Mon regard devient dur et froid. Il soupire en se dirigeant vers la cuisine. Annie survient derrière son garçon et le prend dans ses bras en riant aux éclats, ce qui a un effet instantané sur le chérubin. C'est tellement innocent un enfant et trop parfait pour vivre dans un monde comme le nôtre. Mon amie me voit et me sourit, c'est à ce moment que je m'aperçois de la larme qui coule sur ma joue. Je l'essuie précipitamment et souris à mon tour. Je les admire encore un moment, si je dois donner ma vie pour que ce petit homme puisse vivre… je le ferai.
-Alors, pourquoi voulez-vous nous voir, demandai-je avec un regain d'énergie.
-Tu me semble soudain très pimpante chérie… ça va, demande Haymitch un peu soucieux. Quand il voit que je suis bien décidée à ne pas répondre à sa question inutile, il continu. Allez-vous avoir besoin de petits cours à comment être amoureux ou vous allez vous débrouiller, demande-t-il en nous dévisageant.
-Nous allons-nous débrouiller…, confirmai-je.
-Ah oui…, s'exclame Peeta, il me dévisage d'un air grave, mais je ne perds pas la langue, je suis toujours furieuse contre lui.
-Pardon, t'as aussi oublié comment faire ça…, m'offusquai-je en le foudroyant du regard. Un silence pesant s'introduit.- Après tout… ce n'est que de la comédie, rajoutai-je en évitant le bleu azur de ses yeux.
-Ok, souffle Haymitch comme si une seule hausse de tonalité pouvait faire tout sauter. Maintenant dégagez, j'ai autre chose à faire.
Je me dirige vers la porte sans aucun coup d'œil à Peeta. Je m'incruste dans mes pensées, mais une fois à mi-chemin entre ma maison et celle d'Haymitch, une puissante poigne m'en extirpe. Tout en maintenant fermement mon bras, son torse frôle mon dos et tout contre mes intentions, je frissonne.
-Ne joue pas à ce jeu-là avec moi Katniss, souffla Peeta à mon oreille, je dû fermer les yeux pour me contenir.- Tu sais très bien que je gagnerais et que tu en souffrirais.
Sa poigne me délaisse tout doucement, mais je reste tout de même paralysée quelques instants et quand je réalise soudain le sens de ses mots, je me détourne pour lui dire ma façon de penser, mais… plus personne.
Les deux jours qui suivirent, Peeta vint dîner à la maison avec Johanne et Sae Boui-boui. Cette dernière était apparemment redevenue ma cuisinière et par la même occasion ma nounou, sous l'ordre d'Haymitch, puisque d'après lui j'avais besoin de quelqu'un qui me tienne à l'œil. Ma mère travaillant beaucoup trop, Sae s'était alors proposée et s'était installé avec sa petite fille, Alessandra. Ce soir-là tout ce déroula normalement mais, comme la veille, on sentait très bien que les gestes de Peeta n'étaient que de la comédie. Ça me fait mal… tous ses mouvements envers moi sont parfaitement calculés, le problème est que c'est frappant. Plusieurs fois, je me sens divaguer… j'ai peur de perdre le contrôle, la seule parcelle de normalité qu'il me reste. Peeta Mellark va m'achever. Je pousse de grands soupirs plus d'une fois durant la soirée, afin de ne pas laisser la folie m'envahir.
En faisant la vaisselle avec Peeta, je m'apprête à prendre une énième inspiration, quand mon mentor fait son entré en trombe. Il passe sans s'arrêter devant Johanna et Sae Boui-boui, dans le salon et allume la télévision.
-Mais, qu'est-ce qu…, commençai-je mais le spectacle devant mes yeux me paralyse.
C'est de pire en pire dans les autres districts, des enfants meurent de part et d'autres seulement pour faire payer les anciens rebelles. Des parents crient et supplient les hommes de Snow, mais un coup de feu retentit et l'enfant s'écroule sur le pavé… cela me fait l'effet d'un coup de masse. Je me laisse glisser sur le sol, une main tremblante sur la bouche.
