Un dernier chapitre léger, en prévision des rebondissements qui s'en viennent dans les prochains! En même temps, c'est comme dans l'histoire originale : le gros de l'action arrive un peu plus tard!
Mes statistiques de lectures augmentent! Et si les reviews pouvaient faire de même, ça serait très cool!
Bonne lecture!
Chapitre 10 : La Dernière Maison Simple
« Je ne suis pas une petite fille! » ai-je crié en me débattant, toujours retenue par le Troll.
« Il suffit de la couper en morceaux et l'ajouter au bouillon, ce sera un vrai délice! »
Heureusement, c'est à ce moment que Kili a émergé, leur demandant de me lâcher. Malgré la situation plus que désagréable, j'ai tout de même eu le temps de penser que c'était comme dans le film, sauf que j'étais actuellement à la place de Bilbon. Sur cette pensée, j'ai atterri sur le jeune nain, alors que toute la troupe arrivait à la rescousse.
Je me suis vite remise sur mes pieds, et j'ai plongé dans le combat. Je coupais, piquais et frappais autant que je le pouvais, en évitant autant que possible les pieds et mains des Trolls. Je savais que tout ça se terminerait à notre désavantage, mais ça me faisait du bien de me défouler sur ces créatures immondes. Après tout, ils m'avaient traité de petite fille.
Et comme prévu, nous nous sommes retrouvés dans des sacs.
« Toi », m'a dit le Troll en refermant mon sac, « je te garde pour le dessert. »
Il m'a lancé parmi les autres et j'ai atterri tout près de Thorin. En fait, tellement près que mes jambes étaient par-dessus les siennes.
« Vous saviez. Pourquoi ne l'avez-vous pas empêché? » m'a-t-il demandé froidement.
Et en plus il trouvait le moyen de me faire un reproche.
« J'ai essayé de vous avertir, mais vous avez ris de moi. » J'étais vraiment de mauvaise humeur. « Je vous l'avais dit, qu'il m'arrivait de pressentir le futur! »
« Et maintenant, qu'est-ce qu'on fait? »
« On fait confiance au cambrioleur. »
Et juste au bon moment, Bilbon a eu la merveilleuse idée de gagner du temps. Gandalf est arrivé, les Trolls ont été changés en pierre et les nains sont partis à la recherche de leur caverne, chacun de leur côté. Je suis restée là, en attendant que l'un d'eux annonce l'avoir trouvé.
« Je vais essayer de vous écouter, la prochaine fois », m'a dit Thorin qui, en bon chef, laissait les autres chercher à sa place.
« Seulement essayer? » ai-je rétorqué, en souriant. Incorrigibles, ces nains.
Un sifflement nous a signalé que la caverne avait été trouvée. J'y suis entrée, malgré la forte puanteur, espérant me trouver un petit souvenir. Pendant que je regardais d'un œil distrait les trésors contenus dans la grotte, je me demandais ce qui allait se passer ensuite. Soit un magicien avec de la fiente d'oiseau dans les cheveux se pointerais, vite suivit par des wargs; soit ce serait comme dans le livre, et nous marcherions encore quelques jours avant d'atteindre Fondcombe sans embuche.
Quelque chose au sol a attiré mon regard. C'était un pendentif, clairement de facture elfique, soigneusement ouvragé, avec une pierre bleue en son centre. Comme il n'y avait plus de chaine, je l'ai mis dans ma poche intérieure. Je me suis rapprochée de Gandalf et Thorin, qui étaient entrain d'admirer leurs nouvelles épées. J'ai jeté un coup d'œil aux autres armes poussiéreuses, juste au cas.
Et là, dans son fourreau, il y avait une épée typiquement elfique, semblable à celle que j'aurais voulue à mon arrivée à Fondcombe. En S très évasé, comme celles des elfes de l'Ultime Alliance ou du Gouffre de Helm. Mais elle était plus courte et plus légère, parfaite pour moi. Elle n'avait rien d'extravagant, aucunes runes ou pierres incrustées, c'était une épée normale. C'était amplement suffisant pour moi et j'étais très contente de ma découverte. Je ne laisserais pas tomber mes couteaux, j'avais apprise à me battre avec et j'en aimais le style de combat. Mais d'avoir une épée en plus, ce n'était pas de refus, même si j'allais certainement avoir besoin de m'entraîner longtemps pour bien la maîtriser.
Je me suis ensuite empressée de sortir, heureuse de pouvoir respirer de l'air pur. Peu à peu, les nains sont également ressortis de la caverne. Gandalf m'a fait signe, et je l'ai suivi un peu plus loin, pendant que les autres étaient occupés à discuter de leur butin.
« Alors », m'a-t-il dit tout bas, « tout se passe comme prévu? »
« Jusqu'à maintenant oui. Mais comme je vous ai dit, il y a des disparités dans les deux versions de l'histoire.. Et maintenant il peut se produire deux choses très différentes. »
Je me suis alors rappelé du regard échangé entre Balïn et Gandalf dans le film, lorsqu'il était question d'Azog.
