WHAPATATATA !

J'ai une foutue patate en ce moment x) Je pète la forme mais dès que je fais quelque chose, pouf ! Plus de force !

Heu…

Pourquoi je vous raconte ça moi ? On s'en fou ! (HE ! PAS LES TOMATES !)

Bon, désolée du looooong retard, j'ai vraiment, vraiment galéré à l'écriture de ce chapitre. Pour tout vous dire, j'avais complètement perdu l'envie d'écrire. Je voulais juste m'enfoncer au fond de mon lit et ne plus jamais en sortir. T.T Toujours est-il que l'autre jour, j'ai ouvert une page blanche et je me suis dit « Ok, t'as pas envie. Ok, t'as aucune idée de quoi écrire. Ok, t'as juste envie d'envoyer valser cet ordi. Ok, t'as plus de savon –ce qui n'avait aucun rapport soyons honnêtes-. Mais c'est pas une raison ! T'as toujours écrit en toutes circonstances, et ça c'est une circonstance –oui, j'étais fatiguée-. » Alors tadaaaam (sachez aussi que l'autre jour, c'était hier.)

Heu… Oui, ce chapitre est vraiment différent. Mais genre, au premier coup d'œil il ne s'y passe vraiment rien. Mais en fait SI ! Y a beaucoup de choses et heu… Le raiting T aurait peut-être mérité d'être M pour le coup mais bon, WARNING ! J'utilise des métaphores donc ça devrait aller. J'ai vraiment écrit ce chapitre de manière étrange, je ne voulais pas l'écrire, je ne voulais pas donc du coup je n'ai eu aucun tabou. Aucunes gênes. J'ai écrit, j'ai relu, j'ai publié. Point. Donc heu… Ca change.

A dans trois mois, chapeau bas ! (Cette phrase ne veut rien dire –')

Folite.

Le corps humain appartient à Mickael GRANT, moi je n'ai que les bactéries.

Réponse au review :

Hey Liwily ! Merciiii :3 (et crois-moi, on ne sait sans doute pas comment on réagirait xD) Moi, les incohérences… Oilà oilà quoi ! Merci ! J'espère que ça te plaira !

IV. Crépuscule

« Ce n'est pas moi. » (Amélie.)

« Ce n'est nous. » (Anita.)

« Il faut un méchant. Toujours. » (Cléa.)

Taille : 11. Mots : 6 191. Pages : 12.

Je veux juste faire de grandes choses. Bien ou mal, peu importe. Juste de grandes choses.

Amélie posa sa tête sur la planche en bois qui lui servait de matelas. Le confort était précaire mais en fait, elle n'en avait que faire. Elle était allongée, les jambes tendues et les bras en croix. Ses cheveux courts s'éparpillaient sur le sol crasseux, la planche étant légèrement trop fine. Elle –Amélie pas la planche- fixait le plafond –quoique la planche aussi, si il est dit que la planche a des yeux bien évidemment-. Etait-ce réellement de sa faute ? Avait-elle tué tous ces gens ? Non, non elle en était persuadée, elle n'avait rien fait. Rien du tout. Ce n'était pas elle ! Elle n'avait pas tué. Non, elle se souvenait parfaitement être rentrée dans la chambre pour vérifier que tout était en ordre et que la cible allait bien. Mais pourquoi n'était-elle pas sortie ? Elle avait beau se triturer les méninges dans tous les sens, elle ne comprenait pas. Ce n'était pas elle, ce ne pouvait pas être-elle pas vrai ? C'était impossible, enfin un peu de bon sens ! Elle était Amélie, elle n'était pas une meurtrière ! Quels auraient été ses buts, ses intérêts à tuer des gens ? Et pourquoi se cherchait-elle des excuses ? Elle n'en avait pas besoin : elle n'avait pas tué ! Mais pourquoi n'était-elle pas sortie de cette pièce par tous les saints ? Elle ne se souvenait que de sa stupéfaction devant la vue du corps. Toutes les preuves étaient là, tout était parfaitement orchestré : avait-elle tué ? Etait-elle devenue folle ? Tout était contre elle, tout concordait parfaitement ! Son entrée, pas de sortie, la mort de Franck, la découverte du corps, sa présence. Tout y était ! C'était forcément elle, ce ne pouvait pas être une coïncidence ! Mais pourquoi avait-elle fait ça ? Etait-elle… Schizophrène ? Non, non. Amélie réfutait totalement cette idée-là, elle n'était pas folle. Elle n'avait pas tué les Wilkes. Non. Mais pourtant…

Amélie se leva d'un seul coup et donna un coup de poing dans le vide. Son hurlement résonna dans la cellule. Sa gorge s'obstruait. Elle étouffait. Mais elle continua encore et encore, se défoulant. Les larmes glissaient le long de ses joues, sans qu'elle puisse y réfléchir. Ce n'était pas elle. Elle n'avait rien fait ! Elle frappa contre la porte en fer hurlant qu'elle n'y était pour rien. Ce n'était pas elle, ce ne pouvait pas être elle, ce n'était pas vrai ! Ce n'était pas elle… Ce n'était pas elle… Elle n'a pas tué… Ce n'était pas elle… Elle se laissa glisser en face de la porte à genoux et se tapa la tête contre la porte. Le choc retentit dans son crâne et la fit tanguer quelques secondes. Ce n'était pas elle… Elle serra les mains, s'enfonçant ses ongles dans ses paumes. Pas elle… Elle gémit de douleur, crachotant du sang. Elle ferma les yeux, sanglotant. Son corps fut secoué d'un soubresaut tandis que du sang dévalait son menton.

