Diclaimer : Vampire Knight restera toujours la propriété de son auteure, Matsuri Hino.
School Line
- Yori ? ... Et oh, Yori ? Me demanda Yuki en agitant la main devant mes yeux.
- Oui, tu disais ?
- Tu ne m'écoutais pas ? Souffla t-elle, l'air presque exaspérée.
- Désolé Yuki, je réfléchissais.
- En fixant le tableau ? Plutôt étrange.
Je rougis. Violemment même. Et elle l'avait remarqué.
- Yori, tu rougis.
- Je sais, finis-je par dire.
- Et tu pensais à quoi ?
Ça y'est, je crois que je vais m'évanouir tellement le sang venait de me monter à la tête. Je vais quand même pas lui dire ça, la honte !
- Rien d'important, lui soufflais-je discrètement.
Pas assez discrètement en tout cas puisque Yagari-sensei nous dévisageait.
- Mon cours ne vous intéresse pas Mademoiselle Wakaba ?
- Si, bien sûr sensei, lui répondis-je, le fard aux joues, que ma meilleure amie remarqua aussitôt.
Elle continua de me fixer tandis que je replongeais ma tête dans le livre d'éducation civique, tentant de déchiffrer l'organigramme sur la double page, comme me l'avez vivement conseillé Monsieur Yagari.
- Yori... tu rougissais en pensant à Yagari-sensei !
J'eus vite relevé la tête du livre en entendant sa phrase. Et je rougis de plus belle ! Pourquoi était-elle si perspicace ?
La sonnerie me délivra de ce futur interrogatoire qu'aller me faire subir Yuki et je sortais rapidement pour souffler. Elle me rattrapa et me regarda avec un petit sourire compatissant. Un de ses petits sourire qui veux dire "Je connais ton secret. Et tu vas en baver ma chère, crois-moi". Ce genre de sourire qui ne se voulait pas rassurant du tout.
- Cross-san, n'oublie pas que c'est le bal de Noël dans trois jours, siffla la voix enquiquinante du chef de classe dans notre dos.
Yuki souffla et paru se décomposer sur place. Vu sa tête, très comique devrais-je ajouter, j'eus du mal à me retenir de ne pas rire. Mais je ne le fis pas, Yuki avait complètement oublier le bal et je dois dire que cela ne m'avait plus traversé l'esprit depuis longtemps moi non plus. Elle m'agrippa le bras et me chuchota :
- Rapelle-moi d'aller gâcher sa soirée de bal.
- Je n'oublierais pas, lui dis-je en rigolant.
Yuki vouait une haine inconsidérable pour le chef de classe que cela devenait presque stupide, se lancer des pics à longueur de journée pour bousiller celle de l'autre, de vrais gamins ! Entre eux-deux, Zero et ses regards vides d'expression tous aussi glacials et les filles de la Day Class qui comptaient les jours avant le bal, je crois que ma tête va exploser. Et pour achever le tout, ces filles -toutes plus folles les unes des autres des garçons de la Night Class- se disputaient dans le couloir pour défendre leurs idoles, les élogeant grossièrement.
Je partis, exténuée de tout ce raffut qu'elles faisaient. En même temps, pour se faire entendre parmi elles, ils fallait hausser le ton.
Soir du bal, salle de réception
Je sortis prendre l'air sur le balcon, histoire de respirer un peu. -Pas que l'ambiance de la salle devenait lourde mais... bon elle l'était, et alors ? Je ne suis pas fan de ce genre de bal- Je posais les coudes sur le rebords de pierre et soupira. Mes pensées me jouaient des tours, me lançant diverses images de lui et moi toutes aussi bizarres et ambiguës les unes des autres.
Oui, toutes mes pensées étaient tournées vers Monsieur Toga Yagari, notre professeur d'éducation civique.
Et ne me demandais pas pourquoi mon cerveau agissait ainsi, je n'arriverais pas à vous répondre, prise d'une crise de rougeur aiguë. Je levais la tête vers les étoiles et me perdit dans mes pensées.
Au moins, ces filles là sont heureuses, elles peuvent toucher celui qu'elles aiment sans que cela paresse étrange. Moi si un jour ça arrivait, -mais bon, c'est beau de rêver- je passerai pour une idiote.
