Titre : Destinées entrelacées

Rated : M (pour être sure)

Disclaimer : Hakuouki et ses personnages appartiennent à Idea Factory, les OC m'appartiennent.

Bonjour tout le monde !

Bonne année, bonne santé et plein de bonnes choses pour cette année 2016 !

Oh lala j'ai encore traîné !

J'espère que le chapitre vous plaira, comme promis j'ai inclus plus de personnages.

N'hésitez pas à me laisser une review, c'est toujours motivant, et au moins je sais que je suis lue :)

OoOoOoO

Chapitre 7 :

Okita et Shiori semblaient avoir enterré la hache de guerre depuis que le conseil avait annoncé que les jeunes femmes étaient graciées, mais pour autant on ne pouvait pas dire qu'ils s'entendaient merveilleusement bien. En effet, le jeune homme ne loupait pas une occasion de la tourmenter, et Shiori ne se gênait plus pour lui dire le fond de sa pensée. Elle savait toutefois où était la limite à ne pas franchir et ses répliques se bornaient généralement à signaler son mécontentement.

Comme elle l'avait pensé, Okita s'amusait à la faire le suivre partout où il allait, et ne semblait pas décidé à écouter ses requêtes. Cela faisait donc plusieurs jours qu'elle n'en formulait plus et attendait que son humeur taquine lui passe. Malheureusement, même lorsqu'elle se pliait docilement à ses volontés, il trouvait le moyen de la tourmenter.

Un jour où il l'avait encore malmenée, elle retourna d'un pas décidé vers sa chambre, clairement hors d'elle. Pour une fois, elle n'attendit pas de voir s'il la suivait et allait où elle avait décidé. Elle voyait enfin le shoji de sa chambre quand la voix d'Okita l'arrêta dans son élan.

- Par ici. Indiqua t-il en continuant sa route.

- Mais ma chambre est ici.

- Je sais, tu vas venir dans la mienne.

Shiori sursauta et lui lança un regard effarouché.

- Sûrement pas !

- Ne sois pas tant sur la défensive, ça ne m'enchante pas non plus de te traîner partout avec moi.

- Tant que je reste dans ma chambre, j'ai le droit de me passer de toi.

- Et moi je suis obligé d'attendre bêtement devant cette porte. J'ai d'autres choses à faire que d'attendre que tu aies fini de bouder.

- C'est ton problème ! Je n'irai pas dans ta chambre !

A ces mots, elle posa ses mains sur le shoji et s'apprêtait à l'ouvrir quand deux mains plus grandes que les siennes retinrent les panneaux coulissants d'un geste vif. Surprise, elle se retourna et se retrouva nez à nez avec le jeune homme qui la toisait de toute sa taille, un sourire mauvais gravé sur les lèvres.

La voyant déglutir avec difficulté, il plissa les yeux et s'avança encore plus près pour l'intimider.

- Bien, on va mettre les choses au clair. Je ne suis pas là pour te servir, je suis là pour te décapiter au premier mouvement suspect. Soit tu me suis comme une gentille fille, soit je te tue.

- Tu...tu ne peux pas faire ça. Kondo-san ne t'en a pas donné l'ordre... Répliqua t-elle d'un voix peu assurée.

- Tu veux vérifier ?

Le sourire d'Okita s'élargit et Shiori ne savait pas dire s'il s'amusait de la voir paniquer ou s'il appréciait d'avance l'idée de la tuer. Punaise ! Plaisantait-il ou pas ? Ce type était vraiment trop dur à cerner !

Décidant de ne pas prendre de risque, elle planta un regard décidé dans le sien et s'apprêtait à lui répondre quand elle le vit se reculer et lui tourner le dos pour continuer sa route.

- Hey ! Râla t-elle.

Okita ne lui répondit rien et poursuivit sa route, sachant pertinemment qu'elle le suivrait. Shiori rageait intérieurement de le voir si sûr de lui, il avait toujours le dessus sur elle, et il sentait dès qu'elle allait commencer à le mordre. Il était rare qu'elle ait une vraie occasion de lui lancer une réplique acerbe.

La jeune femme le suivit donc jusqu'à sa chambre et entra lorsqu'il lui ouvrit la porte. Elle resta un instant interdite en remarquant la simplicité de la pièce. Elle ne savait pas à quoi elle s'était attendue, mais pas à quelque chose d'aussi dénudé. Il avait pour seuls meubles un petit bureau et une commode, et sa seule décoration était ses sabres accrochés au mur. Elle ne vit aucun signe de calligraphie ou de peinture. La pièce n'avait visiblement qu'un but utilitaire, et Okita ne semblait pas se préoccuper de ce genre de détails superficiels.

