Bonjour, bonsoir ! Ce que vous vous apprêtez à lire est le premier texte que je poste sur ce site. Merci d'avance pour votre indulgence, surtout par rapport au classement de cette fic, j'ai bien peur de m'être un peu plantée -_-
Quoi qu'il en soit : bonne lecture !
Quelque chose se déchire en moi, me fait verser des larmes innocentes et naïves. J'entrevois tout un monde que je ne connaîtrai jamais. Quelque chose me fait dériver. Quelque part, on entend les touches de piano s'enfoncer avec violence.
OOOoooooOOO
La porte se ferme sur nous, sur notre chambre, sur nos cœurs. Je veux pleurer, puis je me rappelle que je n'ai plus de larmes. Que je te les ai données. Je me souviens des champs de fleurs que je trouvais si stupides, des tartes aux pommes que tu nous préparais. Je me souviens de tellement de choses dans cette chambre que les murs semblent trembler.
Doucement, je te recouvre. Je voudrais tant sombrer avec toi, une dernière fois, oublier ce qui nous a séparé. J'ai peur, je sais que tu n'as pas compris, que tu ne comprendras jamais. Voilà pourquoi tu es encore seule, même des années plus tard. Tu pleures.
J'ai cru accéder au repos, à la paix éternelle. Mais au dernier moment, j'ai rebroussé chemin, me souvenant de mon propre père, de ce qu'il avait laissé derrière lui, de ce que je laissais derrière moi en vous abandonnant ainsi, de la façon la plus brutale qui soit.
Je m'en veux parce que cette pensée m'a éclairé trop tard. Pourquoi ne suis-je pas parti comme mon frère ? A-t-il eu le courage de franchir le point de non-retour ? A-t-il souffert à cause de moi, m'a-t-il suivi contre son grès, encore une fois ? Je l'ai perdu, cette fois aussi. Tu pleures, tes draps sont mouillés.
Je me rappelle de nos baisers, de nos étreintes, de nos rêves. Je croyais pouvoir tenir, je pensais que tu m'aiderais à oublier l'Horreur. Mais plus tard, rien n'a changé. Les mêmes cauchemars, cette main flasque et noirâtre vers moi, vers nous. Cette petite chimère, hurlant mon nom.
Je hais ce nom. Je me hais.
Je disais « Dieu ne m'aime pas beaucoup, il ne veut pas de moi. » Je n'aurais jamais cru qu'il me rejetterait au moment fatidique.
Tu te réveilles, toujours en pleurs. Tu fixes mon regard de fantôme. Un instant, j'ai l'impression que tu me vois. Mais tu te recouches, la tête dans les mains, tu m'appelles en gémissant.
Tu n'as cessé de m'appeler, de me crier au secours, de me demander, de supplier ma présence. Mais je ne suis revenu que cette nuit. Je n'osais pas, avant. Et je te vois, des années plus tard. Tu as changé. Tes rides sont une chose, mais ce sont tes yeux bleus qui ont le plus terni. Je vois sur ta peau les cernes, les marques d'un manque que j'incarne.
Je n'aurais jamais dû te demander en mariage. Mai je t'assure, j'étais persuadé de surmonter l'Horreur. Pourtant, ce jour-là, je n'ai pensé qu'à moi et à ces cris de douleurs qui résonnent encore dans ma tête.
Je ne sais pas ce que sont devenus les enfants. Ils ne sont jamais revenu à la maison.
Je m'en veux, Winry. Je m'en veux. Pour partir, il faudrait que tu comprennes que ce n'est pas ta faute, que tu n'y peux rien. Je n'aurais jamais dû t'aimer. J'ai été assez bête pour ne pas comprendre ce dont notre périple nous a privé.
Je décide de m'en aller. Je regarde la Colline. Elle est ma prison, comme l'était le monde entier auparavant. J'ai fait la plus grosse erreur de ma vie en me donnant la mort. Quel beau paradoxe, j'en pleurerais. Mais je me rappelle que je n'ai plus de larmes.
Qu'en avez-vous pensé ? Les reviews sont attendues avec impatience !