Toutes les preuves l'accusaient, tout concordait à merveille. Ce ne pouvait pas être une coïncidence.

§

Anita fixait le mur d'en face d'un air vide. Caine était assis à ses côtés, un bras posé nonchalamment sur ses épaules. Il la considérait d'un air inquiet. La jeune fille clignait à peine des paupières, des traces de larmes se reflétaient sur ses joues. Elle semblait en état de choc, dans un autre monde. Elle avait les lèvres entre-ouvertes, de la buée s'en échappait. La fenêtre était ouverte, il pleuvait. La pièce était plongée dans la pénombre. Les rideaux voletaient avec le léger vent qui s'infiltrait dans la pièce. La porte était fermée, il n'y avait qu'eux dans la chambre. Caine inquiet et Anita perdue. Le jeune homme passa une main devant les yeux de son amie, elle ne réagit pas. Il la frotta vigoureusement, sans même penser à fermer la fenêtre, et la berça lentement.

« Je ne vais pas te donner de faux espoir Ati, elle est sans aucun doute coupable. Souffla Caine. Tout pèse contre elle, que faisait-elle dans la pièce sinon tuer Franck ? Elle n'a aucun alibi, aucun moyen de défense. Evidemment il n'y a pas d'avocats dans Glopland, nous nous considérons, peut-être à tort je te l'admets, assez juste et partial pour juger à raison. Mais là, j'ai beau chercher je suis désolé, mais je ne vois aucune excuse, aucun acte qui pourrait la sortir de là, qui pourrait justifier sa présence dans la pièce au moment du crime ! Elle est forcément coupable, je ne vois que ça. Je ne vois qu'elle. »

Il appuya sa tête contre l'épaule de la jeune fille et enfouit son nez dans son cou.

« Je sais. S'exclama Anita d'une voix rauque et lasse. »

Caine se releva immédiatement et tourna le visage de la brunette vers lui, leurs regards se croisèrent.

« Je sais tout ce que tu me racontes, je le sais bien. Mais je me refuse à y croire, comprends-moi… C'est-hum… C'était ma meilleure amie, on a beau ne plus être aussi proche et complice qu'auparavant, elle est et restera éternellement une personne avec qui j'ai partagé des moments inoubliables. Elle est l'un de mes souvenirs les plus chers. Je ne peux pas croire qu'elle est une criminelle, qu'elle a tué de sang-froid toute une famille ! C'est hors de mes capacités, je ne peux pas faire ça. Ce serait comme la trahir. »

Caine caressa sa joue du bout des doigts.

« Anita…

-Caine, rends-moi un service s'il te plaît. »

Elle avait bougé la tête et fixait maintenant la fenêtre.

« Tout ce que tu voudras. »

Il ne pourrait rien lui refuser, pas maintenant qu'elle était si faible devant lui, pas au moment où elle allait craquer, il le savait, dans ses bras. Pas à l'instant où elle se livrait à lui.

« Dit à Astrid que je me démets de mes fonctions concernant l'affaire The Queen, jusqu'à nouvel ordre soit tant qu'Amélie sera déclarée coupable. »

Caine la considéra un bref instant, elle abandonnait son poste, elle laissait Drake seul au commande de l'affaire, elle délaissait tout ce qui la rendait heureuse ces derniers temps : résoudre des affaires et enquêter sur The Queen. Pour Amélie, pour le respect des souvenirs. Il eut un sourire triste.

« Je le ferai, ne t'en fait pas. »

Elle lui sourit et se blottit dans ses bras. Il la berça doucement. Elle éclata en sanglot. Ils se connaissaient trop bien.

§

Cléa,

Je me demandais : tu crois qu'on fait de la discrimination des Smarties en oubliant toujours de les citer ? Non parce que c'est vrai quoi, on va se l'avouer, on les oublie toujours ! Qui demande : « Tu préfères les Haribo, les Malabar, les Carambar ou les Smarties ? » Franchement et pourquoi pas citer la marque Leclerc (1) aussi ! Non mais franchement. Mais il faudrait se renseigner, ça nous concerne tous les inégalités entre les bonbons !

Au fait tu savais qu'il y avait du citron dans la sauce barbecue ? Oui oui je sais, je t'en apprends tous les jours. On devrait me faire une statue pour ça, nan mais franchement : je suis indispensable à l'humanité.

