Je suis encore en retard! Les évènements palpitants dans ma vie se sont légèrement calmés, je devrais pouvoir reprendre mon rythme normal d'écriture!

Un chapitre d'émotions et de révélations! Bonne lecture!


Chapitre 12 : La Dame Galadhrim

Je ne suis pas ressortie de ma chambre de la journée, ni de la soirée. Gilraen a eu la gentillesse de venir me porter le souper et nous avons mangé ensemble. Sa présence m'a apaisée – surtout que nous avons parlé de tout sauf des nains. Je n'avais pas eu besoin de lui expliquer, elle m'avait tout de suite comprise et appuyée. Après tout, elle avait aussi traversé des épreuves, bien plus dures que les miennes.

Le lendemain, je me sentais moins triste, mais pas plus calme. Je ne m'étais pas encore entraînée avec ma nouvelle épée et un peu de combat me semblait la solution parfaite pour me défouler. Je suis d'abord passé voir l'armurier, pour faire affûter la lame.

« Cela ce pourrait que ce soit une des épées forgées expressément pour l'ultime alliance », m'a-t-il annoncé en l'examinant. « Vous êtes chanceuse d'être tombée dessus, sa taille me semble parfaite. »

J'allais partir quand il m'a dit d'attendre, qu'il allait me chercher quelque chose. Je n'ai pas pu retenir mon cri de surprise quand je l'ai vu se pointer avec une réplique parfaite du croquis que j'avais fait d'une arbalète. Elle était légère, petite et facile à tendre, et j'étais en train de me dire que ce serait d'une grande utilité pour la suite de l'aventure, avant de me rappeler que je n'en faisais plus partie.

J'ai néanmoins remercié chaleureusement l'armurier, qui m'a ensuite accompagné jusqu'au terrain d'entraînement. Les elfes étaient curieux de voir l'arbalète à l'œuvre, et je me suis donc retrouvée au centre d'un attroupement, en espérant donner une bonne performance. Je n'ai pas touché le centre de la cible – j'en étais même plutôt loin – mais pour une première fois, c'était très bien. Après quelques coups, je l'ai prêté aux autres elfes pour qu'ils en fassent l'expérience. En échange, j'ai eu droit à de nombreux conseils quant à l'utilisation de ma nouvelle épée. La journée s'est déroulée ainsi, ce qui était parfait : je n'ai pas repensé aux nains – pas trop en tout cas.

Par contre, dès que je fus seule dans ma chambre, j'ai recommencé à me sentir mal. Je me suis retrouvée devant ma fenêtre ouverte, à fixer la maison des invités. Aucun son n'en sortait, ce qui était plutôt inhabituel. Peut-être Thorin était-il en train de leur apprendre la nouvelle. Ou bien il l'avait fait plus tôt et mes anciens amis avaient momentanément perdu l'envie de chanter et de rire. Aucune de ces deux hypothèses n'aidait à mon moral. Je savais que j'irais les revoir, pour faire mes adieux, mais pas tout de suite, je n'étais pas prête encore. De toute façon, ils ne quitteraient pas Fondcombe avant plus d'une semaine.

Je venais à peine de finir de m'habiller, le lendemain matin, quand des coups ont été frappés à ma porte. C'était Balin. Je l'ai laissé entrer, le cœur serré, et l'ai invité à s'asseoir.

« Thorin nous a tout expliqué. Ils m'ont envoyé pour discuter avec toi des termes de ton contrat. »

« Mais Balin », ai-je répondu en fronçant les sourcils, « je n'ai pas signé de contrat. »

« Je sais, mais nous avons voté et nous sommes prêts à t'en faire signer un », a-t-il dit en me tendant un parchemin soigneusement plié. « Tu auras ta part égale des bénéfices, comme nous tous. »

« Si je viens, il n'y aura tout simplement pas de bénéfices. La quête va échouer. »

Je sentais la panique monter en moi, ils ne me rendaient vraiment pas la vie facile, ces nains. Si seulement ils savaient vraiment ce qui m'empêchait de continuer…

« Tu nous as dit que tes visions ne te concernaient pas directement. Et tu nous as aussi dit qu'elles venaient pour des choses à court terme. Laisse-moi te demander la chose suivante : sais-tu exactement à quel moment ta présence va faire basculer notre quête? »

« Non », ai-je simplement rétorqué.

