Soupirant, je finissais de nettoyer l'une des tables de la salle, alors que Jean était assis à l'une d'elle, la tête entre les bras, K.O technique.
-On commence à quel heure demain ? Me demanda-t-il alors que je venais ranger le chiffon.
-Huit heures, répondis-je en soufflant, alors que Jean gémit de désespoir.
Pixis arriva à se moment là, et ria en nous voyant ainsi épuisé, bien que moi, je n'étais pas dans la même position que Jean, étant debout et appuyé contre une chaise.
-Je suis désolé les garçons de vous avoir fait travailler ce soir, mais je n'avais personne d'autre.
-Ne vous en faites pas, ça nous entraîne, répliqua Jean en relevant la tête, souriant, avant de la re laisser tomber entre ses bras, me faisant rire.
Il a l'air tout a fait convaincu par ses propres paroles. Mais bon, il n'a pas tord, ça nous entraîne, nous habitue pour lorsque l'on devra travailler le soir. Mais bon, c'est tout de même fatiguant, je ne ferais pas ça tout les jours.
Pixis fini par nous dire de partir, qu'il finirait tout seul. Le remerciant, Jean et moi allâmes nous changer, avant de quitter le restaurant. Jean et moi prîmes le même bus, sauf que je descendais avant lui. Le saluant, je me dépêchais de rentrer chez moi, désireux de faire mes devoirs et surtout, d'aller au lit. Pénétrant l'entrée du bâtiment, je montais à mon étage, avant d'ouvrir ma porte d'entrée, une fois devant celle-ci. Je refermais aussitôt à l'intérieur, et me déchaussais. Ouvrant aussitôt mon sac, je pris mon cahier d'anglais et d'espagnole, et entamais mes exercices. Il ne me fallut que deux petites heures pour les faire et aussitôt fini, j'allumais la télévision avant d'aller faire à manger. Je ne prêtais pas tant que ça attention à ce que laissait échapper l'écran, l'ayant plus pour avoir un bruit de fond qu'autre chose.
Ce soir, n'ayant pas envie de me casser la tête à me faire un truc long et casse tête, je me contentais de saucisse semoule. Simple et rapide, à mon goût en tout cas. Prenant mon assiette, j'allais me poser sur mon canapé, et entamais mon repas. Très vite, ayant mis sur la chaînes des informations, le programme fut focalisé sur la mort du roi et le passage de la couronne au prince Rivai. Soupirant, je changeais de chaîne pour mettre de la musique. Finissant mon assiette, j'éteignis la télévision, fis la vaisselle, avant de me mettre en pyjama, de défaire le lit, et de me glisser sous les draps pour me laisser rapidement porter jusqu'au pays des songes.
2 jours plus tard, mercredi après midi, au restaurant.
Passant les portes du restaurant, je vis Pixis me sourire, et je lui rendis comme à mon habitude. Traversant la salle, je vis, à la table 26, le même homme que la dernière fois. Et un habitué de plus, un ! Souriant, j'allais me changer dans les vestiaires, troquant mon haut sans manches à capuche vert et mon pantalon noir chaussé de dock's rouges bordeaux, pour ma tenu de serveur habituel. Enfournant le tout dans mon casier, je pris mon carnet et mon stylos que je mis dans mon tablier, avant de fermer tous ça, sans oublier d'y mettre mon sac, et retournais en salle. En chemin, je croisais Jean qui me sourit, ce qui me surpris. Pourquoi me souriait-il ? Mon incompréhension ne fut que plus grande lorsque qu'il me dit que je devais encore me coltiner le désagréable. Qui était le désagréable ? Pourquoi il me disait ça ? C'est donc l'esprit confus que j'allais voir Pixis pour savoir les tables dont je devais m'occuper.
-Heu... de la 24 à la 26, mais surtout la 26.
-Encore ?!
Pour toutes réponses, mon patron me sourit d'un air malicieux. Qu'est-ce qu'il avait tous aujourd'hui avec leurs sourires bizarre ?
Haussant les épaules, je me dirigeais directement vers la 26, n'ayant personne à la 24 et 25. L'avantage des mercredis après midi, c'est qu'il y peu de monde, ce qui nous permet de nous reposer. Arrivant à la table, l'homme, cette fois, était habillé d'une simple chemise blanche, d'une sorte de foulard autour du cou blanc, d'un pantalon noir, et avait mis sa veste, noir elle aussi, sur ses épaules. Lisant jusqu'à présent un livre, il releva la tête en me voyant arriver. Aussitôt il le posa pour me détailler de la tête au pied, avant de croiser les bras sur sa poitrine en s'enfonçant dans son siège. Son attitude me fit penser qu'il m'attendait depuis un moment. M'enfin.
Puis, alors que je me rapprochais de sa table, je remarquais qu'il n'avait pas eu son menu. Tendant le bras, j'en piquais un sur l'une des tables vides, et une fois à sa hauteur, le lui tandis en souriant. Cependant, l'homme ne bougea pas. Jetant un coup d'œil à la carte que je lui tendais, il revint ensuite sur moi, toujours avec son air désintéressé, plutôt étrange.
-J'ai déjà fais mon choix, gamin, me dit-il d'un ton plat.
Bon, au moins, ça avait le mérite d'être clair. Il n'était pas non plus obligé de rajouter le « gamin » à la fin, d'autant plus qu'il à l'air pas très vieux mais bon, je dis rien.
Reprenant donc la carte, je la mis sous mon bras, et préparais pour écrire ce qu'il allait me dicter.
-Je vous écoutes alors.
-La même chose que la dernière fois, me répondit-il sans me lâcher du regard.