Sérieusement, je ne sais même pas pourquoi je t'écris. Sans doute une sale habitude que j'ai prise de t'écrire chaque jour. Au moins là je peux tout dire, tout faire et balancer n'importe quoi : personne ne me regardera de travers, ne me jugera ou me trahira. Au moins dans cet espace confiné que sont les mots, j'ai l'impression d'exister.

Wow, stop ! Je deviens philosophique, et ça, ce n'est pas bon. Je suis là pour me décontracter. No stress. Oui parce que tout de même ces lettres ont un but, deux même pour être précis : te divertir –oui, oui je sais, pas la peine de me remercier, mon altruisme est sans limite- et m'apaiser. L'ambiance est intenable au Conseil en ce moment, tu le sais sans doute mais Amélie a été inculpée des meurtres des Wilkes, de Jeff et l'autre fille dont je perds toujours le nom. Je ne vais pas te mentir, je ne m'y attendais pas du tout. J'ai pensé à beaucoup de monde mais pas Amélie. Pas elle. C'était si… Improbable. Anita est effondrée. C'est franchement flippant, on se met à douter de tout le monde. Il y a des violentes disputes en ce moment, de certains disent que ce n'est pas Amélie, d'autre que les preuves sont indiscutables. Le problème vois-tu, c'est qu'on est tous trop impliqué dans l'affaire. Tout allait bien jusqu'à maintenant, on gérait à peu près ce qu'on pouvait : nos émotions. Mais là, tout s'explose. C'est quelqu'un d'entre nous, quelqu'un qui nous a proposé des idées, quelqu'un qui est notre amie voir même notre ex, qui a tué. Qui a… Fait toutes ces choses horribles. C'est… C'est inconcevable, ça nous perturbe tous. On est trop impliqué, beaucoup trop. Malheureusement, tout le monde l'est maintenant. Les gamins ont peur, ils sont contents qu'elle soit en prison.

Si on peut nommer cette horreur une prison. Et c'est sur cette touche dramatique que je terminerai.

Bisous baveux tout partout,

Drake.

§

Peut-être que s'il avait accepté de l'écouter, peut-être que s'il avait été à ses côtés, peut-être que s'il l'avait soutenu dans toutes ces épreuves, peut-être que s'il avait été un ami exemplaire, peut-être que s'il l'avait assez aimé pour ne pas être lâche, peut-être que s'il avait pour une fois dans sa vie, aidé autrui, peut-être que s'il l'avait pris dans ses bras, que s'il c'était battu pour elle, que s'il avait ne serait-ce que songé à elle durant ces dernières semaines, peut-être que s'il avait été altruiste, elle n'aurait pas tué. Elle n'aurait pas assassiné tant de monde, elle n'aurait pas viré à la folie, elle n'aurait pas été ce monstre humain, elle n'aurait pas été seule, délaissée dans sa démence et sa maladie, s'il l'avait écouté elle n'aurait jamais été cette abomination, elle n'aurait pas détruit leur équilibre… S'il l'avait aidé. S'il l'avait écouté. S'il avait été un putain d'ami exemplaire.

Mais c'était trop tard pour regretter à présent, c'était trop tard pour penser à ce qu'il aurait pu faire, à ce qu'elle aurait pu être, à ce qu'il ne serait jamais arrivé et toutes ces choses qui auraient dû former leur passé et leur présent, c'était trop tard pour hurler à la mort, pour pleurer et pour se souvenir. Il était trop tard, bien trop tard pour qu'il accepte de voir cette putain de vérité en face. Il était bien trop tard pour qu'il s'accroche. Il était bien trop tard pour qu'il espère. Ils étaient morts, elle était schizophrène ou une terrible menteuse et lui, il était paumé.

La culpabilité le rongeait de part en part. Divers scénarios défilaient devant ses yeux, l'image d'une Amélie souriante et épanouie s'incrustait sur ses pupilles, il hurla. Une boule de nerf s'explosait en lui, il avait envie de se défouler, de pleurer, de crier son désespoir. Putain de merde ce qu'il s'en voulait ! Mais pourquoi ?! Pourquoi elle ? Pourquoi lui ? Pourquoi eux ? Il aurait pu faire quelque chose pour empêcher ça, s'il n'avait pas été lâche. S'il n'avait pas fui devant la difficulté. Il n'était qu'un monstre ! Il l'avait abandonné, elle le lui faisait payer. Son cœur battait bien trop fort, il avait l'impression qu'il souhaitait sortir de son enveloppe. Son souffle était court, il s'épuisait. Des cernes s'imposaient sous ses yeux, des traces de larmes étaient visibles sur ses joues. Sa voix était cassée, tant pour avoir crié que pour avoir pleuré. Ses cheveux en bataille étaient aplatis sur le côté droit, il y était allongé depuis quelques heures. Ou quelques jours il ne savait plus. Ses joues étaient creuses, sa gorge sèche. Il fixait devant lui d'un air apathique. Il était plongé dans une léthargie. Le noir régnait en maître dans la pièce, il refusait toute visite. Il avait mis Lucie à la porte dès qu'il était rentré. Lâcheté. Fuite. Apitoiement. Y était-il pour quelque chose si la vérité était trop dure à accepter ? Y était-il pour quelque chose s'il s'en voulait ? Y était-il pour quelque chose si pour une fois, il était faible ?

