Avertissements : Aizen/Gin (yaoi, donc), quelques vagues mentions de Gin/Rangiku, GROS SPOILERS TOME 20/EPISODE 60, et pas vraiment de perversions particulières, pour une fois - mais ça reste un PWP.
Le capitaine Aizen a rendu visite à la famille de sa défunte vice-capitaine, bien sûr. En quelques mots sages, chargés d'une peine retenue, il a fait l'éloge d'une jeune femme brillante et généreuse, il a pour un instant apaisé leurs pleurs avec les douceurs de la compassion, ainsi qu'avec l'impression que leur fille chérie, si brillante, l'espoir de la famille, ne sera jamais oubliée.
Personne n'a fait vraiment attention à son nouveau vice-capitaine, Gin Ichimaru, un jeune homme grand et maigre qui se tenait adossé à un mur, et se contentait d'observer.
Gin sait mieux que personne que ces paroles sont du vent. En fait, depuis quelques mois, il sait plus de choses sur le capitaine Aizen, sur son capitaine, que n'importe qui d'autre. Et au-delà de la première surprise, de la fascination pour le charisme, l'intelligence et la tranquille absence de scrupules d'Aizen, de l'admiration qu'il a pour quelqu'un qui l'a trompé si longtemps, il est surtout incroyablement fier d'avoir été jugé digne de savoir. Avoir été désigné comme vice-capitaine n'est que la cerise sur le gâteau, vraiment.
Mais cela a quand même été intéressant, et flatteur, de voir qu'Aizen tenait suffisamment à sa compagnie pour avoir disposé comme il l'a fait de son ancienne vice-capitaine. Quel dommage, a-t-il brièvement regretté. Elle n'avait pas le talent pour devenir capitaine prochainement, elle était trop attachée à lui pour qu'il puisse se permettre de la faire changer de division ou de la dégrader sans sembler cruel, mais pas tout à fait assez pour qu'il puisse la mettre partiellement dans la confidence et être sûr de son silence. Il a donc bien fallu mettre un hollow sur son chemin ; un de ceux qui sont particulièrement dangereux, qu'Aizen a créés lui-même.
Gin n'a jamais aimé sa vice-capitaine, si droite et heureuse et flamboyante, et si ennuyeuse. S'il n'en tenait qu'à lui, s'il était à la place d'Aizen, il se moquerait bien de ces gens qui de toute façon n'ont aucun pouvoir au seireitei, avec une ironie doucereuse, juste suffisamment pour blesser, suffisamment peu pour qu'on croie que c'est involontaire.
Mais en regardant Aizen, il comprend pourquoi il le lui a interdit. Cela briserait tout simplement cette ambiance, cette douceur, cette paix qui se déposent sur ces pauvres gens, alors qu'il leur parle si aimablement, à tel point que même Gin pourrait un instant le croire sincère s'il le voulait. C'est quelque chose de tellement fascinant qu'il n'a même plus envie de le briser.
"Vous venez juste de détruire leurs vies !" murmure-t-il dès qu'ils sont seuls, sans pouvoir se retenir, encore tout excité par ce qu'il vient de voir ; il espère que l'impression d'irréalisme dans sa voix ne passe pas pour de la réprobation. "Vous venez juste de détruire leurs vies, et ils vous aiment, et ils vous remercient."
Aizen hoche négligemment la tête, comme si tout cela était naturel pour lui, et Gin a les yeux fixés sur sa bouche, ces lèvres souriantes et trompeuses, et qui peut-être parfois disent la vérité juste pour lui.
Il les désire à tel point que cela lui coupe le souffle.
Et il n'a jamais été le genre à se refuser ce qu'il voulait autant ; il ne va pas commencer sous prétexte qu'Aizen est son chef, n'est-ce pas ? Sans avertissement aucun, rapide et nerveux, il se rapproche de son capitaine, goûte ses lèvres.
Il n'est pas déçu du voyage. Les lèvres d'Aizen - puis sa langue, quand son capitaine lui laisse approfondir le baiser -, ont le goût du pouvoir, et du mal pur ; de telles choses ne devraient pas avoir de goût mais cela ne peut être confondu avec rien d'autre, et c'est enivrant ; quand le baiser se rompt Gin réalise que même si en apparence il a eu ce qu'il voulait, son désir est bien plus brûlant encore qu'avant.
Il veut connaître cette saveur à nouveau, et plus encore il veut être désiré comme il désire Aizen en ce moment, il veut avoir lui aussi ce goût-là, le garder sur ses lèvres pour toujours.
Aizen le regarde, toujours souriant. Il n'a pas l'air cruel ni moqueur ; c'est encore bien pire comme ça.
"Alors, qu'est-ce que cela donne ?" demande Gin, sur le ton de la plaisanterie. Il détesterait sembler sérieux à ce moment.
Et il ne sait pas s'il doit aimer ou détester Aizen pour avoir compris la question, réellement compris, quand il répond doucement "Pour moi, Gin, tout a le goût de l'innocence."
Il sait juste qu'il est horriblement vexé, et il se trouve en ce moment que la seule façon qu'il puisse envisager de le faire changer d'avis est aussi ce qu'il a le plus envie de faire au monde.
Il embrasse à nouveau Aizen, y mettant autant de séduction qu'il le peut. Il se frotte contre lui, essaie de se rappeler comment Rangiku fait avec lui, quand elle ne l'a pas vu depuis si longtemps et qu'il lui manque, où elle pose ses mains, comment elle joue avec son corps... mais Aizen semble à peine troublé, et lui demande d'un ton empli d'indulgence. "Veux-tu donc fêter ainsi ta promotion, Gin ?"
