce fut dans un sourire vainqueur qu'Alex vit son ami s'engouffrait dans la maisonnette. Lui se contenta d'en faire le tour. Les volets claquaient avec le vent, le toit avait été percé, de la neige s'y stagnait. Alexandre frémit, il n'aurait pas aimé être à la place de Dahra, surtout qu'elle ne portait qu'une chemise et une paire de collant. Il aperçut des carreaux brisés et même de légères traces de sang.

« A-Alex… Gémit la voix de Hans par l'intérieur.

-Oui ? Qu'est-ce qu'il se passe ? T'as vu le fantôme de Lune qui hantait la cabane c'est ça ? Se moqua Alex.

-N-Non… Vient-vient voir s'il te plait-ait… Grelota son camarade. »

Alex fit rapidement le tour du cabanon et rentra dans l'obscurité de la chaumière dans un craquèlement du parquet.

« Ma lampe vient tout juste de lâcher… Souffla Hans. Allume la tienne, je sais que normalement on n'a pas le droit tout ça, tout ça… Mais… Mais il faut absolument que tu vois ça-ça. »

Il avait lâché tout cela d'une traite, comme-si il avait peur qu'on les surprenne. Alex farfouilla dans sa sacoche en cuir et en sortit sa lampe torche, il tapota quelques secondes avant de trouver le bouton on, puis il l'actionna. La faible lueur de pile trop usée, éclaira le visage de Hans, terrifié. Il plissa des yeux tandis qu'Alex s'excusait et baissait le faisceau lumineux vers la poitrine de son camarade.

« Le-le mur… Derrière-moi, c'est là… Qu'ils avaient attachés Da-Dahra… »

Hans se décala de quelques pas permettant à la lumière d'éclairer le mur calciné derrière-lui. Là où aurait dû se situer la silhouette en lambeau de la traîtresse, se trouvait une flaque de sang ainsi qu'un doigt. Alex sentit un haut-le-cœur le traverser.

« Plus-plus haut… »

Il obéit sans le vouloir, dirigé par une force invisible qu'était la peur et il vit, il vit les mots tracés d'une main tremblante en lettres de sangs.

« Je suis partie mes cocos, voilà tout ce que le froid a gagné de moi. Mais ne vous inquiètes pas, de mes neufs doigts restant vous mourrez tous. »

Alex rabaissa le faisceau, éclairant de nouveau le doigt criminel. Le sang était vivace, lumineux. Il s'infiltrait entre les lattes du parquet gelé, devenue poisseux et sec par le temps et le froid. Le blond fixait le majeur d'un air horrifié. Il entendit vaguement Hans lui ordonner de sortir, tout comme il ne se rendit pas compte qu'il le prenait par le bras et le trainait de force dehors. Il ne s'en aperçut que lorsqu'un flocon s'écrasa sur son nez engourdi. Il regarda tout autour de lui et il put voir Hans vomir à côté d'une souche.

« On-On l'a aidé… Il y a quelqu'un parmi nous qui a écrit ce mot, qui a… »

§

« Il y a quelqu'un parmi nous qui a écrit ce mot ! Qui a aidé Dahra à sortir de là, qui l'a amené autre part, qui a promis sa vengeance ! S'exclama violemment Astrid en plaquant son poing contre la table. Peut-être une personne que nous logeons actuellement, peut-être que nous aidons ! Peut-être l'un d'entre nous ! »

Elle les regarda tous, tour à tour d'un air accusateur. Le Conseil avait été réuni d'urgence peu importé les occupations habituelles, face aux dires d'Alex et Hans.

« Ce qui est sûr c'est que nous avons trouvé The Queen ! C'est Dahra et son complice ! Souffla Anita d'un air enthousiaste.

-Elle n'a peut-être pas de complice… Hésita Barry, vous savez le petit nouveau.

-Explique. Ordonna Drake, toujours aussi sceptique.