- Assis-toi là. Je te préviens, j'ai du travail. Si tu me déranges...

- Tu me tues. Termina t-elle mécaniquement en levant les yeux au ciel.

Le samuraï laissa tomber son sourire, visiblement surpris, avant de s'amuser de son comportement.

- Bonne fille.

Le jeune homme s'assit devant son bureau et éparpilla quelques documents pour les lire. Shiori s'était assise dans un coin de la pièce et gardait les yeux rivés sur lui. Elle se méfiait de lui plus que tout et n'appréciait pas vraiment de se retrouver dans sa chambre. Elle avait envie de lui faire payer toutes les fois où il s'amusait avec elle, mais il était aussi agile et dangereux qu'un serpent. Elle ne pouvait pas lui rendre la monnaie de sa pièce sans prendre trop de risques.

Okita ne la regardait pas, mais le regard insistant de la jeune femme le troublait dans sa lecture.

- Hé, tu ne voudrais pas dormir un peu ? Ton animosité se sent jusqu'ici.

- Je refuse.

Le guerrier se retourna, surpris par le ton employé. Il la vit alors le fusiller du regard, les sourcils froncés et la mâchoire crispée.

- Eh ~ Au moins détend-toi. Sentir une aura aussi hostile me gêne dans mon travail.

Shiori craint de le voir la menacer à nouveau, mais il se contenta de reprendre sa lecture. Il ne devait sûrement pas la considérer comme un danger potentiel. Curieusement, cette idée la vexa.

Au bout d'un long moment à le regarder mélanger et trier des documents, elle soupira fortement et se permit de se lever pour se placer à ses côtés.

- Dis, on va passer la journée ici ?

Okita releva les yeux vers elle, puis se leva pour aller regarder le ciel par la fenêtre.

- Ça va bientôt être l'heure.

Quelques heures plus tard, la jeune femme et lui étaient assis côte à côte pour regarder les hommes s'entraîner.

Shiori avait été étonnée de le voir diriger autant d'hommes comme s'il s'agissait de la chose la plus évidente du monde. A peine avait-il prononcé quelques mots que les guerriers avaient enchaîné les exercices sans qu'il n'ait rien a dire de plus. Malgré tout ce qu'elle pouvait lui reprocher, elle ne pu s'empêcher d'être admirative. Son comportement en tant que capitaine de division n'avait rien à voir avec celui qu'il affichait habituellement.

Soudain, elle fut sortie de ses pensées en voyant Saito et Keiko approcher du terrain d'entraînement.

Elle sourit à sa cadette et attendit qu'elle s'approche davantage avant de lui parler. Mais sa tumultueuse petite sœur ne se gêna pas pour crier au loin.

- Sœurette ! Lança t-elle joyeusement.

Saito se figea instantanément et se retourna pour lui mettre une main sur la bouche. Elle tenta de le questionner malgré son bâillon mais il appuya davantage sa main pour la faire taire.

- Maeda-san, je te rappelle que vous êtes censées être des hommes. Évite ce genre d'erreurs.

Les yeux de Keiko s'agrandirent. Malgré les longues minutes passées à la transformer en homme, elle avait oublié qu'elle devait agir en tant que tel.

Elle lui saisit le poignet pour lui enlever la main, mécontente de ses manières.

- Ça va, j'ai compris. Pas besoin d'être si brusque ! Râla t-elle.

Saito ne répondit rien et s'apprêtait à rejoindre Souji et sa protégée, quand Keiko le saisit par une manche. Surpris, il s'arrêta net et la questionna sur regard.

- Et... vous pouvez m'appeler Keiko. Sinon on ne saura jamais si vous parlez de ma sœur ou de moi. Sourit-elle, gênée.

Saito se détourna d'elle et hocha subrepticement la tête, faisant mine de ne pas en faire grand cas. Shiori, voyant la scène de loin, s'inquiéta de voir sa sœur si familière avec le samouraï. Elle n'oubliait pas qu'elles étaient encore en sursis et que rien ne garantissait leur survie si elles faisaient un pas de travers. Lorsqu'ils arrivèrent à sa hauteur, elle ne pu s'empêcher de le questionner, craignant que les mauvaises manières de sa sœur ne leur porte préjudice.

- Saito-san, j'espère que ma sœur ne vous importune pas trop. Elle est plutôt...

