Bonjour à vous. Voici la suite. Il peut y avoir quelques inexactitudes tout au long de la fanfic, elle a été écrite il y a quelque temps et j'aime avoir un peu de liberté. Comme toujours, n'hésitez pas à donner votre avis, faire remarquer quelque chose qui va ou qui ne va pas. Bonne lecture.
Lorsqu'il parvient à voir les cicatrices, c'est totalement par hasard...
Elle l'a aperçu dans la taverne – ou peut-être en train de regarder ses prestations – et elle avait besoin d'un sorcier. Il aurait voulu voir ce fameux dragon mais visiblement elle n'a pas dans l'idée d'y retourner si tôt. Et comme ça, il a repris sa place dans le groupe, sous les regards noirs et sans un seul instant de tranquillité, mais c'est une bonne élève, elle n'est pas totalement débile, contrairement à la population d'Amn. De fait, il supporte de converser avec elle. Il ne parle pas des nuits où elle se réveille pour vomir, ni des prières, ni des cicatrices qu'elle cherche à cacher. Le reste du groupe est un ramassis de bons à rien, de singes sans cervelle. Aussi, lorsqu'en plein combat, elle reçoit une flèche dans l'aine il est le seul assez rapide pour s'occuper de son état. Elle achève son adversaire et boit d'une traite la potion qu'il lui donne. Il ne reste qu'à retirer la flèche pour que la plaie puisse se refermer sans soucis.
–Je m'en occupe, siffle-t-elle, menaçante.
Mais la bille d'une fronde fait mouche dans la faille de son diadème très ouvragé (seul un babouin porterait une telle chose en pensant être protégé) et elle cligne des yeux avant de s'évanouir. D'un sort il se débarrasse de l'assaillant. Mais que font ces balourds pour laisser un telle chose arriver !? Il dresse une barrière et se hâte de défaire les lacets de l'armure (cette chose, une armure, vraiment ?! Crétine!) autour de la plaie, il tranche le tissu, la peau a presque englobé la pointe de flèche. Il saisit l'empenne et s'apprête à tirer, cependant son regard tombe sur des marques. Des sillons typiques d'une lame ayant trop creusé les chairs, des boursouflures blanchâtres témoignant de sutures hâtives, des brûlures noueuses apparemment étendues sur toute sa cuisse et... Oh ! Il reconnaît celles-ci, les cicatrices laissées par la magie, plus profondes, jaunâtres ou violines, sous la peau, comme des éclats de verre ou des asticots qui s'étirent. Oui... Il connaît ce sort ! Il pourrait lire sa peau comme un parchemin, mais un coup de coude violent le déloge et la druidesse prend sa place. Le combat est terminé.
Elle ne lui adresse pas la parole de toute la soirée. Lorsqu'il passe devant sa chambre, il peut l'entendre baragouiner dans son sommeil... Expression de colère puis... une nausée. Il doit savoir ce qu'il y a d'autre. La plupart des sujets d'études des sorciers rouges meurent bien avant que de telles marques ne puissent s'incruster – et pourtant leurs victimes sont soignées correctement. Il n'est pas certain de savoir s'il admire ce dément, capable de réduire un enfant de Baal (certainement pas le meilleur, à n'en pas douter, mais elle ne se débrouille pas si mal que ça, il faut avouer) à ça, de le garder assez longtemps pour lui faire subir ces sorts ou s'il le méprise pour tant d'acharnement avec des résultats si médiocres. Revient alors le souvenir d'une danse, tout aussi fluide mais moins couverte... Quel gâchis. Elle aurait eu un bel avenir dans sa profession, elle aurait pu se retirer aux frais d'un pauvre noble idiot... Comme celui de l'auberge et finir bouffie par des portées de marmots braillards et morveux.
oooo
Elle pose son verre à sa table. Quatrième verre de vin. Elle n'est pas contente.
