QUAND LA MESURE EST COMBLE

Cela avait commencé bêtement, comme toujours. Fili avait demandé la permission d'accompagner l'un de ses amis à la chasse. Oh, ils n'iraient pas seuls, naturellement : le père de son ami et quelques adultes les accompagneraient.

Dis, aussitôt, avait protesté : après ce qui était arrivé deux mois plus tôt, lorsque Fili avait accompagné Thorin et quelques-uns de ses compagnons et que son imprudence avait failli lui valoir d'être éventré par un sanglier, évidemment elle n'était pas chaude !

L'adolescent, qui se doutait bien que cette histoire allait revenir sur le tapis et qui s'était préparé à argumenter, jura que cette fois il serait prudent et qu'il obéirait sans discuter à Gomrund, le père de son ami Furgil.

La princesse hésitait. Elle savait bien que Fili arrivait à un âge où un garçon a besoin de s'affirmer mais d'un autre côté…. Partagée, elle se tourna vers son frère, qui n'avait pas encore prononcé un mot. Ce que voyant, Fili lui aussi se tourna, plein d'espoir, vers son oncle. Celui-ci prit le temps de vider son verre et de s'essuyer la bouche avant de fixer son regard sur l'adolescent :

- Si tu promets cette fois d'être prudent et de respecter les consignes... commença-t-il.

Le coeur de Fili battit plus fort, un afflux de sang colora ses joues.

- Je te le jure, mon oncle ! répondit-il. Je ne ferai pas un seul pas sans qu'on m'y ait autorisé !

- Dans ce cas... tu peux y aller.

Dans son coin, Kili se renfrogna. Et voilà ! Fili avait encore une fois l'autorisation de sortir et de s'amuser, et lui... oh, lui on l'avait oublié ! Il ne demanda rien, il savait ce qu'on lui aurait répondu : "Tu n'as que neuf ans, tu es trop jeune, tu ne peux pas te comparer à Fili".

Ben voyons !

Fili, qui se doutait de son dépit, fit de son mieux pour ne pas faire étalage de la joie qu'il éprouvait, mais le benjamin n'était pas dupe ! Il bouda jusqu'au jour prévu pour la fameuse chasse et, une fois que Fili fut vraiment parti, qu'il l'eut vraiment abandonné, sans se soucier de lui un seul instant, sa mauvaise humeur enfla à tel point qu'il lui devint impossible de ne pas l'exprimer copieusement. Après avoir boudé toute la matinée, il refusa de manger à midi, repoussant son assiette avec mauvaise humeur.

- Tu es encore en train de ronchonner à cause de Fili ? demanda Dis.

Kili ne répondit pas mais sa mine boudeuse s'accentua.

La princesse secoua la tête :

- Ne fais pas le bébé, Kili.

De plus en plus fâché, le gamin se croisa les bras sur la poitrine et sa lippe s'allongea.

- Ton frère a le droit d'avoir des amis de son âge et de partager leurs activités, reprit Dis avec gentillesse. Tu dois bien admettre qu'à quatorze ans, il ne peut plus passer tout son temps à jouer avec toi. Vous vous retrouverez plus tard, quand tu auras grandi. Tu verras.

- Ses amis, d'abord, ils sont bêtes comme leurs pieds et moches comme des poux ! ragea le petit. Et puis c'est que des vantards ! Ils arrêtent pas de parler de ce qu'ils font sur le terrain d'entraînement, pfff ! Comme s'ils étaient les meilleurs guerriers de notre clan !

- C'est de leur âge. Et ce n'est pas bien, Kili, de te montrer aussi jaloux.

- Je suis pas jaloux ! J'm'en fiche, d'abord !

- Vraiment ? C'est bien imité, dans ce cas ! fit la naine, amusée. Allons, cesse de te conduire comme un sot. Si tu veux être autorisé un jour à aller chasser, toi aussi, tâche de montrer que tu n'es plus un bébé. Et mange quelque chose.

- J'ai pas faim !

Dis haussa les épaules.