Il soupira. Il se sentait terriblement impuissant. Il n'avait plus la force de se lever ou de cligner les paupières, il n'avait plus la force d'affronter le monde extérieur. Il avait l'impression de crier dans le vide, comme incompris. Tout son corps le lâchait, il était à bout. Il bougea ses lèvres pâteuses, tel un poisson dans un bocal. Aucun son n'en sortit, il sombrait. Ses pensées tournoyaient en boucle lui causant une migraine affreuse. Sur ses mains s'éclataient du sang sécher : il avait brisé son miroir dans un brusque moment de colère.

Il avait oublié. Il avait tout oublié. Tous les moments heureux, le Conseil, Anita, Caine, Glop, Pete, Azi, The Queen, les meurtres… Il oubliait, il oubliait tout. Ne restait plus qu'Amélie. Amélie et la folie, Amélie et la mort, Amélie. Juste Amélie. Et il regrettait. Il regrettait tellement même s'il savait au fond de lui que cet état d'esprit ne mènerait plus nulle part. Il était trop tard. Il se secouait trop tard. Son cœur s'était implosé, il hurlait. Une larme perla à son œil droit, glissant près de son oreille puis s'enfouit dans les draps sales. A quoi cela le mènerait-il que d'accepter ? Il était faible, bien trop faible. La douleur le tenaillait, il se mourrait. Lentement, délicatement sa vie s'éclatait telle une fleur qui fanait. C'était trop dur, trop douloureux, trop. Il n'était qu'un gamin de quinze ans qui ne comprenait pas ! Qui n'avait jamais compris. Ses yeux le piquaient, son ventre criait à la famine. Il gémit. Il n'avait plus la force de vivre, plus la force de se battre. Encore moins la force pour survivre. C'était sans doute mieux ainsi, faible châtiment pour avoir provoqué la mort d'une famille entière. C'était de sa faute, entièrement la sienne. Il n'avait pas été à la hauteur.

Et il ne le serait jamais. Trop faible. Trop lâche. Trop apitoyant. Trop apeuré. Trop lui.

§

Diana s'assit sur sa chaise. Leur appartement prenait un air de fin du monde, les volets étaient fermés, le lit défait, la pluie battait contre la seule fenêtre qui ne possédait pas de volet. La lumière bougeait dans de léger grincement, projetant des ombres aux allures effrayantes sur les murs. Deux chocolats chauds venaient d'apparaître ainsi qu'un mot. Drake le prit d'une main tremblante. Aucun mot n'était prononcé et ce, depuis quelques jours maintenant. Cinq pour être exact. Depuis qu'ils avaient découverts qu'Amélie était coupable. Les premières heures avaient été terribles en incompréhension, ils s'étaient tous éparpillés, personne n'avait réagit. Puis le lendemain, Le Conseil s'était rassemblé, les gamins étaient heureux. Ainsi The Queen avait été enfermée, toute information avait fuité. Ils s'étaient tous regardés, et là, tout avait explosé. Ils s'étaient hurlés dessus, Sam et Edilio en étaient presque venus aux mains. L'anarchie la plus totale. Le Conseil ne s'était pas dissout, mais ce n'était pas comme-si l'idée ne leur avait pas frôlé l'esprit. Il n'y avait plus de réunion, sans doute par soucis de précaution. On savait tous que l'idée venait de Pete, et de personne d'autre. Astrid envoyait ses ordres, indiscutables évidemment, par petits mots. Nul ne savait ce que les autres faisaient. Hormis bien sûr ceux qui vivaient ensembles. Ils ne se voyaient plus, même ceux qui auraient dû en fait, être dans le même « camp », même les anciens amis. Ce n'était pas la fin d'amitiés, ce n'était pas la fin de quoique ce soit à proprement dit en fait, c'était une explosion. Pure et simple. Ils ne pouvaient pas supporter la culpabilité, ils ne pouvaient pas supporter cette impression de vivre dans un mensonge. Ils n'y arrivaient pas, ils n'y arrivaient plus. C'était trop douloureux, si certains venaient à se croiser, alors tous leurs souvenirs se ravivaient. Ils ignoraient, ils faisaient comme-si rien ne s'était jamais passé. Comme-si ils étaient nés aujourd'hui. Ils se la jouaient indifférents alors que tout en eux se détruisaient. Le pire sans doute, fut qu'ils étaient tous d'accord : Amélie était coupable. C'était irréfutable, indéfendable. Mais douloureux. Trop douloureux.

Drake et Diana en étaient donc venus à la conclusion indirecte qu'eux deux ne pouvaient continuer à se fréquenter sans raviver des souvenirs trop vivaces. Ne plus se parler, ne plus croiser le regard de l'autres, ne plus communiquer que par des frôlements, c'était devenu leur solution, leur manière de combattre la culpabilité, le poids du mensonge.