-On avait attaché les mains de Dahra pour la bonne raison qu'ainsi elle ne pourrait se guérir de quelques blessures que ce soit, et on était donc sûr qu'elle resterait aveugle. Seulement, on n'avait pas prévu que les températures baisseraient autant ! Cela fait… cinq mois que ça dur, depuis la guerre. Or, un de ses doigts est tombé, alors peut-être que les chaînes qui la retenaient ce sont simplement brisée sous le choc et ainsi elle a pu… Guérir ses yeux, si je peux le dire ainsi.

-Ce n'est pas idiot, soupira Sam.

-Certes, mais il y a un truc qui me chiffonne moi. Avança Amélie.

-Dit toujours… Lâcha Diana.

-Pourquoi, si elle a pu se défaire de sa cécité, n'a-t-elle pas « raccommodé » son doigt ? »

Un silence suivit sa question.

« Et bien… Peut-être qu'elle l'a laissé pour nous prouver que… Commença Anita.

-Qu'elle était fière et que doigt ou pas, elle s'en sortirait. Termina Drake.

-Oui voilà.

-Elle aurait renoncé à son majeur par fierté ? S'horrifia Diana.

-Je dirais plutôt par classe et sens du décorum. Dit Astrid d'un ton dédaigneux.

-Moi, je pense qu'elle ne pouvait tout simplement pas rattacher son doigt à sa main ! Déclara Edilio.

-Si elle peut se réparer les yeux, je pense qu'elle peut rattacher un doigt ! C'est plus simple. Affirma Amélie.

-Pas faux, mais peut-être n'avait-elle plus assez de force pour… Soupira Barry.

-Tu veux dire que le fait d'avoir réparé sa cécité l'aurait vidé de ses forces et l'aurait poussé à abandonner son doigt ? Douta Edilio.

-Oui…

-Mouais, peu crédible. Grimaça Astrid.

-Surtout qu'il fait froid, techniquement elle était déjà vidée de ses forces… Avança Anita.

-Elle n'aurait sans doute pas résisté à l'emploi de son don. Termina Drake.

-Oui voilà.

-Ce qui nous ramène au point de départ : elle a un complice. Conclut Sam.

-Mais qui ? Interrogea Diana.»

Un blanc s'installa seulement rompu par le bruit que faisait Drake en buvant son eau.

« Il y aurait bien quelqu'un… Soupira Edilio d'un ton las.

-Qui ? Fit Astrid avide.

-Mais il est présumé mort…

-Oh je vois… Lâcha Amélie.

-Ce n'est pas impossible… Chuchota Sam.

-Non en effet mais… Murmura Drake.

-Ce serait étrange, bizarre. Finit Anita.

-Oui voilà.»

Depuis que ces deux-là bossent ensemble, ils sont plus proches que jamais. Ils n'arrêtent pas de terminer les phrases de l'autre.

« Excusez-moi, mais là je suis largué, de qui est-ce que vous parlez ? Interrompit Barry. »

Heureusement qu'il est là ce petit, il est très utile. Sinon ils auraient bien continué sans citer le nom du coupable.

Ils échangèrent tous un regard lourd de sens.

« Quinn. Craqua Diana. »

Un silence persista où chacun fixait ses dossiers ou sa tasse de café d'un air sombre. La porte s'ouvrit soudain, les faisant sursauter. Un Caine s'approcha d'eux à grands pas.

« Quel jour sommes-nous ? Questionna-t-il d'une voix sèche.

-Bonjour à toi aussi, nous sommes jeudi. Répondit Anita d'un ton enjoué.

-Ca y est, on comprend pourquoi elle était morose : monsieur n'était pas là. Se moqua Drake.

-Jeudi… Jeudi… Merde.

-Vas-tu nous expliqué à la fin ?

-Drake mon pote, tu as raison : The Queen est un Serial Killeur qui tue une personne tous les jeudis.

-Qui ?

-Misha Markes, avec une couronne et le même décorum. Retrouvée égorgée, assise sur son divan dans une position banale. »

Astrid enfonça sa tête entre ses mains. Drake posa une main rassurante sur la cuisse de Diana.