- Comment voulais-vous que je prenne confiance en moi ? Je suis tombée amoureuse d'un type qui fait deux fois mon âge et j'en ai peur. Je n'arriverais jamais à lui avouez mes sentiments parce que je suis trop timide et je ne serais jamais heureuse.
- Des problèmes de cœur Wakaba ?
Me retournant pour voir mon interlocuteur, je fus prise d'une quinte de rougeur extrême en voyant la personne s'avancer vers moi.
- Yagari-sensei... réussis-je à dire, tentant de lui dissimuler mes rougeurs.
- Toi non plus tu n'as pas l'air de t'amuser.
- Je ne suis pas comme ces filles toutes folles des garçons de la Night Class.
- Je l'avais remarqué, me dit-il avec un simple regard compréhensif. Tu sembles être dissipée depuis quelques jours, j'espère que ce n'est pas à cause de ce garçon.
Je l'entendis amorcer son briquet et allumer une cigarette. Cela rajoutait encore du charisme à son imposante stature et j'eus du mal à contrôler mes rougeurs instantanées. Ma robe volait au gré du vent, jouant avec les brises, comme une feuille morte dans un tempête.
Tiens! J'aimerais bien être une feuille morte là, maintenant, pour ne ps me ridiculiser devant Yagari-sensei.
- Je ne devrais pas l'aimer...
Il souffla la fumée de sa cigarette et se posa à ma droite, comme une habitude, alors que je perdais les pédales lentement.
- Et pourquoi cela ? Chaque personne à le droit d'être aimé, même le plus dangereux des criminels, même le plus monstrueux des monstres.
Je ne pus m'empêcher d'esquisser un sourire.
- Charmante métaphore sensei.
- C'est le seul adjectif qui m'est venu à l'esprit, souffla t-il avec un léger sourire qui manqua de me faire basculer par dessus la rambarde.
Il continua à fumer sa cigarette tranquillement, comme si je n'étais pas là et j'eus vraiment l'impression que je n'étais pas dans le décor. Je venais de replonger dans la solitude en quelques secondes et il ne s'en était pas rendu compte. Je n'avais même pas bougé, paralysée. J'avais le regard perdu dans les cheveux de mon sensei. Je vis une forme s'agiter devant mon visage sans y prêter attention. Elle réapparue une deuxième fois sans pour autant m'intéresser. J'étais totalement absorbée par son visage. Je sentis une main se poser sur mon épaule et je cligna des yeux, surprise de ce contact, croisant l'œil valide de Yagari qui semblait stupéfait.
- Tu m'as fait peur, j'ai cru que tu étais parti sur la Lune.
Je cru rêver l'espace d'un instant : Toga Yagari avait toujours sa main posé sur mon épaule droite.
- Tu devrais peut-être rentrer, tu n'as pas l'air d'aller bien, m'annonça t-il d'une voix qui se devait rassurante mais qui ne tolérerai aucun refus de ma part.
Je continuais de le fixer tandis qu'il cherchait du regard un chargé de discipline dans la foule. J'aurais aimé rester un peu plus longtemps auprès de lui mais il ne semblait point d'accord. Il s'inquiétait pour moi et cette idée même me fit sourire, comme une bêta.
J'entendis Toga-sensei grommeler puis plus rien. Je venais de m'écrouler, consciente de se qui se passait mais ne répondant plus de rien, seul mes yeux semblait encore vouloir fonctionner.
- Wakaba !
Je me sentis soulever par deux bras puissants, traverser l'assemblée d'élèves et professeurs, voyant leurs regards surpris se poser sur moi. Je croisa les yeux inquiets de Yuki puis je sombra dans le néant.
Je me réveilla dans une petite pièce aux murs blanc immaculé. Allongée sur un lit qui n'était pas le mien, je tenta de tourner la tête à droite mais rencontra le mur du regard. Tournant la tête de l'autre côté, je ne vis qu'une petite commode et une chaise où prônait une veste sur le dossier, sûrement rapidement jetée. Relevant la tête pour mieux voir l'environnement, je vis un paquet de cigarette dépasser d'une poche de la veste. Je tenta de me rappeler ce qui s'était passé, en vain.
- Que m'est-il arrivé ? Pourquoi je suis ici ?