- Tant pis pour toi, Kili. Si tu ne manges pas à table, tu n'auras rien d'ici ce soir, je te préviens.

- Je m'en fiche !

La princesse fronça les sourcils :

- Ne commence pas à être effronté ou je vais me fâcher aussi. Ton oncle sera là bientôt, tu ferais bien de cesser tes caprices, ou tu sais très bien comment ça va finir !

- Je m'en fiche !

- Répète ça encore une fois, prévint Dis, et je t'envoie dans ta chambre !

- Ca m'est égal !

- Qu'est-ce qui t'est égal, Kili ? demanda une voix grave.

Thorin faisait son entrée, saluant sa sœur et son neveu d'un sourire.

Le gamin ne répondit pas et Dis soupira : elle connaissait l'entêtement de Kili et savait que les choses n'allaient sans doute pas tarder à se gâter.

Thorin retira son manteau et se lava les mains, avant de passer à table à son tour.

- Tu ne manges pas ? observa-t-il en regardant alternativement l'enfant qui se tenait toujours bras croisés et l'assiette qu'il avait écartée.

- Non.

- Qu'est-ce qui t'arrive ?

- Rien !

- Kili est contrarié, intervint Dis, espérant temporiser.

- Ah ! A cause de Fili, je suppose ?

Thorin tendit le bras et ébouriffa les cheveux de l'enfant :

- Ne fais pas cette tête, petit. Un jour prochain tu pourras aller chasser, toi aussi. Il te faut juste un peu de patience. Si j'ai un peu de temps d'ici l'été…

Kili repoussa la main de son oncle avec humeur :

- Arrête de faire ça, je suis pas un petit chien ! Et puis je m'en f… je… ça m'est égal, ce que fait Fili, et j'ai pas envie d'aller chasser, d'abord !

Il s'était levé d'un bond, rouge de colère. Thorin fronça les sourcils :

- Pas ce ton avec moi, Kili !

Mais le gamin était lancé, plus rien ne pouvait l'arrêter :

- Et puis d'abord, cria-t-il, furieux, Fili, il fait toujours tout ce qu'il veut ! C'est pas juste ! Moi, on me laisse jamais rien faire !

- Commence par changer d'attitude, gronda Thorin, et nous en reparlerons.

Kili aurait dû se méfier. Thorin n'était pas un modèle de patience et lorsqu'il commençait à froncer les sourcils de cette manière, c'était que le temps était à l'orage et qu'il valait mieux éviter d'en rajouter. Dis tenta d'intervenir :

- Cette discussion est absurde, dit-elle. Si tu ne veux pas manger, Kili, tu peux aller jouer, mais rappelle-toi ce que je t'ai dit. Thorin, tu veux encore une assiette de soupe ?

Mais Thorin regardait toujours Kili, d'un air qui aurait du lui donner à réfléchir s'il ne s'était pas senti trop frustré pour faire preuve de prudence ou pour renoncer à chercher querelle à tout le monde.

- Je veux pas aller jouer ! cria-t-il. Et d'abord, ta soupe elle est pas bonne !

- Maintenant ça va bien ! fit Dis d'un ton sec. Je t'avais prévenu. Va dans ta chambre et restes-y !

- Non, j'irai pas ! J'en ai rien à faire ! Moi aussi je veux faire ce que je veux ! Y'a pas de raison !

Au comble de l'exaspération et du ressentiment, Kili, d'un revers de main, envoya valser au loin l'assiette qu'il avait dédaignée. La soupe épaisse éclaboussa généreusement la table et les alentours, l'assiette alla se fracasser à grand bruit sur le sol.

- Maintenant ça suffit, Kili ! tonna Thorin… en se levant.

Il rejoignit l'enfant en deux enjambées, l'empoigna par le bras et l'entraîna à grands pas. Le garçon se débattit, essayant d'échapper à la poigne de son oncle.

- Lâche-moi ! trépigna-t-il en essayant de se dégager. Laisse-moi tranquille !

