Eh toi, oui oui, toi! Toi qui viens lire ma fanfic mais qui ne laisse pas de review… Qu'attends-tu pour le faire? :P


Chapitre 15 : Vue sur la Montagne Solitaire

Toujours dans un état de semi-conscience, je n'ai pas eu connaissance de ce qui se passait sur le Carroc : Thorin qui se réconciliait avec Bilbon et les aigles qui nous apportaient lièvres et moutons pour que nous ayons un bon repas.

J'ai ouvert les yeux quand Gandalf et Oïn se sont accroupis près de moi pour voir à mes blessures. J'ai écarté mes vêtements, grimaçant en voyant les dégâts. Quand j'étais chez les rodeurs, j'avais eu quelques blessures, mais jamais aussi profondes. Le pire, c'était les quatre marques de griffes, qui s'étendaient du dessus de ma hanche jusqu'à la mi-cuisse, et qui avaient profondément déchiré ma peau sur une vingtaine de centimètres chacune. La coupure à l'épaule était tout autant profonde, bien que moins douloureuse.

La pommade appliquée par le nain a d'abord eu l'effet d'une brûlure, mais qui a rapidement été remplacé par une sensation plus agréable. La douleur était toujours là, mais bien moins vive. Oïn est ensuite parti rejoindre les autres qui s'étaient installés autour d'un feu plus loin, me laissant avec Gandalf.

« Je ne suis toujours pas certain de comprendre pourquoi tout cela était nécessaire », m'a dit ce dernier.

« Pour les aigles. Et il fallait que Thorin voie Azog », lui ai-je répondu, me promettant de rajouter l'anneau à cette liste dès que Bilbon aurait dévoilé son existence.

« Vous auriez tout de même pu être plus prudente. » Me voyant afficher un sourire d'excuse, il a continué. « Le repas sera bientôt prêt, venez manger, cela vous fera grand bien. Nous nous reposerons ici jusqu'à demain matin, avant de repartir. »

Il m'a aidé à me lever, et nous sommes allés nous asseoir autour du feu avec le reste de la Compagnie. Comme Gandalf, presque tous les nains ont émis un commentaire sur les risques que j'avais pris. Mais ça ne sonnait pas comme des reproches, c'était plutôt de l'inquiétude.

« Il faut tout de même avouer », a conclu Balin avec un sourire, « que tu nous as tous surpris. Tu te bats beaucoup mieux que ce à quoi on s'attendait. »

La viande n'était pas tout à faite cuite et quelques-uns d'entre nous ont décidé de descendre jusqu'à la rivière, pour laver nos vêtements. Même si j'étais affamée, l'odeur de boyaux de Warg (et il n'y en avait pas que l'odeur, je vous épargne les détails) qui imbibait mes vêtements me coupait complètement l'appétit. J'ai revêtu mes vêtements de la veille, qui n'étaient pas encore tout à fait secs, et j'ai lavés du mieux que j'ai pu les autres. Ils étaient percés et déchirés là où j'avais reçu des coups, et je me suis dit que j'essaierais de les réparer pendant que nous serions chez Beorn. Je me suis également mouillé les cheveux et le visage. L'eau, qui descendait des montagnes, était froide et ça a achevé de me réveiller – pour un certain temps, du moins.

Après le souper – qui a été plus que bienvenu, après autant de course et surtout après une journée complète sans vrai repas – j'ai vu Thorin s'éloigner du groupe, pour s'asseoir un peu plus loin sur le rocher. Je me doutais qu'il était sous le choc de sa rencontre avec Azog et je me suis donc approché de lui. Il fixait l'horizon, là où devait se trouver la Montagne Solitaire, que la noirceur nous empêchait de voir. Je me suis assise près de lui, sans rien dire.

« Tu avais raison, pour Azog », a-t-il mentionné au bout d'un moment.

« J'aurais préféré que ce ne soit pas le cas », lui ai-je répondu. « Ça va, tes blessures? »

Comme il continuait de me tutoyer, j'étais heureuse d'enfin pouvoir faire de même en retour.

« Les pommades d'Oïn et la magie de Gandalf font des miracles. »

J'ai acquiescé, ayant moi-même testé l'effet des talents d'Oïn.

« Au levé du soleil », a-t-il repris, « si le temps le permet, nous pourrons voir la Montagne d'ici. »

Visiblement, il ne voulait plus parler de ses blessures et d'Azog. Ça devait être difficile pour son orgueil.

« Dans ce cas », lui ai-je dit en me levant, « il vaudrait mieux aller dormir tout de suite, si on veut être debout pour voir cela. Et de toute façon, si je ne dors pas tout de suite, je vais clairement retomber sans connaissance. Autant le faire dans mes couvertures. »

Il a souri à ma réplique, mais ne m'a pas suivit. Je suis tombée endormie dès que j'ai déposé ma tête sur mon manteau, qui faisait office d'oreiller. Quand je me suis réveillée, le soleil était déjà haut. Tous les nains étaient déjà levés (Bilbon avait lui aussi fait la grasse matinée) et parlaient doucement entre eux.