Shiori chercha un instant le qualificatif adapté, mais le jeune homme termina sa phrase à sa place.

- Bruyante. Affirma t-il.

- Hé ! Je ne suis pas si bruyante que ça ! Râla la concernée.

Elle fit mine de chercher à discuter mais Saito l'ignora.

- J'ai un cours à donner, Souji je te la confie.

- Je suis sûr que ça t'arrache le cœur, Hajime-kun. Ironisa t-il.

Il eut un sourire en coin que seul son ami pu voir, et alla rejoindre les hommes qui s'entraînaient. Immédiatement, ils se rangèrent face à lui et le saluèrent d'un même mouvement.

- Woah, c'est la classe ! Ne pu se retenir de s'exclamer Keiko.

- La...quoi ? S'étonna Okita.

- Elle veut dire que c'est impressionnant. Expliqua Shiori avec un petit sourire.

- L'un des piliers du Shinsengumi est la discipline. Ça n'a rien d'extraordinaire.

Shiori se tourna vers Okita et ne pu s'empêcher de se demander s'il s'imposait la même rigueur. Il ressemblait plus à un électron libre au sein de cet ordre, elle ne l'imaginait pas travailler sérieusement. Pourtant, elle avait remarqué qu'il pouvait faire preuve de sérieux et d'autorité pour les affaires du Shinsengumi.

Elle sursauta en entendant une voix étrangère les interpeller.

- Hé ? Souji, tu es en bien charmante compagnie, je suis jaloux ! S'exclama l'un des hommes qu'elles avaient vus au conseil.

Devant les yeux écarquillés des jeunes femmes, trois hommes vinrent les rejoindre joyeusement, débordants d'une énergie mal contenue. Même Keiko ne semblait pas à la hauteur de leurs chamailleries. Ils ne semblaient pas méchants, voire même un peu immatures à se bousculer sans cesse, mais Shiori n'oubliait pas qu'ils étaient sûrement aussi redoutables que Saito et Okita.

- Nous ne nous sommes pas convenablement présentés. Je suis Harada Sanosuke, capitaine de la dixième division. Et voici Nagakura Shinpachi et Todo Heisuke capitaines de la seconde et huitième division.

- Ravi de vous rencontrer ! Lança joyeusement Heisuke.

Les jeunes femmes s'inclinèrent et répondirent d'une même voix.

- Ravie de vous rencontrer.

- Hm ? Murmura Harada en s'accroupissant pour approcher son visage de celui de Shiori.

Inconsciemment, elle s'écarta légèrement pour se rapprocher de Okita. Il ne semblait pas méchant, mais il ne respectait définitivement pas son espace personnel.

- Qu'y a-t-il ? Demanda t-elle nerveusement.

- Nous n'avions pas eu le loisir de vous voir d'aussi près les fois précédentes, mais vous êtes vraiment ravissantes. Les complimenta t-il.

- Euh... Merci.

Shiori se sentit mal à l'aise et lança un regard suppliant à Okita, qui se contenta de laisser paraître son amusement.

Avant qu'elle ne le voit faire, Harada s'était assis à ses côtés et lui avait pris la main.

- Il est rare de voir de telles perles par ici. Dit-il en tirant sur sa main pour l'approcher de lui.

Mais Shiori la retira vivement et répliqua pour éloigner cet homme envahissant.

- Je vous rappelle que je ne suis pas censée être une femme. Que vont penser vos guerriers en vous voyant faire la cour à un homme ?

Harada se figea et lança un regard aux hommes qui travaillaient non loin pour voir que certains le fixaient étrangement. Il eut un frisson et s'écarta en faisant une grimace dégoûtée.

- Mouahaha ! Tu t'es fait jeter en beauté ! Se moqua Nagakura en le pointant du doigt.

Harada se releva immédiatement pour lui faire face, et ils se chamaillèrent virulemment, se bousculant et se frappant. L'aînée ne pu retenir son rire devant les enfantillages des guerriers et l'étouffa comme elle pu avec sa main.

- Oh ? Enfin un rire, voilà qui est rare. Fit remarquer Okita.

Shiori s'arrêta de rire et se tourna vers lui.

- Il faut dire que la situation ne m'a pas vraiment donné à rire jusque là.

