Avertissements pour cette fic : Aizen/Gin/Tousen (yaoi, donc, et threesome) et pas mal d'autres couples juste sous-entendus ; spoilers sur l'arc des Arrankars (disons prépub 213, pour compter large) ; cruauté mentale et situation pas vraiment consensuelle.

ylg, qui est avec churchyard une des instigatrices de cette chose, disait qu'elle était une mauvaise neuvième division pour baver sur l'idée... et moi, je suis quoi pour l'écrire /pleure/ Le capitaine Tousen ne me pardonnera jamais ça, et je le comprends.

Sinon, moi non plus je ne vois pas trop la relation entre Aizen et Gin de cette façon, d'habitude. Dans ma tête, c'est plus amical. Mais c'était assez drole à écrire ainsi, je dois dire. Et puis, autant ne pas avoir une seule vision des persos... Faudra que je fasse une vraie Aizen/Gin un jour.


Le besoin de détruire


Gin s'est convié dans la salle du trône d'Aizen sans invitation ni excuse, et au lieu de lui parler il fait le tour de la salle en faisant de grands soupirs théâtraux.

"Que se passe-t-il, Gin ?" demande Aizen, plus par civilité que par curiosité.

Mais cela suffit à Gin pour prendre un air ravi d'avoir obtenu son attention. Il s'approche d'Aizen, s'assied à ses pieds, dans une position confortable et pas respectueuse pour deux sous. "Je m'ennuie." se plaint-il avec une moue boudeuse. "Ran me manque. Izuru me manque."

Aizen répond, d'une voix emplie de compréhension. "Gin, si c'est du sexe que tu veux, va voir n'importe lequel des Arrankars, dis-lui que tu viens avec mon accord, et fais-en tout ce que tu veux." Puis il rajoute, son sourire toujours aussi chaleureux. "Tu n'as pas à te retenir. Ils régénèrent bien."

Gin sait que ce n'est pas un problème ; il l'a déjà fait, y compris certaines fois où Aizen n'avait pas explicitement donné sa permission, mais l'a miséricordieusement couvert après.

"C'est si généreux de partager ce qui est à vous..." commence Gin, avant de continuer, toujours boudeur. "Mais les Arrankars m'ennuient. Ne le prenez pas mal, ils sont totalement délicieux à voir, à déguster et à détruire, mais ils savent trop bien qu'ils n'existent que pour vous, ils obéissent trop bien. Ce n'est plus drôle."

"Regrettes-tu de m'avoir suivi dans ce monde ?" demande Aizen. Gin n'arrive pas à entendre la nuance de menace qui devrait y être.

Pourtant, il fait non de la tête. Il a aidé à plonger le seireitei dans le chaos, il a vu l'expression de la douleur la plus intense sur le visage d'Hinamori, et tant d'autres confiances déçues, il ne regrette pas le voyage. D'accord, peut-être l'a-t-il regretté un tout petit peu quand il a quitté Ran. Mais cela en valait la peine, et maintenant il peut rester auprès d'Aizen, et l'observer, fasciné, incliner ou briser les destinées apparemment sans effort. Même si l'objectif de ce jeu ne l'intéresse pas vraiment, la façon dont c'est fait est ce qu'il y a de plus magnifique à contempler.

Même si Gin sait lui-même briser les espoirs de quelqu'un en quelques phrases, il est encore loin de la perfection d'Aizen.

Rien que pour cela, il le suivrait n'importe où, pour le voir jouer avec ceux qu'il croise, capturer les coeurs, offrir des espoirs et des joies qu'il reprendra ensuite d'autant plus durement.

Et il sait que malgré sa lucidité, il est à lui tout autant que les autres. Il est conscient qu'en ce moment, malgré tous les petits Arrankars qu'il terrorise et qu'il pourrait ennuyer, rien ne lui semble plus enviable que de rester aux pieds d'Aizen. Il sait que le désir physique l'envahira de plus en plus, parce que cette certitude de lui appartenir a la mauvaise habitude de toujours vouloir redevenir concrète et de lui mettre une douloureuse sensation de manque dans le ventre.

C'est la deuxième chose inaccessible qu'il souhaite obtenir d'Aizen, sentir pour la deuxième fois ses mains sur son corps, et ce plaisir qui l'a envahi, et ce regard froid qui le dévoilait plus encore que d'habitude et l'a toujours fait frissonner depuis.

