Bonjour tout le monde !
Voici la suite tant attendue (par 3 personnes... oui, il n'y a pas de petite victoire ^^)
C'est un chapitre que j'aime bien et que j'ai pris plaisir à écrire, il y a pas mal d'humour et ils sont très impertinents l'un envers l'autre :p
Mais, les jours tranquilles ne peuvent pas durer indéfiniment (on s'ennuierait vite) et les embrouilles se profilent à l'horizon...
Bonne lecture !
Le lendemain, Flora se réveilla en pleine forme. Elle put constater par la fenêtre qu'il faisait un temps magnifique, ce qui la mit de bonne humeur. Elle sortit de sa chambre d'un pas vif et partit prendre sa douche.
Elle ressortit de la salle de bain une vingtaine de minutes plus tard, les cheveux encore humides et une simple serviette nouée autour de la taille. Elle traversa le salon en chantonnant et se dirigea vers la cuisine quand des raclements de gorge se firent entendre depuis le canapé.
Elle s'arrêta net et tourna lentement la tête en direction de la provenance du bruit.
– J'avais oublié que tu étais là, lâcha-t-elle avec un sourire crispé par la gêne.
– Ça ne me dérange pas le moins du monde d'être réveillé par une vision pareille, répondit-il, un sourire carnassier sur les lèvres alors qu'il profitait de la vue.
– Je vais m'habiller, balbutia-t-elle, rouge de honte.
– Ne t'y sens pas obligée, tu es chez toi après tout ! rétorqua-t-il perfidement alors qu'elle se précipitait dans sa chambre.
Elle ressortit de la chambre quelques minutes après, vêtue d'un débardeur et d'un pantacourt.
– Tu peux utiliser la salle de bain si tu veux, je t'ai sorti une serviette, lui dit-elle en revenant dans le salon, osant à peine de regarder dans les yeux.
– Je suis blessé, j'aurais peut-être besoin d'aide pour me laver, déclara-t-il, les yeux brillants de malice, en commençant à déboutonner son gilet.
– Va-t-en ! lui ordonna-t-elle en filant vers la cuisine, suivi par le rire du pirate.
Elle profita du fait qu'il soit dans la salle de bain pour reprendre son calme et son sérieux tout en préparant le petit déjeuner.
Quand il en sortit, elle finissait de mettre la table. Alors qu'elle s'obstinait à garder la tête baissée, il se posta devant elle.
– Tu boudes ? lui demanda-t-elle en essayant de capter son attention.
– Je suis surtout en train de me demander si tu es habillé ou non, marmonna-t-elle avec réticence.
– Ne crains rien alors, je ne suis pas un exhibitionniste comme certain, rétorqua-t-il en riant.
– Eh ! Je ne suis pas une exhibitionniste ! s'exclama-t-elle en redressant précipitamment la tête. Je n'ai juste pas l'habitude...
– D'avoir quelqu'un chez toi, j'avais compris. Mais continue à te croire seule, cela me va très bien, dit-il avec un sourire vicieux et en haussant un sourcil.
– Pouvons-nous oublier ce qu'il s'est passé ce matin ? le pria-t-elle en prenant place à table.
– Compte sur moi pour te le rappeler tous les jours, répliqua-t-il d'un ton fort peu coopératif.
– Moque-toi autant que tu veux, mais tu sembles oublié quelque chose. Tu es blessé et tu es chez moi. Ce qui veut dire que c'est moi qui te soigne, moi qui est la main mise sur les anti-douleur et moi qui prépare les repas. Tu ne tiens pas à ce que je transforme ta vie en enfer, lui déclara-t-elle avec le plus grand sérieux, démenti par la lueur impertinente qui brillait dans ses yeux.
Hook la regarda dans les yeux, le front plissé par l'inquiétude. Il n'était pas sûr de savoir si elle plaisantait ou non.
– Très bien, je n'en parlerais plus, lui concéda-t-il, préférant assuré ses arrières.
Elle le remercia avec un sourire satisfait. Ils purent commencer à manger tranquillement.