Drake lisait silencieusement puis il soupira et fit glisser le mot sur la table en bois. Diana fixant l'horloge derrière lui, le prit.

« Habitant de Glopland à l'intérieur de la muraille, personne en mission à l'extérieur et qui lira ce mot après et membre à part de la communauté mais qui nous rejoindra plus tard étant à l'hôpital,

Ici Pete, je sais ce que vous pensez actuellement : mais comment cet infâme traitre qui a retourné sa veste, peut-il se permettre de nous porter un mot ? Pense-t-il nous acheter avec deux bols de chocolat ? Déjà, à tout ceux qui penseraient ceci, souvenez-vous que l'infâme traitre est aussi celui qui vous nourri, vous protège et organise votre vie. Certes, elle n'est pas idyllique mais si quelqu'un a un autre plan, je suis toute ouïe ! Ensuite, je tiendrais à rappeler que non, Astrid n'a pas le plein pouvoir sur vous. Je n'appelle pas à un soulèvement, je n'appelle à rien, je tiendrais juste à signifier que vous êtes libres d'avoir votre opinion sur une question. Vous êtes des humains ! Vous avez le droit, non le devoir de vous questionner sur un point ! Parce que oui, oui j'en ai marre de vous voir prendre un rythme, j'en ai marre de vous voir accepter ce qu'on vous dit comme une vérité, parfois il faut vous renseigner, il faut que vous réfléchissiez à tel ou tel point, il faut que pour une fois dans votre vie, vous preniez position pour un point, non pas parce qu'on vous a donné cette solution comme réalité, mais parce que vous l'avez défini comme tel !

Réfléchissez à ce que je vous dis, réfléchissez et prenez position. La vérité n'est pas forcément celle qui paraît comme une évidence, parce qu'on vous l'a présenté comme telle.

A la gloire de ceux qui ne survivent plus,

Pete, Cléa et Azilis. »

Diana fit courir ses doigts le long de la table. Ainsi, Pete ne croyait pas qu'Amélie était coupable. C'était ce qui ressortait de ce mot. Et il demandait à tous les habitants de Glopland à travers ce mot, à réfléchir à tout ça et à avoir une opinion sur la question.

« Ce mec est incroyable. Souffla Drake. »

Diana releva vivement la tête. Entendre sa voix lui fit comme un électrochoc. L'ombre d'un sourire apparut sur son visage. Leurs regards se rencontrèrent. Et tout fut clair, le message de Pete résonnait dans leurs oreilles. Drake fit glisser sa main vers la sienne, l'air hagard.

« Drake… Il faut… Supplia-t-elle. »

Il hocha la tête, sans rompre le contact visuel.

« Oui. Oui Diana. Je ne sais même pas pourquoi j'air arrêté, j'ai été stupide. Petey a raison, comme d'habitude. »

Ils enlacèrent leurs doigts dans un doux sourire.

« Je vais t'aider. Je n'ai plus rien à faire au Conseil ces temps-ci. Je ne sers qu'en période de crise, or les gens déterminent ne plus être en cette période. Je peux assumer deux rôles à la fois.

-Je sais Dian, je le sais. Si on demandait l'avis de…

-Non.

-Non ?

-Non Drake, recommencer à enquêter sur The Queen sans partir du principe qu'on a réellement trouvé qui c'était, d'accord. Mais de là à me sentir capable de renouer avec tout le monde, c'est une autre paire de chaussettes !

-Je me disais bien… Et on dit paire de manches.

-Certes. Je suis désolée.

-Non, non. C'est normal. C'est juste que… Non rien. »

Il avait fuit son regard et rabattu ses bras contre son corps, rompant tout contact.

« Drake… »

Il se leva soudainement, la faisant sursauter.

« Ca me manque Dian ! Ca me manque… »

Elle se leva et le prit dans ses bras.

« Moi aussi Drake, mais il faut être patient, ça reviendra dans l'ordre en temps voulu, en attendant, on n'est pas seul.

-Non. Non tu es là.

-Et je serai toujours là, Drake... Regarde-moi. »

Il se tourna vers elle.

« Promets-moi de ne parler de ceci à personne, il ne faut pas que la population soit au courant que l'on enquête de nouveau.

« Dian, tu es trop naïve. Les gens vont forcément enquêter eux aussi à la suite du message de Pete.

-Et moi je pense que tu es trop optimiste. »

Ils eurent un rire doux, rire qui sonnait légèrement faux.

« Mais soit, si tel est ton désir, nous garderons tout cela sous le sceaux du secret. »

Il la serra contre lui.

