Avertissements pour cette fic : Gin/Rangiku, hétéro donc, mais avec un peu de Gin/Kira mentionné. Vagues spoilers tome 20, un peu d'angst, sexe oral, un poil d'exhibitionnisme et quelques sous-entendus supplémentaires, mais pas grand chose. Oh, et probablement AU, parce que ça m'étonnerait que les shinigami fêtent la Saint-Valentin.


Gin s'est encore disputé avec Rangiku, il y a quelques jours, pour une raison stupide. Probablement des choses abstraites et ridicules comme les notions de bien et de mal, mais c'est bien le diable s'il s'en rappelle. Elle ne lui a plus parlé depuis.

Et maintenant, c'est la Saint-Valentin, et il sent que si elle ne lui offre rien, s'il n'y a pas un petit cadeau de paix, il va devenir amer, voire de mauvaise humeur, voire dangereux.

He, elle peut lui faire des reproches si elle le veut, mais comment se disputer durablement sur de telles choses, qui n'ont pas de sens, lorsqu'il y a la réalité de leurs regards qui se cherchent, de leurs corps qui se désirent, de leurs coeurs qui se serrent ?...

Quand il y a la réalité du fait qu'ils ne seront pas ensemble pour toujours, même s'il ne peut pas lui dire.

En tout cas, il se retrouve à passer - oh, tellement par hasard - du côté de la dixième division ce matin-là, et il n'avait pas prévu de la rencontrer, n'est-ce pas ? La preuve, c'est que quand il la voit il ne trouve rien à dire.

Elle le regarde, soupire, semble hésiter, et puis sourit, et lui lance un petit paquet de l'autre côté de la porte "Tu peux prendre ça !" lance-t-elle avec négligence. Elle sourit. Si Gin était capable de supporter son détachement, il pourrait peut-être se réconcilier avec elle maintenant, en lançant une plaisanterie. Peut-être.

Il ouvre lentement le paquet en s'approchant d'elle. "Des chocolats ! Quelle surprise !" Ah, il s'était dit qu'il serait satisfait, s'il en recevait, mais il doit avouer que sa mauvaise humeur ne s'est pas encore dissipée, surtout quand il voit un paquet presque identique sur le bureau de capitaine Hitsugaya - absent en ce moment, quel dommage, Gin préfèrerait largement se défouler sur lui. "Alors, combien en as-tu fait ? Je suppose que moi et le capitaine Hitsugaya ne sommes pas les seuls à profiter de ta générosité, n'est-ce pas ?"

Elle fait la moue, hausse les épaules. "Je ne fais rien avec les enfants, tu sais ? Ce n'est qu'un girichoco." Et puis, parce qu'elle n'est pas le genre à supporter ces insinuations sans se rebeller. "Je suis sûre que si tu as envie d'être jaloux, tu peux trouver de meilleures cibles, cherche bien !"

Et c'est vrai, il se doute bien qu'il n'a rien à craindre d'Hitsugaya, mais il le jalouse quand même, d'être avec Ran toute la journée, de s'entendre si bien avec elle. Elle le regarde comme si elle le testait, comme si elle se demandait ce qu'il allait dire maintenant. Il observe la courbe de sa joue, tout près de ses lèvres pleines, ombrée par ses boucles dorées...

Quand il a vu Ran pour la première fois, il s'est dit que c'était la plus jolie fille qu'il avait jamais vue. Il était un enfant. Mais depuis, il a vécu des centaines d'années, il a voyagé dans plusieurs mondes, et rien ne l'a jamais fait changer d'avis.

Il veut mordre ces lèvres, tout de suite. Mais il lit dans son regard qu'il ne sera pas le bienvenu, pas maintenant ; et s'il continue à se laisser porter par son amertume, il ne sait pas quand il le sera à nouveau.

"Tu me mets au désespoir !" proclame-t-il d'un ton théâtral et outré. Puis, avec un grand sourire. "Il vaut mieux que je ne sache pas, sinon je serais tenté de le tuer." Cela l'étonnerait que Ran puisse savoir s'il est sérieux ou pas. En fait, il n'a lui-même pas d'avis tranché sur la question.

"Crois-tu donc que je suis seulement à toi ?" demande-t-elle avec malice. Puis, plus calmement : "Penses-tu donc être seulement à moi ?"