La chose inaccessible qu'il souhaite le plus est de pouvoir un jour le blesser, ou même le contrarier ; mais à sa connaissance, personne n'en a jamais été capable. Aizen prévoit tout, et considère tout ce qui tente de s'opposer à lui comme faisant partie de ses plans.

Mais il peut toujours essayer de jouer contre Aizen, même en étant presque sûr de perdre, obtenir un peu d'amusement de ses mots de cruauté, un peu de douleur de ses paroles réconfortantes et mensongères, et peut-être plus. Cela s'essaie. Il ne voudrait pas faire autre chose, en ce moment, de toute façon.

"Dites, dites, Aizen-samaaaa." Sa façon de prononcer ce titre honorifique en fait presque une plaisanterie ; Aizen n'a jamais semblé s'en formaliser. "Suis-je spécial pour vous ?" Il se loge confortablement entre les jambes d'Aizen, appuie sa joue sur sa cuisse. Cette position pourrait sembler terriblement compromettante, mais même si cela amuse Gin, il sait très bien que cela ne signifie rien pour Aizen, qui n'aura pas l'ombre d'un désir pour lui s'il ne se l'autorise pas. Il a essayé.

D'ailleurs, quand Aizen lui répond, il semble plus lointain et sa voix plus détachée que jamais. "Bien sûr, Gin, tu es spécial, puisque tu connais ma vraie personnalité." Son sourire s'élargit. "Contrairement à ce que certains veulent faire croire, peu de gens réussissent jamais à être aimés pour ce qu'ils sont réellement. Tout le monde porte des masques, les miens sont juste meilleurs que les autres." Il lui effleure le front, et ajoute. "Pour cela, c'était très intéressant et plaisant de te trouver."

Gin voudrait croire qu'il est vraiment différent des autres. Après tout, Aizen semble parfois amusé, surpris, presque fier, en le regardant suivre ses pas. Il voudrait croire qu'il est moins prévisible que les autres, qu'il est réellement un subordonné et pas un outil, comme Aizen l'a dit devant Hitsugaya. Il voudrait croire que quand Aizen lui explique ses plans, plaisante avec lui amicalement, ce n'est pas un masque. Il le pense, parfois, mais avec Aizen on ne peut jamais savoir, et aujourd'hui n'est pas un bon jour.

Il ricane. "Et si je vous aime pour ce que vous êtes, cela fait-il de moi le plus libre ou le plus prisonnier de tous, Aizen-sama ?"

Aizen lui touche encore légèrement la joue, le frustrant de façon absolument calculée. "Tu connais la réponse, Gin."

A cet instant, Gin a réellement envie de lui sauter dessus. Mais il sait bien que tout ce qu'il en tirerait serait de voir Aizen s'esquiver sans effort et lui lancer un salut moqueur. Et il ne veut pas quémander non plus, parce qu'il sait par coeur le dialogue qui suivrait.

"Je ne suis pas intéressé. - Pourquoi l'avez-vous fait, alors, cette fois-là ? - C'était différent, Gin. Il y avait une leçon que tu devais apprendre."

Gin ne sait toujours pas quelle était la leçon qui lui a été enseignée il y a longtemps, si c'est qu'il n'aura pas toujours ce qu'il veut, ou qu'il ne peut pas se passer d'Aizen, ou autre chose ; dans tous les cas, elle était déplaisante, aussi merveilleuse qu'ait pu être la façon de l'apprendre. Gin se demande d'ailleurs s'il n'y avait pas un peu d'hypnose là-dessous, parce que ces choses ne peuvent pas être si délicieuses, d'habitude, ou peut-être le sous-estime-t-il encore, malgré tout.

En tout cas, il aura très certainement besoin d'accepter finalement la proposition d'Aizen et d'aller se libérer de sa frustration sur quelqu'un.

Soudain, une idée lui traverse l'esprit. "Hey, Aizen-sama, si vous me donniez Kaname ?"

Si Aizen est surpris, rien ne l'indique dans son attitude, seulement ses paroles "Je croyais qu'il ne t'intéressait pas, Gin ?"