« Je t'aime. »

§

Julia soupira. Elle était assise sur une chaise en bois, face au lit de Cléa. Celle-ci fixait le plafond d'un air absent. Le médecin froissa la lettre qu'elle avait entre les mains, distraite. Elle se mordit la lèvre inférieure. Secouant la tête, elle se leva et déposa le papier sur une pile bancale. Elle sortit de la salle dans un dernier regard triste vers la patiente. Au moment de fermer la porte, elle se ravisa. Dans un demi-tour presque militaire, elle claqua la porte et s'y appuya soupirant. Ce devenait dure à supporter, le poids de la vérité. Elle savait. Elle savait tout. Et la patiente ne se réveillait pas. La patiente hurlait. La patiente souffrait. Et Le Président refusait obstinément de la libérer. Il la détestait, parce que la patiente était l'anomalie qui n'avait pas lieu d'être. Parce qu'elle l'avait involontairement, défié. Et Julia le regardait se débattre dans sa démence, espérant au fond d'elle une amélioration qui ne viendrait pas.

Julia était médecin dans cet hôpital depuis près de dix ans maintenant. Elle aimait son travail, parce qu'il permettait d'être au plus près de ces histoires qui la faisait vibrer quand elle était petite. Elle aurait pu être membre de l'AMNS ou autre chose, mais elle ne voulait pas prendre part à l'histoire. L'hôpital lui permettait d'accompagner les personnages vivants dans leurs dernières heures de vie. L'hôpital vivait dans différentes histoires à la fois, l'hôpital était une entité. Evidemment, l'hôpital s'adaptait à l'univers où il était, faisant semblant de soigner les figurants qu'ils suffisaient pourtant de recréer. Soignant parfois les véritables personnages de petites blessures. Lorsque vous rentriez à l'hôpital, vous n'en sortez jamais. Vous y mourrez. Cela prenait une heure, une journée, une semaine au grand maximum. Pete le savait. Julia le savait. Tout Inter-Imaginaire le savait. Et c'était là, la difficulté de son métier : ne jamais s'attacher au patient. Parce qu'il finit forcément par s'en aller.

Lorsque Pete avait fini par se résoudre à appeler l'hôpital pour Cléa, il l'avait fait dans un élan d'altruisme qui avait ému Inter-Imaginaire. L'histoire était suivie par de nombreux foyers, et l'amour qui détruisait Pete, l'avait rendu encore plus vue et plus aimé. Julia connaissait bien Pete, ils avaient été colocataires lors de leurs études. Il avait donc été normal que ce soit elle qui s'occupe des dernières heures de vie de Cléa. Et c'est ce qu'elle avait fait, Pete ne l'avait pas réellement reconnu, ou peut-être jouait-il la comédie, elle ne le sut jamais. Mais elle l'avait aidé, parce qu'il était son ami avant tout, et que même s'il avait changé, on n'abandonne jamais un ami. Elle avait été témoin des crises de larmes de Pete, elle l'avait vu parler dans le vide des heures durant, elle l'avait vu user de la magie pour faire croire à Azi que sa mère était en mesure de communiquer. Elle l'avait vu rire avec sa fille, les yeux brillants de larmes. Elle l'avait vu se détruire chaque jour un peu plus. Et elle ne comprenait pas, l'hôpital essayait de sauver Cléa. Ce n'était pas la mesure traditionnelle. L'hôpital accompagnait, l'hôpital ne sauvait pas. Il se contentait de sourire. Parce que les patients –les vrais, ceux qui sont réellement internés, ceux qui sont condamnés- mourraient. Ils étaient présents pour la délivrance.

Mais les jours s'effilochaient, et Cléa ne partait pas. Ils se ressemblaient, et elle restait. Julia avait donc fini par comprendre. Elle venait de comprendre. Le Président leur faisait payer leur insoumission, ils souffraient. Il voulait que Cléa parte le plus lentement possible, jusqu'à ce que Pete craque. Jusqu'à ce qu'il se meurt avec elle. Il voulait qu'ils payent. Et ça marchait, ça marchait plus que bien. Le Président avait demandé à ce que l'hôpital n'agisse pas, à ce qu'il n'accélère pas le processus, à ce qu'il ne donne aucun antidouleur, à ce qu'il n'aide pas. A ce qu'il n'accomplisse pas son rôle. Indirectement certes, mais cela revenait au-même. Cette découverte avait rempli Julia d'une rage intense, Pete était son ami. Cléa était sa patiente. Elle n'abandonnait jamais ni un ami, ni un patient. Mais elle avait serré les dents, parce qu'elle était incapable d'agir, parce que tout ce qu'elle avait pu faire, c'était interdire les visites et sourire. Et l'hôpital s'était insurgé. Elle avait observé. Le puzzle s'était assemblé lorsqu'Anita avait tenté de se suicider. En temps normal, l'hôpital n'aurait rien fait. Parce que c'était ainsi, parfois la mort était préférable. Et celle-ci, dans ces mondes-ci, l'était. Lorsqu'on atteignait un certain niveau, les suicides étaient fréquents. Ils ne formaient pas de bonnes histoires, mais l'humain est lâche. L'humain a peur. L'humain est imparfait. Mais l'hôpital avait sauvé Anita, l'hôpital guérissait Amélie. L'hôpital aidait Cléa. Parce que l'hôpital avait choisi, l'hôpital avait contré le Président à sa façon. Et il n'était qu'une question de temps avant que les gens d'Inter-Imaginaire ne s'en rendent compte, et agissent. Le Président demandait une soumission la plus totale, tout personnage, membre ou simple particulier se devait d'être à sa place, sans jamais prendre part à autre chose que son rôle. Un méchant restait un méchant quitte à tuer. Un héros restait un héros quitte à crever. Un médecin reste un médecin quitte à enterrer. Un particulier reste un particulier quitte à rêver. Et Inter-Imaginaire craquait, chacun avait d'autres rêves, d'autres envies. Les histoires étaient une source de bonheur, de rêve et d'espoir. De liberté. Si personnes ne pouvaient y prendre part comme bon lui semblaient, si personne ne pouvait être qui il voulait, était-ce réellement cette source-là ? Ils n'étaient pas libres. Ils étaient enfermés dans une case étouffante. Ayant tous perdus de vue ce qu'était réellement une histoire. Mais ce n'était qu'une question de temps.