Elle avait répondu avec un léger sourire sur les lèvres, et se rendit compte qu'elle était étrangement sereine au milieu de ces hommes. Okita avait été le pire des sadiques lorsqu'elle l'avait rencontré, mais elle commençait à trouver sa personnalité intéressante et à mettre de côté ses remarques désobligeantes. Quoi qu'il dise, il ne l'avait plus malmenée depuis qu'elle séjournait au temple, et elle aurait presque pu dire qu'il prenait soin d'elle. Saito semblait aussi prendre soin de sa petite sœur, et ces deux-là semblaient capables de la mettre à l'aise avec leurs pitrerie. Elle avait le sentiment de se retrouver au milieu d'une famille plutôt qu'au sein d'un organisme militaire. C'était vraiment très étrange.

Heisuke la sortit de sa rêverie en venant s'asseoir près de Keiko.

- Keiko-chan, tu te rappelles de mon nom ?

- Hm... Todo-san ?

Heisuke agita vivement une main devant son visage et fit une mine dégoûtée.

- Ouch ! Tu crois que j'ai quel âge ? Je ne suis pas aussi vieux que ce type ! Dit-il en désignant Harada du pouce.

- Hé ! Se véxa celui-ci, détournant un instant son attention de Nagakura, et se prenant un coup dans les côtes par la même occasion.

- Appelle-moi Heisuke, toi et moi avons à peu près le même âge. Sourit-il joyeusement en ignorant l'énervement de Harada.

Keiko hésita un instant et jeta un regard à sa sœur. Après tout, ces hommes les retenaient prisonnières, pouvait-elle vraiment sympathiser avec eux ? Elle le savait, à partir du moment où elle déciderait d'être plus familière avec Heisuke, elle ne contrôlerait plus son énergie ni son caractère.

Shiori vit sa sœur hésiter et lui sourit doucement avant de hocher la tête. Mieux valait ne pas les braquer inutilement.

- Heisuke-kun. Dit-elle enfin.

Le jeune garçon hocha vivement la tête, satisfait, avant de se tourner vers Shiori.

- Et toi aussi tu peux m'appeler comme ça malgré notre écart d'âge. Lui lança t-il gentiment.

- Notre « écart d'âge » ? C'est moi qui me demande quel âge tu me donnes, Heisuke-kun... Répondit-elle, un peu vexée.

- Bah tu es quand même majeure. Ajouta Keiko pour embêter son aînée.

- Majeure ? Bah, ça doit faire quelques temps quand même. Renchérit Nagakura.

Shiori s'étouffa avec sa salive et s'indigna entre deux quintes de toux.

- Pardon ? Traitez moi de vieille tant que vous y êtes !

- Ah ! Mais non ! Ce que je voulais dire c'est que tu n'es plus une enfant ! Essaya de se rattraper le guerrier.

- Nagakura-san, vous aggravez votre cas. Commenta Keiko, amusée de voir les hommes paniquer.

Elle ne trouvait pas que sa sœur fasse plus vieille que son âge, mais s'ils réussissaient à la vexer, le spectacle promettait d'être amusant.

Malheureusement pour elle, Shiori réfléchit un instant en sentant que quelque chose ne collait pas dans ce que disait cet homme, et une évidence la saisit.

- Une enfant ? Oh...

- Qu'est-ce qu'il y a ? Demanda sa sœur.

- Si je me rappelle bien, à l'époque d'Edo la majorité est à treize ans pour les filles et à quinze ans pour les garçons. Elle lança un regard interrogateur à Okita pour lui demander confirmation, mais il sembla étonné de la voir hésiter et haussa un sourcil, perplexe.

- Hé, vous allez encore nous raconter que vous venez du futur ? Se moqua Heisuke.

- Ce n'est pas une plaisanterie ! A notre époque, la majorité est à vingt ans ! S'emporta la plus jeune.

- Vingt ans ? Mais c'est tard ! S'exclama Harada.

- Oui ! Et donc, moi je ne suis pas encore majeure ! Fanfaronna t-elle devant sa sœur en lui tirant la langue.

La majorité était certes un grand honneur, mais aussi le symbole de la fin de l'enfance. A cet âge, il fallait se conduire de façon responsable pour le bien de tous. Shiori n'avait pas vraiment connu d'enfance insouciante, mais elle ne pu retenir un sourire en voyant sa sœur si contente d'être excusée de sa conduite irresponsable. Elle semblait tout à fait à son aise au milieu de ces hommes, mais il fallait dire qu'elle se mettait à l'aise n'importe où. C'était bien le problème d'ailleurs.

- Ce qui explique que tu sois encore une merdeuse. Lui lança t-elle, acerbe.