Gin fronce le nez. "He bien, il est ennuyeux, mais il n'est pas désagrable à regarder. Et puis, il est différent depuis que nous sommes devenus à moitié hollows. Il est instable, il se contient moins bien. Je veux le voir se briser. Ce serait drôle."

Aizen a un sourire indulgent : "Gin, Kaname est déjà brisé depuis qu'il tue en mon nom."

"Pas de la façon intéressante." proteste Gin, même s'il sait qu'Aizen ne partage pas son avis. "S'il vous plait, Aizen-sama, laissez-moi m'amuser avec lui, juste pour quelques instants !" continue-t-il d'une voix enjôleuse et capricieuse. Il sait qu'Aizen aime la façon qu'il a de parler de ses subordonnés comme si c'étaient des objets, de reconnaître les choses à leur juste valeur. "Il me rappellera le seireitei. Si vraiment je suis plus que lui à vos yeux, donnez-le moi !"

Le sourire d'Aizen est celui d'un père vaincu par son enfant gâté, et Gin aime cette expression, même si cela ne marche jamais pour les choses vraiment importantes. "Si tu y tiens, Gin."

"Allez-vous le lui annoncer vous-même ? Il risque de ne pas me croire, si c'est moi qui transmets. Comme c'est dommage, que j'aie une telle réputation d'être indigne de confiance !" ricane Gin.

"J'ai déjà envoyé un messager le chercher." dit Aizen, et Gin n'a rien vu : même lui ne connait pas toutes les méthodes de communication d'Aizen. De plus, il était trop occupé à profiter de sa position pour faire attention. Il souhaite que le messager, s'il est doué de conscience, l'a vu ramper entre les jambes d'Aizen ; il adorerait que se répandent de telles rumeurs.

Tousen entre dans la salle quelques instants plus tard, respectueux et digne. "Aizen-sama ?"

"Approche-toi." demande Aizen. Gin regarde d'un oeil curieux Tousen obéir, sans enthousiasme ni réticence, et s'interroge sur sa réaction. Dans tous les cas, il doute qu'elle sera positive, et il s'en réjouit déjà.

Tousen, arrivant suffisamment proche du trône d'Aizen, s'agenouille sans que rien ne lui soit ordonné. Aizen lui murmure très doucement. "Je voudrais te demander quelque chose, Kaname."

Tousen frissonne, comme à chaque fois qu'Aizen l'appelle par son prénom (quand quelqu'un d'autre ose le faire, surtout Gin, son visage devient sombre et méprisant ; Gin ne sait pas ce qu'Aizen a fait pour obtenir cette réaction). "Je vous ai juré allégeance, Aizen-sama. Demandez ce que vous voulez." Cela, par contre, Gin a l'impression de le comprendre, cet appel à la fidélité pour se décharger de ses propres choix sur quelqu'un d'autre, et cela pouvait peut-être sembler un peu mignon sur Izuru, mais pas du tout sur Tousen.

"Tu n'es pas obligé de le faire, Kaname." continue Aizen. "Ce n'est pas pour le but que nous cherchons à atteindre, c'est juste pour moi, et je voudrais te laisser le choix."

Gin pourrait exploser de rire s'il ne se retenait pas. Il s'écarte pour laisser passer Aizen qui se lève, se pense sur Tousen, lui touche très légèrement la joue ; avec cela et la douceur de sa voix, cela ne change pas grand chose que Tousen ne puisse pas voir son sourire. Il ne lui résistera pas mieux et tout choix est illusoire.

"Que désirez-vous ?" demande Tousen, toujours calme.

"Enlèveras-tu tes vêtements pour moi, Kaname ?" demande Aizen. Sa voix est douce et sonne de façon totalement respectable ; rien à voir avec le ton empli de mystère et de promesses malsaines avec laquelle il a demandé la même chose à Gin. Pouvoir entendre ces différentes versions donne envie à Gin d'éclater de rire à nouveau.

Tousen a un frisson. Gin ne peut pas savoir si c'est encore d'entendre prononcer son prénom, ou si c'est l'effet de la surprise. Aizen, lui, le sait certainement.

"Est-ce ce que vous voulez vraiment ?" demande Tousen.

"Pourquoi te le demanderais-je, sinon ?" demande Aizen, d'un ton surpris.