Julia caressa la joue de Cléa, celle-ci était livide. Pete les avait sauvés, leur montrant le chemin. Il s'était rebellé. Avait changé de statut. Il était le premier, et il ne serait pas le dernier. Mais aujourd'hui, il souffrait. Aujourd'hui, il payait. Et Julia, et l'hôpital allait sauver Cléa. Pour le remercier. Elle en faisait la promesse.

§

Il grinça des dents, prenant sur lui. Appuyé contre un mur de la prison, un couteau en main, il ferma les paupières. Il portait une veste en cuir délavée sur un T-shirt bleu déchiré. Il avait déniché un vieux casque et l'avait mis, simple précaution plus rassurante qu'utile. Il allait pieds nus, s'étant fait voler ses anciennes chaussures. Il était un garde, c'était son tour de la garde de la prison. Il serra sa main sur le manche du poignard.

Un des prisonniers, le numéro 27 si ses souvenirs étaient justes, hurlait. Et il hurlait, ces mêmes paroles résonnant aux creux de ses oreilles.

« Shake Parcks sauve-moi ! Shake Parcks je t'en supplie ! Shake Parcks aide-moi! »

Il plissait des paupières, tentant de ne pas bouger, de ne pas démontrer le moindre signe de compréhension.

« Shake Parcks sauve-moi ! Shake Parcks je t'en supplie ! Shake Parcks aide-moi! »

A bout de force, il plaqua ses mains contre ses oreilles. Glissant sur le sol, il gémit.

« Shake Parcks sauve-moi ! Shake Parcks je t'en supplie ! Shake Parcks aide-moi! »

Le numéro 27 avait été un ami, non le meilleur ami, le frère de Shake Parcks. Ils étaient inséparables. Et 27 avait été ami avec le frère Wilkes, et il avait été le premier suspect enfermé lors de l'affaire par Anita. Il pourrissait là depuis un mois ou deux maintenant, et chaque jour il répétait cette même phrase. Shake Parcks avait été détruit par l'arrestation de son ami.

« Shake Parcks sauve-moi ! Shake Parcks je t'en supplie ! Shake Parcks aide-moi! »

Shake Parcks avait tenté d'oublier. Mais Shake Parcks avait mal. Et Amélie avait été déclarée coupable. Anita s'était déchargée de l'affaire, et 27 n'avait jamais été libéré. Le Conseil démunit, chacun disant que ce n'était pas lui qui avait enfermé 27 et qu'il fallait en parler à la personne concernée. Seulement Anita refusait toute visite, et se retirait de toutes allusions à l'affaire The Queen.

« Shake Parcks sauve-moi ! Shake Parcks je t'en supplie ! Shake Parcks aide-moi! »

Et 27 crevait en cellule. Et Shake Parcks l'écoutait crier, chaque jour, chaque heure qui passait. Parce que c'était lui, Shake Parcks.

« Shake Parcks sauve-moi ! Shake Parcks je t'en supplie ! Shake Parcks aide-moi! »

Parce que 27 et Shake Parcks avaient toujours été unis, même lorsque 27 était en cellule, Shake Parcks était là en temps que garde. Unis, jusqu'à la fin des temps. Sans autre possibilité que l'attente tout en sachant 27 innocent.

« Shake Parcks sauve-moi ! Shake Parcks je t'en supplie ! Shake Parcks aide-moi! »

Le Conseil était injuste. Le Conseil était supérieur. Le Conseil avait été détruit par The Queen. Le Conseil se mourrait. Et Shake Parcks pleurait. Et 27 criait.