- Hé ! C'est méchant ! S'exclama t-elle en faisant mine de bouder et en se triturant les ongles.

Shiori espérait l'avoir calmée pour un temps, mais elle la vit sursauter et écarquiller les yeux en regardant ses ongles de plus près.

- Shiori ! Mon vernis s'écaille ! Tu pourras me le refaire ?

- Je doute qu'ils aient ce genre de produits par ici.

Heisuke se pencha vers la jeune femme pour observer ses doigts et lui saisit la main avec émerveillement.

- C'est incroyable ! Qu'est-ce que c'est ?

Keiko n'eut pas le temps de réagir que les trois hommes étaient penchés sur elle, même Okita se pencha légèrement en avant pour mieux voir.

- Ça ? C'est juste du vernis. Répondit la cadette comme si de rien n'était.

- C'est toi qui as fait ça ? C'est plutôt joli, bien que ce soit étrange de faire ça sur ses doigts. Commenta Nagakura.

- Non, c'est ma sœur ! Moi, je ne suis pas douée pour les choses délicates. Mais Shiori, elle, est douée dans plein de trucs ! S'emporta Keiko.

Shiori n'aimait pas la tournure que prenait la conversation. Elle savait que sa sœur adorait la complimenter en public, comme si elle était sa seule fierté. Comme si elle montrait son plus beau talent. Et dans ces moments là, la jeune femme ne savait plus où se cacher. Elle la savait reconnaissante du soin qu'elle mettait à la pomponner, mais elle ne le faisait pas pour se faire valoir.

- Keiko, arrête c'est bon. Tenta t-elle de l'arrêter.

Mais la cadette ne s'arrêta pas, trop heureuse d'avoir un nouvel auditoire à émerveiller des talents de sa sœur. Shiori la soupçonnait de le faire pour la remercier, elle faisait tout pour que les autres reconnaissent son talent. Mais la plus âgée ne voulait surtout pas être remarquée, elle ne faisait ça que pour le plaisir ou par nécessité.

- Et elle ne fait pas que des trucs de filles, elle sait aussi bricoler et construire des trucs et même utiliser un katana !

- Arrête Keiko. Je n'ai que quelques bases, pas la peine d'en faire toute une histoire. Dit-elle plus fermement.

Celle-ci se tut et fit la moue, regrettant que sa sœur ne sache pas apprécier les compliments qui n'allait sûrement pas tarder à arriver si elle l'avait laissée continuer.

- Cela dit, j'ai entendu dire que tu avais tenu tête à Souji. C'est vrai ? Reprit Harada.

- Pas vraiment, il ne faisait que s'amu –

- C'est vrai. La coupa Okita.

Shiori se tourna vivement vers lui, ne pouvant cacher un air éberlué tout à fait comique qui fit se tordre les lèvres du guerrier en un rictus amusé. Elle ne pu s'empêcher de laisser paraître son agacement en ne sachant toujours pas s'il se moquait ouvertement d'elle ou non. Elle avait beau sonder ses yeux, il ne laissait aucun indice quant à ce qu'il pensait vraiment. Cependant, cela sembla suffire au guerrier le plus jeune.

- Woah ! Incroyable ! S'extasia Heisuke.

- Vous voyez ? C'est une vraie combattante, je vous dis ! S'emballa Keiko en se levant.

Elle se plaça devant sa sœur, les mains sur les hanches, et se pencha vers elle.

- Tu meurs d'envie d'y aller, hein ? Demanda t-elle.

- Où ça ? Soupira t-elle, se demandant où sa sœur allait encore l'entraîner.

- Avec eux ! Répondit-elle en désignant le groupe d'hommes entraînés par Saito.

- Pourquoi je voudrais aller avec eux ?

Keiko se frappa le front de façon théâtrale. Shiori retrouvait vraiment la petite sœur qu'elle connaissait : toujours joyeuse, mais aussi incroyablement agaçante et incontrôlable.

- Parce que tu peux enfin voir de vrais samuraïs qui combattent jusqu'à la mort pour le bien d'une grande cause !

Keiko fit semblant de se battre avec un katana, jouant à fouetter l'air de ses poings liés, encouragée par Heisuke en suporter. Prise par l'euphorie du moment, elle enchaîna les gestes au hasard et ne fit pas attention à ce qui l'entourait. Shiori ouvrit la bouche pour parler mais c'était trop tard. En reculant, la cadette percuta quelque chose, ou plutôt quelqu'un.