– Tu aurais vraiment transformé ma vie en enfer ? demanda-t-il, curieux malgré lui, quelques minutes après le début du repas.
– Ne me tentes pas, lui déconseilla-t-elle avec un grand sourire vicieux. Surtout que je dois encore refaire tes bandages.
Il renifla avec dédain mais n'ajouta rien.
Quand ils eurent terminé de manger, Flora débarrassa rapidement puis partit vers la salle de bain pendant que Hook se réinstallait sur le canapé.
Elle revint avec sa trousse de soin alors qu'il retirait sa chemise.
– Tout à l'heure, tu es partie en courant alors que je déboutonnais mon gilet et là, cela ne te fait rien ? s'étonna-t-il en posant sa chemise à côté de lui.
– C'est dans un intérêt purement médical, lui répondit-elle sérieusement en sortant des bandages de sa trousse de soin.
Peu convaincu par sa réponse, il la laissa néanmoins l'examiner.
– Tu vas être marqué pendant encore un moment je pense, constata-t-elle en examinant son torse constellé de bleus. Cela te fait encore mal ?
– Un mal de chien à chaque fois que je respire mais je survivrais.
Elle acquiesça distraitement et étala de nouveau de la pommade antalgique sur ses côtes.
Il grogna de douleurs à plusieurs reprises.
– Chut, souffre en silence, j'ai presque terminé.
Elle entreprit ensuite de refaire son bandage. Puis elle examina sa plaie à la tête.
– Elle a meilleur aspect qu'hier. D'ici demain, je pense que tu pourras la laisser à l'air libre.
Elle la nettoya et la pansa rapidement avec de lui tendre un verre.
– Encore ? se plaignit-il en prenant le verre.
– C'est toi qui a dit que tu avais encore mal. Et c'est ce que j'ai de plus efficace.
– J'ai constamment l'impression de boire la tasse. Et pour un pirate, c'est pas la meilleure des choses.
– Encore deux ou trois jours et tu pourras t'en passer, le rassura-t-elle avec compassion. Et avant que tu ne poses la question, non, je ne te laisserais pas sortir pour aller voir ton bateau. Pas avant que tu n'ailles mieux.
– J'avais compris que tu me gardais prisonnier ici, rétorqua-t-il avec un flegme qui la fit sourire.
Ils restèrent ensuite silencieux pendant que Flora rangeait son nécessaire de soin et que Hook se rhabillait.
– Tu vis vraiment toute seule sur cette île ? Personne ne vient jamais ? demanda-t-il en brisant le silence.
– Oui, je suis toute seule. Et la seule personne que je vois de temps en temps, c'est Jack, le pilote d'hélicoptère qui vient une fois par mois me ravitailler.
– Depuis combien de temps es-tu ici ?
– Ça doit faire quatre ou cinq mois maintenant, j'ai un peu perdu le compte, lui expliqua-t-elle en haussant les épaules.
– Déjà cinq mois ! Et tu ne trouves pas le temps long ? Comment t'occupes-tu ?
– Je lis. Beaucoup. Vraiment beaucoup ! Tu as vu la taille de ma bibliothèque. Et Jack m'en ramène à chaque fois qu'il vient.
– Qu'est-ce que tu lis comme type de livre ?
– Tu en poses des questions, j'ai l'impression de passer un interrogatoire ! lui fit-elle remarquer en plaisantant.
– Je suis curieux, c'est tout ! Quitte à être enfermé ici, autant savoir comment je peux m'occuper, argumenta-t-il.
Elle reposa sa trousse de soin et l'invita à la suivre.
Elle le mena jusqu'à la bibliothèque. Il n'avait fait que l'entrapercevoir la veille sans vraiment y prêter attention. Cette fois-ci, il se rendit vraiment compte de l'ampleur de la pièce. Elle était immense, tous les murs recouverts d'étagères montant jusqu'au plafond. Et il y avait des livres partout : sur les étagères bien sûr, mais aussi sur la table centrale, sur le fauteuil d'angle et même par terre.
