Chapitre 2
PDV - Le vampire
Jour 17
Je suis au deuxième étages de l'immeuble, c'est l'étage auquel je passe le plus de temps, car c'est là que l'immeuble est le plus en état, malgré que la peinture ne ressemble plus vraiment à grand chose et que les carellages du sol ne sont présent qu'à quelques endroits. Bref, tout ça pour dire, qu'Isabella est au sous-sol, soit trois étages plus bas que moi et je l'entends hurler comme une folle. Je suis certain que bientôt, elle n'aura plus de voix.
Jour 18
J'ai apporté un restant de pâtes ce midi, qu'elle s'est empressée d'avaler, sans tout me recracher à la figure cette fois-ci. Il valait mieux pour elle. Comme je l'avais prédit, elle a la voix enrouée et je me fais un plaisir de lui ordonner de crier et lorsqu'elle refuse, il est amusant de la giffler.
Jour 19
Demain fera trois semaines que j'ai Isabella à ma disposition. Nous serons le 23 avril. Que le temps passe vite ! Demain, j'ai l'ordre d'enfin me faire connaître. Je sens que se sera amusant.
- 23 Avril -
Je paignai soigneusement mes cheveux blonds, les rabattants en arrière, avant de sourire sadiquement. Aujourd'hui faisait trois semaines qu'Isabella se trouvait en ma possession et je devais lui faire connaître ma véritable identité. En cinq ans, je n'avais pas énormément changer, alors je savais qu'elle n'aurait aucun mal à me reconnaître.
Je quittai mon appartement et descendai les escaliers jusqu'au sous-sol. Je poussai la vieille porte délavée de toutes couleurs et aperçue instantanément Bella qui regardait le sol. Je claquai fortement la porte derrière-moi, montrant ainsi ma présence, et Bella sursauta avant de relever la tête. Et son expression était à mourir de rire : La bouche grande ouverte et les yeux écarquiller, quelque chose que je n'aurai manquer pour rien au monde.
PDV - Bella
Chaque jours qui passaient, je les comptais. Le temps passait lentement, et plus ça allait, plus je me demandais si je parviendrais un jour à sortir de ce trou. Voilà trois semaines que j'étais prisonnière de, probablement, de mon harceleur surnommé " Le Vampire ", ce psychopathe. Il prenait un malin plaisir à me frapper et à m'insulter et me nourrissait d'une nourriture infecte qu'il laissait probablement traîner en dehors du frigo quelques temps avant de mis donner. Parfois, je lui en crache à la figure, c'est plus fort que moi. Une fois, je l'ai entendu discuter au téléphoner, mais les mots étaient trop confus pour ma tête.
L'endroit dans lequel je me trouvai était certainement une vieille cave, emplis d'humidité et d'une odeur qui dans les débuts, me donnait des hauts de coeurs - à présent, j'avais appris à mis habituer. Dans un coin à gauche, il y avait quatre casier gris et rouiller par le temps. A droit, plaqué contre le mur, un lit que l'on peu trouver dans les cabinets de médecin, vous savez, tout en cuir noir. Sauf que celui-ci doit probablement venir d'un asile pour fou - tient sa irait très bien avoir " Le Vampire " - car il y a des attaches au niveau des pieds, des chevilles et du ventre.
Je sortis de mes pensées, lorsque je sursautai par le claquement d'une porte - celle bien sûr de la pièce souillée dans laquelle je me trouvais. Cette image ressemblait à toutes les autres que j'avais pu voir depuis que j'étais ici ; lui entrant et avançant vers moi d'une démarche décontracté, parfois presque féline, vêtu de son éternel cagoule noir qui ne laissait apercevoir que ses yeux bleus et son sourire maquiavélique. Cependant, cette fois-ci, une chose changeait : Il ne portait pas de cagoule, laissant son visage à l'air, me laissant découvrir son identité et ma bouche s'ouvrit d'étonnement, avant que des larmes ne grimpent dans mes yeux.
_Oh, tu pleures ? Demanda-t-il avant d'éclater de rire. J'avais envisagé que tu m'aurais insulté et hurler dessus, pas que tu serais triste.
_Ce sont des larmes de déception, pauvre crétin, crachais-je.
_Voyons, Isabella, tu ne pensais quand même pas que j'allais sortir de ta vie sans un au revoir, tu ne crois pas ?
Je baissai la tête. Comment n'avais-je pas pu le reconnaîre, en faite ? Cette démarche, ce sourire, ces yeux si profond et froid, cette voix grave ?
- Flash Back -
Cinq ans plus tôt
Sa valise tomba lourdement sur le plancher marron glacé de l'entrée de la maison, alors qu'il tournait la tête dans ma direction, plantant ainsi son regard chocolat, similaire au mien, dans mes yeux emplis de tristesse et de douleur. Cependant, j'étais surprise que mon frère ne se soit pas rendu compte du mal qu'il me causait, lui qui disait si bien que l'on arrivait à lire en moi comme dans un livre ouvert. Emmett savait pourtant mieux que quiconque que je n'étais pas encore très bien rétablie de la mort de papa et maman, malgré que cela fasse déjà quatre ans.
