Je me suis cassé la tête à me remémorer les Valars et à rendre tout ça fluide, mais c'était vraiment pas facile! J'ai remis la fin du dernier chapitre, question de s'aider un peu!
Des reviews, s'il-vous-plait?
Bonne lecture!
Chapitre 18 : Sushis et soucis
À ma gauche, il y avait une femme aux cheveux roux tressés, portant une robe jaune clair avec des motifs floraux. À ma droite, face à elle, était un homme à la peau basanée et aux longs cheveux bruns. Il était vêtu de gris et turquoise foncés. À côté d'eux, au centre face à face, étaient deux autres hommes. L'un avait une courte barbe tressée et portait un genre de tablier brun. Les manches de sa tunique étaient courtes, ce qui laissait voir des bras incroyablement musclés. L'autre était vêtu de gris foncé et de noir, avec un capuchon qui cachait ses cheveux. Finalement, au bout, toujours face à face, étaient la femme et l'homme les plus nobles et beaux que je n'avais jamais vus. Tous deux avaient les cheveux blonds très pâles et étaient richement vêtus.
Je n'avais pas suffisamment retenu le Silmarillion pour pouvoir les nommer selon leur physique, mais j'avais deviné que six des Valars étaient assis à ma table.
« Quel étrange endroit… » a commenté l'un des Valars, celui aux gros bras.
J'étais figée, les fixant la bouche ouverte et clignant des yeux à répétition.
« Allons, ne prends pas cet air surpris », a doucement dit celui juste à ma droite. « Tu nous sollicites depuis plus d'un an. Je suis Irmo, le Maître du désir. »
Il m'a ensuite présenté tous les autres. L'homme à côté de lui, celui qui avait émis le commentaire sur l'endroit, était Aulë, le forgeron. L'homme au capuchon était Mandos, le juge des morts. Et les deux magnifiques êtres du bout étaient nuls autres que Manwë et Varda, roi et reine des Valars.
« Et moi, je suis Vairë, compagne de Mandos », s'est présenté la femme rousse à ma gauche. « Je suis la dame du temps. Avec Irmo, nous sommes les deux principaux responsables de ta venue et de ta surveillance. Mon époux a eu la vision de comment se terminerait la quête de Thorin Écu-de-Chêne. Il m'a tout relaté, et j'ai commencé à le tisser, puisque tel est mon rôle. Mais je me suis rendu compte que certains fils ne m'obéissaient pas, ce qui signifiait que ce n'étais pas définitif et irréversible. Nous nous sommes réunis, tous les six ici présent, pour décider s'il fallait intervenir ou non. »
« La lignée de Durin m'est chère, » a précisé Aulë, « et j'ai fortement argumenté en faveur d'une intervention. Quoi que j'aurais préféré que nous le fassions nous-mêmes plutôt qu'à travers toi, petite humaine. »
J'avais presque l'impression que c'était un avertissement, qu'il me prévenait qu'il valait mieux que je réussisse. Et les regards que les autres lui ont lancés me prouvaient que son commentaire n'était pas tout à fait bien vu.
« Nous avons convenu », a repris Irmo, « qu'une intervention directe de notre part n'était ni souhaitable, ni essentielle. Après-tout, ce n'est qu'un épisode mineur dans l'histoire d'Arda. Ce qui nous semblait le meilleur compromis était de faire venir quelqu'un d'un autre monde et de laisser aller les choses, en espérant que ce soit pour le meilleur. »
« Pourquoi moi? » ai-je réussi à articuler.
« Au moment précis où la fenêtre s'est ouverte et que j'ai recherché parmi les rêves et désirs de tous les humains dans la zone qui m'était accessible, tu étais celle qui avait le cœur le plus tourné vers la Terre-du-Milieu. »
Je comprenais avec consternation que je n'avais pas tellement été choisie, c'était d'avantage le fruit du hasard… Je m'étais retrouvée en Terre du Milieu parce que j'étais en train d'y penser, juste au bon moment. Mais j'avais d'autres questions, j'ai donc chassé cette pensée de mon esprit, pour le moment.
« Qu'est-ce que je dois faire? »
Mais j'étais à nouveau seule. Ils étaient disparus sans même que je ne m'en rende compte. Il faut croire qu'ils prenaient leur politique de non-intervention directe très au sérieux… Heureusement, le plateau de sushis était toujours là et j'y ai donc noyé mon inquiétude.