La porte s'ouvrit à la volée et laissa passer un homme qui referma derrière lui. Croisant le seul œil qui je pu voir, je rougis intensément et détourna les yeux.
- Ah... tu es enfin réveillée.
- Yagari-sensei...
Je me redressa comme je pu et constata que j'avais encore la robe du bal.
Je porte encore la robe du bal ? Mais il fait jour.
- Il est 8 heures et quart, m'annonça t-il en regardant sa montre, répondant à ma question intérieure.
- Vous avez veillez sur moi toute la nuit ? Lui demandais-je d'une petite voix enrouée.
Il me regarda quelques instants puis me tendit le verre d'eau qu'il tenait dans la main. Je le pris timidement et en avala le contenu.
- Oui, tu as fait un malaise hier soir. Tu es tombée soudainement au sol, en état de lipothymie.
- De lypo-quoi ?
- Un perte de connaissance partielle dû à un surmenage cérébral et cardiaque, corrigea t-il à hauteur de ma compréhension.
Il prit au préalable une cigarette dans son paquet, s'avança vers la fenêtre, l'entrouvrit, et alluma sa cigarette alors que je le suivais du regard.
- On ne fume pas dans l'infirmerie.
Il esquissa un sourire que je ne pu décrire mais qui actionna tout de même le mécanisme de réaction de mon cerveau qui m'envoya des décharges dans les joues.
- Pourquoi t'es-tu écroulée hier soir Wakaba ?
- Je... je ne sais pas sensei.
- Je crois savoir moi, c'est à cause de ce garçon. Il te fait souffrir.
Je baissa la tête instinctivement pour cacher mes rougeurs, encore une fois. Dieu que ce n'est pas facile de croiser le regard de la personne qu'on aime quand elle ne le sait pas!
Oui, il me fait souffrir. À un point que vous ne pouvez pas imaginez Toga-sensei... il serre mon cœur dans son étau et me consume à petit feu.
J'osa un regard dans sa direction mais celui-ci ne fixait que le ciel. Je tenta de me lever mais fut prise d'un horrible mal de crâne, me clouant sur le matelas. Il daigna tourner la tête vers moi en entendant mon petit cri de douleur.
- Ça va mieux au moins, c'est le principal.
Je ne compris pas ce qui se passait à cet instant mais des larmes dévalaient mes joues en flots incessant. Je pleurais, sans aucune raison apparente. Enfin si. Une : la douleur d'un amour qui ne sera jamais réciproque.
- Dis-moi, ce garçon, il ne t'as jamais fait de mal ?
J'écarquillai les yeux. Pourquoi me poser ce genre de question maintenant ? J'étais encore plus perdue que je ne l'étais déjà. Mes larmes redoublaient de chute et je ne comprenais plus rien. Je le vis écraser son mégot pour le jeter et se tourner vers moi, affichant une mine étonnée en voyant mes larmes.
- Il t'a déjà touché ? Me demanda t-il, plus insistant, un regard presque effrayant emboîté au mien.
- Non, jamais.
Il fut surpris de ma réponse mais ne dit rien et s'installa sur la chaise à ma gauche. Je me sentais mal à l'aise. Sa présence me mettait mal à l'aise. Ses questions me mettaient mal à l'aise. La situation me mettait mal à l'aise. J'eus sûrement encore un moment d'absence puisque Toga-sensei agitait sa main devant mes yeux pour me faire réagir.
- Wakaba, si c'est à cause de lui que tu es dans cet état, montre lui que tu es forte.
- Vous ne comprenez pas, je ne peux pas l'aimer, me défendis-je.
- Pourquoi ? Il est marié et à des enfants ?
- Il est beaucoup trop vieux pour moi, finis-je par lâcher dans un souffle presque inaudible.
Je me rendais compte que je parlais de l'homme que j'aime à Toga Yagari, la personne en question.
Comment vais-je réussir à sortir indemne de cette situation ? Vais-je en sortir un jour ? Heureuse ?
Ce genre de questions irréalistes se bousculaient désormais dans ma tête telle des bulles de champagne dans leur bouteille.
- En quoi le fait qu'il soit plus vieux que toi rend t-il la chose impossible ? Qui est-il pour toi ?
C'était une question piège c'est ça ? Je ne peux pas répondre à ça !
C'est ce genre de question que je déteste le plus, celles qui vous mettent dans l'embarras total et qui vous oblige à vous dévoiler.