« Alors voilà, c'est indiqué dans ton contrat que dès que tu sens qu'un évènement dangereux pour la réussite de la quête est sur le point de se produire, tu peux quitter, sans pour autant perdre ton paiement. »

« Et si… et si je ne m'en rends pas compte? »

« Nous sommes tous prêts à prendre le risque, ma chère. » a-t-il doucement dit.

« Même Thorin? »

Il a hoché la tête. « Chacun d'entre nous, même ceux qui étaient réticents à ta présence au début, a voté pour que tu restes. T'entendre rire et chanter à tue tête nous réchauffe le cœur et nous encourage malgré les difficultés de l'aventure. Nous ne voulons pas perdre notre principale source de réconfort. »

Et je me suis remise à pleurer. La Terre du Milieu m'avait définitivement rendue trop émotive. Le vieux nain s'est levé et est venu poser une main sur mon épaule.

« Je ne peux pas Balin, je suis vraiment désolé », ai-je chuchoté, en levant la tète pour le regarder. « Un jour, je vous raconterai peut-être les détails de ma décision, mais pour le moment, c'est impossible. »

« Je te laisse le contrat, tu as encore le temps d'y réfléchir. »

Et il est parti. J'étais en colère contre eux, d'essayer de me faire changer d'avis. Mais j'étais surtout en colère contre moi, pour avoir songé changer d'idée. Non, j'avais dit que je resterais à Fondcombe, et j'y resterais. Maintenant, il fallait que j'évite le magicien à tout prix d'ici leur départ. Je ne savais pas comment je réagirais si lui aussi se mettait de la partie.

Les jours ont passé et il ne restait plus que quatre jours avant la veille du solstice d'été, où la lune permettrait de lire la carte. J'avais d'ailleurs prévu faire mes adieux aux nains juste après la lecture des runes, sachant qu'ils quitteraient le lendemain. Entre temps, je les avais soigneusement fuis, partant très tôt pour le terrain d'entraînement et prenant mes repas dans ma chambre. Je ne savais même pas si le magicien ou Elrond avaient été mis au courant de ma décision et pour l'instant, je préférais rester dans l'ignorance.

Le soleil venait à peine de se lever et je traversais tranquillement les jardins, en grignotant un genre de croissant elfique. Replonger dans l'entraînement me faisait vraiment du bien et j'avais déjà hâte d'être de retour chez les Rodeurs pour essayer ma nouvelle épée contre les orcs. Du coin de l'œil, j'ai vu une masse blanche se mouvoir et j'ai stoppé ma progression pour voir de quoi il s'agissait.

Une femme vêtue d'une longue robe blanche s'avançait tranquillement vers moi. Elle avait l'air de flotter, alors qu'elle passait entre les bosquets et les statues qui ornaient le jardin. Je suis restée là, sans bouger et sans mots, jusqu'à ce que Galadriel – je l'avais vite reconnue – s'arrête devant moi. Elle était si grande (et pas seulement parce que j'étais une hobbite) et d'une beauté indescriptible. Les questions – celles que je me posais depuis mon arrivée - se bousculaient dans ma tête et je me disais que s'il y avait une personne qui pouvait y répondre, ce serait bien elle.

« Doucement, fille d'un autre monde », m'a-t-elle doucement dit. « Je pourrai te donner quelques éclaircissements, mais les véritables réponses, elles se trouvent dans ton cœur. »

Elle m'a invité à la suivre, jusqu'à un coin reculé de Fondcombe, tout près d'une cascade. Il y avait là une petite table, sur laquelle se trouvaient deux tasses de thé, avec deux chaises. Nous nous sommes assises, mais j'étais toujours incapable de prononcer les moindres mots.

« Elrond m'a raconté ton histoire. Lui et Mithrandir n'ont pas pu de fournir beaucoup de réponses, mais je crois pouvoir t'en apporter d'avantage. Je possède un Miroir, je crois que tu le sais déjà », a-t-elle lancé avec un regard rieur. « Il me montre de nombreuses choses… Du passé, du présent et du futur. Mais aussi des choses provenant de d'autres mondes. La Terre du Milieu et la terre d'où tu viens ne sont que deux mondes parmi d'innombrables autres. Il arrive, à de très rares occasions, qu'un individu puisse voyager d'un monde à l'autre. »

« Donc… » J'avais enfin retrouvé la parole. « Si l'histoire de la Terre du Milieu est relatée dans mon monde, c'est que quelqu'un y est venu et a pu revenir? »