Doucement, j'ai commencé à entendre des grincements et sifflements. Et au travers, des paroles.
« Celui là dors déjà, inutile de gaspiller notre venin », a dit une voix, qui n'était clairement pas humaine (ou naine, ou hobbite, ou.. bref, vous comprenez le principe).
J'étais pleinement réveillée, mais j'avais deviné qu'il valait mieux que je ne bouge pas. Mais quand j'ai senti quelque chose m'agripper, et me tourner sur moi-même, j'ai vraiment dû faire un effort pour ne pas me débattre. Heureusement, je n'étais pas entièrement remise de mon long sommeil, je n'avais donc de toute façon pas l'énergie pour mener un combat. En un instant, je me suis retrouvée complètement enrobée dans la toile de l'araignée. C'était complètement gluant, collant et dégoutant, et déjà que j'avais le tournis, j'en étais presque sur le point de vomir. Je grommelais intérieurement : tu parles d'un moment pour se réveiller. J'aurais préféré rester à mes sushis.
L'araignée m'a ensuite traînée jusqu'à ce qui devait être leur nid pour m'y accrocher. Je ne voyais pas grand-chose au travers de la toile, mais je pouvais deviner que le reste de la Compagnie s'y trouvait également. Il ne restait plus qu'à attendre que Bilbon vienne nous sauver – et tête en bas comme je l'étais, j'espérais que ce soit vite. J'ai donc soupiré de soulagement quand j'ai senti le cocon dans lequel j'étais descendre tranquillement jusqu'au sol. J'en suis aussitôt sortie, pour jeter un rapide regard tout autour. Tous les nains étaient là, même le chef, qui ne s'était apparemment pas fait prendre par les elfes avant les autres, comme dans le livre.
« Evelyne! Tu es réveillée! »
Mais nous n'avons pas eu plus de temps pour en discuter : les araignées revenaient à la charge. J'ai réalisé que je n'avais plus mes armes sur moi – sûrement que les nains me les avaient enlevés pour me transporter pendant que je dormais. Je n'ai donc pas pu être d'une grande aide pendant le combat, me contentant d'éviter du mieux que je le pouvais les coups, tout en restant près des nains armés. À bout de forces, j'allais abdiquer et faire la morte quand je me suis retrouvée face à face à un elfe aux cheveux bruns – plutôt avec la pointe de sa flèche.
Je me suis tenue silencieuse, parmi les nains, pendant qu'ils se faisaient fouiller. Juste là, à quelque pas de moi, se trouvait nul autre que Legolas, en train d'examiner Orcrist. Dans les films, j'avais plus ou moins apprécié ce personnage : ses acrobaties étaient bien trop exagérées. J'ai tout de même ressenti l'habituel choc : c'était – ou ça allait être – un membre de la Communauté de l'Anneau.
« Et vous, vous n'êtes pas une naine? »
Et en plus, il fallait qu'il s'adresse à moi.
« Je suis une hobbite! » lui ai-je rétorqué, avec le plus d'assurance possible.
Il m'a jaugé du regard quelques instants, avant d'ordonner aux siens de nous mener jusqu'à leur palais. Guidant la marche, aux côtés de Legolas, j'ai reconnu celle qui devait être Tauriel. Ne l'ayant vu que dans les bandes-annonces, je me demandais bien quel serait son rôle.
« Comment tu te sens? » m'a demandé tout bas Fili, qui marchait à mes côtés. « Tu nous as donné une sacrée trouille. »
« Je commence à être de plus en plus réveillée. Mais j'avalerais un éléphant. »
Il allait certainement me demander ce qu'était un éléphant, mais un elfe nous a ordonné de cesser nos messes basses.
« Vos oreilles pointues devraient vous permettre de comprendre qu'ils ne parlent de rien de grave », leur a grogné Dwalin.
« Notre amie a dormi pendant une semaine à cause de votre forêt, nous voulons seulement nous assurer qu'elle va bien », a courageusement ajouté Ori.
Les voir prendre ma défense, c'était plutôt plaisant. Mais apprendre que j'avais mangé des sushis imaginaires pendant une semaine me troublait. Ce n'était pas surprenant, alors, que j'aie aussi faim.