« Je-je ne vois pas le rapport… Balbutia Caine en marchant autour de la table. D'ordinaire il y en a toujours un : Mike, Eve, Jeff. Ils étaient tous des proches de Franck. Là… Misha n'a aucun rapport ! Je… Je ne vois vraiment pas…

-Si, s'il doit y en avoir un. Dahra n'agit pas par stupidité, il y a une logique : le même décor, la couronne. Fit Drake.

-Il doit y avoir une véritable raison, une suite logique. Elle fait tout pour torturer Franck, comme-si il était responsable de quelque chose. Misha doit avoir un rapport quelconque avec Franck. S'exclama Anita.

-Dahra ? Questionna Caine.

-Hans et Alexandre ont retrouvé la chaumière vide, bref longue histoire. Je te raconterai, toujours est-il que The Queen est Dahra.

-Drake, il faut que tu interroges Franck à ce sujet. Ordonna Astrid.

-Bien. »

Drake rassembla ses dossiers et se leva.

« Attends, je t'accompagne. S'écria Anita. »

Elle avala d'une traite la fin de sa tasse et prit ses dossiers rouges, elle embrassa rapidement Caine toujours debout puis suivit son collègue et ami jusqu'à la porte.

« On vous tient au courant. »

La porte claqua. Astrid les fixa tous d'un air las.

« Sam, relance les recherches auprès de Quinn, dans Glopland et à l'extérieur. N'oublie pas de rassembler les détails de chaque rapport en un seul commun, puis ne nous le présenter à la fin, que tu aies trouvé quelque chose ou non. »

Sam-Sam acquiesça d'un air lourd de sens. Il se leva en faisant grincer sa chaise puis prit ses dossiers, son verre et s'en alla, faisant claquer la porte à son tour. Astrid se tourna vers Diana.

« Recherche toutes les informations possibles sur Misha. Il y en a forcément, tu prends tout. N'importe quoi, même ses proches, absolument tout. Je veux savoir ce qu'elle a fait durant ces dix derniers mois et plus précisément ces trois dernières semaines, si elle est proche de Franck et comment pouvait-elle lui être chère, pourquoi.

-J'y vais de ce pas. »

Elle prit sa tasse, balança un baiser à la volée à Drake et s'en alla au pas de course, faisant claquer la porte. Astrid lorgna les quatre personnes restantes puis soupira.

« Edilio, interroge les enfants à propos de choses qu'ils ont vu pouvant nous aider, autour du lieu du crime et à propos de la relation Franck/Misha. Cherche bien, je compte sur toi. Caine accompagne-le jusqu'au lieu du crime, explique lui tout en détails, comment tu es arrivé là-bas et cætera, et cætera. »

Les deux jeunes hochèrent la tête, se dévisagèrent puis se dirigèrent d'un même ensemble vers la sortie, claquant la porte.

« Amélie, va avec eux. Il faut que tu aides psychologiquement tous les enfants aux alentours. Peut-être devrais-tu en envoyer quelques-uns à l'hosto'. »

Amélie soupira et se précipita pour rejoindre les deux garçons, claquant la porte à la volée.

« Barry… Il faudrait que tu ailles voir Hans et Alexandre, qu'ils t'accompagnent jusqu'à l'ancienne chaumière où était Dahra, prends des photos, suit des traces… Bref essaye de trouver n'importe quoi qui pourrait faire avancer l'enquête et nous trouver l'identité de son compagnon, si c'est Quinn ou non.

-Bien. »

Il se leva, prit deux trois feuilles vierges et courut vers la porte comme prit d'une envie de sortir absolue, il claqua la porte d'un geste sec. Astrid enfonça sa tête entre ses mains.

« Arrêtez de claquer cette porte… »

Elle soupira, encore. Elle avait mal à la tête, jamais elle n'aurait pensé qu'être Président serait si dur. Elle se sentait horriblement coupable de chaque mort, chaque blessé, chaque malade. Comme-si elle y était pour quelque chose. Ça lui tordait les entrailles, lui donnant envie de vomir. Elle avait besoin d'une bonne nouvelle, d'une chaleur humaine, de quelqu'un capable de la réconforter, d'une épaule sur laquelle pleurer, là maintenant, tout de suite. Elle en avait besoin. Elle enfonça sa tête entre ses bras et se mit à sangloter silencieusement. Les larmes roulaient sur ses joues à n'en plus finir. Elle n'en pouvait plus, elle n'y arrivait plus. Son cœur se serrait à lui en faire mal, elle craquait. Sa solitude était trop pesante, la peur trop présente. Elle lâchait prise, sans vraiment s'en rendre compte.