En tournant la tête, elle pu voir Saito qui la fixait d'un air impassible, attendant qu'elle s'écarte de lui. Keiko se hâta de bondir sur le côté, soudainement très gênée qu'il l'ait vue faire l'idiote.

Okita ne pu se retenir de rire de bon cœur en voyant la mine contrite de son ami.

- J'ai terminé. On y va. Se contenta de dire celui-ci.

Et il partit comme si de rien n'était, ne préférant sûrement pas commenter cet incident et, pour une fois, Keiko lui en était plutôt reconnaissante. Elle salua les soldats, embrassa rapidement sa sœur, et suivit Saito au pas de charge.

Ils la regardèrent tous partir comme s'ils avaient vu passer une tornade, et se rendirent encore mieux compte de son énergie en appréciant le silence qui suivit son départ.

- Et bien... Tu ne dois pas t'ennuyer souvent Shiori-san. Commenta Harada.

Pour toute réponse, Shiori lui fit un petit sourire et haussa les épaules, visiblement habituée.

Quelques heures plus tard, la jeune femme était seule dans sa chambre. Okita avait dû partir faire une ronde dans la ville avec ses hommes, et elle avait pour ordre de ne pas mettre un pied dehors si elle ne voulait pas qu'il « la tue ».

En repensant à ces mots, Shiori ne pu s'empêcher de lever les yeux au ciel. Ce type était vraiment un cas, était-ce si amusant de chercher à l'intimider ? A vrai dire, par moments, il y arrivait.

Okita était vraiment difficile à comprendre, et elle n'était jamais vraiment certaine de ses intentions lorsqu'il la menaçait. Elle s'était mis en tête qu'il ne ferait rien sans l'ordre de Kondo, mais il était tellement imprévisible qu'elle ne savait pas vraiment si elle pouvait y croire.

Débattant intérieurement pour savoir si elle était ou non en sécurité à ses côtés, elle sursauta en entendant quelque chose taper sur le bois de sa porte.

Ses yeux se tournèrent vers le Shoji, et elle pu distinguer une grosse ombre derrière le panneau.

- Shht ! Elle va nous entendre ! Murmura une voix qui échouait à être discrète.

- C'est ta faute ! Tu me colles trop ! Répondit une autre, plus jeune.

- Ça suffit tous les deux !

Shiori resta un instant interdite avant de se lever pour aller ouvrir le panneau coulissant. A peine eut-elle posé les mains sur le papier que la porte s'ouvrit et laissa tomber trois hommes au sol. Il s'agissait des trois guerriers qu'elle avait appris à connaître le matin même : Nagakura, Harada et Heisuke.

- Ah... Shiori-chan ! Ca va ? Quelle coïncidence ! Commença Shinpachi en levant une main pour la saluer.

- C'est... ma chambre. Bafouilla Shiori.

Ils étaient vraiment sérieux ? A ses pieds se trouvaient les trois samuraïs, rassemblés en un tas de corps superposés. Heisuke était coincé sous les corps massifs de ses amis et se débattait comme il pouvait pour les chasser.

Ces trois-là étaient vraiment des membres du Shinsengumi ? Ils étaient vraiment des tueurs sanguinaires au service de la nation ? En les voyant si pitoyables, elle eut du mal à y croire, et son expression dû révéler le fond de sa pensée.

Les guerriers se séparèrent avec grand mal et se relevèrent pour reprendre une position plus digne.

- Que faites-vous ici ? Ne pu s'empêcher de demander la jeune femme.

Harada se gratta nerveusement la tête et s'avança légèrement vers elle pour s'expliquer.

- Et bien, comme Souji est sorti, on s'était dit que tu t'ennuierais peut-être.

- Du coup, on est venus pour prendre sa relève. Continua Sanosuke.

Shiori leur lança un regard suspicieux. Ils avaient tous un sourire coupable qui ne lui disait rien qui vaille. Elle avait vite compris que ces trois-là étaient les plus turbulents du groupe, et mieux valait qu'elle y réfléchisse à deux fois avant de se laisser entraîner par eux.

- C'est gentil, mais à vrai dire j'apprécie de me retrouver un peu seule. Être constamment suivie finit par me peser. Refusa t-elle poliment.

- Allez, Shiori-san, ne dis pas ça ! Nous ne sommes pas comme Souji ! Tu ne crains rien avec nous ! Insista le plus jeune.

La jeune femme allait leur répondre quand un grondement les interrompit.

- Vous trois ! Je peux savoir ce que vous faites à traîner alors que vos taches vous attendent ?!