Mais les elfes ont tenu leur point et nous n'avons plus eu le droit de parler jusqu'à ce qu'ils nous enferment dans leur cachot. Ils ont dépouillé les nains de leurs armures, ne les laissant qu'en chemise. Quant à moi, ils m'ont seulement demandé d'enlever ma ceinture, même si mes dagues ne s'y trouvaient plus – l'avantage d'être une femme, je suppose. J'étais soulagée de voir que nos cellules étaient regroupées, et non éparpillé à travers toute la caverne comme dans le livre. Il ne manquait que Thorin, qui avait été mené devant le roi dès notre arrivée. J'ai été encore plus heureuse lorsque les elfes nous ont apporté du pain et de la soupe. D'ailleurs, c'était Tauriel qui m'a apporté ma portion.
« J'en ai mis d'avantage », m'a-t-elle dit en me passant le plateau. « Si vous avez véritablement été inconsciente pendant une semaine, vous devez avoir très faim. C'était idiot de boire à la rivière. »
Si on faisait abstraction du fait que ses gardes venaient de nous enfermer, elle me semblait gentille, ce qui était bon signe.
« Je n'y ai pas bu, j'y suis involontairement plongée en essayant d'empêcher le gros balourd d'y tomber. »
Elle a émis un petit rire, avant de s'éloigner. J'ai littéralement englouti le repas qu'elle m'avait apporté. Je ne me souviens même pas avoir eu le temps d'y goûter, tellement je l'ai mangé vite. Alors que je prenais le temps d'analyser le confort de ma cellule – un lit avec un mince matelas et une couverture de laine et un pot de chambre – j'ai reconnu la voix de Kili. Je me suis approchée de la grille, et si je ne voyais pas le nain d'où j'étais, je voyais Tauriel, assise dans un petit escalier. Évidemment, ai-je pensé en grimaçant, tant qu'à ajouter un personnage féminin, autant ajouter une romance. Je n'étais même pas surprise. Au moins, elle serait peut-être de notre côté.
J'ai fini par m'étendre sur le lit, où je suis tombée presque aussitôt endormie. À mon réveil, certainement quelques heures plus tard, le silence régnait.
« Est-ce qu'il y a du nouveau? » ai-je lancé, pressant le front contre les barreaux.
« Rien du tout », ai-je entendu Balin me répondre – sa cellule était hors de ma vue. « Thorin n'est toujours pas revenu. Espérons que ce soit signe qu'il va trouver un terrain d'entente avec le Roi. »
Fallait pas parier là-dessus. J'avais la forte impression que sa longue absence était plutôt due au fait qu'il avait été enfermé ailleurs. Mon hypothèse s'est confirmée lorsque deux repas et une bonne dose de sommeil plus tard – nous devions être le lendemain – le chef de la Compagnie n'avait toujours pas réapparu.
« J'aimerais rencontrer votre Roi », ai-je demandé à l'elfe qui venait chercher mon plateau vide.
« Le Roi n'a pas de temps à perdre avec des créatures telles que vous », a rétorqué ce dernier avant de repartir aussitôt.
Dès que les gardes furent hors de vue, les nains se sont scandalisés de ma demande. Bifur disait que c'était une trahison alors que Bombur disait que c'était trop dangereux.
« Mais non », ai-je expliqué fort, pour couvrir leurs voix, « il faut retrouver Thorin, ils l'ont enfermé ailleurs. Faites-moi confiance. »
Cela les a en parti calmés, mais j'ai continué d'entendre leur grommellement pendant encore plusieurs minutes. Une autre journée est ainsi passée, et je commençais déjà à sérieusement m'ennuyer. Ce n'est que le surlendemain que Bilbon nous a enfin trouvé.
« Evelyne! » l'ai-je entendu murmurer, sans le voir.
Je me suis approchée de la porte en feignant l'étonnement.
« Bilbon! Où es-tu? Comment as-tu fait pour venir jusqu'ici?! »
Il m'a résumé, de manière très brève, la découverte de son anneau magique.
« Qu'est-ce qui se passe? »
Les nains nous avaient entendu murmurer – et certains pouvaient même me voir converser avec le vide. Le hobbit a dû faire le tour des cellules, répétant son histoire. Cela les a beaucoup rassurés, même si nous étions toujours derrière les barreaux sans solution imminente.
