C'est ici qu'on commence à rejoindre l'histoire qu'on connait! Petite précision que je viens d'aller ajouter à mon intro, mais que je redis ici : je vais surtout suivre la chronologie du livre, mais souvent avec les scènes des films. Plus loin on va découvrir le pourquoi du comment de sa présence dans l'histoire, et je pourrai mieux expliquer pourquoi je me suis permis d'alterner entre le livre et les films!

Bonne lecture!


Chapitre 4 : La réalité?

Quand j'avais rencontré Gandalf, j'étais tellement absorbée par l'idée du rêve que je n'avais pas vécu de choc. Mais de voir apparaître un autre des personnages de Tolkien – un de mes personnages préféré d'ailleurs – m'a donné le vertige. Gandalf avait dû me voir vaciller, puisqu'il m'a soutenu et aidé à m'asseoir. Il avait également reconnu le nain et après l'avoir observé quelques secondes, il s'est dirigé vers lui. À mi-chemin, il s'est retourné vers moi.

« Vous ne venez pas? Cette rencontre n'aurait pas eu lieu sans vous et je crois que vous devez y assister. »

C'est donc avec une énorme boule dans l'estomac que je me suis levée et que j'ai suivi Gandalf. Le pauvre Thorin : il a dû se demande ce qui lui arrivait lorsqu'un vieillard et une hobbite se sont assis à sa table sans invitation.

« Je me présente, je suis Gandalf. Gandalf le Gris. »

« Je sais qui vous êtes », lui a répondu le nain avant de se tourner vers moi. « Et vous? »

J'ai essayé de lui répondre, mais j'étais absolument incapable de formuler quelconque mot. Avec Gandalf, je me sentais bien, en confiance, ce qui m'aidait à agir normalement. Mais la manière dont Thorin me regardait (qui s'apparentait à du dédain), et le ton qu'il avait pris (même s'il ne m'avait adressé que deux mots), avaient achevé de me faire perdre tous mes moyens. À cela s'additionnait à la surprise qu'il n'était pas un vieux nain à la barbe blanche et au bonnet bleu ciel à la Tolkien, mais plutôt un beau nain à la Peter Jackson.

« Elle se nomme Evelyne », lui a répondu Gandalf voyant mon silence. « C'est grâce à elle si cette heureuse rencontre a lieu. »

« Une hobbite qui m'espionne? » a dit Thorin avec un très léger sourire en coin. « On aura tout vu... »

Gandalf a ensuite commencé à lui parler de choses très sérieuses et importantes (vous savez : la disparition de Thraïn, Erebor, Smaug, l'Arkenstone, etc…). Pendant ce temps, j'en profitais pour continuer de détailler le nain. Ce n'était pas une copie conforme du Thorin apparaissant dans les films, mais il lui ressemblait suffisamment pour que je n'aie aucun doute sur son identité. Il dégageait une grande noblesse, mais semblait plus sombre, plus fatiguée. Je pouvais bien deviner que le fardeau de la montagne perdue lui pesait énormément.

Une partie de moi était soulagée. Le fait qu'il ressemblait tant au Thorin de Peter Jackson me confirmait que ça ne pouvait pas être réel. S'il avait existé quelque part un monde parallèle où se trouvait la Terre du Milieu, les personnages ne pourraient certainement pas être des clones des acteurs de nos films.

Après quelques minutes de ces intenses réflexions, j'ai été ramené à réalité en entendant la mention de mon nom.

« Ne vous inquiétez pas », disait Gandalf, « vos secrets sont en sécurité avec Evelyne. Je crois d'ailleurs qu'elle aura son rôle à jouer dans votre quête. »

Le nain me fixait en haussant les sourcils. Je pouvais très bien deviner ce à quoi il pensait – et je me disais un peu la même chose. En quoi une jeune femme hobbite pouvait s'avérer utile pour récupérer chasser un dragon? Moi-même, je n'avais pas vraiment envie de tenter le coup et de toute façon, jamais il ne me laisserait venir. Mais à quoi est-ce que j'étais en train de penser? Je n'étais pas vraiment en Terre du Milieu, de toute façon.

« Je disais », a fini par reprendre Thorin, « que l'Arkenstone était la seule chose permettant de rallier les Sept Armées... Et que ce joyau a été volé par Smaug. »

« C'est pourquoi », lui a répondu Gandalf, « il vous faut un cambrioleur! Rassemblez vos meilleurs alliés, mais pas un trop grand nombre, il faudra demeurer discret. Je me charge du cambrioleur. Donnons-nous rendez-vous dans un an, ici-même à Bree. »

« Non! Ce doit être à Hobbitebourg! »

J'ai mis ma main devant ma bouche, me demandant si je n'avais pas parlé trop vite. Ça avait été plus fort que moi. Gandalf me regardait l'air surpris, mais il a fini par hocher de la tête.

« Très bien, rendez-vous dans un an, à Hobbitebourg. Je marquerai d'un signe le lieu de la réunion. »

Ils ont ensuite discuté de routes à prendre et de compagnons à choisir pendant que je soupirais de soulagement. En fait, pensais-je, pourquoi est-ce que je ressentais ce soulagement? J'étais seulement en train de vivre un délire, qu'est-ce que ça aurait changé que Gandalf ne choisisse pas Bilbon? Je ne serais de toute façon plus présente dans un an. J'allais certainement me réveiller sur le plancher de mon appartement ou dans un asile sous peu.

Lorsque Gandalf et moi sommes revenus à notre petit salon, quelques heures plus tard, il avait plusieurs questions à me poser.

« Vous saviez que Thorin serait ici ce soir? » m'a-t-il demandé.

