Chapitre 4

Nous restâmes dans le café un petit bout de temps quant son téléphone sonna. Il s'excusa et sortit répondre. Je le suivis du regard et observai son visage, il était grave et énervé. Je ne pouvais m'empêcher de repenser au coup de fil que j'avais entendu chez lui la dernière fois en me réveillant. Puis il re rentra :

Mathieu : excuse moi je dois filer… c'est pour moi les cafés ! Bonne soirée.

Moi : ah… euh d'accord.

Je me levai, il me fit la bise posa la monnaie et fila sans se retourner, il me jeta une fois de plus son regard de quand il était désolé de ne pas pouvoir signer un autographe. Je restai là, seule, incapable de comprendre ce qui s'était passé. Il n'avait même pas pris, mon numéro…

Je sortis donc du café, un peu déçue. Comble du désespoir il pleuvait et je n'avais pas de parapluie. Dieu, si tu existes… arrête donc de te foutre de ma gueule !

Une fois chez moi j'allumais mon PC d'une main, l'autre essuyant mes cheveux trempés. devant le miroir de la salle de bain, mes yeux furent déterminés. J'avais mon idée, et j'allais le faire !

Je courus à mon ordinateur, pris une cigarette et me mis au travail. Lorsqu'enfin je levai les yeux, le jour pointait me narguant presque à travers mes rideaux tirés. Fière de mon travail, je mis le tout sur clef usb et allai me coucher. Je m'endormis presque instantanément, serrant dans mon poing le petit bout de plastique.

J'émergeai vers 12h, puis filai rapidement sous la douche. Je faillis presque me doucher avec la clef usb tellement j'avais peur de la perdre. Puis extrêmement motivée je me maquillai, et me coiffai avec soin. Alors que je soulignai mes yeux bleus d'un trait noir, je reculai d'un pas : merde, je me trouvais vraiment jolie aujourd'hui. Ca faisait longtemps que je n'avais pas eu ce sentiment. Vous savez ces matins, où le miroir ne semblait pas vous en vouloir et où vous avez l'impression de n'avoir rien à envier à ces mannequins Photoshopés. Je décidai d'enfiler une petite jupe rouge et une paire de collant opaque, pour le haut j'optai pour quelque chose de plutôt sobre. Heureuse et satisfaite je pris le métro et me rendis chez ce youtuber qui m'avait laissé en plan dans le café.

Je reconnus la porte rouge et je décidai donc de sonner sur le premier interphone que je vis, c'était une vieille… je lui expliquai brièvement que j'avais oublié mes clefs. Elle ouvrit sans trop poser de question. Une fois dans la petite cour, je réalisai qu'il fallait que je trouve son interphone. Il y'en avait beaucoup. Je décidai d'être méthodique et suivant ses fenêtres je scrutai les interphones pouvant potentiellement donner chez lui. Et encore ! Beaucoup de nom étaient inscrits… enfin je vis le sésame ! Sommet M était inscrit à l'arrache. J'inspirai un grand coup, raclai ma gorge et sonnai.

Mathieu : Oui ?

Moi :… euh… c'est moi euh…. (J'eus du mal à dire mon prénom, et je l'entendis rire)

Mathieu : eh beh ta du mal aujourd'hui, va y rentre tu te rappelles ?

Moi : M… m…Merci euh je ne te dérange pas ?

Mathieu : Non mais je ne suis pas seul ca ne te dérange pas ?

Moi : (trop dégoutée) non non… du tout.

J'ouvris la porte qui fit un bruit immonde, vous savez ce bruit de porte d'immeuble qui faisait que tout le voisinage était au courant que tu rentrais et qui permettait aux commères ou au détraqués d'écouter à leurs porte voir pire, sortir de chez eux une poubelle faussement pleine. Je frappai, et entrai… Mathieu me salua. Je vis de dos une tignasse brune, plutôt mal peigné il me lança « Salut attends j'arrive ». Il n'eut même pas besoin de se retourner, je reconnus la voix direct !

Moi : Oh Antoine ?