« As-tu vu où ils ont emmené Thorin? » ai-je entendu Balin demander.
« Il n'est pas ici? » lui a répondu Bilbon. « Ce palais est un véritable labyrinthe, c'est déjà bon que j'aie pu vous trouver. Je vais voir ce que je peux faire... »
Il n'est pas resté bien longtemps, de peur de se faire surprendre. Et d'un accord silencieux, aucun d'entre nous n'a reparlé de sa présence, pour ne pas éveiller le soupçon des elfes. Lentement, le reste de la journée est passé.
S'il y avait un avantage à tout ce temps libre, c'est que je pouvais amplement réfléchir à mon étrange rencontre – si on pouvait appeler cela une rencontre – avec les Valars. Quand j'y repensais, les traits de leurs visages me paraissaient maintenant flous, et je n'arrivais pas à me rappeler leurs noms. J'avais peut-être mangé trop de sushis, finalement… Si seulement j'avais relu le Silmarillion, pendant mes lectures pré-Désolation de Smaug. Heureusement, je me souvenais très bien de ce qu'ils m'avaient dit. Ils n'aimaient pas l'idée que les descendants de Durin périssent, ils avaient donc formé un genre de comité pour trouver une solution. Mais ils ne voulaient pas intervenir directement, et leur solution avait été de faire venir une humaine… Et il y avait deux Valars – ceux qui étaient assis le plus près de moi – qui étaient ceux qui étaient d'avantage responsable de mon dossier. Ça ne m'aidait pas beaucoup dans mes questionnements que j'avais depuis le début, mais c'était mieux que rien du tout. Au moins, j'avais enfin la confirmation que ma venue était de leur fait. Quoi que je me sentais un peu quelconque, maintenant que je savais que c'était moi l'élue seulement parce que j'avais fait la bonne chose au bon moment au bon endroit.
Trois jours après la visite de Bilbon, j'ai été réveillée par Tauriel – que je n'avais pas revue depuis la journée de notre emprisonnement – qui se tenait devant ma porte. À entendre les ronflements généralisés, elle avait choisi son moment.
« Qu'est-ce qu'une hobbite fait parmi une bande de nains? » m'a-t-elle demandé, sans plus d'introduction.
« Ce sont mes amis », lui ai-je simplement répondu.
« J'ai pourtant entendu dire que les nains gardaient leurs femmes jalousement cachées », a-t-elle remarqué.
« Je ne suis ni une femme naine, ni la femme d'aucuns d'entre eux », ai-je répliqué en riant. « Oui bon, j'ai dû user de stratégie et je ne leur ai pas vraiment laissé le choix, mais maintenant, ils me traitent comme leur égal. »
Je ne sais pas trop pourquoi, mais je me sentais en confiance avec elle. Peut-être était-ce dû à ses répliques dans la bande-annonce, où elle disait que le mal ne devait pas devenir plus grand qu'eux et que c'était leur combat – ou quelque chose de ce genre.
« J'ai aussi entendu dire que les semi-hommes n'étaient pas friands des aventures, qu'ils préféraient la tranquillité de leur pays ».
Son ton avait changé, avec ce dernier commentaire. Je n'arrivais pas à déterminer exactement ce que c'était : de l'envie, un jugement, ou simplement la curiosité?
« Apparemment, je ne suis pas comme les autres hobbits.. Je ne voulais pas rester terrée chez moi quand il se passe des choses importantes dans le reste du monde. »
Elle m'a fixé silencieusement quelques instants, avant de se retourner pour s'en aller.
« J'ai demandé à voir le Roi il y a quelques jours », me suis-je empressée de dire, « mais personne n'a donné suite à ma demande. »
« Pourquoi le Roi devrait-il vous accorder de son temps? » a-t-elle demandé.
« Parce que j'ai une offre à lui faire. »
J'espérais que ce soit suffisant. Elle est repartie, et n'est revenue que quatre longues journées plus tard, en après-midi. Sans un mot, elle a ouvert la porte de ma cellule et m'a fait signe d'approcher. Avec une bandelette de cuir, elle m'a attaché les mains – de la même manière qu'ils l'avaient fait lors de notre capture. Puis, posant la main sur mon épaule, elle m'a guidé hors de la cellule et vers les escaliers.