Il pencha la tête pour lire quelques titres : Histoire de la magie à travers les âges, Traité de Magicologie, Traité de Faerie, Encyclopédie du Merveilleux, Bestaire fabuleux...
– Le fantastique et la magie, c'est cela ton truc ? devina-t-il sans peine.
– Oui, mais pas que, affirma-t-elle avec un grand sourire rempli de fierté. La fantasy sous toutes ses formes. J'ai débuté par les histoires classiques que tout le monde connaît, dans le domaine de la mythologie et des contes également. Puis j'ai commencé à vouloir en apprendre plus sur l'origine de toutes ses histoires, les différences qu'il pouvait y avoir également : selon les époques ou les pays. J'en suis venue à mener de véritables recherches sur ces récits fantastiques, et plus j'en apprends, plus j'ai envie d'en savoir plus.
– Je suis tombé sur une véritable experte en conte et en magie apparemment, en conclut-il, se moquant gentiment.
– Je ne me vois pas comme une experte, répondit-elle avec modestie. Mais plutôt comme quelqu'un de passionné qui a beaucoup de temps à perdre. J'ai même une section sur la piraterie si cela t'intéresse, Captain Hook, lui rétorqua-t-elle avec ironie en se dirigeant vers le fond de la salle.
Ils passèrent le reste de la journée à lire et à discuter. Flora était une véritable mine d'or concernant l'origine de certains mythes et légendes. Hook s'amusa beaucoup à l'interroger sur les différents personnages de conte de fée dont il connaissait l'existence.
oOo
Les deux jours suivants, alors que Flora interdisait toujours à Hook de sortir, s'écoulèrent paisiblement. Hook passa une grande partie de son temps à explorer les rayonnages de la bibliothèque, impressionné par l'immense collection de la jeune femme.
Lui qui avait peu l'occasion de se poser appréciait cette parenthèse de tranquillité à ses côtés. Mais la taquiner restait son occupation favorite. Flora ayant une répartie à toute épreuve, il prenait grand plaisir à leurs joutes verbales.
Quand les deux jours annoncés furent passés, il n'y tint plus : il lui demanda une nouvelle fois de l'emmener voir son navire. La voyant hésiter, il précisa qu'il irait de toute façon, avec ou sans son aide, il trouverait son bateau, quitte à fouiller toute l'île. A court d'argument, et constatant qu'il allait réellement mieux, Flora accepta de le conduire sur la plage où il s'était échoué.
Une vingtaine de minutes plus tard, ils arrivèrent enfin aux abord de la plage. Les côtes de Hook le faisaient souffrir de cette marche forcée mais il oublia toute douleur quand il vit son pauvre navire échoué hors de l'eau.
Il s'approcha rapidement et pu constater l'ampleur des dégâts : reposant à moitié sur le flanc, le bateau en lui-même n'avait subi aucune avarie – à peine quelques éraflures sur la coque – mais il était surtout presque entièrement sortie de l'eau.
– Je ne pourrais jamais le remettre à flot, désespéra-t-il en contemplant son navire.
– Pourquoi cela ?
– Il s'est enfoncé trop loin sur la plage. Impossible de le tracter juste à deux, il faudrait au moins une vingtaine de personnes pour cela, lui expliqua-t-il avec résignation.
– Jack est censé venir demain, je pourrais lui demander s'il peut nous aider avec son hélico, proposa Flora.
Hook acquiesça en se rappelant qu'un "hélico" était un gros engin volant. Un peu ragaillardi par cette idée, il s'apprêta à monter à bord.
– Je te fais visiter ? suggéra-t-il à Flora en se tournant vers elle.
La jeune femme accepta et le suivit à bord. Malgré l'échouement mouvementé du bateau, la plupart des affaires et objets à bord étaient restés à leur place. Cela s'expliquait par le fait que tout ou presque était attaché au plancher.
– Je pensais que ce bateau te servait seulement à compléter ton accoutrement de pirate, mais il est réellement fonctionnel, dit-elle, très impressionnée.
– Tu en doutais encore ? Je suis vraiment marin, je te signale ! Je sais piloter ce navire. J'y ai passé énormément de temps, il est ce qui s'apparente le plus à une maison pour moi, répondit-il avec nostalgie.