_Je suis désolé, souffla-t-il en baissant le regard, trouvant ses pieds plutôt intéressants.
Que pouvais-je répondre à ça ? C'était lui qui choisissait de partir, loin de moi l'idée de le mettre à la porte, alors qu'il était tout ce qu'il me restait.
Je fermai les yeux, libérant quelques larmes qui s'échouèrent sur mes joues, avant de finir leur traversée dans mon cou.
Je l'entendis approcher, mais ne daignai pas rouvrir les yeux. Le plancher craquait sous ses pas, et ce n'est que lorsque je n'entendis plus rien que je rouvris lentement les paupières.
Mon frère n'était qu'à quelques mètres de moi et me regardait. Il me fit un faible sourire, qu'en temps normal, je lui aurais rendu. Or, à cet instant, je n'avais pas vraiment envie de sourire, surtout à lui.
_Arriveras-tu à me pardonner ?
J'ouvris la bouche, mais la refermai aussitôt. C'était une bonne question. Arriverai-je à lui pardonner ? Réussirais-je à oublier son abandon ?
_Je ne sais pas, chuchotais-je.
_Je suis certain que tu arriveras à oublier. Avec le temps.
Je ne savais pas si c'était moi ou plutôt lui qu'il essayait de convaincre, mais pour moi, cela ne marchait absolument pas.
_Tu ne peux pas me faire ça, Emmett ! M'exclamai-je, terrifiée à l'idée de me retrouver seule. Pourquoi me laisses-tu sur le bas côté ?
_Il faut que tu comprennes que je ne serais pas toujours là pour toi, Bella. Que j'ai grandi et que, arrivé à un certain âge, on change.
_Je n'ai que dix-huit ans ! Lui fis-je remarquer.
_Tu sais très bien que tu es plus mature que tous ces jeunes du lycée. Je suis confiant au sujet de ton avenir, soeurette.
_Mais j'ai encore besoin de toi. Je suis peut-être plus mature, mais j'ai besoin d'apprendre encore des choses sur la vie qui m'entoure et pour ça, j'ai besoin de toi.
Je le vis serrer les poings. Il était énervé.
_J'ai vingt-et-un ans, merde ! J'ai largement passé l'âge d'être commandé par une gamine qui vient d'être majeur il y a seulement quelques mois !
Une larme roula sur ma joue. Je n'avais jamais aimé qu'il me crie ainsi dessus. Il me faisait du mal, mais il n'avait pas l'air de s'en rendre compte.
Je savais parfaitement que j'aurai dû répliquer face à sa tirade plus que blessante, mais les mots m'échapaient.
Il repartit vers la porte d'entrée, prit sa valise dans ses mains.
_Combien as-tu de drogue dans ton sang, en ce moment ?
La question était partie toute seule. La seule fois où je le lui avais posé, il ne m'avait pas adressé la parole pendant une semaine. Je savais très bien qu'il n'aimait pas que je le juge sur ce qu'il faisait, que savoir combien de gramme il avait avalé ne me regardait absolument pas. Mais j'étais sa petite soeur, j'avais quand même le droit de savoir !
_Cela ne te regarde pas, dit-il durement. Mêle-toi de ton monde, tu ne fait pas partie du mien.
Je me laissai tomber à genoux, alors qu'il ouvrait la porte, prêt à partir.
_Tu ne peux pas, Emmett, chuchotai-je. Je vais devenir quoi sans toi ? A... A la mort de papa et maman, tu avais juré d'être toujours près de moi, tant que j'aurai besoin de toi. Te rends-tu compte que tu brises la dernière promesse que tu auras fait aux parents ?
_J'ai changé, Bella. Rien ne me fera revenir sur ma décision.
Un coup de klaxon se fit entendre.
_Jeff m'attend.
Il allait franchir le seuil de la maison, mais je le hélai en me relevant.
_Je t'aime, Emmett. Tu es mon grand frère et cela ne changera jamais. Quoi que tu puisses devenir, je t'aimerai. Mais je t'en supplie, ne fait pas ça. Qu'auraient pensé papa et maman s'ils avaient appris que tu te droguais ? Tu crois qu'ils seraient fière de leur fils ?
J'essayais de garder une voix calme, mais la colère prenait légèrement le dessus. Il ferma les yeux et soupira avant de les rouvrir.
_Ils ne sont plus là. Si toute ma vie je me fie à ce que papa et maman aurait voulu, je n'aurai pas finis.
Sa valise à la main, il traversa la distance qui nous séparait et vint déposer un baiser sur mon front.
