Titre : Destinées entrelacées
Rated : M (pour être sure)
Disclaimer : Hakuouki et ses personnages appartiennent à Idea Factory, les OC m'appartiennent.
Salut tout le monde !
Bon, ça se confirme, je suis incapable de faire des chapitres courts ! Mais j'adore détailler les pensées et les actes des personnages, donc j'écris forcément davantage.
J'espère que vous apprécierez ce chapitre.
OoOoOoO
Chapitre 3 :
Le reste de la nuit fut calme, et personne ne vint déranger les jeunes filles. Pourtant, même si Keiko s'était endormie en un rien de temps, Shiori ne fermait pas l'œil. Elle tentait encore de calmer ses mains tremblantes et de reprendre ses esprits pour ne pas céder à la panique et commettre une erreur mortelle. Là, tout de suite, elle avait juste envie de se ruer hors de cette chambre pour aller chercher sa sœur et s'enfuir avec elle. Mais, du peu qu'elle avait pu voir de cet endroit, cela semblait bien trop grand pour pouvoir la trouver facilement, et elle se ferait remarquer et tuer avant d'avoir pu l'apercevoir.
Elle devait donc rester là et attendre de voir ce qui viendrait. La jeune femme s'efforçait de prendre de longues inspirations pour expirer lentement ensuite, mais le trouble qui l'habitait ne semblait pas vouloir la lâcher.
Elle repassait un à un les événements de la journée et ne comprenait pas où tout avait basculé. Elle ne parvenait pas à donner d'explication rationnelle à la réalité de ce monde qui lui semblait tout droit sorti d'une autre époque. Pourtant, elle n'avait plus aucun doute sur le fait que tout était bien réel. La douleur qui lui saisissait l'épaule, et l'odeur de mort qui imprégnait ses habits ne le lui rappelaient que trop bien. Les images tournaient en boucle dans son esprit, la replongeant constamment dans l'horreur qu'elle avait vécue.
Ces hommes avaient été dévorés vivants, leur chair avait été arrachée à coups de dents, et leurs katanas n'avaient été d'aucune aide pour les libérer. Elle les avait vus se débattre désespérément pour échapper à leurs assaillants, mais ils étaient tellement rapides et puissants qu'ils les avaient brisés en quelques secondes. Elle ne plaignait pas vraiment les trois bandits étant donné leurs méfaits, mais elle ne souhaitait un tel sort à personne. Surtout en ayant manqué de vivre le même.
Cette pensée lui envoya de nouveaux frissons dans le dos et elle s'entoura de ses bras dans une vaine tentative pour se réchauffer. Mais elle n'avait pas froid, elle avait peur.
Même lorsqu'elle tentait de penser à un endroit rassurant et réconfortant, le rire malsain de ces êtres raisonnait dans sa tête. Ce rire dément ressemblait presque à un rire d'enfant, un de ces rires qu'elle avait pu entendre dans quelques films d'horreur. Elle pourrait peut-être oublier les images et l'odeur, mais jamais elle n'oublierait ce rire qui représentait à lui-seul toute la démence de ces êtres.
Elle ne voulait rien savoir à leur sujet, ni ce qu'ils étaient ni d'où ils venaient. Elle ne voulait pas se poser de questions, elle voulait juste oublier et rentrer chez elle avec sa sœur.
Elles avaient failli se faire tuer quatre fois en l'espace de quelques heures alors que le Japon était censé être le pays le plus sûr du monde. Il fallait à tout prix qu'elle trouve un moyen de s'enfuir ou elles y passeraient avant la fin de la semaine.
Le problème était que ces hommes en haori bleu n'étaient pas une mince affaire. Si la cruauté de ces créatures aux cheveux blancs était inégalable à ses yeux, elle devait garder à l'esprit que ces hommes les avaient tuées en quelques coups de katana comme s'il s'agissait de vulgaires combattants. Si elle les contrariait, elle n'aurait pas le temps de voir venir le coup.
Elle ne comprenait pas ce qui les motivait, et donc les pensait imprévisibles. Elle n'avait pas ressenti la même terreur en combattant cet homme aux yeux verts, mais la différence de niveau était telle qu'elle s'était sentie aussi impuissante qu'un écureuil dans les griffes d'un loup.