–Mettons les choses au clair, que tu ne sois pas tenté de brûler mes vêtements la prochaine fois que des assassins nous tomberons dessus. Tu voulais savoir, Edwin ? Qu'as-tu besoin d'entendre ? La sensation des échardes du chevalet qui s'insèrent sous la peau tandis qu'on cherche à échapper au couteau qui s'enfonce dans la chair, et scinde les muscles ? - Son ton devient sifflant, le timbre tire sur les aigus, la voix trébuche - Ou peut-être la contraction des nerfs quand la magie les tiraillent, qu'elle pèle les os, ou peut-être encore la dilatation des veines alors que le sang bout. Ou aimes-tu croiser le regard de ton cobaye quand son corps se dissout sous ses yeux, que tombent des lambeaux de chair autour de soi – la nôtre ou celle d'une personne amenée là exprès pour ça ? Et encore maintenant je sens ses mains sur moi, quand il lavait le sang...
La limite est là. Il voit ce dont elle parle, ce n'est pas difficile à imaginer. La dernière partie en revanche, témoigne d'un comportement peu professionnel. Beaucoup de sujets se brisent sous les effets de l'acide même si ce n'est qu'un jeu d'esprit. Quel gâchis. Elle se force à le regarder dans les yeux. Ah oui ! Il comprend la révélation à présent, elle l'utilise pour faire sa propre petite thérapie. (Il n'est pas un chiffon quand lequel elle peut venir se moucher sans grâce aucune, cette garce !)
–Et durant tout ce temps tu n'as pas eu la moindre idée de ce qu'il voulait ? Tu paraissais plus maline.
–Navrée de te décevoir. Maintenant, je te laisse te prendre en main, et c'est également figuratif.
Ah ! La vulgarité. Marque des faibles d'esprit. Elle se lève. Il saisit aussitôt son poignet.
–Je ne prends pas de plaisir là-dedans contrairement à tes espérances. Mais si tu es enfin décidée à parler de ça, je veux les voir. Je t'ai déjà dit que je pourrais éventuellement savoir de quoi il retourne suivant les sorts qu'il...
Elle se dégage violemment.
–Ne t'avise pas d'y penser. Je suis une femme d'arts, pas une bête curieuse. Et je te le répète, je ne veux pas entrer dans la tête de ce tordu.
Il ne peut pas se retenir de rire. (Une femme d'art vraiment ! Son tortionnaire a dû bien entamé le peu de cervelle qu'elle possédait !)
–Tu passes tes soirées à exhiber ton corps devant un ramassis de pochards, et tu appelles ça de l'art ! Bah ! Tu ne vaux pas plus à leurs yeux qu'un troll savant dans une cage. Il faut se mouiller un peu pour prendre l'ascendant sur son ennemi, tu devrais le savoir. (Pff, à quoi bon raisonner avec ces macaques, je devrais cesser de demander, mais outre les deux épées, et des dagues il y a certainement une lame que je n'ai pas encore vue et la bougresse est vive...)
–Et tu t'es superbement mouillé pas vrai, petite poule choyée que tu étais chez Mae'var, incapable de te débarrasser d'un mage.
–Je n'avais pas de temps à perdre avec ce rat. Une bande de brutes suffisait, mon intellect supérieur était mieux employé ailleurs.
Un sourire sans joie tiraille sa bouche ourlée comme celle d'un nouveau-né, ou est-ce encore une cicatrice ? Elle lève son verre.
–À Edwin ! Sorcier rouge extraordinaire qui mouille ses robes par la force de son esprit supérieur !
Elle avale son vin en trois gorgées rapides et tourne les talons aussi sec. (Elle fuit lâchement après l'avoir insulté ! Mais il ne va certainement pas courir après une chienne parce qu'elle aboie.)
Cette nuit-là, passant devant sa chambre, lorsqu'il l'entend parler dans son sommeil, il hésite à pousser la porte, ce qu'elle a décrit résonne encore dans son esprit… puis il poursuit son chemin. Elle ne vaut pas tant d'efforts. Une fois qu'il aura eu ce qu'il cherche, il se débarrassera d'eux avec un claquements de doigts et ensuite, il écrasera ce mage fou. Un pervers qui s'en prend à un enfant de Baal pourrait causer des problèmes. Que pouvait-il bien chercher ?