- Oi Wakaba ?
- mon professeur...
- Quoi ?
- C'est un de mes professeurs.
Yagari-sensei me dévisagea silencieusement et commença à réfléchir intérieurement. Il savait que je n'avais que deux professeurs masculins, lui et Kitetsu-sensei, professeur d'EPS.
Et Kitetsu est tellement vieux qu'il n'arrive même pas à rester éveillé toute l'heure de cours.
- Wakaba... souffla t-il alors que sa main se posa sur mon épaule. Vous êtes vraiment une jeune fille pleine de surprises.
Relevant la tête pour croiser son regard, je vis qu'il souriait et son seul œil montrait une expression intrigante. Je ne retenu pas mon sourire, il savait la nature de mes sentiments à son encontre.
- Tomber amoureuse de Kitetsu me surprend beaucoup venant de toi.
Je faillis m'étouffer avec ma propre salive, toussant bruyamment pour pouvoir respirer.
Qu'est-ce qu'il venait de dire ? Il se fiche de moi, c'est pas possible. J'y crois pas, je vais mourir.
Me levant d'un geste furibond, je me dirigea vers la porte. À quoi bon rester dans la même pièce que la personne que qu'on aime si celle-ci croit que tu en aimes un autre ? La main tendue vers la poignée, je m'apprêtais à ouvrir la porte et à sortir.
- Wakaba...
Ce souffle caressa mon oreille et je baissa la main. Je sentis un corps me tomber dessus puis passer ses bras autour de ma taille.
- Idiote et naïve, me chuchota Yagari en me serrant plus fort, me comprimant contre son torse.
Je n'osai même plus le regardait, il me serrai dans ses bras alors que c'est que je rêvais depuis si longtemps et je ne pouvais pas faire un mouvement. Puis il se mit à reculer, me tirant avec lui par la même occasion et il s'assit sur le lit, m'asseyant de force sur ses genoux. Il m'enserrait toujours d'une poigne quasi possessive.
- Sensei...
- Alors c'est donc de moi que tu es amoureuse ! Appuya t-il avec une voix suave alors que je cachais mes joues rouges derrière mes mains.
Il les attrapa et les baissa lentement.
- Une femme est plus belle quand elle rougit.
Ce fut la goutte de trop dans mon vase.
Je ne peux pas rester indifférente à ces appels. Je ne pouvais pas rester à rien faire.
Je me sens lentement sombrer dans la folie, décuplant mon amour envers lui, comme lorsqu'un vampire goûte au sang humain. Rien ni personne ne peut l'arrêter. Je ne réagissais pas, continuant à tenir se regard fascinant.
Soudain, je sentis quelque chose de chaud se poser sur ma bouche et sursauta. C'était des lèvres. Ses lèvres. Il passa sa main derrière ma nuque et m'embrassa doucement. Je répondis volontiers à ce baiser tant attendu. Sa langue joua de mes lèvres, quémandant l'accès que ne pu lui refuser, l'esprit complètement embrumé. Après quelques minutes d'échange, il s'écarta et posa sa tête sur mon épaule.
- Je... vous...
Je tremblait de joie mais je n'arrivais plus à parler.
- Wakaba... me souffla t-il simplement à l'oreille. Je t'aime...
Je tourna la tête vers lui à l'entente de ses derniers mots. J'étais entièrement en transe dans ses bras.
Il les avaient dit, je ne rêvais pas. Il m'avait bien dit "je t'aime" ?
- Oui, je t'ai dit que je t'aimais, répéta t-il à mon oreille d'une voix si sexy, répondant seulement à ma question intérieure. Sayori.
Je partis en arrière en emmena avec moi le corps de Yagari-sensei qui s'écrasa sur le lit, à moitié sur lui, alors qu'il souriait simplement.
- Moi aussi...
Je posa mes lèvres sur sa joue, totalement heureuse de la situation, puis attrapa le bras de Toga et regarda sa montre.
- 10h23 !? C'est pas possible, je vais me faire tuer ! Le chef de classe va me tuer ! Yuki va me tuer ! M'écriais-je en me redressant vivement alors que mon sensei avait encore la main au creux de mes reins.
- Calme-toi, on est samedi.