« Gandalf, est-ce qu'Azog est toujours en vie? »
Il m'a tout d'abord regardé d'un air surpris, avant de tranquillement hocher de la tête, me faisant signe que oui.
« Dans ce cas, il faut vraiment être sur nos gardes. »
Et c'est ce que nous avons fait, mais rien ne s'est produit jusqu'à ce qu'il soit temps de reprendre la route. Rien ne s'est produit non plus les deux journées suivantes, sauf pour le moral de la troupe, qui était au plus bas. Heureusement, nous n'avions pas perdu nos poneys, mais nos provisions étaient dangereusement basses. Les Trolls avaient fait fuir – ou mangé – toutes les petites bêtes de la forêt, et nous ne pouvions donc pas chasser.
J'étais nerveuse. Thorin refusait toujours de mettre le pied à Fondcombe et sans l'attaque d'orcs et de wargs pour nous y pousser, je ne savais pas comment nous pourrions faire. J'étais également nerveuse parce que je savais que mon chemin s'arrêterait bientôt, et j'appréhendais le moment où je devrais annoncer à la Compagnie – que je considérais maintenant comme étant mes amis – que je ne continuerais pas avec eux.
« Vous semblez nerveuse. »
J'ai sursauté à la voix de Thorin. C'était mon tour de garde et j'avais les yeux rivés sur le feu, perdu dans mes pensées, me frottant la tempe avec les doigts.
« Oui. Thorin, il faut aller à Fondcombe. Nous n'avons plus de vivres et Gandalf dit qu'Elrond pourra vous aider avec la carte », ai-je tenté, me doutant que ça ne changerais rien.
« Je peux très bien mener cette quête à bien sans mendier auprès de ces oreilles pointues. »
« J'ai vécu à Fondcombe, ces elfes sont bons. Et j'ai l'impression que si nous n'y allons pas, quelque chose de grave arrivera. »
« Nous sommes dans une quête pour chasser un dragon, des choses graves, nous allons en voir », a-t-il rétorqué. « Allez vous coucher, je vais finir votre tour de garde. »
Je l'ai écouté sans rien dire, sachant que cela voulait dire qu'il voulait que la discussion s'arrête. Mais je n'ai pas dormi, cherchant désespérément une solution pour nous faire bifurquer vers la Vallée Cachée.
La solution est venue d'elle-même, alors que nous nous arrêtions pour manger le lendemain midi. Au loin – mais pas suffisamment loin – des hurlements de wargs.
« Sur vos poneys, vite! » s'est écrié Gandalf.
Et nous avons fui, à la suite du magicien. Il semblait nous mener au hasard dans la forêt, dans le but de mettre la plus grande distance possible entre nous et les orcs. Mais j'ai vite deviné que nous allions en direction de Fondcombe. Les wargs se rapprochaient quand même de plus en plus, et nous entendions le bruit de leur course et leurs halètements.
Juste au moment où je m'attendais à les voir apparaître derrière nous, nous avons franchi une rivière. C'était la Bruinen et je savais que les orcs cesseraient de nous poursuivre. Mais Gandalf n'a pas ralenti l'allure, jusqu'à ce que nous nous retrouvions sur le bord d'une pente. En bas, se trouvait la Dernière Maison Simple à l'Ouest des Monts.
« C'était votre plan depuis le début », a craché Thorin. « Nous amener chez notre ennemi! »
« Le véritable ennemie se trouve de l'autre côté de la rivière », ai-je lancé en souriant. « Et si vous voulez y retourner, je suis certaine que les wargs seraient plus qu'heureux d'avoir un festin de nains pour le souper. Moi, je choisi le festin que les elfes vont nous offrir. »
J'ai laissé Gandalf faire ses recommandations, et j'ai démonté de mon poney pour commencer à descendre dans la vallée, soulagée. Même si j'avais été heureuse de quitter Fondcombe pour aller chez les Dúnedains, ça me faisait du bien de revenir.
Les autres m'ont suivi et un peu plus d'une heure plus tard, nous étions accueillis par le seigneur Elrond en personne. Les nains, et particulièrement leur chef, ont été ingrats et malpolis, mais on nous a quand même offert le gîte.
« Evelyne! » s'est-il exclamé lorsqu'il m'a vu. « C'est une surprise de te voir parmi un groupe de nain… Mais je suis heureux de te revoir. »
« Nos chemins se sont croisés par hasard », lui ai-je répondu, pour garder leur quête secrète. « Et aussi étrange que ça puisse paraître, ils sont devenus mes amis. »
« Demain, vous mangerez tous à ma table », a ensuite annoncé Elrond, après avoir levé un sourcil inquisiteur dans ma direction. « Pour ce soir, je crois que vous aimerez vous reposer et vous nettoyer. Evelyne, tu peux reprendre ta chambre et je te laisse guider tes amis jusqu'à la maison des invités. »
Gandalf est resté auprès d'Elrond, pendant que j'invitais les nains à me suivre. La maison des invités était tout près de ma chambre – en fait, je pouvais la voir de ma fenêtre, de l'autre côté d'un petit jardin. Elle n'était pas très grande et n'avait que deux chambres, mais elle valait mille fois mieux que le sol de la forêt auquel nous étions habitués. Je les ai aidé à décharger les poneys, que nous avons ensuite menés jusqu'à l'écurie.