La déchéance.

§

Clé,

Aujourd'hui, j'ai fait des tresses à Azi. Je ne crois pas que cela doive ressembler à ça, mais elle semblait si contente que je n'ai pas résisté. Elle est adorable, tu sais qu'elle est très intelligente, je l'aime. C'est son anniversaire dans un mois, j'espère que tu seras là.

Tu me manques Clé, je… Je ne sais plus quoi faire. Julia me laisse parfois regarder à travers la vitre, tes hurlements me hantent. Je n'y arrive plus. Tu… Je… Comment te dire que je n'ai plus fois en rien ? Je m'égratigne du jour en jour, je me meurs en même temps que toi.

Ne meurs pas. Je t'en supplie. Reste. Reste avec moi. Pour moi, pour Azilis. Pour toi aussi. Tu n'as pas le droit de partir ! Tu ne dois pas ! –page gondolée-

Je savais que c'était une mauvaise idée de t'écrire, ça ne rend la chose que plus concrète. Je n'arrive pas à m'y faire, à me dire que chaque jour qui passe, tu t'éloignes un peu plus. Je ne peux pas m'y faire ! Tu es toute ma vie, tu ne peux pas partir. C'est… C'est… Impossible ! J'ai tout sacrifié pour rester avec toi, tout. J'ai envoyé baladé ma famille, mes amis. Tout. Tu ne peux pas partir, c'est hors de question. Ce n'est pas dans les règles de notre jeu. Tu t'en souviens ? Restez ensemble coûte que coûte. S'aimer quel qu'en soit le prix. Avancer main dans la main. Se battre pour l'autre. Mais toujours, toujours restez ensemble. Eternellement.

Ne meurs pas, ne me laisse pas,

Je t'aime.

Pete.

§

« Franck… Je sais que c'est douloureux mais là, il faut que nous vous parlions. Chuchota rapidement Anita. »

Ils étaient dans la chambre de Franck, celle qu'il avait à l'hôpital. C'était par mesure de précaution évidemment, pour le protéger de lui-même, mais aussi de The Queen. Des patrouilles de deux personnes se postaient devant la porte de sa chambre. Les murs étaient blancs pales, il y avait un lit simple, une petite table et un divan rouge. Il avait une fenêtre donnant sur l'extérieur. L'hôpital était une grande bâtisse, assez imposante, à la limite de la muraille.

Franck Wikes était assis sur son lit, les jambes pendantes, au bord de la folie. Son désespoir était amplement visible, Anita le ressentait trop pour son propre bien. Drake et elle étaient installés sur le divan, une tasse de café fumante dans les mains, tentant de réchauffer leurs doigts engourdis par le froid.

« Tuez-moi… Supplia Franck.

-S'il vous plait, dîtes-nous qui est Misha… Murmura Anita.

-Misha ? Pourquoi vous voulez savoir qui est Misha ? Elle n'a rien fait… Ce n'est pas elle The Queen…

-Vous savez qui est The Queen ? S'étrangla Drake.

-Bien sûr que je sais qui c'est… Bien sûr ! »

Il partit dans un rire vide de sens qui fit frissonner la jeune fille. Drake s'agenouilla rapidement près du Wikes.

« Dîtes-nous qui c'est, dîtes-nous qui a tué Mike, Eve et Jeff. Dîtes-le nous. On pourra vous sauver ainsi.

-Me sauver ? Mais pour quoi faire ? Je suis déjà mort. »

Drake et Anita échangèrent un regard, celui d'Anita était larmoyant. Franck n'était plus qu'un lambeau humain. Devenu fou par le chagrin et la peur.