Son orgueil ne va pas jusqu'à lui faire refuser cela, pas quand tout son corps le réclame. Il acquiesce, et Aizen, au lieu de le prendre tout de suite, dans les bois du rukongai, souligne qu'ils devraient d'abord rentrer.
Et pourquoi pas remplir une pile de formulaires, pendant qu'il y est ? Il ne proteste pas, pourtant. Il sait que les ordres d'Aizen ne se discutent pas, et il ne veut pas perdre sa chance. Loin de l'abandonner, son désir ne fait que s'aviver durant le chemin du retour, alors qu'il regarde Aizen qui l'ignore si magnifiquement.
"Eh bien, à quoi veux-tu jouer ?" demande Aizen une fois qu'ils sont rentrés, d'un ton attentionné en surface mais affreusement distant. "C'est une célébration en ton honneur, Gin. Veux tu que je crée une illusion pour toi ? Ce que tu souhaiteras."
Gin a le temps de penser - oh, très fugitivement - qu'il regrettera peut-être l'occasion plus tard. Mais pas maintenant. "Ca ne m'intéresse pas, capitaine." Il se colle à lui à nouveau, murmure à son oreille "Je ne veux que vous, capitaine Aizen. Je veux votre corps, je veux vos lèvres, je veux votre odeur et votre goût." et cela doit être la bonne réponse, car cette fois c'est Aizen qui l'embrasse, avec douceur, avec talent, et son goût est toujours aussi obsédant. "Je veux votre goût, je veux vous l'arracher." finit-il dans sa tête. "Un jour, vous le sentirez sur mes lèvres, soyez-en sûr."
Les vêtements d'Aizen finissent assez rapidement en boule dans un coin, et Gin se concentre sur essayer de faire croire que ce n'est pas sa première fois avec un homme - il ne pourra probablement pas tromper Aizen, mais s'il pouvait éviter des remarques amusées, ce serait déjà quelque chose - et en fait même si ces pensées sont quelque peu déplacées il remercie les souvenirs qu'il a de Rangiku, parce qu'on dirait qu'il a compris comment on fait. En peu de temps le sexe d'Aizen est dur sous ses mains et ses lèvres, et ce goût-là est délicieux aussi, mais la meilleure part est qu'Aizen semble réellement aimer ce que Gin lui fait, que ses halètements sont au-delà de l'appréciation polie, et il ferait beau voir que Gin se fasse encore traiter d'innocent ensuite.
Et puis Aizen le fait cesser, et commence à son tour à le déshabiller et à jouer avec son corps ; et alors qu'une vague de désir irrépressible le parcourt et qu'il ne peut plus rien faire que trembler, Gin se dit que finalement, il a encore beaucoup de choses à apprendre.
Il n'a pas honte de manifester son plaisir - de toute façon Aizen est parfaitement conscient de l'effet qu'il lui fait, ceci depuis le début. Et il n'a pas honte non plus de presser les choses quand Aizen se montre délibérément lent, parce qu'il n'est pas une petite chose fragile qui a besoin d'être préparée pendant des heures, et il le désire, oh, comme il le désire, à en devenir fou. C'est un cadeau pour lui, après tout, il peut prendre ce qu'il veut, il peut s'empaler sur son sexe et rien que l'idée de la personne avec qui il est en train de faire, rien que le souvenir de son goût et la noirceur éblouissante de son âme, cela lui suffirait, vraiment. Mais Aizen rend cela absolument, infiniment parfait, en donnant ses coups de reins juste selon l'angle qu'il fait, en touchant son sexe juste quand il faut, et en lui offrant une fois de plus le goût incroyable et pervers de ses lèvres, avec un baiser violent.
Il garde les yeux fermés encore un instant après qu'ils ont joui tous les deux, le temps de revenir à la réalité, le plus lentement possible. Aizen l'attend poliment pour demander "Qu'as-tu pensé de cette célébration, Gin ?"
"Nous aurions pu avoir une plus mauvaise idée..." répond Gin. "En fait, je suis sûr qu'il n'en existait pas de meilleure. Et vous, qu'avez-vous pensé de votre nouveau vice-capitaine ?"
Aizen sourit, comme toujours, quand il répond. "Je suis à peu près sûr, moi aussi, qu'il n'en existait pas de meilleur." et il doit mentir, comme toujours, mais Gin se dit qu'il aime décidément de plus en plus la façon dont il ment.
Et quand Aizen lui demande, posément, de se rhabiller et de venir discuter ensemble de certains points du personnage qu'il devra jouer auprès des autres, il ne ressent même pas de frustration ou d'ennui.
Parce que ces plans de domination du monde qui lui semblaient si abstraits ont désormais, pour lui, presque le goût qu'il pouvait sentir sur les lèvres de son capitaine. Il essaie de visualiser tout ce qu'Aizen va faire pour parvenir à son but, toutes les personnes qu'il va écraser, en le laissant regarder, lui et lui seul. Oui, ce sera magnifique et cruel, et il sent déjà le désir revenir. Il essaie de visualiser le rôle qu'il aura, lui, et décide par avance qu'il ne le cèdera en rien à Aizen.
Là aussi, il lui montrera ce dont il est capable.
Et il décide soudain qu'il va s'intéresser à ces projets de très, très près.