« Mais ça ne veut pas dire que tu retourneras dans ton monde », a-t-elle répondu; elle avait compris le vrai sens de ma question. « Tu es ici par la volonté des Valars et eux seuls déciderons de te laisser rester ou non. »

Les questions se sont à nouveau bousculées dans ma tête : Pourquoi moi? Pourquoi m'ont-ils fait venir? Je n'avais eu aucun signe, aucune indication…

« Le simple fait que tu sois apparue au moment de la rencontre entre Mithrandir et Thorin Écu-de-Chênes est déjà un signe. Mais je crois que tu en as un eu autre. N'as-tu pas fait un rêve, juste avant le début de cette quête? »

Je réfléchissais fort, essayant de me souvenir. Oui, j'avais rêvé à la Bataille des Cinq Armées, la veille de notre arrivée à Cul-de-Sac. Mais ce n'était pas un signe ou une indication provenant des Valars, c'était seulement un souvenir de ce qu'était la fin de l'histoire.

« Oui, c'est ainsi que se termine l'histoire qui est relatée dans ton monde », a repris Galadriel. Définitivement, j'aimais bien le fait qu'elle lise dans mon esprit, elle pouvait répondre à mes interrogations sans même que j'aie à les formuler. « Mais il y a un détail très important, qu'Elrond et le magicien ne connaissent pas. Oui, il existe une multitude de mondes, mais il y en a également une multitude de versions, de variantes Par exemple, il y a peut-être quelque part une Arda où Sauron a triomphé à l'Ultime Alliance, ou encore une dans laquelle je suis maléfique. La Terre du Milieu dans laquelle nous nous trouvons n'est déjà plus la même que celle de tes livres, puisque tu y es apparu. Ton rôle n'est pas de t'assurer que tout se passe comme prévu, au contraire. Il y a certains évènements qui sont trop cruciaux pour être changés, tu le sais. Mais si tu le souhaites, tu peux te lancer, et tenter d'améliorer le sort de tes nouveaux amis. »

J'ai pris ma tête entre mes mains et fermé les yeux, pour assimiler tout ce que la Dame Blanche venait de me révéler. Quand j'ai relevé la tête quelques minutes plus tard, elle n'était plus là. Mais moi, je n'ai pas bougé. Je suis restée là pendant des heures.

Ainsi, en plus d'y avoir plusieurs mondes, il y avait des univers parallèles. J'avais eu en partie raison, en pensant que ça se passait comme dans Narnia. D'ailleurs, Galadriel avait dit qu'il y avait peut-être un monde où elle était méchante… Peut-être que c'était un monde où elle acceptait l'anneau unique de Frodon, et elle devenait la Sorcière Blanche de Narnia (j'avais toujours vu une ressemblance entre les deux). Mais bon, là n'étais pas ce à quoi je devais réfléchir. Une version du Hobbit, différente de celle de Tolkien?

Je me souviendrai toujours de ma réaction, à la fin de ma première lecture du Hobbit. J'étais très jeune, et jusque-là je n'avais lu que des livres dont la fin ressemblait à « et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants ». J'avais relu trois fois le passage où Thorin faisait ses adieux à Bilbon et où on disait que Fili et Kili étaient tombés avec lui. Je n'y croyais pas. Et après, j'ai lancé le livre au loin et il m'a fallu pris plusieurs jours avant de le reprendre pour finir de le lire.

Et là, Galadriel venait de sous-entendre que j'étais en Terre-du-Milieu pour changer la fin de l'histoire. Je ne voyais rien qui pourrait empêcher la bataille. Thorin succomberait au mal du dragon, c'était dans son sang. Son avarice et son orgueil les mèneraient dans la bataille avec un net désavantage, ce qui causerait leur perte.

Non, c'était trop gros pour moi. Jamais je ne pourrais les sauver, c'était impossible. J'avais déjà pris ma décision : je resterais à Fondcombe et je laisserais l'histoire se dérouler comme prévu. Depuis le début, j'avais gardé cela en tête, ça ne changerait rien. J'ai remis tous ces questionnements et doutes dans un coin reculé de mon cerveau, et je me suis rendue au terrain d'entraînement.

Le lendemain, Gandalf est venu me voir. À ma grande surprise, il n'a pas essayé de me faire changer d'avis. Il a dit qu'il me faisait confiance, qu'il savait que si je prenais cette décision c'était pour le mieux. Mais contrairement à ce qu'on aurait pu croire, son appui ne m'a pas fait du bien ou réconforté, loin de là.