« Pourquoi me parlez-vous de Misha ? »

La question avait été soufflée d'un ton faible. Il avait compris, il voulait juste une confirmation. Bien sûr que Franck avait compris, les gens autour de lui tombaient comme des mouches. Et c'était de sa faute.

« Elle a été retrouvée morte ce matin, chez elle. »

Un silence suivit la déclaration de Drake qui était revenu aux côtés d'Anita, craignant une réaction forte de la part de Franck. Celui-ci baissa les yeux vers ses mains tremblantes. Une larme coula lentement sur sa pommette et disparut dans son écharpe.

« Désolé Misha… Je t'avais dit que c'était dangereux… Je te l'avais dit qu'il ne fallait pas me fréquenter ou ne serait-ce que me parler… »

Il se mit à marmonner durant de longues minutes une litanie de « désolé » et de « Misha… », Bloquant la respiration des deux enquêteurs.

« Tuez-moi. Fit-il d'une voix forte, faisant sursauter Anita. »

Il se leva soudainement, imposant.

« J'ai dit : tuez-moi ! TUEZ-MOI ! Ou je le ferai moi-même ! TUEZ-MOI MAINTENANT ! Hurla-t-il s'approchant. »

Anita glapit et se recroquevilla contre Drake. Celui-ci passa un bras protecteur autour d'elle, sans lâcher Franck des yeux.

« TUEZ-MOI IMMEDIATEMENT ! Ou je vous tue aussi ! TUEZ-MOI !

-Nous ne vous tuerons pas Franck. »

La phrase sembla désarçonner le garçon.

« The Queen s'en chargera elle-même.

-Je ne veux pas qu'elle me tue ! Je ne veux pas ! Pas elle, pas elle ! Pitié ! Ne la laissez pas me tuer ! Je vous en supplie… »

Il était tombé en sanglot sur le sol, devant le regard terrifié d'Anita.

« Nous pourrons vous aider Franck, nous ne la laisserons pas vous tuer, seulement si vous acceptez de nous dire qui était Misha. »

La voix calme de Drake résonna longtemps contre les murs. Anita tremblait tandis que Franck sanglotait à même le sol.

« Elle… Je lui avais dit de ne pas être mon amie, que c'était une très, très mauvaise idée. Mais elle n'en a fait qu'à sa tête… Elle était tenace vous savez. Une vraie furie. Elle m'a trouvé un soir sous la pluie dans la ruelle en face de chez elle. Il devait être une heure du mat'. C'était le lendemain de la mort d'Eve. Vous pensiez encore à une querelle familiale, comme-si j'aurais pu les tuer. Moi ! Elle savait qui j'étais, elle connaissait mon histoire. Evidemment, tout le monde le sait. Seulement elle, elle m'a cru lorsque j'ai dit que ce n'était pas moi qui les avais tués, je savais qu'Elle allait tous les tuer. J'ai essayé de vous le dire, vous ne m'avez pas entendu, vous auriez pu les sauver pourtant ! Mais vous n'avez rien fait ! Si seulement vous m'aviez écouté. Misha m'a recueilli quelques nuits, on s'est tout de suite bien entendu. Puis il y a eu Jeff, et j'ai commencé à prendre mes distances avec Misha, vous m'avez envoyé ici. Je ne voulais pas qu'Elle lui fasse du mal, Elle allait la tuer, c'était certain. Je pensais qu'en m'éloignant tout de suite, Elle ne remarquerait pas qu'elle existait à mes yeux et puis Elle viendrait directement me tuer. Du coup, j'ai caché l'existence de Misha aux yeux de tout le monde, de vous aussi, peut-être qu'Elle était chez vous après tout. C'était même fort probable. Mais ça n'a pas suffi… Elle savait déjà, Elle sait tout. Toujours. Je m'en veux… Je ne voulais pas… Ma faute… »

§

Anita ouvrit la porte de son appartement, fatiguée. Caine était assis sur le lit, un bouquin entre les mains.

« Alors ? C'était comment ? Demanda-t-il.

-Horrible. Je déteste voir les gens comme ça.

-Et Drake, il était comment ?

-Heu… Comme d'hab', il a été super.

-Ah oui… C'est vrai excuse-moi, on parle de super Drake là.