« Alors, tu as une chambre à toi, ici? » a demandé Bofur.
« Et où est-ce que j'aurais dormi, les mois où j'ai été hébergé ici? Sur un banc de parc? » lui ai-je rétorqué en riant. « Maintenant, si vous voulez bien m'excuser, mon bain m'appelle. Je vous retrouve plus tard. »
J'étais entrain de refermer la porte de ma chambre derrière moi quand j'ai entendu des pas précipité et quelqu'un appeler mon nom.
« Gilraen! » me suis-je exclamée en prenant mon amie dans mes bras.
« Je me doutais bien que tu reviendrais me rendre visite un jour, mais de là à te voir arriver avec treize nains, un hobbit et un magicien? »
Elle s'est installée sur le banc, pendant que je prenais mon bain – qu'on avait gentiment préparé pour moi – derrière un rideau. Nous avions tellement de choses à rattraper, nous ne voulions pas perdre une minute.
« Raconte-moi tout! » m'a-t-elle dit.
Et je lui au tout raconté. Mais vraiment tout. J'en avais assez de garder mes secrets et j'avais vraiment besoin de me confier – et j'avais complètement confiance en Gilraen. Évidement, j'allais quand même devoir taire les détails de la fin de l'histoire.
« Je n'ai pas été complètement honnête avec toi. En fait je me rappelle d'où je viens. Là bas, je n'étais pas une hobbite.. Là bas, les hobbits, les elfes et les nains n'existent pas… »
À mesure que mon histoire avançait, je me sentais plus légère. Et plus propre aussi, mais ça, c'était grâce au bain.
« Alors voilà… » j'avais terminé mon histoire et mon bain, et j'étais maintenant assise près d'elle. « S'il-te-plait, ne me pose pas de question sur le futur, je ne peux vraiment rien dévoiler. Et si tu préfères ne plus me voir, je comprendrais. »
« Je n'ai jamais rien entendu de si étrange.. » a-t-elle doucement répondu. « J'ai peine à y croire, mais je te fais confiance. Et ça explique pourquoi tu es si différente! Ma pauvre amie… Ça ne doit vraiment pas être facile de porter ce fardeau.. Mais je pense comme Gandalf et Elrond, si tu es apparue juste au moment où cette quête allait débuter, c'est que tu dois y prendre part. Si jamais tu décides de rester ici à Fondcombe, ça me fera plaisir de t'avoir à mes côtés plus longtemps. Pour le moment, laisse-moi m'occuper de tes cheveux. Ils sont dans un état horrible. »
J'ai ri de bon cœur, soulagée par ses paroles. Et pour mes cheveux, elle avait entièrement raison. Ils avaient trop poussé et avaient passé les six derniers mois attachés. Même les petites huiles elfiques posées près de mon bain n'étaient pas venues à bout des nœuds qui s'y étaient formé.
Il faisait noir quand je suis allée retrouver mes compagnons de voyage. Gilraen avait coupé mes cheveux – je l'avais menacé de les rattacher immédiatement si elle n'acceptait pas – et ils tombaient maintenant juste un peu plus bas que mes épaules. J'avais choisi une tunique blanche, à coupe typiquement elfique, que j'avais laissée à Fondcombe – le blanc n'est pas une bonne couleur, quand on s'en va vivre dans la nature.
« Qui êtes-vous et qu'avez-vous fait d'Évelyne? » a demandé Fili quand il m'a vu apparaître.
« J'ai tellement dû frotter pour enlever la crasse qu'elle s'est dissoute dans l'eau, je crois. »
J'étais arrivé juste à temps pour profiter de l'encas apporté par les elfes, ce qui a rendu mon estomac très heureux.
« Tu devrais laisser tes cheveux comme ça plus souvent », a déclaré Kili au bout d'un moment.
« Je déteste me battre avec les cheveux dans le visage. »
S'en est suivit une pénible discussion sur le fait que plusieurs des nains avaient plus de cheveux et/ou barbes que moi et que ça ne les empêchait pas d'être de bons guerriers. C'est finalement Dwalin – certainement en raison de sa calvitie avancée – qui a mis brutalement fin à l'argumentation en déclarant que chacun pouvait bien faire ce qu'il voulait de ses cheveux.
Je l'ai remercié d'un sourire et me suis levée.
« Sur ce, je vais profiter du confort de mon lit. Et à voir l'onde de choc causée par mes cheveux, j'aime mieux vous prévenir tout de suite. Préparez-vous bien, demain, je porterai une robe. »
Et je les ai quittés, en éclatant de rire face à leur air ébaubi.