Tousen n'a pas le moindre mot pour discuter, s'excuser ou proclamer son obéissance quand il se lève et commence à se déshabiller, il ne manifeste ni peur ni rebellion, mais Gin a l'impression de sentir une sourde hostilité dirigée vers lui. Bah, Tousen aurait préféré être seul avec Aizen, il peut bien le comprendre. De plus, cela ne le change pas tellement de d'habitude.

"Sais-tu ce qui va se passer maintenant ?" demande doucement Aizen.

"Je ne suis pas sûr." répond Tousen. "Mais je l'accepterai, si cela vous semble bon."

"Merci." dit Aizen doucement. Puis il regarde Gin avec indulgence. "Tu peux te déshabiller aussi, tu sais." et Gin ne va certainement pas refuser un cadeau qu'il a lui-même demandé. Il laisse glisser son kimono avec décontraction, lentement, ses gestes calculés. Tousen ne pourrait pas le voir, de toute façon, et ne semble pas lui accorder son attention, bien qu'il ait entendu les paroles d'Aizen ; ce n'est un moment qu'entre Aizen et lui, et Gin espère bien lui faire regretter au moins un peu ce qu'il refuse de prendre. Puisqu'il accepte au moins de le regarder avec son habituel air amusé, il lui donnera du spectacle !

Mais il se retourne quand même vers Tousen, et le regarde fixement. Parce qu'il sait bien, à force d'habitude, que Tousen peut sentir le poids du regard des autres sur lui, par une méthode mystérieuse. Ce contact visuel qui ne peut pas être retourné est une marque de sa supériorité.

D'accord, ce n'est pas tout. Il doit avouer que le corps finement musclé du shinigami à la peau sombre est un spectacle tout à fait appétissant. C'est peut-être son seul intérêt, mais ce n'est pas niable. Curieux, il tend la main pour toucher, suit la courbe des muscles d'une caresse légère, accentue son toucher à certains endroits, caresse, pince et griffe, puis se retrouve à embrasser violemment Tousen à pleine bouche.

Tousen le laisse faire mais ne bronche pas, et quand Gin s'interrompt, son visage est toujours celui du mépris, son corps n'a pas réagi. Il fait comme si rien ne s'était passé et ne lèche même pas le filet de sang qui coule de sa lèvre inférieure.

"Tu as conscience que cela ne signifie rien pour moi, Ichimaru." dit-il froidement.

"Oui, c'est bien ton genre de gâcher comme ça les plaisirs des autres." ricane Gin. Il passe derrière Tousen, passe ses bras autour de sa taille, ondule du bassin contre lui, lui faisant sentir son sexe durci. "Mais cela ne nous empêchera pas de nous amuser."

"Amuse-toi." réponds Tousen, toujours hautain. Gin pourrait le prendre maintenant, le laisser en lambeaux sur le sol ; mais Tousen résiste bien à la douleur, et si sa dévotion pour Aizen lui fait tout supporter avec cet air lointain, si Gin ne peut lui arracher ni un cri ni une larme, ce n'est pas intéressant. C'est pourquoi Gin laisse plutôt descendre ses mains, les referme sur le sexe de Tousen, commence à l'agacer et à le caresser. L'ancien capitaine de la neuvième division ne peut s'empêcher de frissonner.

"Tu es un pervers, Ichimaru." Comment peut-il avoir l'air de s'ennuyer autant en de telles circonstances ? Il n'y a que des blocs de glace ici, vraiment. Il aurait vraiment dû emmener Izuru dans ses bagages, puisque Ran n'aurait jamais accepté de le suivre.

"C'est moi qui suis un pervers ?" demande Gin d'un air ironique. Il continue, plus insistant, sentant le sexe de Tousen durcir peu à peu sous ses doigts. Il doit reconnaître que son collègue a une maîtrise de soi assez impressionnante. "Je rappelle, à tout hasard, que j'avais une charmante petite amie, là-bas au seireitei, et que ce n'est pas moi qui sublime mes instincts sexuels dans des abstractions ridicules comme la quête de la justice. Ou le désir de pouvoir, si tu vois ce que je veux dire, hmmm ?"