Antoine Daniel : oui c'est moi (il avait un grand sourire et se pencha pour me faire la bise poliment) tu vas bien ?

Moi : ma foi oui, un peu surprise de te voir ici.

Antoine : Pourquoi ? J'ai pas le droit d'être là ? (il avait dit cela en rigolant et en haussant les épaules).

Moi : ah ah ah si si ! bien sur enfin euh… voilà.

Il se rassit se tourna vers nous. Mathieu me proposa de poser ma veste et de m'assoir sur le canapé. Je n'osai rien dire, et je passai les 10 prochaines minutes à les écouter parler de toilettes cassées dans la gare du nord… j'étais tellement à l'ouest que je ne relevai même pas l'absurdité du truc.

Antoine : du coup tu vois, depuis j'y vais plus et je vais chez moi.

Ces mots me firent tilt et je tournai la tête vers lui interrogative. Ils se mirent à rire. Moi je ne comprenais rien, mais souriais poliment. Antoine Daniel, le fameux, l'unique ! Je me souvenais de toutes ces fan fics qui traitaient de leur potentielle homosexualité. Ca les faisait marrer, ils en parlaient même en convention. J'étais heureuse de les voir ensemble devant moi, ils étaient réellement amis, ça ne faisait aucun doute.

Je n'osais pas donner ma clef usb à Mathieu devant Antoine, j'étais carrément flippée à l'idée de leur réaction.

Antoine : Mathieu m'a parlé de toi ! Ravi de te rencontrer.

Moi : (je lançai un coup d'œil au concerné) ah… ben moi aussi.

Mathieu : et sinon tu voulais me parler d'un truc ?

Moi : Ben oui je voulais t'apporter un document, et j'aurais aimé que tu me dises ce que t'en pense ! (Je me jetais à l'eau, je n'avais rien à perdre de toute manière.)

Mathieu : oooh trop bien ! Je peux regarder maintenant ? ca ne te dérange pas ?

Antoine : Moi perso ca ne me dérange pas mec.

Nous rigolâmes, j'étais détendue. Ils dégageaient beaucoup de bienveillance et je me sentais bien, un peu comme si je les avais toujours connus. Je tendis ma clef USB, j'étais plus stressée, j'avais confiance. Il ouvrit le dossier : « EPISODE RETOUR SALUT LES GEEKS » s'affichait en grand sur l'écran. Antoine s'approcha, Mathieu se retourna en me regardant avec un sourire qui voulait dire :

« ouaaah t'es sérieuse ? Tu l'as fait ? », Il y'avait une trentaine de pages.

Mathieu : Je sais pas quoi dire. Écoute, je vais prendre le temps de le lire.

Antoine : tu l'as fait quand ?

Moi : hier, dans la nuit.

Antoine : eh beh dis donc… t'es plus motivée que lui quoi !

Je me mis à rougir, je voulus dire que ce n'était rien. Je voulus me tourner vers Mathieu pour lui expliquer un peu ce que j'avais mis dedans… mais je fus happée par ses bras. Il me fit un câlin, chargé de reconnaissance et qui valait tout les mercis du monde.

Mathieu : écoute c'est vraiment cool ce que t'a fait, je vais voir ce qu'on peut faire.

Moi : non mais, ça se trouve ça ne te plaira pas ! (j'avais dit ça en rigolant)

Mathieu : Oui peut être… mais au moins j'aurais des pistes (il me fit un clin d'œil).

Antoine : Et au pire, moi ça pourrait me plaire tsais ! Ah ah tu me le refiles.

Mathieu : c'est marqué SLG, bro. Pas autre chose !

Antoine : ah ouais merde… (Il se mit à rire).

J'étais heureuse ! Ok, si ça se trouve il allait le lire en se disant « c'est quoi cette merde, elle est complètement défoncée non ?! ». Mais d'un autre côté, il avait l'air motivé pour le découvrir, le modifier, le rectifier et réellement faire quelque chose.

Mathieu : Bon ben aller, c'est parti ! On s'y met ?