Je souffla en me laissant retomber sur le matelas, enfin plus sur le torse de Yagari-sensei que le matelas. Il passa ses lèvres dans mon cou qu'il embrassa ardemment tandis que j'imaginais déjà des choses toutes plus osées les unes que les autres. Et je compris bien vite que c'était ce qu'il avait en tête.
J'étais lové contre son corps nu et brûlant à savourer chaque instant en sa présence. Je regardais son visage d'ange et remarqua qu'il dormait.
Monsieur a beau être un homme, rester éveillé toute la nuit n'est pas sans conséquence.
Je bailla bruyamment malgré moi.
Et moi, je devais aller voir Yuki.
Je m'extirpa avec tristesse de son étau protecteur, récupéra mes affaires qui avaient volé un peu partout dans la pièce et m'habilla avant de sortir.
12h, chambre des filles
J'entrais discrètement pour ne pas réveiller ma petite Yuki qui dormait encore -et oui, elle travaille la nuit elle!- et m'assit sur mon lit.
- Tu es rentrée Yori.
- Oui, désolé de t'avoir réveillé.
- Ce n'est pas grave. Ce qui importe c'est que tu ailles mieux.
Arrête de me regarder avec ces yeux attendris, je vais bien. J'ai bien dormi.
- Yagari-sensei a veillé sur moi toute la nuit.
- Je veillais sur toi pendant qu'il dormait et... Tu es vraiment in love sur lui ma parole ! Tu n'as pas arrêter de prononcer son nom dans ton sommeil, je ne comptais même plus à la fin.
Évidemment, je me mis à rougir et à détourner la tête de son regard brillant qui parcourait ma peau.
- Tu... as un suçon.
Plus rouge que moi tu meurs. Je m'étais jetée sur le miroir pour y voir effectivement une belle trace rouge dans le cou.
Oh mon Dieu, il a marqué ma peau ! Faut que je trouve une excuse, vite !
- Qui ?
Trop tard... Yuki tu es vraiment trop perspicace, il faut que je m'en méfie. Conscience, rappelle moi de ne pas m'approcher trop près de Yuki, on sait jamais.
- Yagari-sensei...
Son visage prit un trait difforme et je vis une sorte de sourire bizarre apparaître.
- Tu as couché avec Yagari-sensei !
Comment achever une personne en un coup. J'ai honte de moi maintenant, qu'est-ce qu'elle va penser de moi ?
- Yuki, tu devineras ce que je viens de... voir, finit une voix en entrant dans la pièce.
Moi qui venais de me jeter dans les bras de ma meilleure amie, je passais encore plus pour un idiote devant Zero.
- Ça va Yori ?
- Oui, merci de t'inquiéter Zero.
Je ne savais pas comment réagir. Je venais de faire quelque chose que je n'aurais jamais imaginé faire avec mon professeur. Je sentais le regard de Zero me brûler le dos comme s'il voyait un extraterrestre.
Il s'excusa et sortit.
- C'est pas grave Yori, me rassura t-elle, sans résultat.
- Mais tu te rends compte de ce que j'ai fais ?
- Tu n'as fait que coucher avec Yagari-sensei, ce n'est pas un drame.
Je venais de m'écrouler, rouge de honte. Avec une discrétion digne d'un buffle, tout le monde était déjà au courant et j'allais être la risée de l'Académie. Un bruit étrange dans le couloir nous parvint aux oreilles. Nous nous regardâmes un instants puis sortîmes précipitamment. Devant nous, Zero, une main sur le mur et l'autre soutenant ses côtes, riait tel un psychopathe.
- Tu as vraiment..? ... Je n'aurais jamais cru qu'il en était encore capable !
J'étais définitivement morte. Que Yuki soit au courant passe, mais Zero! Il ne va arrêter de m'harceler avec ça. Après ça, si j'arrive encore à croiser son regard, c'est que je suis possédée.
Nous marchions dans les jardins, Yuki pour faire sa ronde, toujours suivit de son fidèle collègue, et moi pour me remettre les idées en place. Je m'assit sur un banc tandis que les deux autres continuaient leur petite surveillance. Je croisa deux élèves de la Night Class -Aido et Kain- qui me demandèrent comment cela allait avant de repartir et je vis revenir les deux chargés de discipline, traînant des pieds. Yuki s'assit à côté de moi, posant sa tête sur mon épaule, exténué. Zero se posa contre un arbre plus loin.