Il sent les muscles du dos de Tousen se tendre sous sa peau. Ca y est, il a réussi à l'énerver. Il a prise sur lui. Par les insultes et le mépris, il le brisera.

"He bien, on dirait que tu ne m'aimes pas beaucoup... Dis-moi, qui aurait dû être à ma place ? Quel corps voudrais-tu sentir contre le tien, en ce moment ? Tu peux penser à quelqu'un d'autre, cela ne me dérange pas du tout."

Il y a de nombreuses possibilités intéressantes à envisager, et Gin laisse courir son imagination, se frottant toujours contre Tousen, sans dissimuler le moins du monde le plaisir qu'il y prend. "Peut-être que je me trompais, et que tu avais quelqu'un ? Voyons, laisse-moi deviner, quelle était ta relation avec ton cher vice-capitaine ? Vous vous entendiez très bien, n'est-ce pas ? C'était un des plus jolis garçons du seireitei, et c'est un immense gâchis qu'il soit tombé sur toi, qui ne pouvais même pas le voir. Mais je suppose qu'à toucher, il ne devait pas être déplaisant non plus, n'est-ce pas ?" Il parle soudain plus bas, plus près de son oreille. "On a dû te parler du tatouage qu'il avait sur le visage... cela signifiait bien ce que tout le monde pensait ? Etait-il doué ? Il t'était très dévoué. Avant que tu le trahisses, bien sûr ! Je suppose qu'il a dû t'offrir tout ce qu'il pouvait..."

"Tout le monde n'a pas tes habitudes répugnantes." siffla Tousen entre ses dents.

"Bien sûr... Je suis le seul pervers qui abuse de ses subordonnés... et en cet instant précis, Aizen-sama n'est pas en train de prendre son plaisir à me regarder t'humilier..."

"Aizen-sama n'aurait jamais demandé cela sans ton influence, Ichimaru."

Ca y est, maintenant c'est Gin qui corrompt Aizen. Il aurait vraiment envie de rire, si cela ne risquait pas de gâcher l'ambiance. Les jouets d'Aizen sont tous fous, vraiment. Il n'en est probablement pas à ce point lui-même, n'est-ce pas ? Puis il pense à l'effet que lui fait le regard d'Aizen posé sur lui, il réalise à quel point cela rajoute du sens à ce moment, à quel point il essaie d'imaginer ses réactions dès qu'il touche Tousen ou qu'il lui parle, à quel point il sent des vagues de désir parcourir son corps dès qu'il pense que le tableau pourrait peut-être lui plaire, et il se dit qu'il est peut-être un peu fou, lui aussi.

"C'est vrai, j'oubliais... Aizen-sama est un homme honnête..." persifle Gin, vraiment très amusé de voir ce qui fait réagir Tousen le plus violemment. "Aizen-sama ne couche pas avec ses subordonnés. Aizen-sama n'aurait jamais touché Hinamori, pauvre enfant, même si elle aurait fait n'importe quoi pour cela." Quand il y pense, c'était effectivement cruel, mais cela valait peut-être mieux que ce qu'Aizen lui a fait. "Et toi non plus, il ne t'a jamais touché. C'est cela que tu voulais ? C'est ce que tu espérais quand il t'a fait demander ?" Il baisse la voix à nouveau. "Oh, bien sûr, tu n'es pas le genre à accepter ce genre de désirs... tu aurais trouvé cela étrange, peut-être gênant... mais je suis sûr que si c'était Aizen-sama qui te touchait comme je le fais, tu serais déjà en train de le supplier d'aller plus loin."

"Ne t'imagine pas que nous nous ressemblons !" Et cette phrase pourrait vraiment blesser, si Gin y croyait - mais les réactions du corps de Tousen le contredisent.

"Pour changer de sujet, tu as une belle érection." fait remarquer Gin, parce que ce n'est vraiment pas la peine de répondre, si on peut souligner quelque chose de désagréable à la place. "Nous devrions passer à la suite, ne crois-tu pas ?" Il prend Tousen par la taille, le fait pivoter. "Mais avant cela, tu as déjà montré à Aizen-sama à quel point tu lui obéissais bien, n'est-ce pas ? Montre-lui à quel point tu apprécies ta situation." Il sourit. "Après tout, tu vas te laisser prendre, davant lui, pour son plaisir, et c'est la moindre des choses de lui montrer que tu lui es reconnaissant de t'avoir choisi, n'est-ce pas ?"

