AUTEUR : Adrry Potter

GENRE : Yaoi

COUPLE : HP/DM

DISCLAMER : Rien n'est à moi, tout est à elle (notre mentor à tous, J.KROWLING)

Chapitre 3 : Te connaître.

Il était assis dans sa baignoire, le regard dans le vide, la tête encore pleine de tout ce qui le perturbait. La salle de bain dans laquelle il se trouvait était spacieuse, la baignoire collée contre le mur du fond, touchant les deux extrémités des murs latéraux. Il était assis dedans, la tête posée contre le mur, à quelques centimètres du pommeau de douche fixé au mur et encore plus près des robinets. L'eau fouettait son visage et ruisselait le long de son corps, couvrant ainsi ses larmes, s'il était possible qu'il puisse pleurer à cet instant précis.

Il enrageait et ses lèvres tremblaient.

Il enrageait du baiser qu'il lui avait donné. Mais pour quoi allait-il passer ? Et pourquoi avoir fait ça !? Il ne le comprenait pas. Le soir même de cet évènement, il s'était dit que se devait être un effet psychologique de deux personnes englober dans une même histoire, très compliquée, et dans laquelle ils jouaient plus le rôle de pion. Mais après quelques jours, cette idée lui paraissait bien stupide. Cela n'avait rien à voir avec une quelconque méprise affective passagère et ça le rendait malade. Il ne voulait pas, trop de souvenirs lui remontaient en tête pour appuyer son propos. Trop de coup bas, trop de batailles, trop de mensonges.

Ses lèvres tremblent sous l'évidence. Cette peur, bien réelle et qui est justifiée. C'est pour ça qu'il a du mal à contrôler ses tremblements. Ses lèvres semblent vouloir parler, mais à qui ? A lui ? Mais pour quoi dire ? Pour quoi faire ? Il a tous les amis dont il a besoin, que viendrait-il faire en plus là dedans. Comment pourrait-il rivaliser avec un Weasley qui est le meilleur ami qu'il puisse rêver et une salle prétentieuse obsédée des bouquins comme l'est Granger ? Il n'a pas sa place là dedans… et pourquoi se projeter si loin dans l'avenir ? En étant tout bêtement un peu sensé, quiconque peut se rendre compte du ridicule d'une telle idée.
Il tourne un peu plus le robinet rouge et un peu plus de vapeur accompagne la chaleur que lui procure cette eau qui n'arrive pas à l'apaiser. Lui dont toute cette histoire avait taché le nom, disloqué la famille et fait fuir pas mal de ses relations, que pouvait-il espérer alors ? Il n'y a pas de rédemption possible pour ceux qui ont choisi le mauvais camp.

Pourtant, le souvenir de cet instant partagé au creux de la forêt interdite donne un semblant de sourire à ce visage dont la tristesse et la colère plisse tous les traits dans une expression globale peu définissable. Il était heureux de l'avoir fait, déchiré par ce geste si lourd de conséquences et de choix et terrassé par sa propre bêtise.
Il tourne un peu plus le robinet. L'eau est chaude, peu être même trop chaude pour lui. Mais son corps reste froid, il n'y a plus de chaleur en lui. Cette chaleur qu'il aimerait qu'on lui donne et que personne ne peut lui donner. Puisqu'en cette heure tardive, il n'y a plus personne dans le grand manoir des Malfoy. Cette chaleur qu'il a éprouvé il y a quelques jours et qu'il a perdu la même journée. Cette sensation puissante, apaisante et qui lui semblait (sûrement à tord) partager par cette personne qu'il tenait dans ses bras.

Comment allait-il ? Que faisait-il ? Très certainement était-il bien entouré par ses amis, lui qui pouvait encore ce le permettre alors que lui, il se retrouvait seul dans cet immense battisse froide, vide.

Qu'avait-il fait depuis ces quelques derniers jours ? Il avait découpé des articles par centaines. Récupérant la moindre photo ou l'on pouvait voir Harry. Collection aisée puisque tous les magasines parlaient de lui. Les journaux arrivaient par dizaines chaque jours et il passait des heures entières à lire les articles avec l'espoir d'y trouver les réponses suivantes : Comment allait-il ? Ou vivait-il ? Allait-il dire quelque chose sur lui ?
Mais aucun magasine ne semblaient avoir eu une interview de ce dernier. En fait, les articles relataient exactement la même chose, dans des ordres différents. Juste un enchaînement des faits relatés par des personnes diverses. Il se consolait de ce manque d'information en regardant pendant des heures l'image parfois souriante, parfois fatiguée de celui qui avait prit une nouvelle place en lui.

« Mais qu'elle place pouvait-il prendre ? C'est à peine si je sais ce qu'il porte dans l'enceinte de l'école (son uniforme). Que pourrai-je lui apporter ? Moi qui ne sais rien sur lui et lui qui ne savait rien sur moi ? D'ailleurs, pourquoi voudrait-il savoir quoique se soit sur moi ? Qu'est ce qui pourrait l'intéresser chez moi ?... »

Il cogna un grand coup sa tête contre le robinet ce trouvant à porté de son front. La sensation est violente mais suffit pour chasser un bref instant tout le tourment de sa tête, c'était bon. Il recommença, encore, encore, encore… ne se rendant pas compte que son impact se faisait de plus en plus rapide et violente.

« Mais pourquoi, pourquoi, POURQUOI IL ME FAIT CET EFFET LA ?!? Pourquoi je me sens si différent quand je suis près de lui ? Pourquoi je ne reconnais pas personne que je deviens à son contact ? Mais pourquoi bon sang… »

Sa pensée se stoppa net, son mouvement aussi. Un filet rouge coulait le long de son front, poursuivant sur son nez. À son extrémité, le filet le filet perle et tombe sur son torse de blanc laiteux et descend encore, encore et toujours plus bas.

Le pommeau de douche continuait de le marteler de milliers petits filaments d'eaux bouillant. Lui dont la pensée s'était enfin assoupi pour quelque instant, regarde sans le voir vraiment l'eau qui lave ses blessures, le nettoie de son sang, de ses pensées, de sa honte. Il se laisse aller dans cette chaleur enfin apaisante qui emporte avec elle tous les maux de son cœur si lourd. Les cheveux tombant sur ses yeux, ses lèvres bougent…

« Mais pourquoi… »

Et ce tourment intérieur se fini sur cette simple pensée : « peut-être que je ne te connaitrais jamais assez pour que se soit possible ? »…