Des bruits de pas vinrent vers nous et je tourna la tête dans la direction de ce son. Je rougis instantanément tandis que Yuki se penchait pour regarder à son tour la personne qui s'approchait. Il était là.
- Je peux te parler Wakaba ?
Mes rougeurs prirent de l'ampleur alors que Yuki se levait pour s'éloigner.
Ne me laisse pas, s'il te plaît, m'écriais-je intérieurement.
- Il va sûrement te prendre contre un ar... me lança Zero avec un sourire.
Je lui répondis par une balayette, le faisant s'étaler de tout son long sur le terrain poussiéreux. Il me jeta un regard noir en s'époussetant puis s'éloigna.
Yagari-sensei s'assit à côté de moi et je sentis ma température corporelle augmenter considérablement. Il ne me regarda pas, écrasant son mégot dans le cendrier à sa gauche. Je n'avais même pas remarqué qu'il y avait un cendrier dans le parc. Puis il se tourna vers moi avec un regard empli de douceur que je ne lui connaissais pas. Il enjamba le banc et me fixa de son œil brun. Le rythme de mon cœur ne cessait de croître.
- Yagari-sensei, que voulez-vous ?
- Tutoie-moi Sayori.
- Je...
- Je voulais te voir.
Mon cœur fit un bond dans ma poitrine. Heureusement, il n'était pas sorti.
J'attendis qu'il daigne dire un mot mais il ne fit rien. Il posa simplement sa tête sur mon épaule en passant ses bras autour de ma taille dans une étreinte apaisante.
Je ne bougeais pas, passant simplement les bras dans son dos, le laissant ainsi faire ce qu'il désirait. Je ne me suis jamais sentis aussi bien dans les bras de quelqu'un. Dans ses bras. Je respirais son parfum musqué et cette odeur de cigarette qui ne m'était pas agressive. J'étais bien, là, malgré la situation ambiguë qui me mettait mal à l'aise. Si quelqu'un avait décidé de se balader dans les jardins de l'Académie à cette heure, nous trouver ainsi enlacés éveillerait les soupçons.
- Toga... je... on pourrait nous voir...
Il releva la tête lentement et plongea son regard dans le mien. Passant sa main derrière ma nuque, il m'attira à lui et m'embrassa tendrement. Je rougis de plus belle mais répondis à son baiser passionné.
- M'en fou, grogna t-il contre mes lèvres.
J'esquissai un léger sourire contre les siennes et il approfondit notre baiser langoureux. Il se recula de quelques millimètres et posa ses mains sur mes joues, m'obligeant à soutenir son regard.
- Je t'aime, le reste je m'en fou.
Je franchit l'espace qui nous séparait et posa mes lèvres sur les siennes, l'embrassant à mon tour lui rendant son amour.
On dit que les gestes ont plus d'effets que les mots, en voici la preuve. Et puis je n'ai jamais été douée de parole avec les garçons. Enfin, il fallait quand même que je lui dise.
- Moi aussi je t'aime.
Dieu qu'il embrasse bien le bougre! Il a beau avoir le double de mon âge, il fait plutôt jeune dans ses gestes et ses actes, même lorsqu'on faisait l'amour. Bah oui, je vais pas dire qu'il n'était pas performant, c'est pas sympa! En plus, c'est tout le contraire!
- J'ai mal à la tête, peux-tu m'accompagner à l'infirmerie ? Lui demandais-je, un sourire incrusté de sous-entendus accroché aux lèvres.
- Bien sûr, me répondit-il avec le même sourire, beaucoup plus explicite.
Je ne savais pas pourquoi j'étais ainsi mais je me rappelle bien en avoir voulu envie. Je me rappelais ce qu'il avait dit en passant devant l'infirmerie sans s'arrêter : "L'infirmerie est occupée, on va aller dans ma chambre, on sera plus tranquille" avait-il ajouté avec un regard plein de malices.
Je me réveilla encore une fois à ses côtés, encore une fois nue mais je m'en fichais. J'étais heureuse dans les bras de l'homme que j'aimais et cela me suffisait.
FIN
Et voilà, un petit Sayori x Toga parfait. C'est bon pour le moral. Petite review ?
MariieFBLM
