La suite du précédant chapître de ''La moisson''
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¸.•´¸.•*´¨) ¸.•*¨) PUISSE LE SORT VOUS ÊTRE FAVORABLE ¸.•´¸.•*´¨) ¸.•*¨)
Le choc. Brutal, saisissant.
La peur se distille avec effervescence dans chaque recoin, certain dont vous ignoriez même jusque là l'existence.
Son aile éthérée vous effleure furtivement le bras. Abasourdi, vous frémissez. Elle traverse ensuite successivement toutes les couches de votre épiderme. Atteint votre système nerveux, des spasmes déplaisants contractent vos ligaments. Vos oreilles, vos yeux, votre odorat, tous les sens sur lesquels vous vous reposez chaque jour de votre vie de façon acquise, tout cela fait cruellement défaut aujourd'hui.
Comme si l'on vous avait injecté un venin que vous savez pertinemment ne pouvoir en aucun cas freiner sa progression. Elle poursuit sa route, implacablement.
La frayeur ne connaît pas l'indulgence ou la compassion, elle n'a pas de conscience.
Je ressens plus que je ne voie. Quelque chose cloche d'ailleurs à ce niveau-là. Je suis catapulté à l'extérieur de mon corps, mes membres ne m'appartiennent plus. Je me sens vidé de ma substance, de tout ce qui me compose. Effet particulièrement désagréable.
Alors voilà donc ce que l'on ressent? Saisir ce que les autres avant vous ont vécus n'a rien de rassurant. C'est un de ces mystères que l'on préfère ignorer.
Étrangement, tout fonctionne encore, j'avance vers la tribune, grimpe l'escalier. Je prends ma place, ébranlé, mais d'un pas ferme.
Quand votre nom est cité, il n'y aucune façon de s'y soustraire ou d'y échapper.
Vous marchez simplement vers votre fatalité.
Comme tant d'autre avant vous l'on fait...
Et comme demain, ils le feront encore.
La sensation commence à se dissiper, mes fonctions me reviennent tranquillement. Comme pour compenser un manque, rétablir une balance invisible, elles reviennent avec une vigueur accentuée. Presque agressive.
Les teintes vives du costume d'Effie m'aveuglent, ses mains sur mes épaules me pèsent. Sa voix guillerette m'écorche affreusement les oreilles. Mais ce que je perçois surtout, c'est le silence.
Lourd, accablant.
On ne me salue pas. L'annonce de mon nom ne leur arrache aucun son. Une marée de visages nous observe, pourtant aucun ne croise mon regard. Je peux lire sur leur visage par contre les émotions qui s'affichent. Le soulagement de ne pas avoir été pigé, la culpabilité inhérente à celle-ci. Être délivrer de la Moisson ne vous rends pas pour autant heureux. En contrepartie de cette fausse liberté, une vie doit être sacrifiée. Le sort est impitoyable, il ne laisse personne indifférent.
Soudain, parmi l'amalgame d'émotions violentes qui me tiraillent, une plutôt inattendue fait surface. Éclipse momentanément toutes les autres.
Une froide solitude m'envelope, couverture galciale qui m'absorbe de la tête au pied.
Je ne sais pas trop à quoi je m'attendais...Le jour de la Moisson dessine les limites de l'amitié et de l'amour certes, mais j'avais espéré au-moins...Je ne sais pas. Un geste de réconfort, un regard encourageant?...On sait que je ne reviendrai pas. C'est peut-être mieux ainsi.
J'avais pourtant plusieurs amis dans le District 12. Enfin, si l'on peut les qualifier sous cette appellation. Le doute m'assaille. Est-ce le point de non-retour, celui ou l'on prend conscience que nos chimères ont pris le dessus toutes ces années? Entre l'école, ma mère, le travail, la privation et le manque de liberté, aurais-je été à ce point désillusionné pour m'accrocher au moindre filet d'espoir qui se présentait?
J'ai compris que je possédais une aptitude à manipuler les mots vers l'âge de 7 ans...Je tentais de rallier un camarade de classe à mon point de vue par le biais d'une histoire. Nous étions près du pré, accoudés à la clôture de l'école. Investi dans ce que je tentais d'expliquer, je n'ai pas porté attention. Lorsque je me suis retourné, nous n'étions plus seul. C'était une multitude de copains qui écoutaient, buvaient avidemment mes paroles. Sur le coup, me disant que le sujet devait avoir retenu leur intérêt, je ne me suis pas questionné davantage. Cependant cet étrange phénomène s'est reproduit, à maintes reprises. L'idée commençait à s'acheminer. Quelque chose alimentait leur motivation...mais quoi? Je ne pensais pas être la cause seule de cette attraction. Non, autre chose les faisaient graviter autour de moi. Tel le papillon venant inévitablement se bruler les ailes à la flamme, un élément stimulait leur attention.
J'ai connu un sommeil agité cette nuit là. Cogitant, tentant de résoudre cette énigme pour moi. Il m'était difficile de cerner les données du problème, car ici les mots sont loin sur une liste de priorités. Autant pour la musique, le chant, le dessin, la peinture...Je sentais pourtant se dessiner une dimension importante derrière cet enchevêtrement, une frontière à franchir.
Au coeur de la nuit, cela m'a frappé. Chaque fois, je racontais une histoire, me laissait emporter par la litanie des mots.
Et alors? Tout le monde n'a-t-il pas besoin de rêver par ici? Je me suis retourné et me suis endormi, vaguement perturbé.
Seulement, au matin quelque chose s'était insinué en moi aux heures les plus sombres. Je pouvais utiliser ce talent autrement. Comment? Je n'en avais pas encore la moindre idée. Il y avait matière à creuser toutefois, j'en étais persuadé.