-Qu'est-ce que tu me fais là Caine ?

-Oh rien… Rien du tout… J'en ai juste plus que marre que tu me prennes pour un idiot ! Allez-vous marier et faites des gosses si ça vous chante, mais loin de moi s'il te plait !

-Mais qu'est-ce que tu racontes ?

- Oh ne fait pas l'innocente, s'il te plait ! Je le vois bien quand-même !

-Mais voir quoi ?

-Toi et Drake !

-Moi et… ? Oh bah ça c'est la meilleure ! Voilà que monsieur est jaloux maintenant !

-Je ne suis pas jaloux !

-Ah oui ? Et c'est quoi ça ? Bon faut que tu m'expliques, tu es jaloux de moi ou de Drake là ?

-Mais je ne suis pas jaloux !

-Si tu l'es, et tu es en train de me faire une crise de jalousie là !

-Mais pas du tout !

-Caine…

-Oui ok peut-être…

-Mais pourquoi tu t'imagines ce genre de chose ?

-Parce que ça se voit merde !

-Tu lis trop de bouquins, il ne se passe rien entre Drake et moi, on est juste de très bons amis, c'est comme toi et Diana.

-Tu me le jures ?

-Promis. »

Elle leva les deux mains en l'air et fit mine de cracher sur le sol. Caine eut un sourire sincère.

§

Maman,

Papa m'a fait des tresses hier, je crois qu'il n'est franchement pas doué. Mais ne lui dit pas, il semblait si fier ! Papa dit que je suis très intelligente, mais je sais au fond de moi que j'ai encore ma mentalité d'enfant. J'ai beau tout apprendre, je ne comprends pas pourquoi tu ne me réponds pas. Et Papa ne veut pas me le dire. Papa il ne dit pas beaucoup de chose sur toi, juste que tu es merveilleuse et tout, et tout.

Maman, pourquoi tu ne me réponds pas ? Papa il dit que tu es loin, c'est pour ça. Pourtant on t'a vu il y a deux mois, je m'en souviens. Papa il dit que cette fois, tu es encore plus loin. Maman répond-moi s'il te plait.

Ici tout le monde m'aime, tout du moins tous ceux qui font preuve d'un minimum de discernement. Ils disent tous que je te ressemble, moi je ne réponds rien. Je ne sais pas quoi dire aux gens comme ça. Y a une amie à Tonton Caine qui s'est mis à pleurer en me voyant, elle disait qu'elle te connaissait bien et qu'on pouvait parler de toi si je voulais. Moi je lui ai dit qu'elle était gentille mais que je n'avais pas besoin qu'on parle de toi parce que tu allais répondre à ma lettre. Et là, elle s'est mise à pleurer encore plus. Tonton Caine a dit que ce n'était pas de ma faute, que tu lui manquais aussi.

Maman réponds-moi. Et réponds aussi à la jolie amie à Tonton Caine, elle semblait vraiment triste.

Aujourd'hui j'ai posé une question à Papa qui l'a fait pleurer. Je ne sais pas pourquoi, d'habitude il rit. Je n'aime pas quand Papa il pleure, et ça lui arrive souvent, pas devant moi mais je l'entends le soir. Il répète souvent le mot « Klé a. » Dit, c'est quoi un « Klé a ? »

Mardi, j'ai été joué avec Marie, elle a neuf ans. On a joué à un jeu bizarre, elle disait que j'étais le Papa et qu'elle, elle était la Maman. Y avait un faux bébé en plastique, elle disait que c'était notre fils. Moi je lui ai dit que ce n'était pas comme ça une famille. Mais elle m'a dit que si, y avait la Maman qui s'occupait du bébé et le Papa qui allait travailler. Moi je lui ai dit que non, que ma Maman à moi elle n'était pas comme ça, elle était loin et je lui écrivais. Alors elle a dit que ce n'était pas une Maman. On s'est disputé parce qu'on n'était pas d'accord, mais dit, tu es quoi si tu n'es pas une Maman ? Et c'est quoi alors une Maman ?

Réponds-moi Maman, s'il te plait.

Azi.

