Chapitre 2
Je scrutais ma bière pensive… que m'arrivait il ? j'étais réellement entrain de m'enivrer avec Mathieu Sommet ? Puis je repensai à cette époque ou la seule évocation de son prénom me faisait voir monts et merveilles. Je me souviens, je m'étais un peu sentie honteuse de ressentir un tel attachement à une personne que je ne connaissais pas. Mais je vivais Mathieu, je respirais Mathieu et ma vie ne tournait qu'autour de son émission et de lui. J'avais caché tout cela à mes amis… Putain j'étais en fait un peu amoureuse de lui. Comme une jeune adolescente aux hormones monstrueusement actives !
Je ne le vis pas arriver, il était tellement discret. C'était impressionnant la différence entre le personnage et la personne qu'il était vraiment. Il prit sa veste posée sur le dossier de la chaise, calmement avec une classe non mesurée mais terriblement efficace. Puis il mit son chapeau, je le reconnaissais il le portait régulièrement en convention et même dans ses vidéos. J'ai compris le sentiment qui m'habitait, c'était la nostalgie. Je voyais en lui mon passé que j'avais complètement oublié a cause du travail et de la vie d'adulte.
Mathieu : tu sais le problème avec la bière c'est que ca te donne une putain d'envie de pisser c'est catastrophique.
Moi : euh ah oui, pareil ( j'étais là a me morfondre sur un bonheur passé et lui me sortait ça, le contraste me fit beaucoup rire)
Mathieu : je reviens
Il repartit, je me dirigeai vers la sortie et m'allumant une cigarette je fixai mon téléphone il me fallut un certains tant pour comprendre que je n'avais plus de batterie ! Bordel, j'étais complètement déphasée ! Il réapparut, une fois nous deux debout sa petite taille était flagrante. Je voulus le lui faire remarquer mais finalement je me ravisai il avait pris tellement cher a cause de ça.
Mathieu : tu me suis ? (il avait dit ça d'un ton enjoué)
Nous parlâmes durant tout le trajet de tout et il me posa pleins de questions sur ma vie. En gros il me fit réaliser a quel point ma vie était plutôt à chier. Une fois chez lui je reconnu direct le décor de Salut les geeks mais les proportions de la pièce m'étonnèrent je voyais ça plus grand. J'avais les yeux partout du tapis au canapé qui se situait sous l'affiche d'SLG ainsi que le bureau ou trônait dans toute sa splendeur Wifi. C'était comme si mon côté « fan » ressurgissait en cet instant présent, j'étais carrément intimidées.
Moi : ouaah et beh dis donc si j'avais su que j'irais chez LE Mathieu Sommet ! enfin bref c'est sympas chez toi.
Mathieu : ah ah (fit il en posant sa veste sur le canapé). Tu sais j'ai une vie tout à fait normal. C'était assez flippant quand même tout ces gens en convention ou même les nanas dans la rue ! Putain je savais pas ou me mettre des fois. Elles étaient hystériques, mais bon je mettais ca sur le compte de l'âge. (il m'expliqua tout cela en allumant son PC).
Moi : et maintenant c'est comment ? tu as toujours autant de succès ?
Mathieu : beh beaucoup moins mais bon je participe toujours à des conventions et je participe a des vidéos youtube. Mais bon au moins je peux jouer un peu plus !
(C'était dingue sa façon qu'il avait de positiver.)
Moi : Mais tu bosses toujours sur youtube ?
Mathieu : oui oui, d'ailleurs je suis toujours aussi étonné depuis le temps. J'ai un peu lâché Salut les geeks mais je fais d'autres projets. Enfin bref je suis mon petit bonhomme de chemin.
Je regardais le poster de SLG qui servait pour l'émission, je l'avais détesté à l'époque… je le trouvais trop sérieux. Mais il n'était pas moche, surtout en vrai. Je reconnaissais chaque objet et chaque meuble. J'avais tellement vu ces vidéos ! je me doutais que la porte près de l'ordi donnait sur sa chambre. Et que dans sa chambre il y'aurait une autre porte sur la droite qui donnerai sur la salle de bain. Ca me faisait bizarre de voir en vrai ce que j'avais toujours vu en vidéo. Il était occupé à cherché sur Deezer des musiques il ne vit donc pas le sourire niais que j'affichais en scrutant la pièce.
Mathieu : Assied toi si tu veux, t'a le droit ! Fais comme chez toi… enfin euh ca dépend comment tu fais chez toi. (Il s'était retourné pour me regarder en rigolant).
Moi : je peux caresser Wifi ?
Mathieu : va y oui… fais gaffe il pue….
Moi : (surprise) C'est vrai ?
Mathieu : Non.
Il avait répondu sans regarder les yeux rivés sur l'ordi un sourire en coin. Je posai délicatement ma main sur le dos du matou qui ronronnait tellement fort que je me demandais si c'était normal. HAAN qu'il était doux ! Je me permis de le prendre dans mes bras, m'assis dans le canapé et le posa sur mes genoux. Il était tellement mignon !