§

La salle du Conseil était vide. Ses pas résonnaient dans le vide. Il s'assit sur le sol, la tête appuyée contre la baie-vitrée. Il revivait absolument tout. Il avait le regard perdu. Les cheveux en bataille, il tremblait. Sam avait la poitrine oppressée. Il enfouit son visage entre ses mains, les genoux pliés. Il était secoué de sanglot. Tout s'était écroulé autour d'eux. Tout. Il suffoquait. L'air lui manquait. Il se leva et envoya valser une chaise qui traversa la fenêtre. Son cri résonna. Ca aurait pu être n'importe qui, n'importe qui. Il aurait ressenti de la rage, de la peine. De la honte. Une haine sans précédente. Mais Amélie, c'était impensable. Inimaginable. Ils avaient tous souffert, mais de là à tuer des innocents sans aucun intérêt. De là, à tous leur mentir… Elle les avait aidés, elle leur avait soumis ses hypothèses. Elle avait joué les horrifiées. Elle avait joué la comédie face à des morts ! Des gamins ! Elle avait fait semblant de pleurer, fait semblant d'avoir peur ! Elle avait mentit. Elle leur avait mentit sur un sujet aussi terrible que la mort, sur un sujet aussi horrible qu'un assassinat. Amélie était The Queen.

Il ne pouvait l'accepter. Il n'y arrivait pas. C'était beaucoup trop important, trop lourd en conséquence. Il ne pourrait jamais y arriver. Et quand bien même le pourrait-il, cela aurait de trop grosses portées sur sa vie, il ressentirait quoi ? De la culpabilité, de la haine, de l'horreur. Et il en serait tenailler jusqu'à la fin de sa vie qui alors serait proche, puisqu'il songerait sûrement au suicide. Il préférait ne pas accepter, il préférait rester dans cet état d'instabilité, de vulnérabilité. Mais faire ce résonnement, c'était déjà accepter. Il était coulé.

Sam s'approcha de la vitre brisée, il y posa sa main, se coupant. Il la tendit dans le vide, regardant les gouttes de sang tomber dans le vide. Il mit un pied dans le vide. Le regard fuyant, il pleurait. Et il tomba.

Sam se réveilla en sursaut. Dégoulinant de sueur. Lorsqu'on tombe dans un rêve, on se réveille.

§

Astrid fit glisser ses doigts sur la paroi ruisselante. Elle portait une robe qui lui arrivait jusqu'en haut des cuisses. Elle était légèrement déchirée au niveau de l'aisselle droite mais elle était blanche, blanche éclatante. Il s'y étalait des traces de sangs séchés sur la poitrine. Mais elle était blanche, blanche éclatante. Elle respirait la peur et la fragilité, mais elle était blanche, blanche éclatante. Elle semblait si fragile, elle semblait tomber en lambeau mais elle était blanche, blanche éclatante. Elle avait craqué au niveau de la hanche, laissant un trou béant, mais elle était blanche, blanche éclatante. Des mains s'occupaient des boutons à l'arrière, mais elle était blanche, blanche éclatante. Une main habile farfouillait entre les manches, mais elle était blanche, blanche éclatante.

Astrid était blanche. Blanche éclatante.

La Présidente tomba à genoux. Elle cherchait à s'agripper mais le sol était glissant. Ses doigts frôlaient les murs, elle se cassa un ongle. Son élastique atterrit un peu plus loin. Ses cheveux s'éclatèrent autour de son visage. Des boutons roulaient par terre, Astrid en ramassa un le fixant comme-si sa vie en dépendait. Et elle hurla. Des larmes roulaient sur ses joues, elle hurlait. Elle hurlait. Le sang envahissait le sol. Les morceaux de sa robe se déchiraient dans la ruelle. Elle hurlait, son sang se mêlant à ses larmes. Elle tentait de se débattre mais on la tenait. Des mains, il y en avait partout. Il y en avait sur elle, il y en avait autour. Elle voyait des gens assister à la scène derrière leurs fenêtres et refermer rapidement leurs rideaux. Puis tout se stoppa, les yeux flous, elle prit une profonde inspiration. Et on la retourna, la joue collée au sol, elle comprit. Et elle cria, plus que tout à l'heure encore, elle voyait son sang sur ses mains, sur son corps. Et elle voyait sa robe déchirée au milieu du carnage. Et ça s'éternisait. Semblant ne jamais vouloir prendre fin. Et elle hurlait. Encore et encore. A genoux, sur le ventre, sur le dos. Elle prenait toutes les positions, tentant de se débattre sans y parvenir. Elle saignait. Elle pleurait. Elle hurlait.

On lui enfonça un poignard dans la cuisse, trop saoul pour réfléchir que cela n'allait pas la tuer. Astrid se traîna sur le sol, jusqu'à sa robe. Elle avait les yeux embués. Elle ne comprenait pas. Elle avait mal. Le froid lui mordait la peau. Son sang battait trop fort à ses tempes. Elle vomit. Elle attrapa un morceau de sa robe et la serra contre elle, tremblante. Elle était là, elle, Astrid, Présidente de Glopland, nue, les jambes écartées, du sang dégoulinant, dans une ruelle. Seule. Plus seule que jamais elle ne l'avait été jusque-là.

Et elle hurla.

A suivre…

Leclerc : Marque déposé. Je sais bien qu'il n'y en a pas aux USA.