Peine perdue. Le prince gagna la chambre des garçons et s'assit sur le bord d'un lit, le premier, remorquant toujours un Kili d'autant plus récalcitrant qu'il se doutait de ce qui allait advenir à présent.

- Laisse-moi ! chuinta encore le jeune garçon, dont le cœur amorçait un galop, en essayant une dernière fois de se dégager.

Autant essayer d'arrêter la course du soleil ! Le prince nain ne tint aucun compte des protestations véhémentes de son neveu qui, en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, se retrouva à plat ventre sur ses genoux et sentit tout aussitôt une main vigoureuse s'abattre sur ses fesses.

Il cria, non de douleur mais de ressentiment, et aussi parce qu'il espérait ainsi échapper à la correction. Nullement ému, Thorin continua et Kili sentit son postérieur chauffer à mesure, dans des proportions qu'il n'aurait jamais crues possibles ! Lorsqu'enfin son oncle le lâcha, le gamin se redressa avec l'impression qu'il avait le feu à son pantalon ! Il avait les joues rouges, les cheveux en bataille et des larmes de rage coulaient sur ses joues :

- JE TE DETESTE ! hurla-t-il.

Thorin le regarda, calmement :

- Tu en veux encore une ? demanda-t-il froidement.

Cela eut le mérite de faire taire Kili, qui savait que la menace n'était pas vaine. Il battit prudemment en retraite, tout en esquissant un signe de dénégation. Thorin se leva.

- Je ne veux pas te voir sortir d'ici avant d'être calmé ! laissa-t-il tomber.

Sur ce, il sortit sans se retourner et ferma la porte derrière lui.

- Je te déteste ! répéta l'enfant dès qu'il fut certain que son oncle ne pouvait plus l'entendre. Je te déteste, je te déteste, je te déteste ! Je te détesterai toute ma vie ! Je m'en irai, je partirai loin et je reviendrai jamais ! Et tu seras tout seul quand tu seras vieux, na !

Cette dernière menace lui était venue à l'esprit parce qu'il avait un jour entendu sa mère plaisanter sur ce que serait sa vieillesse, avec ses deux fils autour d'elle pour la dorloter.

Kili tourna un moment dans la pièce vide, surtout dans l'espoir de calmer la brûlure de son arrière-train malmené, donna des coups de pied dans les murs pour passer sa colère, ensuite arracha les couvertures des deux lits et jeta pêle-mêle, en travers de la chambre, les oreillers de Fili et les siens, tout en marmonnant entre ses dents (il ne tenait pas du tout à être entendu de quiconque, y compris de sa mère), exprimant ainsi une bonne fois sa rancœur, sa mauvaise humeur et tout ce qui avait contribué à sa contrariété.

Lorsqu'il fut un peu calmé, il voulut s'asseoir devant la cheminée avec un jouet mais il se releva très, très vite, car ses fesses venaient de se rappeler à son mauvais souvenir ! De guerre lasse, il finit par s'allonger sur son lit (en se mettant sur le côté) pour remâcher sa rancune et ressasser tous les griefs qu'il estimait avoir envers les différents membres de sa famille. Deux heures plus tard, le bruit de la porte interrompit le fil de ses pensées, aussitôt suivi par l'exclamation surprise de Fili :

- Qu'est-ce qui s'est passé, ici ?

Il regardait les lits défaits et les oreillers sur le sol, aux quatre coins de la chambre. Mais tout aussitôt, il avisa son frère, qui lui tournait le dos, et se dirigea vers lui :

- Qu'est-ce que tu fais là, Kili ? Tu es malade ?

- Laisse-moi tranquille !

- Quel accueil ! ironisa Fili. Qu'est-ce qui ne va pas ? Tu boudes ? Encore ?

Kili se roula en boule, histoire de bien montrer qu'il n'avait pas l'intention de discuter et qu'il voulait avoir la paix. Mais Fili était têtu et n'abandonnait pas volontiers. Il s'assit sur le lit (comme Thorin ! pensa le cadet avec hargne) et insista gentiment :

- Dis-moi ce qui ne va pas, petit frère.

- Fiche-moi la paix !