Non, il ne croit ni l'un ni l'autre. Parfois il aimerait qu'elle puisse lui appartenir, pourtant, et puis il se dit que ce ne serait plus vraiment elle. Oh, pourtant comme il voudrait la prendre maintenant, dans une parodie de possession...

"Mais je n'aime que toi, Ran." et à ce moment il le pense absolument sincèrement.

Elle rougit, mais continue sur le même ton. "Voyons, combien de jeunes filles t'ont offert des chocolats ? Oh, je parie que ton vice-capitaine t'en a offert."

Il a un mince sourire, ment outrageusement, reprenant les mots de Ran. "Ce n'est qu'un girichoco." Kira ne compte pas, de toute façon. Il goûte un des chocolats de Ran, pour la peine, l'air totalement détaché, alors qu'elle poursuit. "Il y a des rumeurs qui courent, pourtant. Sur des visites nocturnes qu'il ferait chez toi, sur des bruits étranges. Sur des visites à la quatrième division, aussi, et des blessures qu'on ne peut pas vraiment justifier, ce genre de choses..."

Elle a un sourire sarcastique, et il est totalement incapable de dire si elle est jalouse, si elle lui fait encore des reproches stupides pour des questions de morale, ou si elle ne fait que se moquer de lui. "Eh bien, qu'est-ce que cela changerait ?"

"Rien, rien." fredonne-t-elle. "Je suis juste curieuse. Je ne savais pas que tu aimais ce genre de choses. Tu n'as jamais rien fait de tel avec moi..."

"Ran, Ran..." murmure-t-il, un sourire amer aux lèvres "nous nous aimons, nous nous blessons si souvent, maintenant encore, et nous nous blesserons un jour plus que tout au monde, quel besoin avons-nous de jouer ?"

Il ne réfléchit pas aux conséquences, cette fois, quand il se penche sur elle et l'embrasse. Il en a juste trop envie, et elle ne le repousse que mollement, comme ébranlée par ses paroles.

"Tu as bien peu de contrôle..." dit-elle, toujours moqueuse mais souriante.

"On dit que le chocolat est un aphrodisiaque... je dois être sous influence." dit-il, le visage toujours plongé dans ses cheveux, déposant des baisers dans son cou.

Ce n'est même plus pour montrer à elle, à lui, à l'univers entier qu'elle est à lui. Non, s'il la désire, c'est parce qu'elle est belle, et puis parce que ce sont peut-être les seuls moments où leur harmonie reste aussi pure qu'au départ... et ces raisons sont pitoyables, mais ce n'est pas grave. Il n'y pense plus, il ne pense plus à rien alors qu'il laisse descendre sa bouche le long de sa chaîne dorée, ouvre son kimono, dévoile son opulente poitrine.

Elle le seconde avec conviction, dénouant sa ceinture, laissant les pans du kimono s'écarter plus encore, et il prend le temps d'accorder à ses seins presque toute l'attention qu'ils méritent avant de continuer à descendre, lentement, caressant et embrassant son ventre, avant de constater que son hakama aussi s'est mystérieusement dénoué pendant qu'il regardait ailleurs.

Il caresse ces boucles, presque aussi blondes que ses cheveux, et entend sa respiration déjà haletante retenir un cri.

"Oh, dépêche-toi." murmure-t-elle. Puis, dans une tentative de justification : "Quelqu'un finira bien par venir."

"Ran," murmure-t-il malicieusement "c'est la Saint-Valentin, je peux bien te tenir compagnie quelque temps. Tant que personne ne regarde derrière le bureau, ils ne se rendront compte de rien..."

"Pervers !" s'exclame-t-elle en riant, mais elle semble ne pas refuser la proposition, puisqu'elle renoue son kimono, au moins en haut, et le regarde avec un air de fausse innocence des plus amusants.

"Bien sûr, cela ne peut rester discret que si tu te retiens de crier." précise-t-il, avant de goûter la saveur du liquide qui coule entre ses cuisses, bien meilleur que n'importe quel chocolat, même de réconciliation.

Il ne lui reste plus qu'à s'employer, avec toute l'habileté de sa langue et de ses lèvres, à briser toute tentative de discrétion.

Et, avec un peu de chance, à la convaincre qu'il n'y a aucune raison au monde qui vaille la peine de se brouiller.

Ou du moins, que ce temps n'est pas encore venu.