Et ce regard... elle ne savait pas expliquer ce qu'elle avait ressenti, si ce n'est la peur de mourir, mais son regard l'avait malgré tout captivée. Elle ne savait finalement pas vraiment quoi penser d'eux car ils semblaient tous avoir leur propre façon d'agir malgré le fait d'appartenir au même groupe, le « Shinsengumi ». Elle eut un rictus amusé en pensant à ce nom, c'était vraiment très prétentieux de leur part de prendre un tel nom. Tout le monde avait entendu parler du Shinsengumi en cours d'histoire au collège, et tout le monde savait qu'il s'agissait de la fameuse police de Kyoto, regroupant de nombreux samuraï talentueux et reconnaissables de part leur haori...bleu.
Shiori perdit son semblant de sourire et déglutit difficilement. Ils portaient tous un haori bleu, et ils portaient tous un katana...
- Faut que j'arrête de me faire des films. Tout le monde sait que les membres du Shinsengumi étaient des samuraï en haori bleu, n'importe qui peut se déguiser comme ça... Murmura t-elle.
Mais, malgré ses efforts pour discréditer l'idée folle qui fleurissait dans son esprit, elle ne pouvait pas nier que tout allait dans ce sens.
Elles avaient passé des heures à se questionner sur leur environnement, à se demander pourquoi rien ne ressemblait à leur ville habituelle, et pourquoi les gens étaient différents. Et elle ne pouvait surtout pas oublier le talent exceptionnel des deux hommes qu'elles avaient croisés de près. Ils étaient rapides et précis, et avaient chacun un style très différent mais visiblement éprouvé. Elle n'avait jamais vu de kendoka aussi doués, ou plutôt jamais d'aussi à-même à délivrer un vrai combat. Les mouvements qu'elle avait appris avec Masao étaient purement théoriques, c'était presque une danse où l'autre perdait s'il était effleuré par le bokken de l'adversaire.
Leur façon de combattre n'avait rien à voir, ils y mettaient de la force et ne s'encombraient pas avec des mouvements superflus, ils prenaient le sabre pour tuer et non pour faire une démonstration d'habileté.
Shiori soupira et scruta attentivement la chambre dans laquelle elle se trouvait avant d'abandonner définitivement l'idée de s'enfuir ou de tenter la moindre chose. Elle devrait attendre le lendemain pour savoir quoi faire. Elle espérait juste que sa sœur se portait bien, la sachant blessée au bras mais ne sachant pas si la plaie était profonde ou non.
Elle se rappela alors qu'elle-même avait été blessée à l'épaule et reporta son attention sur ses habits ensanglantés.
Avec une infinie précaution, elle desserra le col de son kimono pour apercevoir la plaie, grimaçant à chaque geste. L'entaille était faite de telle façon qu'elle ne pouvait l'apercevoir que du coin de l'œil, et tout le sang qui avait coulé sur son corps l'empêchait de la distinguer correctement. Elle n'osa pas y poser les doigts et se contenta de se rhabiller. Elle espérait juste pouvoir se nettoyer le lendemain afin d'éviter une infection.
Le reste de la nuit passa rapidement, et ce n'est qu'aux premiers rayons de l'aurore que Saito vint frapper à la porte de la chambre de la cadette. Il attendit poliment qu'elle lui réponde, puis se décida à ouvrir le panneau de papier en l'absence de réponse. Il avait craint qu'elle ait eu la folle idée de s'enfuir, mais il n'en était rien. Elle était bien là, étalée négligemment en travers du futon, les jambes emmêlées dans la couverture. Il s'agenouilla alors à ses côtés pour la réveiller et s'aperçut que le futon ainsi que ses vêtements étaient recouverts de sang. Craignant un instant qu'elle n'ait pas survécu à ses plaies, il passa sa main devant les narines de la jeune femme pour s'assurer qu'elle respire.
Il lâcha un léger soupir en sentant un filet d'air lui frôler les doigts à chacune de ses respirations, mais ne savait pas s'il devait se sentir soulagé ou dépité de voir que la jeune femme avait survécu. Avec ce qu'elle avait enduré la veille, il n'aurait jamais pensé la retrouver dormant comme une bien heureuse dans une position si peu gracieuse.
Mettant de côté sa première impression, il lui saisit doucement le bras avant de remonter la manche du kimono. Il pu alors observer une entaille relativement peu profonde, et comprit que Okita avait retiré sa lame au dernier moment en la voyant se jeter devant lui. Elle avait été chanceuse, il aurait pu lui transpercer le bras s'il l'avait voulu.
Il posa le bras blessé sur le futon et fouilla dans un petit bac qu'il avait ramené avec lui. Il en sortit un petit pot en terre et des bandes de tissu.