Moi : et le chien il est où ?
Mathieu : il était à ma copine donc elle l'a prit.
Moi : ah d'accord
J'étais carrément déçue qu'il ait une copine. J'avais envie de lui demander « elle vient souvent ? », « t'es avec elle depuis longtemps » « elle est où ? »
Mathieu : elle est à saint Etienne.
Je levai les yeux d'un coup ! Et merde j'avais posé la dernière question à voix haute… bordel mais je ne vais donc jamais surveiller ma bouche !?
Moi : ah d'accord
Mathieu : en fait c'est plus trop ma copine… mais j'ai du mal à me dire que c'est plus le cas. On est amie maintenant. Mais ca faisait depuis 2010… 2011 qu'on était ensemble ! Alors bon on en a vécu des choses.
Moi : Oui j'imagine. Ca fait depuis longtemps que c'est fini ?
Mathieu : ca a commencé à merder courant 2015… après on ne s'est jamais dit officiellement « c'est fini » mais on ne se voit plus elle es repartie sur saint etienne. Enfin bref, c'est pas non plus dramatique. puis je sais pas pourquoi je te raconte tout ça.
Je caressais nerveusement wifi… Moi non plus je ne savais pas, j'avais envie de croire des trucs mais j'avais passé l'âge. Il ne me demanda pas mon statut familial, ca m'évitai donc de lui dire que ca fait depuis 2012 que j'étais seule et que mon prince charmant devait surement être un gros boulet incapable de venir me chercher. J'étais seule, je ne convenais à aucun gars ! fin de l'histoire.
Moi : j'aime bien ton chat.
Pourquoi je balançais ça comme ça, après un blanc monumental ? En gros il me parlait d'une rupture et moi, je lui répondais froidement que j'aimais son chat ! MAIS pourquoi mon cerveau n'assimile rien putain ! Il enchaîna en disant :
Mathieu : Oui ta vu ? il est mignon, moi j'adore son nez et ses yeux ! ( il se leva du bureau et s'assis sur le canapé à côté de moi).
Moi : (sourire figé) trop !
Il était à quelques centimètres de moi, mon cœur battait la chamade. J'étais silencieuse intimidée, heureuse, excitée ! Il le caressa et lui parla. Moi je sentais mes mains devenir atrocement moites. Mais pourquoi je réagissais comme ça… une petite voix me disait « tu le sais très bien, tu le sais très bien calme toi un peu ». Je sentais la douce odeur de son champoing… Cette odeur était en trop je n'entendais plus que mon cœur et ne ressentais plus que les papillons dans mon bas ventre ! C'était horrible j'avais envie de me lever et de partir. Mes mains étaient proches des siennes caressant le chat. J'avais l'impression que mes yeux ne se braquaient que sur les éléments de son corps plus ou moins en contact avec moi…. Son bras, ses mains, sa jambe a quelques centimètres de la mienne. Je subissais un véritable feu d'artifice… tout mes sens étaient en alerte. Et j'étais persuadée que mes pupilles étaient aussi dilatées que celles du chat. Mes yeux ne pouvaient se détourner de sa jambe si proche de la mienne, j'avais tellement envie de la décaler un tout petit peu… juste quelques centimètres pour la toucher. Mon envie était tellement lamentable. Pourtant ça me bouffait !
Finalement mon corps pris la décision à ma place… et ce fut avec une certaine force que je heurtai sa jambe. Le chat surpris déguerpit en un miaulement. Mathieu surprit par le chat s'écarta d'un coup.
Moi : euh pardon j'ai une crampe. Je vais tendre ma jambe.
Mathieu : ah oui c'est horrible ça ! le pire c'est quand tu joues et que tu peux pas mettre forcément pause ! j'sais pas si ca t'la déjà fait ! quel horreur.
Moi : je joue pas vraiment, mais j'imagine que ca doit être bien casse couille.
Mathieu : oui plutôt Bon je vois l'heure qui tourne, je vais te laisser mon lit je vais prendre le canapé ! Ne t'inquiète pas pour moi. Demain tu te réveilles quand tu veux, moi je n'ai rien de prévu. Si tu veux prendre un T shirt ou quoi pour dormir je peux t'en passer un.
Moi : ah oui d'accord, oui je veux bien.
Il me fila un T shirt et un short de pyjama qui avait apparemment appartenu à sa copine. Me gratifia d'un « ca te va bien » lancé à la volée. Puis, il me présenta la chambre et la salle de bain. J'éteignis et me glissai dans le lit. Le lit était très confortable et l'oreiller était imprégné de l'odeur de son shampooing, je fermai les yeux et humai profondément l'oreiller. Me retenant de pousser un soupir de satisfaction. Je ne rêvais pas ? J'allais vraiment me réveiller dans SON lit ?
