Avant tout, une petite pensée venant du Québec, en direction de la France. Je suis Charlie.
Maintenant, on plonge en plein dans l'histoire! Tel que je l'ai déjà précisé, vous allez voir que je ne copie pas l'intégral des dialogues du livre et/ou film, parce que je suppose que de toute façon, vous les connaissez par cœur! ;)
Bonne lecture!
Chapitre 7 : La réception tant attendue
J'ai laissé Thorin entrer, et attendu que Gandalf le présente à Bilbon avant de m'avancer devant la porte. J'en ai profité pour prendre une bonne respiration, sachant que j'allais tomber face à face avec onze nouveaux personnages. Je devais à tout prix garder mon calme – et surtout ne pas rester figée la bouche ouverte à les détailler. J'aurais tout mon temps pour les observer plus tard.
« Ah! » s'est exclamé Gandalf en me voyant apparaître. « Et voici la personne dont je vous ai parlé, qui vous sera d'une grande aide. Je vous présente Evelyne. »
J'ai fait un sourire timide, qui a rapidement disparu à la réplique lancée par celui que je devinais être Dwalin (son crâne était chauve et tatoué).
« Vous n'avez pas mentionné que c'était une femme hobbite. »
« Ça, c'est une hobbite? » A demandé Bilbon en me fixant curieusement.
« Vraiment », ai-je dit, « merci Gandalf de bien les avoir préparés à mon arrivée. »
Le silence s'est installé et je me sentais vraiment mal à l'aise d'être le centre de l'attention. Au bout de quelque seconde, Thorin s'est intéressé à Bilbon et lui a posé sa question sur les armes. Une fois la rigolade passée, ils se sont tous dirigés vers la salle à manger.
« Une visite dans les Monts de Fers, hein? » ai-je dit à Fili et Kili lorsqu'ils sont passés à côté de moi.
« Hmf.. Et vous, vous attendiez quelqu'un? » m'a rétorqué le plus vieux.
« Tout à fait, je n'ai pas menti. J'attendais votre oncle. »
Devant leur air surpris, je n'ai pas pu m'empêcher de rire. Ils ont poursuivi leur chemin et il ne restait plus que moi, Gandalf et un Bilbon passablement perturbé dans l'entrée.
« Alors, ça s'est bien passé? » a demandé Gandalf.
« Je crois bien que oui. Nous le saurons bientôt. Allez les rejoindre, je vais rester en retrait pour le moment. »
J'avais décidé de ne pas dire à Gandalf que j'avais changé d'idée quant à ma participation à la quête. De toute façon, je savais ce qu'il allait me répondre et je considérais que c'était à moi de faire mes propres choix. Pendant qu'ils discutaient autour de la table, j'en ai profité pour explorer Cul-de-Sac, en gardant une oreille attentive à leurs propos, pour pouvoir intervenir quand il serait temps.
Les nains avaient vraiment rendu le trou de Bilbon sans dessus dessous. Mais malgré le désordre, découvrir ce lieu mythique me rendait émotive. C'était mieux que tout ce que j'avais pu imaginer en lisant les livres et tellement plus impressionnant que le Cul-de-Sac des films. Et pour la première fois depuis que j'étais en Terre du Milieu, tout était à ma taille. Je m'étais habituée à ma grandeur de hobbit, mais ça n'était pas toujours facile de vivre entouré de grandes personnes et de grands meubles. Je suis passée devant un miroir, ça faisait longtemps que je n'avais pas vu mon reflet, et j'ai pris le temps de me détailler. Je n'avais pas beaucoup changé, seulement mon teint, qui était d'avantage hâlé puisque j'étais toujours dehors, et mes cheveux, qui avaient poussé. Je les gardais toujours attaché, en chignon au dessus de ma tête, depuis la fois où un orc me les avait sauvagement tirés.
« Les terres sauvages ne sont pas faites pour les gens de bonnes familles qui ne savent ni se battre ni se débrouiller seul. Même la fille semblait mieux convenir à la tâche. »
En entendant la réplique de Dwalin, je me suis rapidement dirigée vers la salle à manger.
« Oui », a avancé Kili en me voyant apparaître, « mademoiselle Evelyne est une hobbite, elle pourrait être notre cambrioleur! »
Les nains recommençaient à s'emporter autour de la table. « Quelle bonne idée! » disaient certains (ainsi que Bilbon), alors que les autres répliquaient « pas question d'emporter une femme sur la route! ». J'ai dû hurler pour qu'ils écoutent ce que j'avais à dire.
« Je ne suis pas du même type de hobbit que M. Sacquet, je ne serai jamais autant silencieuse que lui. »
Les nains, fidèles à eux-mêmes, se sont remis à discuter (crier) tous en même temps, et Gandalf a perdu patience.