« Alors », ai-je dit en regardant vers l'est, là où la Montagne était bien visible, « c'est LA montagne. »

« Oui », m'a répondu fièrement Fili, « c'est chez nous! »

« Je l'imaginais plus grande. » En voyant leur expression, j'ai éclaté de rire. « Je blague, elle est immense! »

Alors que les autres riaient à leur tour, un oiseau est passé au dessus de nos têtes, se dirigeant vers l'est.

« Un corbeau! Les oiseaux s'en retournent vers la Montagne! »

« Non », ai-je répliqué, « je crois bien qu'il s'agit d'une grive. »

« Alors », a demandé Kili, qui s'était approché de moi, « est-ce qu'on peut voir ton tatouage maintenant? »

Pour toute réponse, je l'ai frappé sur l'épaule. Mais j'ai vite retrouvé mon sérieux, en pensant à toutes les mésaventures qui nous attendaient encore, tout en continuant de fixer la Montagne Solitaire. Même si elle était visible du Carroc, il y avait encore bien des miles qui nous en séparaient. Et ça ne serait vraiment pas facile, surtout qu'à partir de maintenant, je ne connaissais que la version de Tolkien. Quand j'avais quitté la Terre, le deuxième film n'était pas encore sorti. Je me demandais si j'allais avoir de mauvaises surprises, ou si l'histoire allait uniquement suivre le livre – ce dont je doutais si je me fiais à ce qui s'était passé jusque-là. Au moins, grâce aux bandes-annonces, j'avais quelques indices sur de possibles changements : la présence de Legolas, l'existence de Tauriel, les nains qui fuient le feu du dragon… Et bien sûr, il y avait Azog, qui était toujours à nos trousses.

Après que nous ayons pris notre petit-déjeuner, Gandalf nous a annoncé qu'il nous quitterait bientôt, pour aller s'occuper de d'autres affaires urgentes – que je savais être liées au Nécromancien aka Sauron.

« Mais je ne vous laisserai pas dans la seconde. Nous n'avons pas de poneys, pas de nourriture, pas de bagages », a rétorqué le magicien, suite aux nombreuses complaintes des nains. « Je connais quelqu'un qui pourrait nous aider, qui habite près d'ici. »

Il avait raison, il n'y avait que moi qui avais encore mon sac, ce qui était très fâcheux. Après nous avoir donné plus de détails sur cette mystérieuse personne – enfin, moi je savais qu'il parlait de Beorn – il nous a guidés jusque chez lui. Nous avons d'abord dû traverser le gué, en profitant pour nous baigner à nouveau, surtout que la journée s'annonçait chaude. En milieu d'après-midi, nous avons commencé à voir de grosses abeilles et je savais que cela signifiait que nous approchions.

Une fois devant la barrière, il nous a expliqué qu'il faudrait venir en paires, par intervalle de cinq minutes. Ce passage m'avait toujours beaucoup fait rire et j'étais heureuse de pouvoir le vivre.

« Venez avec moi, les deux hobbits! » nous a-t-il demandé.

En plus de vivre la scène, je serais aux premières loges. Nous l'avons donc suivi à travers la haie, puis nous avons traversé des jardins avant d'entrer dans la cour où se tenait un homme gigantesque. Vraiment gigantesque.

« Qui êtes-vous et que voulez-vous? » nous a-t-il lancé.

Gandalf s'est présenté, avant de nous introduire également, comme étant des hobbits de bonne famille et de bonne réputation, ce qui m'a fait sourire : cela s'appliquait certainement à Bilbon, mais pas à moi. Puis, le magicien a commencé son récit, qui a été entrecoupé par l'arrivée de tous les nains, deux par deux. À plusieurs reprises, j'ai vraiment dû me retenir pour ne pas m'esclaffer.

Beorn nous a ensuite invités à entrer et à manger, à notre plus grand plaisir. À l'instar de son propriétaire, tout le contenu de sa maison était littéralement gigantesque. Depuis le temps que j'étais en Terre du Milieu, j'aurais pourtant dû cesser d'être étonnée à chaque nouvelle chose. Mais quand j'ai vu les poneys, chiens et moutons s'affairer pour nous servir, je n'ai pas pu m'empêcher de lancer un cri d'émerveillement. Cela ne manqua pas de faire rire notre hôte, qui a porté son attention sur moi.

« Votre récit ne m'a pas expliqué la présence d'une femme parmi vous. Je croyais que les nains gardaient leurs femmes en sécurité, pas qu'ils les traînaient pour faire la cuisinière dans leurs aventures. »

J'ai presque recraché ma gorgée d'hydromel – qui était plus que délicieux, soit dit en passant.

« Je ne suis certainement pas leur cuisinière, et encore moins leur femme! » me suis-je exclamé.