Haymitch nous lance un regard noir qui en dit long sur ses menaces. Peeta soupire et se passe la main nerveusement dans les cheveux. Il saisit la porte en prenant d'abord le soin de remercier Sae Boui-boui pour son souper. Après ma tétanisation, je me relève doucement et grimpe dans ma chambre en claquant la porte. J'ouvre ma fenêtre et je me retrouve sur le toit.
En inspirant un grand coup et mes poumons reprennent enfin vie. Je sens mon cœur ralentir et reprendre un rythme normal. La brunante amène le calme sur le douze, la forêt danse à la brise du vent et j'entends les oiseaux, si ignorants, chanter leur songe. Tout ça me rend posée, je peux enfin respirer. Mais…
« Je m'appelle Katniss Everdeen, j'ai 23 ans, je connaissais le garçon des pains pour m'avoir sauvé la vie à ma famille et à moi. Ensuite, le garçon des pains s'est avéré être Peeta Mellark et celui-ci a été moissonné avec moi pour les 74 Hunger Games. Je lui devais bien de le sauvé… il m'avait sauvé lui… il y a eu l'expiation… ce baisé… cette perle… ce pendentif… ces sentiments si affreusement douloureux qui se consume au creux du ventre à son infime distance… et mon corps, comme un lâcheur… il ne m'a pas soutenu avec ma promesse. Ce baisé a tout changé… je m'en rend compte aujourd'hui. Et ensuite… un dernier baisé auprès de cet arbre, le dernier baisé du garçon des pains. Il aurait tout fait pour moi et il aura tout osé pour me sauver. Il m'aurait donné sa propre vie… il a fait bien plus terrible… mais, à partir d'aujourd'hui… plus jamais… plus jamais Peeta ne m'aura à sa merci»
Un craquement me ramena brusquement à la réalité. C'est seulement à cet instant que je m'aperçus que la nuit était tombée et ce, depuis un bout de temps car plus aucune luminosité éclairait le district. Une fine bruine avait imprégné mes vêtements. Je suivis distraitement des yeux, une gouttelette qui traçait son chemin sur ma peau et c'est là que j'aperçus l'objet du craquement… une jeune femme portant une longue cape sortant de la maison de Peeta, blonde et grande… celle-ci s'encapuchonna et d'un pas gracieux, elle fit son chemin vers la sortie du village des vainqueurs.
Pourquoi était-ce si compliqué… j'avais réussi à me trouver un semblant de vie avant tout ça. Je vivais beaucoup mieux avant cette foutu altercation. J'étais sur le point d'oublier tout ce que… Peeta avait représenté pour moi.
Quand je vois enfin une lueur dans le ciel noir, je m'extirpe de mon lit et dévale les marche à une vitesse éclaire. Je ne veux surtout pas voir Peeta se matin, alors je m'engouffre dans la forêt avec mon arc. À force de ne pas dormir la nuit, je me sens tout courbaturé et mon cerveau me cause une douleur intense. Il me cri surement sa détresse…
Pour prendre un instant de répit, je m'assoie sur mon rocher habituel. Moi qui croyais que tout s'arrêterait… qu'après la guerre notre vie reprendrait un sens normal. Maintenant, Peeta est incapable de me sentir et moi… je suis encore plus dégouté. Tout va s'écrouler.
« Alors chérie… on ne m'attend plus, pourtant tu sais que j'adore chasser avec toi. » Je lève les yeux au ciel et je continue ma route comme si Johanna n'était pas présente. Ce qui, malheureusement, ne pourra durer éternellement. « Hey, tu m'ignore maintenant », s'indigna-t-elle faussement triste. Un silence s'ensuit pendant lequel je supplie dans mon fort intérieur de perdre Johanna dans le décor, mais malencontreusement… « Tu sais, Paylor est vraiment en rogne contre Peeta et toi… »
Je soupire bruyamment pour lui démontrer que j'en ai rien faire.