"Tu ne comprends rien." La voix de Tousen reste calme, mais son corps tremble.

"Si c'est si faux que ça, qu'est-ce qui te trouble à ce point, Tousen ? Tu ne veux pas qu'Aizen-sama ait une mauvaise opinion de toi ?" Comme si Aizen pouvait avoir une opinion fausse de quoi que ce soit. "Mais alors pourquoi. Si tu n'as pas envie qu'il te voie ainsi, pourquoi as-tu accepté, hein ? Rien ne t'y forçait."

Tousen ne dit plus rien. Peu importe, Gin répondra pour lui, jusqu'à ce qu'il tombe juste, jusqu'à ce qu'il puisse le blesser vraiment. "Crois-tu que c'est une façon de tester ta loyauté ? As-tu quelque chose à te reprocher, pour que tu aies besoin de l'affirmer à ce point ? Ou est-ce le contraire ? Est-ce que tu te sens toujours coupable d'avoir trahi le seireitei, est-ce que tu as besoin d'une punition ? Ce serait pitoyable, et surtout ce serait très dommageable pour nous."

Ca y est, Tousen est sur le point de se briser, Gin le sent se décomposer entre ses doigts, et le triomphe l'envahit.

"Est-ce que tu regrettes, Tousen ? ESt-ce que dans des moments comme celui-là tu n'as pas l'impression qu'Aizen-sama ne se comporte pas avec toi comme il le devrait, hmmm ? Est-ce que tu as l'impression que tu t'es trompé sur lui ?"

Tousen a un mouvement de recul, fuyant son contact.

"Aizen-sama." dit-il, sa voix emplie de haine envers Gin, "je vous en prie, faites-le taire !"

"Je me soucie peu de ce qu'il dit." dit Aizen. "Y prêterais-tu attention ? Dans tous les cas, j'ai totalement confiance dans ton dévouement, Kaname."

Tousen incline la tête. Cette dernière phrase fait qu'il ne recule pas à nouveau quand Gin vient le saisir par les poignets, l'immobilise puis le plaque au sol. Gin sent le dégoût presque matériel qui vient de l'autre shinigami, il n'est plus question de fière indifférence, et c'est maintenant qu'il devient excitant de profiter de l'autorisation qu'Aizen lui a donné, de réduire Tousen à l'impuissance, de prendre son plaisir sur lui, et de montrer à Aizen à quel point ses jouets peuvent lui offrir du divertissement. Il se positionne entre les fesses de Tousen, se prépare à entrer. "Temps de s'amuser..." fredonne-t-il.

"Je te hais." souffle Tousen.

"Je sais." dit Gin en souriant. C'est toujours lui qui se fera détester, il est très doué pour ça ; cela fait longtemps qu'Aizen l'utilise ainsi, et il ne peut pas dire que cette répartition des rôles lui déplait. Mais quand même, c'est admirable et cela contourne toute logique, qu'il soit possible ainsi d'oublier quelle est la responsabilité d'Aizen là-dedans. Ceci dit, si Tousen a envie de lui en vouloir, il peut bien lui offrir quelques raisons supplémentaires, n'est-ce pas ?

Tout en donnant de grands coups de reins, en profitant enfin du pur plaisir physique, il continue à le provoquer. "Cela ne te ressemble pas, n'est-ce pas ? De ne plus pouvoir m'ignorer et me mépriser, de te faire brûler de l'intérieur par la haine, de vouloir me détruire. As-tu compris pourquoi ? As-tu compris ce que c'est, que d'être à moitié un hollow ?"

Tousen a une expression d'horreur sur le visage, les paroles de Gin provoquent enfin la réaction attendue, pour laquelle ni la douleur ni l'humiliation n'avaient suffi. Il y a des limites au détachement et à la maîtrise de soi, il y a une limite à la paix intérieure que l'aura d'Aizen peut offrir à ceux qui croient en lui, et tout le monde a un point sensible - sauf peut-être Aizen. Tousen commence à se débattre, par reflexe, mais Gin le tient solidement, et cela ne rend les sensations que meilleures, surtout avec le temps depuis lequel il patiente.