Je ne sais pas ce qu'il cherchait à me fixer comme ça, mais c'est gênant, quelque peu déstabilisant. Faisant fonctionner ma mémoire, je fis rencontrer le stylos avec le papier.
« -Salade chèvre chaud
-Plat du jour
-Fondant chocolat. »
Me figeant, je relevais le regard pour le poser sur l'homme, une question me tiraillant l'esprit.
-Le menu du jour n'est plus le même.
-Rien à foutre.
D'accord. Poli le gars. Enfin bref. Arrachant le papier du carnet, je rangeais mon stylos, avant de relever la tête.
-Même boisson ? Lui demandais-je.
L'homme hocha la tête de manière affirmatif, et je lui souris avant de partir. Allant donner mon menu en cuisine, je revenais en salle pour prendre le pichet d'eau, le pain, la salade de noix. Lui apportant, je repartis aussitôt pour demander les clés. Comme ci Pixis avait anticipé, je n'eus même pas besoins de demander qu'il me les lança. Restant un moment sans bouger, je fini par hausser les épaules, allant chercher le vin blanc, avant de refermer et de redonner les clé au patron. Prenant un verre, j'allais le servir, et comme la dernière fois, il eu fini. Débarrassant, donc, je revins bien vite avec l'entrée. Lui posant devant lui, je lui souhaitais bon appétit avant de repartir pour m'occuper d'un couple qui c'étaient installés à la table 24. Je pris leur commande avant de repartir. Réitérant les mêmes gestes que pour l'homme de la table 26, je n'eus cependant pas besoins des clé, les clients ayant commandés des boissons gazeuses.
Revenant en salle pour donner leurs entrée au couple, je vis que l'homme de la 26 avait fini. Sans attendre, je vins lui débarrasser avant de revenir avec son plat du jour, soit, un poulet au curry. Lui posant sur la table, je pris le panier de pain vide pour le lui re remplir avant de repartir.
Voyant Jean posté au bar, je le rejoignis, en profitant pour boire un coup, tout en gardant un œil sur mes tables. En me voyant, tête de cheval me sourit moqueusement, ce qui me fit arquer un sourcils.
-Qu'est-ce que tu as à sourire comme ça ? Lui demandais-je en avalant une gorgée d'eau.
-Il est chiant hein ? Me répondit-il avec un mouvement de tête.
-Qui ? Le gars de la 26 ? Demandais-je toujours en arquant un sourcils, me demandant pourquoi il disait cela.
-Ouais, il est venu hier lors de mon service, et c'est moi qui ais dû me le coltiner. J'ai crus que j'allais le tuer, me répondit-il avec la tête qui vas avec.
Fronçant les sourcils, je me tournais vers la 24, qui avait fini, et jeter un coup d'œil à la 26 pour voir l'homme me fixer, mais qui n'avais pas fini. Me tournant vers Jean, je lui répondit tout naturellement :
-C'est peut être ta tête qui lui reviens pas parce qu'il est pas chiant un gramme avec moi.
Avant d'aller débarrasser la 24 pour leur apporter leurs plats.
Après un moment, je débarrassais la 26, et lui apportais son gâteau en souriant. Comme la dernière fois, il prit tous son temps pour le manger, le savourant. Une fois fini, je le débarrassais, et lui donnais l'addition. Il paya par carte, de sa belle carte gold qui m'avait surpris au début, bien que je m'en doutais un peu, mais il ne partis pas directement.
En effet, le mercredi était le seul jour où le restaurant ne servait pas le soir, ce qui fait que la fermeture ce faisait à seize heure. Il ne restait d'ailleurs plus personne en salle, sauf le client de la 26. Allant voir Pixis, je lui demandais ce que je devais faire pour lui.
-Laisse, occupez vous du reste de la salle, je m'occupe de la 26.
Haussant les épaules, j'en informais Jean, et nous commençâmes à nettoyer la salle.
Alors que j'étais entrain de nettoyer une table, Jean arriva par derrière et me versa de l'eau fraîche dessus. Me redressant en ouvrant la bouche sous la surprise, je restais figé un moment sur place avant de me tourner vers Jean qui était mort de rire, tenant le pichet à la main.
Le fusillant du regard, je pris un pichet plein, et imita son geste, lui vidant l'eau dessus.
-Ah putain c'est froid, s'exclama-t-il avant de se tourner vers moi qui rirait au éclat.
Puis, posant le pichet sur la table, je partis en courant alors que Jean me coursait dans le restaurant, tous deux trempe de la tête au pied. Bon, ça faisait du bien un peu de fraîcheur, d'autant plus que c'était pas la première fois que l'on faisait une bataille d'eau lors des fermetures, souvent, M. Pixis y participait.
Finissant par nous calmer, je me tins à une table, essayant de reprendre mon souffle, et je vis dans le fond de la salle, Pixis nous regarder en souriant, assit à la table 26, et parlant avec l'homme qui me fixait également. Est-ce que j'avais honte de me montrer ainsi devant un client ? Pas du tout, je m'en foutais royale.
Puis, allant dans les vestiaires, nous enlevâmes nos vêtements de travail trempés, pour nous changer. Prenant une serviette, je me séchais vite fais, avant d'enfiler mon pantalon, ainsi que mes chaussures, mais restant torse nu pour me sécher les cheveux. Une fois fait, j'enfilais mon haut, et peignais mes cheveux en arrière. Retournant ensuite en salle, je pris une poche pour mettre mes habits de travaille toujours mouillés dedans afin de ne pas mouiller mon sac, et mis la poches dedans. Le prenant, je refermais mon casier, et j'allais en salle. Je posais mon sac dans un coin, et partis nettoyer la salle avec Jean.