Il lui fit faire le tour du navire et termina par sa cabine.
Hook se dirigea vers l'armoire et le coffre pour récupérer quelques affaires pendant que Flora observait la pièce.
Elle comportait une table centrale sur lequel reposait quelques verres et bouteilles renversés, un bureau disparaissant sous un monceau de cartes, une énorme armoire et un coffre mais surtout un immense lit qui occupait une grande partie de la pièce.
– Avec ta gueule d'ange et tes airs de pirate, je n'ose même pas imaginé combien de filles sont déjà passées dans ce lit, commenta-t-elle avec ironie.
– Si tu savais, lui confirma-t-il avec un sourire carnassier.
– Justement, je ne veux pas savoir !
– Jalouse ? lui souffla-t-il en la bloquant contre le mur avant qu'elle n'ait eu le temps de sortir de la pièce.
– Pas le moins du monde, je préfère les princes charmants aux pirates. Et tu risques de te faire mal à me chercher ainsi, rajouta-t-elle en lui tâtant les côtes avec perfidie, le faisant grimacer.
– C'est très surfait un prince charmant, et c'est d'un ennui mortel, crois-moi. De plus, avec un humour décapant comme le tien, il ne tiendrait pas cinq minutes, lui assura-t-il en s'écartant d'elle.
– Mmh, tu as peut-être raison. De tout façon, la question ne se pose pas, je suis mieux toute seule, répondit-elle avant de quitter la cabine.
– Pour le moment, murmura-t-il pour lui-même en la suivant sur le pont. Il en profita également pour récupérer quelques bouteilles de rhum.
– Tu perds pas le nord à ce que je vois, répliqua Flora en le voyant faire.
– Quoi ? Je souffres depuis quatre jours, j'ai besoin d'un remontant ! plaida-t-il en s'asseyant sur une caisse.
Il retira le bouchon avec ses dents et le lança au loin, déclenchant ainsi l'hilarité de la jeune femme.
– Et tu vas faire comment pour la reboucher maintenant ? se moqua-t-elle en riant.
– Pas besoin de la reboucher si je la finis, répondit-il avec sérieux. Surtout si tu m'aides.
Avec un soupir de résignation, elle s'assit à côté de lui et prit quelques gorgées de rhum.
– Tu vas retourner vivre sur ton bateau ? lui demanda-t-elle après quelques minutes.
– C'est ce que tu voudrais ?
– Je n'ai pas dit cela, démentit-elle. Mais comme tu vas mieux et que tu as dit considérer ce bateau comme ta maison, je me disais que tu préférerais peut-être rester à son bord.
– Et rater ta sortie de douche en petite tenue, sûrement pas ! s'exclama-t-il avec un grand sourire.
– Ce n'est arrivé qu'une fois ! s'insurgea-t-elle.
– Et je ne désespère pas que tu recommences un jour, ajouta-t-il avec un sourire gourmand.
Flora préféra prendre une nouvelle gorgée plutôt que de répliquer.
En début de soirée, après avoir fini la bouteille et beaucoup discuté, ils se décidèrent à rentrer.
Avant de suivre le pirate sur le chemin, Flora se retourna une dernière fois pour contempler le bateau échoué. Son bras se mit alors à trembler de manière incontrôlé. Elle le serra précipitamment contre elle et jeta un coup d'œil en direction de Hook. Elle soupira de soulagement quand elle constata qu'il avait déjà commencé à avancer sur le chemin et n'avait donc rien vu.
Elle attendit que la crise passe. Cela faisait plusieurs jours que ce n'était pas arrivé, mais elle en avait l'habitude. Ces crises ne duraient jamais plus de quelques secondes, pour le moment en tout cas. Mais elle avait encore le temps, elle ne devait pas s'inquiéter.
– Tu viens ? l'appela Hook quand il constata qu'elle était restée plusieurs mètres en arrière.
– J'arrive, lui répondit-elle alors que les tremblements se calmaient.
Elle fit volte-face et le rejoignit.