« Bon, j'ai enfin réussi à te soutirer une émotion », ricana-t-elle en marchant à reculons devant moi. «Oufff, tu n'as pas dormi depuis combien de temps dis-moi », demanda-t-elle en se rapprochant de mon visage, ce qui m'oblige à la contourner et à soupirer tapageusement pour la énième fois. « Je parie que ça n'a rien à voir avec Paylor ou même moi, non je crois plutôt que ça l'a tout à voir avec un certain Mellark, je me trompe… »
« Oh, la ferme Johanna », m'écriai-je en lui faisant face. « Mais, qu'est-ce que tu me veux à la fin… »
« Eh, j'aimerais retrouver mon amie d'avant… tu sais, la celle qui m'appelait souvent pour se plaindre de la vache de Clara et celle avec qui je pouvais parler de tous et de rien… »
« Je ne suis pas d'humeur Johanna… »
« Je savais bien que ça avait un rapport avec lui… ça toujours rapport à ce dieu grec », sourit-elle en me faisant un clin d'œil et en ne prenant pas compte de ma remarque. Je me sens grimacer, elle a raison. «Alors, dis-moi cette fois, ça encore un lien avec cette vache de Clara… parce qu'aujourd'hui je ne suis pas au bout du fil alors on peut très bien l'attendre… »
« Non, la coupai-je, c'est…
« Allez, dis-moi Katniss, tu sais que tu peux ».
« Je ne pourrai pas jouer Johanna… pas cette fois, je… ». Je sens les larmes piquer mes yeux, ma voix se met à trembler.
Contre toute attente, Johanna me prit dans ses bras et me caressa le dos comme pour soulager mes peines. Encore une fois, je réussis à soutenir mes larmes et intérioriser ma colère. Je renifle un bon coup et reprends sur moi. Je repousse doucement mon amie et je fais comme si rien n'était. Je ne craque pas… je ne craque pas… je ne dois pas.
Je lui fais un petit sourire voulant être rassurante, enfin… de mon mieux, ce qui semble ne pas tellement la convaincre. Mais, comme une bonne amie, elle laisse passer.
« Vous devez vous parlez Peeta et toi », reprit-elle doucement.
« Toi aussi tu mets tous tes espoirs sur nous » dis-je ironiquement.
« Non, il faudrait être fou pour mettre ses espoirs sur vous deux… vous êtes deux vrais bombes à retardements. » ricana-t-elle.
« On aidera en rien Johanna, ils ont envoyé des troupes de soldats parce qu'ils n'ont pas confiance en nous… et ils ont raison. » Souffla-t-elle.
« Je sais ce qui t'effraie Katniss Everdeen. Tu changes Katniss… tu as changée… et cela te fait peur ma grande. »
« Je dois y aller… Sae va m'attendre pour le souper… alors » Je me lève et m'éloigne furieusement d'elle.
Quand j'arrive à l'orée de la forêt, Johanna réussit à me rejoindre.
« Tu ne te rappelle pas que je suis invité moi aussi, tu aurais pu m'attendre ».
« Toi aussi…, techniquement moi, je ne suis pas invitée puisque je suis chez-moi… alors le moi aussi est de trop… oh merde… Peeta. » Soupirai-je en écartant les yeux.
« Non mais, tu te moque de moi » ria Johanna tout en me repassant. « Ça fait déjà deux jours que nous dinons, moi et lui, chez vous et tu viens de te rendre compte qu'il venait ce soir… ma pauvre, je vais commencer par me poser des questions sur ta folie. »
Elle ne comprend pas… elle ne comprend pas que je suis apeurée, même effrayée du fait de rencontrer un Peeta que je ne connais pas. Mais, au fond… elle sait.
J'entends tous, les craquements du foin givré sous mes pieds. Je sens tous, l'air me brûlant mes poumons. Le vent me fouette le visage, jusqu'à ce que je m'infiltre à l'intérieur de ma maison. Mais quelque chose cloche…
« Peeta n'est pas là… » Ces mots s'échappèrent malheureusement de ma bouche.
« Non, il a dit qu'il ne pouvait pas se présenter ce soir et il en est désolé » s'exclama Sae en se démenant dans la cuisine. Ben voyons, comme si ça pouvait m'étonner, de toute manière… il a bien mieux à faire.
« Ça va Katniss » demanda ma mère, un sourire sarcastique en coin. Tiens, pour une fois qu'elle est là.