« Evelyne », a ajouté Gandalf plus doucement, « est membre de cette Compagnie, au même titre que chacun d'entre eux. Elle a terrassé tout autant de gobelins et d'orcs. »

Le changeur de peau m'a fixé quelques instants, comme s'il mesurait si j'en étais capable, avant de me sourire. Puis, pendant tout le repas, il nous a raconté de nombreuses histoires sur la région et la Forêt Noire, que nous devions traverser sous peu. Les nains se sont ensuite mis à parler de trésors, ce qui ne l'intéressait pas du tout, et il est sorti.

La soirée avançait et j'écoutais les conversations d'une seule oreille, m'appliquant à rafistoler nos vêtements avec les outils de coutures que j'avais empruntés à Beorn. D'humeur généreuse, j'avais offert au reste de la Compagnie de m'occuper de leurs vêtements en même temps que des miens, puisque mes mains étaient plus habiles que les leurs pour ces petits travaux. Je m'étais assise par terre, près du feu qui avait été allumé au centre de la pièce, alors que les nains étaient restés autour de la table. En guise de remerciement, ils venaient régulièrement remplir mon bol d'hydromel.

Et visiblement, ces multiples remplissages ont fait effet : lorsque j'ai eu terminé et que je me suis levé, je manquais quelque peu de stabilité. Je me suis dirigée, en zigzagant, vers la porte.

« Où est-ce que vous croyez aller? » m'a demandé Gandalf alors que je posais la main sur la poignée.

« Je dois aller au petit coin! »

« Eh bien il faudra vous retenir, » a-t-il répondu. « Beorn nous a bien spécifié qu'il était dangereux de sortir avant le lever du jour. »

« Mais Gandalf, avez-vous vu la quantité d'hydromel que m'ont fait ingérer les nains? Je dois y aller », ai-je imploré, en me tournant vers lui.

Après un instant de réflexion, il a fini par acquiescer.

« Mais vous ne vous éloignez pas de la maison de plus de quelques pas, et vous n'y allez pas seule. »

Mon envie était tellement pressante que je n'ai pas attendu de voir qui était désigné pour m'accompagner avant de sortir. Avant de descendre de la véranda, j'ai tout de même jeté un coup d'œil pour m'assurer qu'il n'y avait pas d'ours géant prêt à m'attaquer. Je me suis ensuite rendu jusqu'au buisson le plus proche, pour m'accroupir derrière.

C'était nul autre que Thorin qui m'attendait sur la véranda. En me voyant revenir, il s'est tourné vers la porte. Mais je ne lui ai pas porté attention et je me suis assise dans l'escalier. L'air frais me faisait du bien : j'avais définitivement trop bu d'hydromel.

« Tu n'as pas entendu Gandalf? Il faut rentrer », a-t-il dit.

« Juste quelques minutes. Je ne vois aucun danger et on peut rentrer vite s'il y a un problème. »

Il a soupiré, mais s'est tout de même détourné de la porte et s'est rapproché, mais ne s'est pas assis. Je devinais qu'il se tenait debout, pas très loin derrière moi.

« Je voudrais vraiment comprendre comment tu as su qu'il nous poursuivait. »

J'ai deviné que le il dont il faisait mention était Azog. Je me doutais bien que ces questions allaient venir bienôt, mais là, c'était vraiment un mauvais moment. Tout aurait été tellement plus simple si j'avais pu tout lui raconter. Et avec l'hydromel qui avait embrouillé mon esprit, ce serait difficile de ne rien dévoiler de dangereux.

« Je le savais, c'est tout », ai-je simplement répondu, sans me retourner vers lui.

« Que sais-tu d'autre? »

« Je sais que je suis heureuse que tu aies enfin accepté de me tutoyer! »

Ma réplique l'a surpris et a eu l'effet escompté : le sujet a dérivé.

« Comme tous les autres… » a-t-il dit, en s'approchant d'avantage, jusqu'à être à côté de moi, toujours debout.

« Oui mais toi tu es le chef », ai-je répondu, en levant le regard vers lui. « À mes yeux, ça signifie d'avantage. »

Nous nous sommes fixés quelques secondes, avant qu'un craquement dans la forêt nous fasse sursauter.

« Rentrons, » a-t-il annoncé.

Il m'a aidé à me relever. Malgré l'air frais, je n'avais toujours pas entièrement retrouvé mon équilibre. À l'intérieur, les nains s'étaient déplacés autour du feu avaient entamé une chanson. Nous les avons rejoints, mais je me suis vite mise à somnoler, tout comme semblait le faire Bilbon depuis un moment.


Et c'est le moment où Evelyne passe de « je suis mélangée parce que l'histoire se promène aléatoirement entre le livre et le film » à « je suis complètement perdue parce que l'histoire se promène aléatoirement entre le livre et l'inconnu total ».

Et je réitère : Reviews?