Les hommes se retournèrent pour faire face à Hijikata, visiblement hors de lui. Ils ne prirent pas la peine de lui répondre et détalèrent avant que le vice-commandant ne les atteigne.

- Revenez ici ! Hurla t-il, furieux.

Il passa devant la jeune femme sans lui adresser un regard, et Shiori se demanda dans quel endroit de fous elle était tombée.

Elle fut sortie de sa rêverie par un petit rire étouffé qui n'appartenait à personne d'autre qu'à Kondo. Avec l'aura meurtrière que dégageait Hijikata, elle ne l'avait même pas remarqué. Elle ne comprenait vraiment pas pourquoi cet homme était celui qui les dirigeait. Il semblait effacé et plutôt faible comparé aux autres guerriers.

Remarquant son regard insistant, le commandant prit la parole.

- Ils sont bruyants, mais ils ne sont pas méchant. Tenta t-il de la rassurer.

- J'ai l'habitude des gens bruyants. Répondit-elle avec un petit sourire.

Le samurai sourit doucement et hocha la tête en signe d'accord. La réputation de Keiko avait déjà dû faire le tour des capitaines et arriver jusqu'aux oreilles de leur chef.

- Shiori-chan, puisque vous êtes seule, que diriez-vous de partager un thé avec moi ?

La jeune femme allait refuser, trop heureuse d'avoir un peu de temps sans être suivie par son bourreau, mais le sourire chaleureux de Kondo l'incita à accepter. Cet homme avait quelque chose d'apaisant et de rassurant, quelque chose de paternel.

Elle le suivit jusqu'à ce qu'elle supposait être sa chambre et s'assit devant une petite table en attendant qu'il ramène le thé. Un shoji était ouvert et donnait sur un joli jardin ombragé, et Shiori se sentit étrangement à l'aise en ce lieu. Elle avait l'impression que tous ses soucis n'étaient plus aussi importants, que le temps s'était arrêté.

Kondo posa les tasse sur la table et s'assit en face de la jeune femme. Il resta silencieux un long moment, soupirant de contentement à chaque gorgée, et ne quittant jamais Shiori des yeux.

- Bien que ce soit inconvenant, avoir une présence féminine au sein du Shinsengumi est vraiment agréable. Dit-il enfin.

- Vous n'amenez jamais de femmes ici ?

La jeune femme n'était pas dupe. Ces hommes partaient en guerre et risquaient leur vie, il lui semblait évident qu'ils avaient parfois besoin de chaleur humaine. Qu'ils fassent appel à des femmes de passage ne l'aurait pas choquée.

- Non, la guerre n'est pas un endroit pour elles. Mais nous sommes humains, parfois j'avoue que ça me manque.

Étrangement, Shiori perçut de la nostalgie dans ses paroles, il ne parlait pas d'une simple passe pour satisfaire un besoin primaire. Elle lui lança un regard surpris et l'étudia avec attention. Il y avait de l'affection dans sa voix, ainsi qu'un peu de regret et d'inquiétude. Contrairement à tous les guerriers qu'elle avait rencontrés, il semblait plus assagi, et aussi plus âgé. Sans pour autant paraître vieux, il avait une aura qui laissait comprendre qu'il avait plus de vécu que ses camarades. Elle lui donnait environ dix ou quinze ans de plus qu'elle, et à l'ère d'Edo il était fort probable qu'il ait déjà fondé une famille. Peut-être regrettait-il une femme en particulier.

- Vous êtes marié Kondo-san ?

- Oui, et j'ai une petite fille, Tamako.

- Tamako-chan...

Elle fit rouler le nom sur sa langue comme s'il s'agissait d'un mot précieux. Shiori savait ce que représentait une famille, elle savait qu'elle serait prête à tout donner pour sa sœur et pour la famille qu'elle se créerait dans le futur. Cette petite fille devait pleurer l'absence de son père, et comment pourrait-elle avancer dans la vie s'il venait à mourir loin d'elle ? Elle était presque sûre que l'enfant n'avait que rarement vu son père, et qu'elle en souffrait. Mais Kondo aussi devait souffrir tout autant d'être un étranger pour sa propre fille.

Quelle que soit la cause pour laquelle on se bat, certaines choses ne devraient pas être sacrifiées.

- Pourquoi vous éloignez-vous de ceux que vous aimez, Kondo-san ?

Le commandant leva le nez de son thé, visiblement surpris par la question, mais ne s'en offusqua pas et répondit honnêtement.