« Alors Aless, qu'à tu fais de ta journée » Détournai-je la discussion en prenant place à la table. Un nouveau livre à la main, celle-ci s'échoua sur l'un des sièges autour de la table. Petite fille, âgée seulement de seize ans, pleins de bonté et pleine de vie. Un petit rayon de soleil… et par intermédiaire, le mien.
« Oh très bien, quand je me mets à angoisser… et bien je me plonge dans mes histoires… c'est ce que je faisais… avant » finit-elle en baissant les yeux et se dandinant sur sa chaise. La jeune fille l'avait drôlement aidée. Depuis le décès de sa sœur, Katniss avait eu de la difficulté avec les jeunes filles en particulier, mais la petite fille de Sae avait quelque chose de spéciale.
« Et qu'est-ce que tu lis présentement » pas que ça m'importe, mais j'aime bien me changer les idées moi aussi.
« Oh, tu vois j'aime bien ce genre de livre, je me suis endormie en rêvant au héros de mon histoire » dit-elle d'un air rêveur
« Si je ne me trompe pas, Roméo n'a rien d'un héros » m'exclamai-je avec un sourire en apercevant le titre de son roman.
« Pour moi, tous les garçons beau, charmant et romantique, sont des héros » dit-elle tout sourire.
« Hey Aless, tu sais que… dans la vie réel… ce n'est pas comme ça que cela se passe n'est-ce pas, ça n'a rien à voir avec des histoires de conte de fée… » Commençai-je.
« Katniss » me coupa Sae en me jetant un regard noir. « Si tu as des idées noirs sur ce qu'est l'amour, ne t'avise pas de rentrer ça dans la tête d'une jeune fille de seize ans. L'amour existe Katniss et toi seule peut créer ton histoire… ouvre les yeux bon sens» La vieille repris difficilement son souffle et retourna vaquée à ses occupations en me décochant une dernière œillade assassine.
Après le repas, qui se déroula sous les regards démoniaques de Sae et les phrases sarcastiques de Johanna, je me faufilai jusqu'à la cuisine afin de pouvoir demander pardon à sa « nounou ». En passant devant le living-room, j'aperçu Aless et Johanna discutant. J'aurais préférée être à leur place plutôt que me taper une sentence avec une femme trop noble et trop sage pour moi. Elle me remettra encore les idées adroitement.
Tout en astiquant les couverts, Sae marmonne comme à son habitude. Elle sait que je suis là, elle le sait toujours. Je me dirige vers le comptoir et me hisse sur celui-ci afin de m'y assoir. Une pénombre s'installe doucement dans la maison. La nuit tombe tranquillement. Elle continu son remue-ménage pendant je prépare intérieurement mes excuses.
« Sae je suis désolé » marmonnai-je, elle ne dit rien. « Je sais que je n'aurais probablement pas dû dire ça et si tu veux, je peux aller m'excuser à Alessandra… »
« Ça n'a rien à voir Katniss et je te pardonne ma chérie » dit-elle en continuant son ouvrage. « Seulement, je ne désire pas que tu inities ma petite fille à tes pensées idiotes sur ce qui est de l'amour. Parce que ça l'existe, crois-moi. »
« Ah oui, c'est vrai… le grand amour ouais. Celui avec des papillons et remplies de guimauves tout rose c'est ça » déglutis-je avec une pointe d'arrogance que je ne voulais pas. Je me glisse sur mes pieds et je soupire pour laisser passer ma frustration.
« Non… pas celui-là, non » pour la première fois de notre entretien, elle me fixe de ses yeux fatigué. « Je te parle de celui qui fait mal, celui qui fait battre le cœur à en être douloureux, celui dont un simple regard fait en sorte de transmettre ses pensées, ses émotions. Celui avec lequel on ne fait qu'un, qu'on se sent en phase et où tous tes problèmes disparaissent d'un seul coup parce qu'il nous a pris dans ses bras ou tout simplement parce qu'il est là. Je te parle de celui-là Katniss. » Sae reprit son souffle et passa à mes côtés. « Si toi tu as décidé de te faire obstacle jeune fille, c'est ton problème, mais n'entraine surtout les autres autour de toi. » elle sortit sans un regard pour moi et disparu dans le salon.
« Me faire obstacle » murmurai-je. J'ai besoin d'air. J'entends quelques personnes m'appeler, mais je continu jusqu'à la porte d'entrée et m'extirpe à l'extérieur.