Il ouvrit le récipient et y plongea ses doigts pour en extraire une pâte faite à base d'herbes et d'argile. Délicatement, il en étala sur la plaie et massa légèrement pour que les herbes agissent. Malgré sa précaution, Keiko commença à s'agiter et ouvrit les yeux.
Lorsqu'elle vit Saito, elle sursauta et voulu se redresser, mais le samuraï lui maintint le bras.
- Ne bouge pas, j'ai bientôt terminé. Lui ordonna t-il d'une voix ferme.
Elle se figea en entendant son ton autoritaire, et, en se remémorant petit à petit les événements de la veille, elle commença à paniquer et se débattit pour se libérer. Elle recula rapidement jusqu'au mur le plus proche dans une vaine tentative d'échapper à cet homme, et ne pu retenir un gémissement de douleur lorsqu'elle s'appuya sur son bras blessé. Son regard se porta alors sur la plaie qu'elle avait oubliée, et, en y posant machinalement les doigts, elle sentit une pâte froide à la place de la chair à vif. En y regardant de plus près, elle se rendit compte qu'il s'agissait d'un cataplasme. Lentement, elle reporta son attention sur le samuraï, comprenant qu'il était celui qui l'avait soignée.
Saito la laissa se calmer un moment avant de s'avancer vers elle et de s'accroupir à ses pieds.
- Laisse moi terminer mon travail. Lui dit-il d'un ton tout aussi détaché, mais moins autoritaire.
Il tendit alors la main vers elle, et attendit qu'elle se décide à lui donner son bras. Elle l'étudia du regard un instant avant de se décider à tendre le bras.
Le jeune homme le saisit délicatement et elle se détendit légèrement en le voyant saisir une bande de tissu pour l'enrouler autour de sa plaie. Elle grimaça lorsqu'il serra d'un coup sec mais ne dit rien, trop absorbée par l'observation de cet homme. Elle ne comprenait pas pourquoi, mais il la terrorisait autant qu'il la fascinait. Il avait le regard et les talents d'un tueur, pourtant il savait faire preuve de beaucoup de manières et de retenue. Elle n'avait pas pu voir les détails de son visage la veille, le stress et la pénombre les lui ayant cachés, mais elle se rendit compte qu'il avait des traits très délicats pour une homme. Son visage était presque aussi fin que celui d'une femme et son nez aquilin était discret. Ses gestes étaient mesurés et appliqués, et seuls ses yeux bleus perçants laissaient deviner qu'il n'avait rien de fragile. C'est d'ailleurs lorsqu'il les releva vers elle qu'elle sursauta et détourna le regard.
Il l'observa silencieusement pendant quelques secondes avant de se relever.
- Viens, le commandant veut te voir.
- Le commandant ?
Saito hocha la tête et elle le suivit docilement sans poser de questions, se rappelant de ce que sa sœur lui avait demandé.
Pendant ce temps, Okita se dirigeait vers la chambre de Shiori. Lorsqu'il entra, il la trouva assise en seiza à même le sol. Elle n'avait de toute évidence pas dormi de la nuit, attendant qu'il vienne la chercher. Il ne prit pas la peine de s'enquérir de sa santé, lui ordonnant simplement de le suivre.
Shiori avait eu la nuit pour calmer son esprit et retrouver sa sérénité. Elle saurait agir avec sagesse quoi qui l'attende.
Durant le court trajet, elle observa attentivement le dos du samuraï, le trouvant soudainement moins effrayant que la veille. Peut-être était-ce parce qu'il ne portait plus ses armes. Maintenant qu'elle y pensait, il ne l'avait pas défiée du regard comme la veille et s'était contenté de l'escorter sans plus de commentaire.
Elle commençait à se perdre dans ses pensées quand elle percuta violemment le jeune homme. Elle se frotta le nez pour faire passer la douleur et cru entendre Okita pouffer discrètement.
Toutefois il ne fit aucun commentaire et lui indiqua une porte d'un signe de la tête.
Lorsqu'elle entra dans la pièce désignée, elle vit que sa sœur s'y trouvait déjà. Elle était entourée par plusieurs hommes et trois d'entre eux, dont Hijikata, se tenaient face à elle. Sûrement les dirigeants de ce groupe.
Elle n'eut pas le temps de s'avancer que déjà sa sœur avait bondit et se jetait dans ses bras.
- Shiori !
L'aînée lui rendit son étreinte mais vit que les guerriers attendaient qu'elles s'installent rapidement. Ne voulant pas les contrarier sans raison, elle repoussa doucement sa sœur.