« Non attendez! Où est-ce que vous l'emmenez!? » s'est exclamé Bofur lorsque nous sommes passés devant sa cellule.
Le plus subtilement possible, j'ai tourné la tête vers lui et fait un petit hochement de tête, espérant le rassurer. Nous avons parcouru une bonne distance et monté plusieurs escaliers sinueux avant d'arriver à la salle du trône. Je comprenais maintenant Bilbon, quand il disait que c'était un vrai labyrinthe. Thranduil s'y tenait, une genre de couronne de bois et de fleurs sur la tête.
« Je dois avouer que je suis curieux, hobbite », m'a-t-il lancé du haut de son trône – des cornes de cerf géant, vraiment? « Nous avons examiné ton sac et tes armes : elles sont de facture elfique. Il en est de même pour les vêtements que tu portes. Dis-moi, qu'est-ce qu'une amie des elfes peut bien faire parmi ces grossiers nains? À moins que cet équipement soit volé, auquel cas, tu aurais parfaitement ta place parmi eux. »
« Tout cela m'a été offert à Fondcombe, où j'ai vécu pendant quelque temps », lui ai-je répondu, essayant de cacher le fait que j'étais totalement intimidée par sa prestance.
« Et qu'est-ce qu'une hobbite pouvait bien faire chez le Seigneur Elrond? »
« C'est Mithrandir qui m'y a mené, pour que j'apprenne à me battre. Je voulais rejoindre les Rodeurs du Nord. »
« Néanmoins, c'est avec des nains que tu voyages… » a-t-il observé.
« C'est une question de circonstances », ai-je tenté, avec un petit sourire.
Il me jaugeait du regard, certainement pour évaluer la portion de vérité dans mes dires.
« On m'a dit que tu avais une offre à me faire. »
« Je sais que vous avez enfermé notre chef ailleurs. Et je suppose que vous l'avez questionné et qu'il est certainement resté muet, puisque nous sommes toujours ici. » J'ai fait une pause, attendant qu'il confirme mes dires.
« Je lui ai fait une proposition, qu'il a refusée. » a-t-il simplement dit.
« Ça ne fait pas tellement longtemps que je le connais, mais si j'ai bien retenu une chose, c'est que de tous les nains de la Terre du Milieu, c'est bien lui le plus têtu », lui ai-je expliqué. « Être enfermé seul ne fera qu'accentuer sa résignation. »
« Qu'est-ce que tu insinues? Que je devrais le renvoyer parmi les autres? »
« Oh non, ça serait encore pire. En groupe, ils s'encourageraient mutuellement à vous tenir tête. Non, j'aimerais que vous m'enfermiez avec lui. »
Ma réponse l'a laissé sans voix quelques instants. Tranquillement, il s'est levé de son trône et s'est approché de moi.
« Je ne vois pas en quoi cela m'avantagerait », a-t-il dit, une fois face à moi.
« Vous l'avez vu, je suis une amie des elfes. Et aussi beau je trouve votre royaume, je n'ai pas du tout envie de croupir enfermée ici. »
« Dans ce cas, si tu es véritablement amie des elfes, je pourrais te libérer et garder les nains jusqu'à ce que le bon sens leur revienne », a-t-il proposé.
« Oui… Mais non. Je veux vraiment que mon contrat se rende à terme, j'ai besoin d'être payé. »
Je croisais les doigts, espérant que mon plan marche. C'était vraiment plus difficile que ce que j'avais prévu, je devais faire attention à ce que je disais, sans avoir l'air de trop y réfléchir. Mais j'étais tout de même fière de ma performance; décidément, mon séjour en Terre-du-Milieu m'avait également donné plus d'aplomb.
« Je te donne une semaine », a-t-il annoncé.
« Impossible, il est beaucoup trop têtu… Un mois, minimum. »
J'espérais que ce soit suffisant; je ne me souvenais plus de la durée exacte du séjour forcé des nains. Thranduil a lancé un ordre en elfique à Tauriel – j'avais oublié qu'elle était là, juste derrière moi – et elle m'a à nouveau guidé à travers le palais.
« Est-ce que c'était un oui? » lui ai-je demandé, une fois que nous avons été suffisamment éloignées de la salle du trône.
Mais elle est demeurée silencieuse.