- Je fais mon possible pour les protéger, pour m'assurer que ma fille pourra grandir dans un monde en paix où la guerre et la misère n'auront plus cours.

Il était plein d'une ferveur que Shiori avait rarement vue. Il était de ces hommes qui croient dur en une cause et y consacrent leur vie quoi qu'il en coûte. Il n'aimait pas la guerre, mais s'il fallait la faire pour amener la paix, alors il se salirait les mains. La jeune femme n'avait jamais compris cette façon de penser, car la guerre, quel que soit son motif, restait source de souffrance, de ressentiment et de haine. Un monde né d'une guerre ne pourrait jamais être totalement pacifique et harmonieux, et le pouvoir donnera toujours envie aux plus forts d'écraser les plus faibles. C'était la triste vérité.

- Vous êtes un utopiste, Kondo-san. Un tel monde n'existera jamais. L'homme est trop égoïste et assoiffé de pouvoir pour ça.

- Peut-être. Tu as sûrement raison, mais ça vaut la peine d'essayer, non ? Le peu qu'on réussira à accomplir sera déjà ça pour les générations futures. Répondit-il avec un hochement de tête vigoureux, content de son raisonnement.

Shiori resta bouche bée. « Les générations futures », il parlait comme un vieillard, content de n'être qu'une pierre d'un édifice dont il ne connaissait pas la finalité. Finalement, cet homme était prêt à tout sacrifier pour un idéal qu'il savait impossible à réaliser. Il abandonnait femme et enfant pour empêcher le monde de sombrer dans des ténèbres encore plus épaisses, se contentant du peu que ses efforts le récompenseraient.

Elle l'avait tout d'abord pris pour un rigolo, ou au mieux quelqu'un de trop permissif, mais finalement elle comprenait pourquoi tous ces hommes le suivaient. Si la cause lui semblait juste, alors il la défendrait jusqu'au bout. Cet homme était à lui seul un représentant parfait du Bushido. Elle n'avait jamais rencontré quelqu'un d'aussi droit et fidèle à ses idéaux.

- Kondo-san, je suis rentré ! Lança une voix enjouée.

- Oh ! Souji ! Entre.

Shiori entendit le shoji s'ouvrir et découvrit Okita qui revenait de patrouille. Le voir dans sa tenue de combat lui faisait toujours forte impression, la faisant frissonner malgré elle. Le samurai semblait heureux de rendre visite à son commandant, mais perdit son sourire en voyant la jeune femme.

- Toi, que fais-tu ici ? Demanda t-il d'un ton neutre.

Son regard était dur et la demoiselle lança un regard inquiet à l'aîné.

- Ne te fâche pas, Souji. Je suis allé la chercher, elle m'a tenu compagnie. Expliqua t-il.

- Eh~ ? Tamako-chan te manque ? Demanda t-il avec un sourire en coin.

Kondo rit de bon cœur en se grattant la nuque, visiblement percé à jour.

- Je ne peux rien te cacher, Souji.

Celui-ci prit place près de la table et sourit de bon cœur au commandant. Shiori ne dit pas un mot, ne voulant pas ruiner le moment qui s'offrait à elle. Si Kondo avait été plus âgé, elle aurait parié que ces deux-là étaient liés par le sang tant ils semblaient proches. Il y avait bien des choses qu'elle n'arrivait pas à décrypter dans les yeux du samurai, mais l'admiration et l'adoration qu'il portait à Kondo étaient évidentes.

- Quel âge a t-elle à présent ? Continua t-il.

- Cinq ans, déjà. Soupira t-il.

Les deux homme discutèrent encore un moment avant que Okita ne se retire, suivi de Shiori. Il la ramena jusqu'à sa chambre sans dire un mot, et Shiori craignait qu'il soit contrarié. Elle savait combien son mécontentement pouvait se payer cher.

Elle entra dans sa chambre, et Okita referma le shoji derrière elle, ne laisse entrevoir que son ombre derrière les panneaux de papier. La jeune femme crut qu'il allait partir quand elle l'entendit lui parler.

- Si tu tiens compagnie à Kondo-san de temps en temps, je ne m'y opposerai pas.

Et à ces mots il s'en alla.

OoOoOoO

Et voilà !

Bon ça part un peu dans tous les sens, mais je veux intégrer les sœurs dans le Shinsengumi avant de reprendre des moments plus basés sur l'action pure.

En espérant que ça vous ait plu, dites-moi ce que vous en avez pensé !

A bientôt ! :)