- Retourne t'asseoir. Murmura t-elle, sentant la tension reprendre ses droits sur son cœur.
Keiko lui lança un regard de travers mais obéit en croisant le regard faussement amène des guerriers. Shiori la suivit pour s'installer au milieu de la pièce et se maudit mentalement de ne pas pouvoir retenir ses tremblements. Hijikata prit alors la parole pour commencer l'interrogatoire, car elle ne doutait pas qu'il s'agirait de cela et que chaque soldat présent étaient autant de lames capables de les sanctionner pour une mauvaise réponse.
- Je ne vais pas tergiverser, nous vous avons fait venir ici pour savoir ce que vous avez vu hier soir.
La mine du vice-commandant était grave et Shiori sentit qu'il ne fallait pas essayer de le duper. Il savait parfaitement ce qu'elles avaient vues et testait leur honnêteté. Elle ouvrit la bouche pour répondre mais sa sœur la devança.
- Nous n'avons rien vu ! Rien du tout ! S'emballa t-elle.
- Keiko ! L'admonesta sa sœur.
- Oh vraiment ? Demanda Okita d'un ton douceureux.
Shiori n'aimait pas le ton qu'il employait ni le regard qu'il lui adressait, mais sa sœur n'y voyait que du feu.
- Vous n'avez rien vu ? Poursuivit-il.
- C'est ça !
- Donc vous n'avez rien vu de ce que ces hommes aux cheveux blancs ont fait hier soir ?
- Non ! On ne les a pas vu tuer ces hommes, ne vous en faites pas !
Un silence pesant s'imposa et Keiko comprit qu'elle venait de faire une bêtise. Shiori se hâta de prendre la parole pour essayer de rattraper la situation.
- Nous avons vu ces...hommes, mais nous ne savons pas ce qu'ils étaient. Avoua t-elle.
- Bien, dans ce cas l'affaire est entendue. Conclut Okita en se levant.
Il avança lentement vers les jeunes femmes et l'aînée entendit le bruit de son katana qu'il se préparait à dégainer.
- Souji. Le reprit l'homme qui semblait commander à ces guerriers.
Okita rengaina son sabre et retourna s'asseoir. L'homme qui l'avait calmé d'un mot était imposant mais son sourire était chaleureux et rassurant.
- Ne soyez pas si tendues, nous ne tuons pas sans raison. Je m'appelle Kondo Isami, et je suis le commandant du Shinsegumi.
- Le Shinsengumi ?! Sursauta Keiko.
Kondo hocha doucement la tête, ne se départissant pas de son sourire avenant. Shiori ne savait pas comment cet entretien allait tourner, aussi elle préféra se montrer courtoise pour éviter de les braquer et de mourir dans d'atroces souffrances.
- Je m'appelle Shiori Maeda, et voici ma sœur Keiko Maeda. Répondit-elle en s'inclinant poliment.
Keiko ne s'inclina pas, distraite par un groupe de trois guerriers qui se donnaient discrètement des coups de coude en entendant Shiori se présenter. Remarquant le trouble de la jeune fille, Hijikata les rappela rapidement à l'ordre par un raclement de gorge menaçant.
Shiori, toujours inclinée, admonesta sa sœur à voix basse.
- Keiko ! Murmura t-elle pour l'inciter à s'incliner également.
La cadette pu voir dans les yeux de sa sœur qu'elle avait tout autant à craindre d'elle que de ces hommes si elle ne prêtait pas davantage attention à la discussion, et se hâta donc de s'incliner à son tour. Le sourire de Kondo s'élargit mais il ne fit pas de commentaire à ce sujet.
- Bien, mesdemoiselles, dites m'en plus sur ce qui a amené deux jeunes femmes à errer seules dans les rues à une heure si tardive.
Keiko dandina légèrement et commença à parler sans prendre le temps de réfléchir. Une spécialité.
- Bah en fait -
- Tais-toi. Ordonna sa sœur, voulant éviter un drame.
Cette gamine voulait leur mort ! Shiori faisait tout pour calculer la moindre de ses paroles, et sa sœur disait le premier truc qui lui passait par la tête ! Elle ne voulait surtout pas attirer leur attention pour ne pas avoir à répondre à des questions compromettantes. Après tout, comment pourrait-elle leur expliquer la situation ?
La cadette lui lança un regard vexé mais Shiori ne céda pas et lui ordonna une seconde fois de se taire, ne lui laissant pas d'autre alternative que celle d'obéir.