L'occasion s'est présentée d'elle-même quelques jours plus tard, comme un cheveu sur la soupe. Dévoilant dans un même élan un autre de mes talents dont je n'avais pas encore conscience.
J'ai appris à mentir suite à une des plus fulgurante blessure que ma mère m'est infligée. Le simple fait de bouger réveillait instantanément la douleur. Je n'ai pas pour autant été absout de cours. Le trajet a été un véritable enfer, chaque pas se révélait une épreuve. On ne m'a posé aucune question. Cependant, je sentais sur moi leur regard brûlant de curiosité, attisant mon humiliation. Une pression m'a poussé à parlé. Pour me changer les idées, pour oublier l'espace d'un instant. Les mots ont volés plus rapidement que ma pensée. Sans réfléchir. Ils se sont simplement étalés, c'était venu subitement.
La magie a opéré de diverses façons. Détourner leur attention de ma condition, me faire des amis, oblitérer ma peine, amoindrir ma douleur...Tout cela a été possible.
Jumelé ensemble, histoire et mensonge devenait une arme puissante.
J'ai tissé mes mensonges autour de vérité toute simple. J'apprenais un nouvel art. Je sculptais la réalité à ma guise, je pétrissais cette glaise malléable avec une facilité déconcertante. Le plus curieux était qu'on ne semblait jamais remettre mes paroles en doute. J'utilisais cette habileté pour me faire des amis, adoucir ma vie. Je ne savais plus m'arrêter. Je les droguais et m'intoxiquait par la même occasion. C'était un cercle vicieux qui absorbait toute mon énergie, mais auquel je n'arrivais plus à mettre un terme.
Si cela allégait temporairement mon fardeau, l'effet était par contre de courte durée. Le retour à la réalité que plus douloureux. Réveillait un autre mal, tout aussi percutant que les précédant.
Je réalisais que malgré ma capacité à me faire des amis, à être accepté, je n'avais aucun véritable camarade. Je ne me confiais pas, ne dévoilait rien de moi. Cette façade ne laissait filtrée que ce que les autres voulaient bien entendre. Ce qui les intéressaient, les divertissaient, amusaient, réconfortaient...
Je n'ai jamais...La révélation fait voler en éclat le canevas de mes pensées dérisoires. Une esquisse prend vie dans mon esprit. Je sais! Je sais comment vraiment utiliser mon talent. Et cette fois, ce sera de mon plein gré. À mes dépends encore une fois, mais ce concept trouvera sa raison d'être. Et si je le peux, fera vraiment la différence pour quelqu'un. Ma dernière volonté...
Effie termine son discours et nous enjoins à une poignée de main.
Je serre la main de Katniss, applique une légère pression sur ses doigts. J'essaie de lui faire comprendre mon message, de faire voyager les mots par ce geste anodin. Nous affronterons cela ensemble, quoi qu'il arrive. J'ignore si elle discerne mon arrière-pensée, mais son étreinte autour de ma main s'amplifie légèrement. Nous sommes escortés vers l'hôtel de justice, chacun dans un salle séparée. C'est l'heure des adieux. La porte se referme sur un bruit sourd qui résonne à travers les battements ératiques de mon coeur. Nerveux, j'arpente de long en large la pièce luxueuse. Je m'assois et tente de faire le vide dans mon esprit. Je caresse le velours du fauteuil, y cherchant un semblant de réconfort à quoi m'accrocher.
Je dois d'abord accepter, assimiler un fait simple et choquant. Je ne reviendrai pas. Jamais. C'est un aller simple que m'offre le Capitole. Cependant, je n'ai jamais dit que je jouerais selon leurs règles. Il ne s'agit plus seulement de Katniss, ou de moi..mais de quelque chose qui nous dépasse. Je ne suis pas encore mort. Mon plan est à l'état d'ébauche, mais je peux faire beaucoup. La première étape sera d'utilisé leur propre arme contre eux...le Capitole. Je refuse d'être uniquement une manipulation controlée de leur jeu sadique. J'ai bien l'intention d'aller jusqu'au bout...
Clic. Ma famille entre dans la salle, restant à bonne distance. Je suis soudainement contagieux, porteur d'un gêne délétère. Puis ma mère se met à grommeler sur qui assumera désormais ma part de travail. Et bien, l'atmosphère est empreinte d'émotions! Cinq minutes à peine passent qu'elle annonce qu'ils doivent quitter. La boulangerie doit continuer à tourner! Juste avant de franchir le seuil, elle largue sa dernière bombe:
- '' Enfin! Il y aura au-moins un vainqueur dans le district 12 pour une fois! C'est une survivante...celle-là!''
Tous les ''et si, pourquoi, comment'' me sautent à la figure, me nargue avec la perversion de ceux qui ne connaîtront jamais la peur ni le doute. Je ne me suis jamais leurré sur ma relation avec ma mère. Il reste toujours, quelque part dans un coin obscur de notre labyrinthe personnel, un espoir qui refuse par contre de s'éteindre. J'ignore ce qui l'alimente, lui permet de continuer à consummer l'impensable. Dans une telle situation extrême, dernière opportunité ou elle pourra être manifestée, on espère plus que jamais. Maintenant que cette cirsconstance n'a pas eu lieu, le feu rend l'âme, agonise. Meurt.
Je passe l'heure suivante assis en silence, seul.
Au bout d'un moment, je n'y tiens plus. J'éclate en sanglot.
J'aimerais écrire et en faire un métier...
La suite du précédant chapître de ''La moisson''
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