« Ça suffit! Bilbon sera votre cambrioleur. Les hobbits ont le pas extrêmement léger, ils peuvent facilement passer inaperçu. Evelyne est la dernière représentante des Hobbits Forts, ce qui la rend plus robuste, mais aussi presque autant bruyante qu'un nain. »
J'ai dû me retenir de ne pas éclater de rire devant la manière dont Bilbon me regardait pendant que Gandalf finissait son intervention. Visiblement, il connaissait bien l'histoire de son peuple et savait que mon existence tenait du miracle.
« Donne-lui le contrat », a ordonné Thorin à Balin, en désignant Bilbon.
La suite était prévisible, et je me suis retrouvée seule avec les nains, pendant que Gandalf était parti prendre soin d'un Bilbon passablement traumatisé (et inconscient pour le moment).
« Et pour elle? »
J'ai regardé le nain qui m'avait désigné, pour l'identifier. Ça ne faisait aucun doute, ce devait être Bifur, mais sans la hache dans la tête. Je savais bien que c'était un peu trop poussé, dans le film.
« Je ne sais pas encore si on peut lui faire entièrement confiance », a commencé Thorin, avant de se tourner vers moi. « Si vous ne pouvez pas me dire d'où vous venez, qu'est-ce qui me garantis que vous ne faites pas partie des ennemis? »
« Si j'avais été un ennemi, j'aurais profité de votre sommeil pour vous égorger, au cours de la dernière semaine. Il en est de même pour vos deux neveux, qui ont partagé mon campement la veille de votre passage. » Voyant son visage se durcir, j'ai repris. « Ce n'est pas une menace, seulement une observation. Tout ce que je veux, c'est vous aider. »
« En quoi une femme peut-elle nous apporter de l'aide », est intervenu Gloïn. « Elle sera un fardeau. Les femmes n'ont pas leur place sur la route. »
« Je ne serai pas un fardeau! » Je commençais à m'emporter. « Je sais me battre et ma place EST sur la route, je n'ai jamais vécu ailleurs. »
« Je n'ai pas le choix d'acquiescer à ce dernier point : elle se débrouille aussi bien sur la route que n'importe lequel d'entre vous. »
J'ai regardé Thorin avec surprise. Était-il vraiment entrain de prendre ma défense? Ma stratégie de cheminer avec lui jusqu'à Hobbitebourg avait apparemment porté fruit.
« Par contre », a-t-il repris en se retournant vers moi, « vous ne m'avez pas encore démontré vos capacités au combat. »
« Je suis prête à combattre n'importe lequel d'entre vous, si c'est ce qu'il faut pour prouver que je suis capable. Je n'ai pas l'audace de dire que j'arriverai à le battre, je n'ai pas la puissance d'un nain. Et vous êtes certainement de meilleurs adversaires que les orcs dont j'ai l'habitude… Mais je suis certainement capable d'offrir une bonne résistance. »
S'en est suivit une longue discussion entre les nains. Certains disaient que ce serait contre nature de combattre une femme, mais la majorité approuvait l'idée. Il restait à choisir lequel d'entre eux relèverait le défi. Ils hésitaient entre la force brute – Dwalin – ou le plus jeune – Kili – pour me laisser une chance. Ils ont finalement opté pour l'équilibre entre les deux, Fili.
Nous nous sommes dirigés à l'extérieur, question de ne pas abîmer d'avantage le trou de Bilbon – quoi que ce n'était pas quelque chose qui dérangeait les nains. Une fois dans le jardin, j'ai sorti mes couteaux et attendu que Fili se place face à moi. Il a pris une première épée, se demandant s'il devait sortir l'autre.
« Allez, prend les deux! » l'a encouragé son frère.
J'ai souri : mes deux couteaux elfiques contre ses deux épées naines. Ce serait des plus intéressant. À peine Thorin avait-il donné le signal que je me suis élancée vers le nain blond. Mon seul avantage était ma rapidité et je devais le prendre par surprise. Il parait chacun de mes coups, mais j'ai passé très près de l'atteindre à quelques reprises. Mais lui, il ne m'attaquait pas.
« Oublie que je suis une femme! » ai-je dis en reculant de quelques pas. « Attaques-moi! »
Je l'ai vu jeter un coup d'œil à son oncle, qui lui a fait signe de procéder. Comme je m'y attendais, le coup avait beaucoup plus de force que les attaques des orcs. J'ai tout de même paré, et répliqué. L'échange a duré quelques minutes. Il avait l'avantage, mais je tenais bon.
« Ça suffira », a déclaré Thorin.
Je commençais à être sérieusement essoufflée, et je l'ai intérieurement remercié d'avoir annoncé la fin du duel. Fili est venu me serrer la main avec un large sourire, et je me suis retournée vers le reste du groupe.
« Alors, acceptez-vous Evelyne? » a demandé Gandalf, qui avait dû arriver pendant le combat.
Les nains se sont réunis en conciliabule et voyant que cela s'éternisait, Gandalf est intervenu.