- Nous étions perdues. Nous avons cherché notre chemin longtemps et avons fini par croiser ces bandits. Ces... hommes... les ont tués avant de s'attaquer à nous. Expliqua t-elle.
- Perdues ? Vous n'êtes pas d'ici ? Demanda le troisième homme devant elles en rajustant les lunettes sur son nez.
- Nous sommes de Kyoto, mais nous ne reconnaissions rien de notre quartier habituel. Nous sommes pourtant revenues par le même chemin. Répondit-elle vaguement, jetant régulièrement des regards en coin à sa sœur.
- C'est étonnant, les gens d'ici ne se perdent que rarement.
- Mais il n'y a pas que ça qui est étonnant ! Intervint Keiko malgré la demande de sa sœur.
Shiori sursauta en la voyant s'agiter vivement, et les guerriers semblèrent étonnés de son comportement, bien qu'amusés.
-Ici vous n'avez pas l'électricité, pas le téléphone, pas la télé, pas de voitures, même pas de vélo ! C'est trop bizarre !
Les trois hommes échangèrent des regards interloqués.
- Sannan-san, as-tu déjà entendu parler de « vélo » ? Demanda doucement Kondo.
- Jamais.
- Impossible ?! S'exclama la jeune fille.
Shiori n'y tenait plus et saisit sa sœur fermement par le bras pour la faire taire.
- Je te jure que si tu ne te tais pas tout de suite c'est moi qui vais t'achever, est-ce que c'est clair ? Gronda t-elle le plus doucement possible.
Keiko fit une mine boudeuse mais se tut en comprenant que sa sœur essayait de les sortir de là. Celle-ci garda une prise ferme sur le poignet de la plus jeune, jugeant bon de pouvoir la faire taire rapidement. Après tout, elle décidait de mettre les choses au clair, et elle avait absolument besoin que sa sœur la laisse faire.
- Kondo-san, le fait que nous nous soyons perdues n'est honnêtement pas le fait qui me soucie le plus. Affirma t-elle d'un ton ferme en le regardant dans les yeux.
- Je comprends, les faits auxquels vous avez assisté hier doivent vous avoir choquées. Répondit-il en se pinçant les lèvres d'un air navré.
Shiori prit le temps de choisir ses mots avec soin, elle savait qu'elle tentait le diable mais elles ne partiraient jamais de cet endroit sans ça.
- Je... ne peux pas le nier. Ces créatures vont certainement hanter mes nuits, mais je ne veux pas me poser de questions à leur sujet. Ce qui me tracasse davantage, Kondo-san, est que vos hommes nous ont attaquées, blessées et séquestrées sans raison apparente ! Pourquoi sommes-nous ici ?
Keiko fut prise d'une quinte de toux en entendant sa sœur parler si rudement. Elle qui voulait la faire taire, voilà qu'elle leur demandait des comptes. Elle remarqua également que le ton employé n'avait pas été apprécié par certains des guerriers, notamment celui qui les avait blessées.
Mais Shiori n'en tint pas compte et attendit patiemment une réponse.
- Veuillez l'excuser, Kondo-san, elle est encore un peu choquée... Tenta d'expliquer la cadette pour calmer tout le monde.
- Non, je comprends. Vous avez le droit de savoir pourquoi vous êtes ici. Répondit-il.
Il laissa passer un moment avant de poursuivre, questionnant ses deux compères du regard.
- Tout d'abord, je tiens à m'excuser pour vos blessures, les membres du Shinsengumi ne blessent habituellement pas les civils. Souji s'est laissé emporter en voulant protéger notre ordre.
A ces mots, il inclina la tête en signe d'excuse et Okita intervint en le voyant ployer de la sorte.
- Kondo-san ! Tu n'as pas à t'excuser, je suis celui qui les a blessées !
- Et je suis le commandant du Shinsengumi. Tout acte commis par ses membres est de ma responsabilité. Répondit-il d'une voix ferme.
- Tsk !
Okita se rassit en serrant les dents, fusillant du regard la jeune femme qui faisait subir ça à son mentor. Celle-ci ne se laissa pas intimider et le lui rendit. Il était celui qui les avait blessées sans même en recevoir l'ordre, il n'avait rien à redire à ce sujet.
- Quant à la raison de votre détention, elle est en rapport avec les créatures que vous avez rencontrées hier. La simple connaissance de leur existence est un problème pour notre organisation et pour le Shogunat.