J'aurai aimé le repouser, lui dire qu'à partir du moment où il passerait la porte, il ne serait plus mon frère, qu'il ne serait plus rien pour moi. Mais je n'étais pas comme ça. Et si jamais un jour il réapparaissait dans ma vie, je l'accepterai à nouveau à bras ouverts, rien que parce qu'il est mon frère et quoi qu'il fasse, je l'aimais. Et ça, mon frère le savait parfaitement.
_Je t'aime, petite soeur, souffla-t-il.
Cette fois-ci, au moment de traverser la porte, il daigna me regarder une dernière fois et de me faire un petit sourire.
-Prend soin de toi, Bella.
Il passa le seuil de la porte et ferma celle-ci derrière-lui.
Les larmes coulèrent sans s'arrêter sur mes joues, alors que je me ruai à la fenêtre de la cuisine, celle qui donnait sur la rue du devant de la maison.
J'eus juste le temps de voir la portière avant passager de la voiture noire se fermer, que le véhicule redémarrait. Je ne quittai pas la voiture des yeux, jusqu'à ce qu'elle devienne invisible.
Je t'aime aussi, grand frère.
Une quinzaine de minutes après le départ d'Emmett, je partie m'installer sur le vieux canapé où je pris un oreiller entre mes bras et le serrait de toutes mes forces, avant de le plaquer sur ma bouche et d'hurler le plus fort possible. Comment ? Comment putain, avait-il bien pu me faire ça ?
Et Antoine ? N'avait-il pas dit qu'il protègerait mon frère et le ferait cesser de se droguer ? Pourquoi n'avais-je pas remarquer, en faite, que lui-même se droguait ? Alors il aurait été mal placer de faire arrêter mon frère. Et dire qu'Antoine est le meilleur ami de mon frère... tu parles. Il a deux de plus qu'Emmett et pas plus intelligent finalement. Je me demande comment Antoine est parvenu à aoir le culot de venir le chercher en plus en voiture, devant ma maison ?
Je montai dans ma chambre et sortit mon journal intime de sous mon matelas, pris un stylo de sur mon bureau et commençait à rédiger :
Cher journal,
Emmett est finalement partit. J'ai pensée et espérée qu'il resterait au final... pour moi. Je t'avoue alors que j'ai eue tord et ça fait mal. Ca fait quoi... 30 minutes, voir 45 minutes qu'il n'est plus là, et pourtant, la maison me parait déjà tellement vide. J'avais pris l'habitude de vivre seulement avec lui et son bazard infernale dans presque chacune des pièces de la maison. Ne pas entendre la télé sur son jeux de voiture avec le volume quasi à fond, me manque... je n'aurai jamais pensée dire ça un jour, ou du moins l'écrire.
Tu sais avec qui il part je ne sais où ? Avec Antoine. Et ouais, et c'est Antoine également qui conduit, il me déçoit - Emmett m'a dit que c'était Jeff, mais il me prend vraiment pour une imbécile. Jeff a une voiture grise et non noir comme Antoine.
Et moi, qu'est-ce que je vais devenir, maintenant ?
- Fin du Flash Back -
_Comment t'as pu lui faire ça, franchement ? Commençais-je à crier. J'avais confiance en toi, putain ! Tu m'avais promis que si je sortais avec toi, tu l'aiderais à le faire arrêter la drogue, t'avais promis, pas que tu allais l'emmener à New York pour qu'il se défonce encore plus !
A la fin de cette tirade, je m'apprêtai mentalement à recevoir une gifle, mais cela n'arriva pas ; il éclata à la place de rire à s'en tenir les côtes.
_Tu es si naïve, Isabella. Ne sais-tu pas que, parfois, certaines promesses sont spécialement faite pour être brisées ?
_T'es qu'un putain d'enfoiré, tu le sais ça ? Oh oui, probablement, beaucoup ont déjà dû te le dire !
J'hurlai et peut m'importait les corrections dont je serais sujète plus tard. J'avais besoin de me défouler et Antoine était très bien pour ça.
_Edward te retrouvera, Jasper et Emmett aussi et tu vas payer !
Je savais qu'ils feraient tout pour me retrouver, notamment mon chéri et mon grand frère.
Antoine s'avança de moi dangereusement et encra son regard dans le mien. Son visage était si proche du mieux qu'un léger frisson me parcourut, ce qu'Antoine dû s'apercevoir car il sourit.
_Toi, tu fais partie d'une brigade criminelle ? Tu ne sais même pas te défendre... Ils embauches vraiment n'importe qui maintenant.
Je lui cracha à la figure et il recula d'un pas. Il s'essuya le visage visage avec son t-shirt et s'approcha vivement de moi à nouveau, avant de prendre mon visage d'une main et de serrer fortement mon manteau.
_Tu me fais mal, articulais-je difficilement.
Il serra un peu plus fort.
_Ecoute-moi bien, pétasse, car je ne le répèterai pas une deuxième fois : Bien sûr que oui, tes amis te retrouveront, mais tu sais dans quel état ?
Sa pression se fit plus forte et plus douloureuse.
_Tu ne seras que cadavre ; tu seras morte !