- Tu t'es fait mal ?

- Nan.

- Tu es malade ?

- Nan !

- Tu es triste ?

Kili ne répondit pas. Perplexe, Fili fit à nouveau du regard le tour de la pièce.

- Tu es en colère ?

Toujours pas de réponse. Fili se leva et alla ramasser tous les oreillers éparpillés de-ci, de-là, puis les remit en place avant de revenir s'asseoir près de son frère.

- Aller, dit-il, raconte.

Pour toute réponse, Kili saisit à tâtons l'oreiller que Fili lui avait rapporté et le tira sur sa tête.

Sourcils froncés, l'aîné réfléchissait.

- Tu as été grondé ?

Kili ne répondit pas, mais il tressaillit. Fili soupira :

- Qu'est-ce qui s'est passé ?

Grand silence.

- Kili, je ne peux pas tout deviner ! dit l'aîné doucement.

Alors Kili raconta, toujours caché sous son oreiller, tout en pleurant de honte. Fili se garda bien de faire le moindre commentaire. Il était navré pour son frère mais ne pouvait nier que celui-ci avait bel et bien cherché les ennuis ! Il se creusait la tête pour trouver un moyen de l'égayer et de lui changer les idées lorsque Dis entra à son tour dans la pièce. Elle embrassa la scène d'un regard et vint s'asseoir de l'autre côté du lit.

- Allons, Kili, dit-elle avec douceur, c'est terminé. Tu ne peux pas prétendre ne pas l'avoir cherché, hum ? Tu es calmé, à présent ?

- Enlève ça, voyons, ajouta-t-elle en voulant retirer l'oreiller, tu vas finir par manquer d'air.

Mais le gamin se cramponna à son moelleux rempart et la princesse n'insista pas. Elle se borna à caresser le dos de l'enfant tout en murmurant des paroles apaisantes, jusqu'à ce que peu à peu Kili repousse de lui-même son oreiller et que son petit visage baigné de larmes apparaisse.

- Pardon, Mère, chuchota-t-il.

Dis se pencha pour l'embrasser puis se leva.

- Débarbouille-toi un peu, Kili, dit-elle, et donne-toi un coup de peigne. Ensuite, eh bien, ensuite... pourquoi n'irais-tu pas jusqu'aux écuries avec Fili ? Tu as besoin de te changer les idées, non ?

Elle était déjà au milieu de la pièce lorsqu'elle se retourna :

- Et n'oublie pas de t'excuser auprès de ton oncle.

Kili baissa la tête mais ne répliqua pas. L'idée d'affronter à nouveau Thorin lui donnait envie de se réfugier tout au fond de son lit et de ne plus jamais en sortir ! Il savait bien, pourtant, qu'il n'avait pas le choix et qu'il faudrait en passer par là.

Il suivit les conseils maternels et l'après-midi passa rapidement. Le soir venu, le jeune garçon sentit revenir son appréhension. Aussi, lorsqu'il se présenta pour le repas du soir, il poussa malgré lui un soupir de soulagement en constatant que Dis était seule.

- Asseyez-vous, les garçons, dit la naine. Thorin rentrera tard, il a prévenu de ne pas l'attendre.

Kili fut si soulagé qu'il réalisa soudain qu'il était affamé. De plus, il eut l'heureuse surprise de constater qu'il pouvait à nouveau s'asseoir : bien que son postérieur le cuise encore, c'était devenu supportable.

Le dîner se passa dans le calme. Les enfants aidèrent ensuite leur mère à débarrasser puis, devinant qu'elle était d'humeur conciliante, lui réclamèrent une histoire, qu'elle ne leur refusa pas. Enfin, tout le monde se coucha.