- Le Shogunat ?
Kondo hocha vivement la tête et lança un regard à Hijikata qui reprit la parole.
- Nous ne pouvons pas vous en dire davantage. Nous devons discuter de la façon dont nous allons résoudre cette situation.
Le ton employé par le vice-commandant laissait comprendre que rien ne garantissait leur survie, mais Shiori laissa les choses en l'état. Elle avait déjà obtenu le fait qu'ils ne les exécutent pas purement et simplement.
Pendant que les guerriers échangeaient des regards lourds de sens, l'aînée se perdit dans ses pensées. Elle avait décrypté toutes leurs réactions durant l'interrogatoire, que ce soit pendant les bêtises de sa sœur ou lorsqu'ils avaient parlé plus sérieusement, et elle fut étonnée de ne pas voir la moindre trace de réaction factice. Ils ne mentaient pas, ils n'inventaient pas, c'était évident. Tous avaient réellement été étonnés en entendant la cadette citer toutes les choses manquantes du quartier, ils ne semblaient réellement pas savoir de quoi elle parlait. Et ils paraissaient vraiment être organisés comme aurait pu l'être une milice travaillant pour le Shogunat.
Ce n'était pas possible, tout semblait trop naturel mais elle ne voulait pas croire en cette folie. Pourtant, sa nuit de réflexion et l'entretien qu'elle venait d'avoir ne lui laissaient plus vraiment de doute. Elle déglutit lentement, s'étouffant à moitié avec sa propre salive avant de prendre la parole d'une voix blafarde.
- Kondo-san, me permettez-vous de poser une dernière question ?
Le commandant fronça les sourcils en la voyant si soucieuse et répondit le plus chaleureusement possible, s'attirant le regard réprobateur de son vice-commandant.
- Bien sûr, faites.
Shiori hésita un instant, n'osant pas vraiment poser sa question, n'étant pas certaine de vouloir obtenir de réponse, puis elle se lança.
- Ma question peut vous sembler idiote mais... pourriez-vous me dire en quelle année nous sommes ? Demanda t-elle lentement.
Il sembla surpris par la demande, et Hijikata leva un sourcil avant de répondre à sa place.
- Nous sommes en 1867, pourquoi ?
Faisant une nouvelle fois sursauter tout le monde, Keiko se leva d'un bond et questionna tour à tour chaque guerrier du regard.
- 1867 ! Impossible ! Vous êtes tombés sur la tête ou quoi ? On est en 2015 ! S'exclama elle.
L'un des samuraï qui chahutait plus tôt se mit à rire devant l'absurdité de ce que la demoiselle leur disait.
- 2015 ? Souji, tu ne l'aurais pas un peu trop stressée ? La pauvre ne sait plus où elle en est ! Se moqua t-il.
- Peut-être bien, j'ai pourtant essayé de les ménager. Répondit-il avec son éternel sourire, espérant provoquer l'aînée.
Mais celle-ci resta silencieuse, le dos courbé et le regard perdu dans le vide. Tout concordait mais c'était impossible à accepter. Le tanuki blanc, leur perte de conscience, le décor, les gens, le Shinsengumi...
- Keiko. Peut-être bien que nous sommes vraiment en 1867. Murmura t-elle d'une voix blanche.
- Quoi ?!
La plus jeune cru à une mauvaise blague, mais tout dans la posture de sa sœur laissait voir qu'elle parlait sérieusement. Elle ne pouvait pas y croire, mais voir Shiori aussi convaincue suffit à l'atterrer. Après quelques secondes de silence, elle se laissa tomber au sol.
- Mais comment on va rentrer chez nous ?
- Je ne sais pas.
Kondo les vit désespérer et décida de leur laisser un peu de répit.
- Il semblerait que vous ayez été choquées. Prenez du repos pour aujourd'hui, nous vous verrons demain pour vous dire le sort qui vous est réservé.
- D'accord. Répondit docilement l'aînée.
Elles étaient vraiment perdues, et pas seulement dans la ville mais dans le cours du temps. Qu'allaient-elles faire ?
OoOoO
Et voilà, c'est tout pour le moment.
Le déroulement ressemble un peu à l'histoire originale avec Chizuru, mais vous allez voir que ça va pas mal changer par la suite.
C'est la première fois que je n'écris pas sur une série ou un film super connu donc je sais que je n'aurai pas beaucoup de lecteurs. J'écris pour moi avant tout mais n'hésitez pas à me laisser une review, ça me motive beaucoup.
A bientôt !