Et puis, la veille du solstice d'été est arrivée. Je guettais par ma fenêtre, attendant que Thorin, Balin et Bilbon soient de retour à la maison des invités pour aller dire mes adieux. J'avais le cœur noué, mais je devais le faire, j'avais trop de respect et d'amitié pour eux. Des coups frappés à ma porte m'ont sortie de mon observation. C'était un elfe.

« Le Seigneur Elrond vous demande », m'a-t-il annoncé. « Je vais vous mener jusqu'à lui. »

Je l'ai suivi jusqu'au bureau d'Elrond, pour me retrouver face à ceux qui avaient dû être présents pour la lecture de la carte. C'est Gandalf qui a pris la parole en premier.

« Vous saviez ce qui allait être écrit sur la carte, et vous ne me l'avez pas dit. » Son ton dur m'a surpris. « Vous êtes beaucoup plus liée à cette quête que ce que je pensais. »

« De quoi parlez-vous? » ai-je demandé, en les dévisageant un à un.

« Montrez-nous votre dos, » a répliqué Gandalf.

Et j'ai compris. Et j'ai paniqué. Je sentais le contrôle de la situation me filer entre les doigts.

« Je ne me dénuderai pas devant vous! »

« Mais de quoi parlez-vous? » s'est exclamé Thorin. Visiblement, Gandalf n'avait pas encore mis les autres au courant.

« Evelyne... » Le ton de Gandalf était sans équivoque et j'ai compris que je n'avais pas le choix.

« Très bien, » ai-je dit en soupirant, « mais retournez-vous. »

J'avais eu la merveilleuse idée de porter une robe. Je m'étais dit que ça plairait aux nains, leur laissant une belle image de moi avant leur départ. Sauf que là, je devais montrer mon dos, alors que je portais une robe qui boutonnait sur le devant. Ça ne serait vraiment pas facile. J'ai déboutonné les boutons jusqu'à ma taille et retourné la robe, sans l'enlever et j'ai repassé mes bras dans les manches. Je me retrouvais donc avec le dos de la robe en avant, et la robe était ouverte à l'arrière.

« C'est bon, » ai-je annoncé.

« Qu'est-ce que c'est? » a demandé Bilbon en voyant le tatouage dans mon dos.

« Une grive… » a murmuré Balin.

« Tenez-vous près de la pierre grise, quand la grive frappera », a énoncé Elrond.

J'ai sursauté, quand une main s'est posée sur mon dos, puis un doigt a suivi le tracé de mon tatouage.

« Comment est-ce possible? » a demandé Thorin, à qui – je venais de deviner – appartenai le doigt qui parcourait mon dos.

J'ai avancé d'un pas, pour m'éloigner, et me suis retournée face à eux.

« Ça ne change rien. Je ne crois pas que si vous me traînez jusqu'à la montagne et que je frappe à la porte, elle s'ouvrira comme par magie. »

« Pourquoi nous avez-vous caché cela? » m'a demandé Thorin.

« Ça aurait certainement été une bonne idée de me dénuder devant treize nains et un hobbit pour montrer mon dos. Et avant ce soir, vous n'avez jamais parlé d'une grive. »

« Je crois que vous faites une grave erreur, en restant à Fondcombe », a rajouté Gandalf.

« Désolé, mais je ne change pas d'idée. »

Et je suis partie. J'ai déambulé quelque temps à travers les couloirs, pour me calmer (et remettre ma robe dans le bon sens). Tout ça allait faire rater mes adieux, et ça me mettait en colère. Pourquoi est-ce que tout s'acharnait contre ma décision? Au fond de moi, une petite voix – ma conscience peut-être? – m'a répondu : c'était parce que je ne prenais pas la bonne décision. Mais j'ai balayé cette pensée, et je me suis dirigée vers ma chambre.

La lumière de la lune entrait par la fenêtre. Ça faisait plus d'un an que j'avais eu la vision précédant mon arrivée, mais l'image était encore assez claire dans mon esprit pour que je la reconnaisse. C'était la première fois que je voyais ma chambre avec cette exacte luminosité.