Obstacle… mais quel obstacle… de quoi parlait-elle. Mais de toute façon, qui sont-ils pour se mêler de ma vie privée… encore une fois.
Tout est tellement silencieux… à l'extérieur. Froid, on peut sentir la frayeur partout dans le district. La seule lumière encore vive est la celle de l'armée de l'autre côté de la forêt ou la lune qui pénètre de son draps blancs au flanc des arbres. Tout en m'assoyant durement sur le bois de l'escalier, je laisse ma tête tomber sur les rampes de pierres. Je laisse tranquillement la noirceur m'envahir en referment mes paupières. Des iris bleu ciel… un soupçon orageux me fixent odieusement, alors je rouvre les yeux immédiatement le souffle court. Personne… pourtant je sais à qui ils appartiennent. Nous devons avoir une discussion et je crois que le moment est venu pour moi de mettre les choses aux claires… pendant que je réussis encore à combattre ma colère intérieure.
Alors, tout en prenant une respiration de contenance, je me dirige chez Peeta. Je frappe timidement et entre doucement. Une lumière éclaire faiblement la pénombre. J'aperçois Peeta qui est adossé sur un comptoir dos à moi et Haymitch qui est posté face à lui.
« … Besoin de toi » finit Haymitch en s'interrompant « Katniss » souffle-t-il en m'apercevant.
« Oh c'est pas vrai » marmonna Peeta en m'apercevant à son tour. Il se passa la main dans les cheveux en se détournant.
« Bon, je crois qu'on a fini notre entretien pour ce soir » Haymitch me contourne en nous souhaitant une bonne soirée, ce qui évidemment, ne se passera pas bien.
Pendant un instant, je pense prendre la porte. Ce qui n'est surement pas la meilleure idée pour discuter. Peeta s'appuie inlassablement son ilot, dos à moi.
« Tu… tu n'es pas venu pour le repas. » demandai-je d'une voix aigüe en me tortillant les doigts. Le silence retomba lourdement pendant quelques secondes… très longues secondes… la patience est une vertu. « Je voulais savoir si ça allait ». Toujours pas de réponse… je sens que ma patience dégringole sévèrement. « Tu vas me répondre ou quoi… mais, pour qui tu me prends… c'est toi qui a accepté je te ferrais remarquer et je t'ai suivis parce que tu l'avais fait et… »
Peeta se retourne vers moi doucement et me fixe de son regard perturbant. Mais je ne me laisse pas faire.
« Tu crois que je vais te laisser gâcher tout ça… » M'insurgeai-je.
«Ils n'ont plus besoin de nous » murmura-t-il en fixant mon expression. J'en reste muette… un sourire en coin se pose sur ses lèvres et s'élargie graduellement en s'approchant de mon corps inerte et suffoquant. Il me contourne en frôlant mon épaule de son corps. Je le sens ouvrir la porte derrière moi et un vent glacial me ramène les idées. « Pour de plus amples informations, demandez à Haymitch Abernathy » dit-il en prenant une voix plus rude. Voyant que je ne bouge toujours pas, son sourire s'efface et il soupire bruyamment en levant les yeux au ciel. « Katniss, j'ai passé une mauvaise journée et je suis épuisé… alors je voudrais pouvoir dormir tu comprends. »
Tout en soupirant, je m'avance vers l'entrée et je lui fais face. Ses yeux bleus, qui avant étaient bleu ciel… sont maintenant d'un bleu terne… presque gris. Il semble réellement fatigué. Mais, la rage l'emporta sur la compassion. « Ouais, j'avais oublié que tu avais passé une nuit très mouvementé… en espérant que la mystérieuse fille à la cape ne soit pas morte d'épuisement en rentrant chez elle. » Le regard de Peeta passa du épuisé à questionnement et ensuite à rage totale.
Sur ce… un sourire en coin, je sortis le dos droit et un air fière braqué sur le visage. Mais, celui-ci se crispa soudainement sous la douleur intense de mon bras. Je sentie mes pieds survoler le sol et reprendre contact durement avec celui d'un plancher. Une porte claqua brutalement.