« Elle vous a prouvé que le fait qu'elle soit une femme hobbite ne serait pas un désavantage, et même le contraire. Mais il y a une autre raison pour laquelle vous devez absolument la laisser venir. »
La panique m'a envahie, et j'avais peur de ce que Gandalf allait dévoiler. Peut-être que je pourrais l'assommer avant qu'il ne continue?
« Elle a un précieux don : elle peut voir le futur. »
« Merci encore une fois, Gandalf. Moi qui voulais me faire accepter pour mes talents et non pour cela… » Je me suis empressée de parler, devant l'air à la fois étonné et perdu des treize nains. « Ne faites pas cette tête, ce n'est rien d'exceptionnel. J'ai parfois des impressions, des pressentiments, sur ce qui va se passer. Et ça se produit seulement à très court terme. »
Gandalf et moi avions auparavant discuté de dévoiler cette information, mais seulement en cas d'extrême nécessité. Apparemment, le magicien n'avait pas vu les choses du même œil que moi.
« Donc, techniquement, vous savez déjà ce que Thorin va décider? » Toujours drôle, ce Bofur.
« Malheureusement, ça ne fonctionne pas avec ce qui me concerne directement », ai-je rétorqué.
Et là, j'ai été assailli par une tonne de questions, allant du « qu'est-ce que je vais manger pour le petit-déjeuner demain » à « combien d'or va me rapporter cette aventure », passant par « est-ce que je vais me marier un jour? ».
« Ça suffit! » Ces nains étaient définitivement pénibles. « Ça ne fonctionne pas sur commande et encore moins lorsqu'il s'agit d'informations puériles. »
Thorin et Balin étaient les seuls à être restés silencieux, profitant du brouhaha pour discuter à voix basse. Une fois le silence revenu, le vieux nain à barbe blanche s'est tourné vers moi.
« Très bien! Je vous souhaite la bienvenue dans la compagnie de Thorin Écu-de-Chêne. Toutefois, les contrats ont tous déjà été signés en fonction de quatorze membres. Nous vous proposons donc une rémunération souple, qui variera en fonction de l'aide que vous nous apporterez. Un peu comme Gandalf. »
« Ça me va! »
Nous sommes tous retournés dans Cul-de-Sac et je me suis assise dans un fauteuil, soulagée. J'allais pouvoir faire un bout de chemin avec eux, et comme je n'avais pas de contrat, je pourrais rester à Fondcombe et m'épargner la Bataille des Cinq Armées et tout le reste. Gandalf était retourné voir Bilbon, pour tenter de le convaincre une dernière fois. Fili et Kili sont venus s'asseoir près de moi et ont entrepris de me nommer chacun des nains de la compagnie ainsi que leurs liens de parentés, parfois accompagnés d'anecdotes.
Peu à peu, les nains se sont rassemblés dans le salon, où nous nous trouvions, et ont sorti leur pipe. J'ai fait de même – les traditions de la Terre du Milieu avaient eu raison de moi, et il m'arrivait de me servir de la pipe que m'avait offerte Gandalf. Le silence s'est installé quelques minutes, avant que Thorin annonce qu'il était temps de chanter.
C'était magique. La chanson était absolument identique à celle du film. L'émotion contenu dans la chanson m'a assailli, et j'étais complètement transportée. Je n'avais plus l'impression d'être à Cul-de-Sac, mais à Erebor, devant la montagne en flamme. La chanson terminée, j'ai ouvert les yeux – je ne m'étais même pas rendue compte que je les avais fermés – pour voir que plusieurs des nains me fixaient. Mes joues étaient humides : j'avais pleuré.
Je me suis rapidement levé et j'ai quitté la pièce, fâchée que les nains m'aient vu ainsi. Moi qui essayais de les convaincre qu'être une femme ne changerait rien… Maintenant, ils allaient penser que j'étais trop sensible.
Une fois le visage essuyé, j'ai décidé d'aller voir Bilbon, qui était dans sa chambre. La chanson devait aussi l'avoir touché, et c'était le bon moment pour que j'intervienne. Je voulais être certaine qu'il prenne part à l'aventure, malgré ma présence. J'ai cogné, et entré même s'il a dit ne vouloir voir personne.
« Désolé, mais j'ai quelque chose d'important à vous dire. Vous n'étiez pas là tout à l'heure quand nous en avons parlé… J'ai un don, il m'arrive d'avoir des pressentiments par rapport au futur. »
« Et..? » Il semblait savoir où je voulais en venir, mais n'osait pas demander directement.
« Et je crois que vous devez venir avec nous. Vous ne le regretterez pas. »
« Est-ce que je vais revenir? »
Je me suis contentée de lui faire un sourire mystérieux, accompagné d'un clin d'œil, avant de quitter sa chambre. Son côté Took gagnerait la partie, j'en étais certaine.
Je dirais pas non à quelques reviews!