« La porte n'était pas verrouillée, pardonnez mon intrusion. »

« Thorin! » me suis-je exclamé en le voyant, assis sur le banc. « J'ai manqué faire une crise cardiaque! »

« Je sais que vous en savez d'avantage que vous ne le dites. Gandalf a dit que vous saviez ce qu'il y avait sur la carte. Or ces runes ont été écrites il y a plus de deux cents ans. La description que vous nous avez faite de votre don ne concorde pas. »

« Vous avez raison », j'ai pris le temps de peser mes mots, avant de continuer. « J'en sais d'avantage et c'est ça le problème. J'en sais trop pour que je puisse continuer. »

« Que voulez-vous dire? »

« Rien de plus que ce que je vous ai déjà dit. Ma présence va chambouler trop de choses. »

Il s'est levé, et s'est dirigé vers la porte.

« Si vous changez d'avis, nous partons demain, à l'aube. »

Je n'ai pas dormi du reste de la nuit. J'avais perdu toute la volonté que j'avais mise de côté pour affronter les nains lors de mes adieux. Je ne les reverrais jamais, sans aucun au revoir. Mais ce qui me troublait par-dessus tout, c'était qu'ils voulaient que je poursuive avec eux, même si j'avais dit que je risquais de faire rater la conquête d'Erebor. Je n'y comprenais rien.

Quand les premières lueurs du soleil ont commencé à se pointer, mon cœur s'est encore d'avantage serré. Mais je n'ai pas bougé de mon lit, où j'étais étendue sur le dos. Les nains devaient être entrain finir leurs préparatifs. Et Gandalf devait être au Conseil Blanc. J'avais deviné que ce dernier allait avoir lieu comme dans le film, à Fondcombe, puisque Galadriel était présente.

Je me suis mis à repenser à cette scène, entre la Dame et le magicien. J'avais tellement écouté la bande-annonce que je connaissais les répliques par cœur. Pourquoi le Semi-Homme? Parce que j'ai peur, et qu'il me donne du courage. Mais dans le film, la réponse de Gandalf était plus longue. Il parlait de tenir le mal en échec… Qu'est-ce qu'il disait, déjà?

Saroumane pense que seul un grand pouvoir peut tenir le mal en échec. Mais ce n'est pas ce que j'ai découvert. Je crois que ce sont les petites choses, les gestes quotidiens des gens ordinaires qui nous préservent du mal. De simples actes de bonté et d'amour.

Voilà. La compréhension m'a frappé tellement subitement que je me suis demandé pourquoi je n'y avais pas pensé plus tôt. C'était ma réponse, c'était la solution. Et ça concordait parfaitement avec la manière dont j'avais agi depuis que j'avais rejoint la compagnie. Balin avait dit que j'étais source de réconfort, que je leur réchauffais le cœur. Si j'y mettais suffisamment d'effort – ça ne serait pas facile si j'arrivais à lier une amitié – sincère avec Thorin, peut-être que je pourrais le sauver du mal du dragon. Les autres membres de la Compagnie le voyaient comme leur chef, leur Roi et rien d'autre. C'est pour ça qu'ils ne pouvaient pas le sauver. Et avec un Thorin qui a toute sa tête, la Bataille des Cinq Armées seraient certainement moins tragique.

Tout s'est enchainé rapidement dans ma tête, et j'ai enfin compris quel serait mon rôle dans l'histoire. Je n'avais jamais aimé la fin du livre, et maintenant, c'était à moi de la changer. Je n'avais aucune certitude, je ne savais pas si j'allais pouvoir y arriver. Mais j'étais prête à tenter le coup. Fini le doute et les incertitudes, il fallait que j'aie confiance en moi.

Je me suis levée, j'ai enfilé mes vêtements de voyage et j'ai préparé mes choses en vitesse. Heureusement, j'avais eu le temps de faire préparer mon sac pour que le fourreau de ma nouvelle épée, mon arbalète et son carquois s'y ajustent sans me causer de l'inconfort. J'ai attrapé le contrat, qui était posé sur mon bureau et j'ai ri quand une image m'a traversé l'esprit. J'allais faire une Bilbon de moi, et rejoindre les nains en courant avec le contrat volant au vent.

Mais il me restait une petite chose à faire, avant de partir. De toute façon, ils devaient déjà être partis et ce n'est pas quelques minutes de plus qui allaient m'empêcher de les rattraper.


Et voilà!

J'espère que Galadriel ne sonne pas trop bizarre.. J'ai tellement eu de la misère à écrire ses dialogues.. je voulais rester fidèle au personnage, mais en même temps il fallait que ce qu'elle explique soit assez clair..

Reviews?