Mais Kili ne put s'endormir. Il était très sensible et le souvenir des événements de l'après-midi tournait sans fin dans sa tête et le tourmentait. Fili dormait depuis longtemps que son cadet continuait à ruminer. Il redoutait le moment où il lui faudrait faire face à Thorin, tout en sachant qu'il ne trouverait pas le repos tant que l'affaire ne serait pas définitivement réglée. Peut-être la crainte, le chagrin, la honte ou les remords exacerbaient-ils ses sens, toujours est-il que le jeune garçon crut soudain entendre un bruit ténu en provenance de la pièce principale. Son oncle était rentré ! Bien qu'il sache parfaitement qu'il n'avait rien à craindre, l'enfant tira instinctivement ses couvertures par-dessus sa tête, le cœur battant, et se pelotonna au fond de son lit.

Quelques instants s'écoulèrent, dans le calme le plus total. Soudain, Kili se trouva ridicule et cette pensée lui rendit tout son courage. Résolu, il rejeta ses couvertures d'un grand coup de pied, se leva et se glissa sans bruit hors de la chambre. Pieds nus, il parcourut le couloir et comprit tout de suite, à la vivacité de la lumière qui lui parvenait, que le feu de la pièce principale avait été ravivé. Il alla à la porte sur la pointe des pieds et jeta un coup d'œil par l'entrebâillement. Thorin était assis à table, seul, les épaules voûtées par la fatigue, et il mangeait lentement le repas que Dis avait laissé au coin du feu pour le garder tiède. Tandis que le jeune garçon réfléchissait à ce qu'il allait dire, le prince sentit qu'il était observé et tourna la tête. Son visage était las mais Kili fut rassuré de n'y déceler aucune trace de colère ou d'énervement.

- Eh bien, fit Thorin, pas encore couché, à cette heure ? Qu'est-ce que tu fais debout ?

- Je t'ai entendu, mon oncle… murmura Kili.

- Vraiment ?

- Je ne dormais pas…

Timidement, le petit s'approcha. Dans un geste qui lui était familier, Thorin lui ébouriffa les cheveux (Kili n'eut garde de protester) puis secoua la tête :

- Et tu es pieds nus ! Qu'est-ce que tu viens faire là, galopin ? Tu as faim ?

S'il l'avait rabroué, Kili n'aurait rien osé dire et serait retourné au plus vite se réfugier dans son lit. Mais, enhardi par la cordialité de son oncle, il se colla contre lui et cacha son visage dans ses vêtements avant de murmurer :

- Je te demande pardon, Thorin.

- C'est oublié, Kili, dit doucement l'intéressé en caressant les cheveux bruns.

C'était l'un de ses bons côtés. Autant il pouvait se montrer rancunier envers le monde extérieur, autant avec les siens il ne revenait jamais sur une affaire pour lui réglée.

Le jeune garçon hésita un instant puis, entourant son oncle de ses bras pour se serrer plus étroitement encore contre lui, sans lever le museau il ajouta, si bas que Thorin devina plus qu'il n'entendit :

- Et… je te déteste pas du tout…

- Je le sais, Kili.

- Je regrette, chuchota encore le petit. C'est vrai, tu sais !

- N'en parlons plus. Il est très tard, tu dois aller dormir. Demain sera un autre jour, comme on dit.

- Thorin…

- Quoi donc ?

- …

- Qu'y a-t-il, Kili ?

L'enfant regarda enfin son oncle :

- Quand je serai plus grand… tu m'apprendras à chasser ?

Thorin leva les yeux au ciel :

- Quelle tête de mule ! fit-il en riant. Oui, je t'apprendrai à chasser. Maintenant, va te recoucher ou tu n'arriveras pas à te lever demain.

Avec un sourire candide, le gamin tendit les bras :

- Tu me portes ?

Mais Thorin secoua la tête :

- Tu ne crois pas que tu commences à être un peu grand, pour être porté ? Tu n'es plus un bébé, tout de même !

Kili demeura un instant interdit puis, petit à petit, mille paillettes lumineuses s'allumèrent dans ses yeux à l'idée qu'il était désormais considéré comme grand.

Ce fut en sautillant de joie qu'il regagna sa chambre et son lit. Il se recoucha avec un immense sourire et n'eut, cette fois, aucun mal à s'endormir.

OOOOOOOO

La semaine prochaine : La bravoure d'un guerrier...