"Cette envie de blesser fait partie de toi maintenant, Kaname. Je sais très bien comment la canaliser, j'ai suffisamment d'habitude de faire souffrir... et je te laisse deviner ce qu'il en est pour Aizen-sama. Mais toi, tu ne peux pas le faire, et tu seras ce que tu détestes, et tu peux ressentir au fond de toi qu'il te serait impossible de rester calme, en ce moment. Si tu arrives à croire que ton ressentiment envers moi est légitime, et que ce n'est pas un perte de contrôle, c'est que tu as décidément la mémoire bien courte..."

Le visage de Tousen est tordu par la douleur et la haine ; Gin continue, gorgé de satisfaction. "Mais Aizen-sama te regarde, et il t'a donné à moi, tu ne peux même pas essayer de te défendre, et tout ce que tu peux faire est imaginer que tu es en train de me déchirer avec ton zampakuto, et de te venger sur moi..."

Ce disant, il recommence à caresser Tousen, parce qu'il se doute que maitenenant il n'a plus la moindre possibilité de contrôle. Il veut le faire jouir en ce moment, alors qu'il est en train de détailler ce qu'il ne pourra jamais, jamais lui faire, alors qu'il sent la haine de Tousen le frapper par vagues, il le sent haïr chacune de ses paroles et chaque centimètre carré de contact, et ses mains et son sexe qui lui donnent du plaisir malgré lui, et cette fois-ci il rit, sourdement, sans retenue.

Quand il obtient ce qu'il veut, quand Tousen se resserre contre lui avant d'éjaculer, des larmes coulant de ses yeux vides, Gin gémit de plaisir et s'enfonce encore en lui, plus brusquement encore, ne pensant plus qu'à ce que son propre orgasme le submerge, et il ne regrette vraiment pas d'avoir attendu, alors qu'il reprend son souffle, épuisé. Il passe sa main dans les cheveux de Tousen, parce qu'il sait que l'autre shinigami détestera ça. Il est ravi de sentir, en effet, un tremblement d'horreur.

"Puis-je me retirer, Aizen-sama ?" demande Tousen, et sa voix tremble un peu, maintenant. Ce ne sera sans doute pas très difficile d'obtenir cela à nouveau quand il le croisera, évalue Gin.

"Bien sûr, Kaname." dit Aizen, et Gin se demande comment il peut encore s'étonner de sa voix attentionnée. "Je te remercie de ta fidélité. Elle sera appréciée à sa juste valeur."

Tousen se rhabille rapidement, s'incline, et sort en hâte. Gin se reproche de ne pas avoir pris le temps de cacher ses vêtements, avant de passer aux choses sérieuses. He, il devait avoir autre chose en tête. On ne peut pas penser à tout.

Il retourne chercher les siens, qu'il a opportunément laissés tout proches d'Aizen. Il s'adresse à lui, souriant "Avez-vous apprécié ce que vous avez vu ?"

Aizen lui caresse la tête, laisse descendre ses doigts le long de sa colonne vertébrale, le fait frissonner. "Ce n'était pas si mal." Un silence, que Gin ne sait pas comment interpréter, comme une hésitation ou un désir délibéré de mieux le faire languir. "Je pense que tu peux faire encore mieux, Gin."

Son corps a beau être satisfait, il sent la frustration le dévorer. Il est fou, vraiment. "He bien, je dois être fier que vous ayiez une si haute opinion de moi. Je ferai de mon mieux pour ne pas vous décevoir."

"Je serai très heureux de te voir essayer à nouveau." Encore une caresse amicale. "Je suis sûr que tu peux y arriver, Gin."

Il n'est pas besoin de préciser de quoi il parle, et ce pourrait être un mensonge, mais tant pis, Gin le saisira au vol, et il détruira autant de personnes que nécessaire.

Ce n'est pas comme s'il n'allait pas y prendre beaucoup de plaisir, après tout. Cela fait fort longtemps que c'est une de ses activités favorites. Cela date de bien avant qu'il soit devenu semi-hollow, même si c'est encore meilleur, encore plus satisfaisant maintenant. Fugitivement, il essaie de se rappeler ce qu'il était avant, ce qu'il pensait.

Il n'y arrive pas, et ce n'est pas important.