« Dans les livres, c'était ainsi que ça se passait. Vous vous rencontriez par hasard, alors que vous étiez justement tous les deux préoccupés par Smaug et la Montagne. Mais à cause de ma présence, vous l'avez presque manqué, puisque nous n'étions pas dans la salle commune… Ça aurait vraiment chamboulé l'histoire. »

« Et pourquoi Hobbitebourg? »

« Vous ne pensez pas qu'un hobbit serait un parfait cambrioleur? »

« Bien sur », me dit-il en souriant, « Smaug ne connaît pas l'odeur des hobbits et vous pouvez circuler sans faire le moindre bruit. Vous êtes une hobbite. Et je crois que votre apparition à ce moment précis est quelque chose qu'il faut prendre en compte. »

Pour l'énième fois depuis mon arrivée, j'étais sous le choc. Il avait pensé que moi, je serais la cambrioleuse pour la quête d'Erebor? Alors, Bilbon n'aurait jamais trouvé l'anneau, et donc ne le passerait jamais à Frodon, qui ne pourrait pas le détruire…

« Non, non! » me suis-je empressé de lui répondre. « Ça doit être.. Ça ne peut pas être moi, il faut suivre l'histoire, c'est trop important. Ça fait seulement une journée que je suis ici, et le simple fait que je sois là a presque tout fait raté. »

« Soit : je trouverai le hobbit à Hobbitebourg, et je crois déjà avoir ma petite idée… Mais je crois tout de même que vous devez participer à cette quête. L'image de grive dans votre dos, je n'ai jamais vu de tatouage si réel. Et si je me souviens bien, la prophétie des nains fait référence aux oiseaux d'antan, dont elle fait partie. »

Je n'ai eu d'autres choix que d'acquiescer. Et il ne le savait pas encore, mais la grive jouerait un rôle encore plus important dans la quête : les runes de la carte en faisaient mention et elle servait ensuite de messagère jusqu'à Bard, lui indiquant le point faible du dragon.

« Si vous avez peur que votre apparition chamboule l'histoire », a continué Gandalf, « il vous faudra donc être là pour vous assurer qu'elle suive son cours… Je suis impatient de voir ce que le seigneur Elrond aura à dire à votre sujet. »

C'est sur cette note que nous sommes partis nous coucher, justement parce que nous devions partir tôt le lendemain pour prendre la route vers Fondcombe.

L'équipement que Gandalf m'avait choisi était très complet. Le magicien avait pensé à tout : sac, vaisselle, couverture, manteau, et même une pipe (que je n'avais pas l'intention d'utiliser). Mais l'article qui m'a rendu la plus heureuse a été le pantalon de voyage. À ma demande, nous sommes arrêtés chercher des bottes. J'étais peut-être physiquement une hobbite, mais je n'aimais pas du tout l'idée de marcher pieds nus.

Il nous a fallu deux semaines pour se rendre à destination. Plus les jours avançaient, plus je réalisais que ce qui m'arrivait était peut-être réel… Et je me surprenais parfois à souhaiter que ça n'arrête jamais. Je vivais tout de même beaucoup de questionnements et d'inquiétudes, et j'ai rapidement pris l'habitude d'en parler à Gandalf. Il m'écoutait, me réconfortait et me posait beaucoup de questions sur mon ancienne vie. Lorsque je lui parlais de mon travail de caissière dans une banque, de ma ville ou de mon appartement, je me rendais compte que rien de tout cela ne me manquait. Même mes quelques amis ne me manquaient pas.

Lorsque Fondcombe est apparue plus bas dans la vallée devant nous, j'ai demandé à Gandalf une pause. Je voulais profiter de la magnifique vue, mais je voulais surtout établir un plan sur ce qui allait se passer.

« Je sais qu'Elrond va m'aider à voir plus clair dans ce qui m'arrive », lui ai-je dit. « Mais je ne crois pas que ce soit à nous de lui parler de la quête qui se prépare. Je dirai seulement que je sais que d'importants évènements vont bientôt arriver, et que je ne peux pas en dévoiler plus de peur de modifier le cours des choses. »

Gandalf m'a souri, avant de me dire qu'il était tout à fait d'accord. Le rôle d'Elrond viendrait plus tard dans la quête.

« Je lui demanderai », a-t-il ajouté, « de bien vouloir vous garder ici pour la prochaine année. Quelques leçons de combat ne seront pas de refus, en vue de ce qui nous attend. »

L'idée d'habiter Fondcombe m'emballait, mais je continuais de croire qu'il serait plus simple que je me tienne loin de la quête. Gandalf et moi avions eu plusieurs discussions à ce sujet tout au long de la route. Même si au fond de moi j'avais une folle envie d'être aux premières loges de l'aventure, j'avais trop peur que ma présence ait des conséquences désastreuses.

Malheureusement pour moi (ou heureusement..), la conclusion de notre très long entretien avec Elrond fut que je devais impérativement rester le plus près possible des évènements décrits dans les livres. Si les Valars m'avaient fait apparaître à ce moment précis, cela signifiait que j'avais un rôle à jouer. D'ailleurs, peut-être m'enverraient-ils bientôt un signe. Mais en attendant, je devais absolument m'assurer que les évènements suivent leur cours normal, tel que je l'avais fait avec Gandalf à Bree.

S'ils avaient su comme moi la fin de l'histoire, ils m'auraient probablement mieux compris. Je n'avais aucune envie d'avoir à assister à la tragédie qui se préparait. Je n'avais peut-être vu que le premier des trois films, mais la fin du livre, elle, je la connaissais par cœur.


Voilà! Review?