§

Franck soupira. Sa chambre était plongée dans le noir. Il était allongé sur son lit, tremblant. Il attendait. Les secondes s'écoulaient, il savait que ça viendrait, il le savait. La porte s'ouvrit dans un grincement, Franck se leva faisant glisser ses draps sur le sol. La silhouette glissa sur le sol et évita la table basse. Franck sentit une vive douleur à s'on bras droit, il tomba sur le sol, gémissant. Une main froide était plaquée sur sa bouche.

« Chut… Ne t'inquiète pas… Il n'y en a pas pour longtemps. »

Franck poussa un long hurlement lorsqu'il sentit une douleur atroce à sa hanche. Il regarda le visage de son agresseur puis ferma les paupières. Il ne pouvait rien y faire, il le savait. Tout comme il sentait franchement que ça n'allait pas être une partie de plaisir. Il hurla, du sang sortant de sa bouche lorsqu'une atroce souffrance envahie son abdomen. Il ouvrit les yeux d'un coup, la douleur l'envahissait, il n'arrivait plus à réfléchir. Il remarqua une mare de sang en face de lui, avec ses jambes. The Queen donna un coup de pied dans l'une d'elle avec un rire démoniaque. C'étaient ses jambes, son sang. Ses tripes aussi qu'il dégobillait sur le sol. Il n'arrivait plus à s'arrêter. Et il n'arrivait pas à perdre connaissance. Il rendit l'âme de longues minutes et deux bras en moins plus tard. The Queen s'agenouilla près de lui et gratta une couche de sang sur sa joue.

§

L'arme sonnait dans tout Glopland, le cor résonnait longuement entre les murailles. Les troupes du Commando envahissaient l'hôpital. Anita se mit à courir vivement dans les couloirs. Personne n'était sorti de la pièce, en effet, The Queen était rentrée, nul ne savait comment mais ce qui était certain c'est qu'elle n'était pas sorti de là. Ni par la fenêtre, ni par la porte, ni par le plafond, ni par le sol, ni par les murs. Le Commando avait pris toutes les issues possibles, ils tenaient The Queen. La jeune fille se posta aux côtés de Drake, près de la porte. Tous les enfants autour portaient des armes pointées droits vers la sortie. Anita sortit son pistolet et hocha la tête.

« Maintenant. Ordonna Drake. »

Ils défoncèrent la porte. Le corps désarticulé de Franck se trouvait devant, Amélie était accroupie juste à côté, l'air complétement sonnée.

« Il est mort… Murmura-t-elle. »

Anita fronça les sourcils, elle inspecta la pièce, bougeant des objets, pistolet pointé devant elle.

« Je suis désolé Amel, mais je vais être obligé de t'arrêter. »

Elle releva vivement la tête, étonnée.

« M'a-m'arrêter ? Mais pourquoi ?

-Tu es présente sur un lieu de crime, alors que nul n'a pu y accéder à part l'assassin.

-Quoi ?! Mais pas du tout ! Je ne sais pas ce que je fais ici ! Qu'est-ce qu'il se passe ? Pourquoi ?!»

Deux personnes l'empoignèrent et la soulevèrent, commençant à la trainer vers la sortie.

« Mais non ! Je ne l'ai pas tué ! Je ne suis pas un assassin ! Ce n'est pas moi ! Anita dit-leurs ! Dit leurs que je ne l'ai pas tué ! Anita ! Anita ! Dit-leurs ! Dit-leurs ! Ce n'est pas moi ! ANITA ! »

La jeune fille fixa Amélie disparaitre dans les couloirs, la main encore tendu vers elle. Les suppliques de la jeune fille résonnèrent à ses oreilles. Drake posa une main sur son épaule. Anita leva un regard larmoyant vers lui.

« Ce ne peut pas être elle…

-Je ne sais pas Ati'… Franchement, je ne sais pas… »

Ils regardèrent tous les deux le corps de Franck d'un air désabusé. Les paroles de Franck résonnaient à leurs oreilles.

« Vous auriez pu les sauver pourtant ! Mais vous n'avez rien fait ! »

A suivre…