Ça brûlait... Ça brûlait si fort... Je voulais que ça cesse... Tout mon esprit était concentré sur cette seule idée, cette obsession... Que cela se termine... Y'avait cette chaleur qui irradiait mon corps entier, et y'avait les cris de Jane... Et y'avait aussi la rage que je lus dans son regard avant qu'elle ne ferme les yeux. Une rage qui l'irradiait, la transformait. En cet instant j'eus peur de ma sœur comme je n'avais jamais eu peur auparavant.
Pourquoi, pourquoi la fumée ne m'avait pas tué ? Qu'est-ce qu'il voulait, le destin ? Que je crie plus fort ? Ca n'était guère possible. Pourtant, la Faucheuse ne rate jamais ses rendez-vous, quand bien même ils sont imprévus. Alors pourquoi ? Pourquoi ?
J'avais l'impression d'étouffer. S'il vous plaît, Dieu, n'importe qui. Sortez-moi de là !
Lentement, je suis tombé. J'ai comme volé, l'air me brûlait. Et alors j'ai vu que je n'avais plus mes liens. Quelqu'un m'a porté. Quelqu'un m'a posé dans l'herbe.
- Jane, murmurai-je.
Y'avait du sang, du sang partout, du sang écarlate qui brûlait les yeux. Je souris.
C'est alors que je ressentis une douleur intense au coup, et l'incendie reprit. Le dernier de mon existence, le plus douloureux aussi.
Lorsque je me réveillai, j'étais mort. Et pourtant, quand j'ai croisé les yeux de Jane, je ne m'étais jamais senti aussi vivant de toute ma vie. Y'avait quelque chose qui avait changé dans son regard, quelque chose d'indéfinissable. Elle avait l'air plus... dure. Moins Jane mais plus elle. Tellement différente.
- Je crois que les hommes sont vraiment cruels entre eux, dis-je, parce que j'avais besoin de le dire, parce qu'il fallait que ces mots sortent pour qu'ils cessent enfin de tourner dans ma tête.
Et je vis alors le sourire le plus amer du monde.
- On va visiter ?
M'appuyant sur le marbre, je me relevai. Me retournant, j'aperçus un homme aux cheveux noirs, au teint laiteux et aux yeux rouges sang. C'est à ce moment que je réalisai que c'était ça qui avait changé chez Jane.
- Qu'est-ce que...
- Pas tout de suite, mes petits chéris ! répondit-il.
S'approchant de la porte, qu'il ouvrit en grand, il s'exclama, avec un sourire ravi et légèrement terrifiant :
- Qui veut une tasse de sang ?
Et voilà ! J'espère que la fin ne vous a pas trop déçu !
