Titre : La Vie es un Long Fleuve Tranquille (Ou Pas)
Pairing : ShuuEi (Rating selon le chapitre : K+ la plupart du temps)
Disclaimer : Les personnages ne m'appartiendront jamais, je le sais bien mais Maki Murakami me laisse jouer avec de temps à autre :D
Résumé : Tranches de vie sur le couple Shuichi / Eiri (avec apparition d'autres personnages de la série)
L'appartement était plongé dans un calme olympien. Yuki était tranquillement en train de pianoter sur son ordinateur et Shuichi …
« Oui, tiens, que fait-il celui-là ? » se demanda Yuki
Il le savait ici, avec lui dans l'appartement, mais il ne l'endentait plus depuis un petit moment déjà. Il avait réussi à obtenir de son producteur, Sakano, une maigre journée de repos, avec cependant la promesse de revenir le lendemain avec au moins une chanson terminée, parmi toutes celles qu'il avait commencé à écrire. Il avait eu premièrement une autre idée pour occuper cette journée, mais la pluie qui s'écoulait à flots dehors réduisit ses espoirs de promenade à néant. Il fut donc contraint de rester à la maison.
Yuki se leva et sorti de son antre. Pas qu'il s'inquiétait du calme inhabituel de l'appartement, non, mais l'inspiration se fit soudainement moindre et il avait besoin de faire une pause. Pénétrant dans le salon, il n'y vit personne, et aucun signe de vie non plus dans la cuisine. Shuichi était donc dans la chambre ?
Voulant vérifier cet état de fait, il s'y dirigea à pas de loup. Poussant la porte, la surprise le gagna. La scène sous ses yeux était tellement surréaliste qu'il en resta bouche-bée.
Shuichi était effectivement dans la chambre. Il était couché , ventre sur le lit, lui tournant le dos, les jambes relevées se balançant au rythme de la musique qu'il écoutait via son lecteur. Il était visiblement très concentré sur son carnet de notes, un stylo à la main, et un pocky de couleur rose dans la bouche. Cette vision d'un Shuichi calme et posé fit battre le cœur de Yuki un peu plus rapidement et un sourire attendri fit irruption sur son visage. Après quelques minutes passées à l'épier de la sorte, Yuki repoussa la porte pour le laisser tranquille et se redirigea vers la cuisine afin de se servir une tasse de café. Il fit également réchauffé du lait qu'il versa ensuite dans le mug préféré du chanteur avant de retourner dans la chambre pour la lui apporter. Celui-ci était tellement absorbé dans son travail qu'il ne le vit même pas poser la tasse sur la table de nuit. Yuki ressorti tout aussi silencieusement qu'il était entré et retourna devant son ordinateur, l'inspiration semblait lui être revenue.
Le reste de l'après-midi passa à une vitesse folle et Yuki, après un rapide coup d'œil à sa montre, décida d'aller s'occuper du dîner. Il avait déjà laissé l'occasion à Shuichi de lui montrer ses talents culinaires mais … Non, inutile de se rappeler l'état de la cuisine après cette vaine tentative (Shuichi ayant à peu près autant de prédispositions à la cuisine qu'à l'écriture de ses satanées paroles de chansons).
Une demi-heure plus tard, un festin de roi était dressé sur la table du salon devant un Yuki passablement satisfait. Il se redirigea ensuite dans la chambre afin de prévenir son chanteur que le repas était servi. Passant la porte, il retrouva Shuichi dans la même position qu'un peu plus tôt, à la différence près que celui-ci était profondément endormi. Yuki soupira et s'approcha de lui. Il lui retira les écouteurs de ses oreilles et coupa le lecteur musical. Il le secoua ensuite gentiment pour le réveiller, ce qui ne tarda pas à arriver. Papillonnant des yeux, Shuichi mit quelques secondes avant de se souvenir de l'endroit où il se trouvait, puis quelques secondes de plus à reconnaître Yuki, penché sur lui, une étrange lueur dans les yeux. Ce dernier s'abaissa lentement et vint l'embrasser tendrement afin de lui remettre les idées en place. Shuichi lui fit un grand sourire puis se souvient d'avoir oublié quelque chose.
« Merci pour la tasse de lait, Yuki. »
« De rien. Je venais t'avertir que j'ai préparé le dîner, j'espère que tu as faim. »
« Oh oui ! Je meurs de faim ! »
Yuki l'aida à se relever et les yeux de Shuichi s'illuminèrent a la vue du festin que Yuki avait préparé. Après cette journée, Shuichi et Yuki n'ayant rien de particulier à se raconter, le repas se déroula donc dans le plus grand des silences.
Silence qui commença finalement à peser pour l'un comme pour l'autre. Pour Shuichi parce que celui-ci avait normalement toujours quelque chose à raconter et qu'il ne s'empêchait pas de le faire en règle générale ; et pour Yuki car il avait fini par apprécier que son chanteur lui parle de tout et de rien pendant des heures. Ça avait, pour lui, quelque chose de relaxant (même s'il n'écoutait pas vraiment ce qu'il disait la plupart du temps).
Une fois le repas terminé, et la vaisselle faite (par Shuichi, qui avait appris à partager les tâches) le couple termina la soirée devant la télévision ; jusqu'à ce que Shuichi baille et ne s'endorme sur l'épaule de son romancier. Pour quelle raison était-il si fatigué ?! Yuki soupira une fois encore, cette journée fut décidément bien étrange. Il ferma la télévision, et porta son précieux fardeau jusqu'à la chambre, déshabilla son chanteur et l'allongea dans le lit. Aussitôt, Shuichi frissonna et se retourna inconsciemment ; fourrant son nez dans l'oreiller de Yuki dans un soupire de contentement. Ce dernier, décidant qu'il était lui aussi fatigué, se déshabilla à son tour et rejoignit Shuichi sous la couette, collant son torse tout contre le dos de son chanteur. Il s'endormit rapidement, une main sur le ventre de Shuichi et le nez dans ses cheveux, apaisé par son parfum sucré et la chaleur de son corps.
Le réveil, le lendemain matin, fut par contre relativement violent. Yuki sursauta vivement dans le lit au hurlement soudain de son insupportable démon rose. Dire qu'il avait réussi à l'attendrir la veille... Est-ce que finalement tout ça n'avait été qu'un rêve ?
Il se redressa légèrement pour voir Shuichi courir partout dans la pièce telle une mini tornade ; cherchant ci et là des vêtements rapide à porter, sous l'œil impatient de son manager, K, qui une fois de plus était venu récupérer son chanteur au pied du lit, celui-ci ayant visiblement encore beaucoup de mal à se réveiller à l'heure. Et pour une fois, Yuki n'y était pour rien !
Puis soudainement, Shuichi s'arrêta net, à moitié habillé, pour réaliser, affolé :
« Mince, je n'ai aucune parole à emmener au studio. Fujisaki va me tuer. »
Yuki le regarda et fronça les sourcils.
« T'as pourtant bosser dessus une bonne partie de la journée d'hier, non? » fit-il en baillant
Shuichi sursauta, jeta un rapide coup d'œil à son carnet de notes qui traînait encore sur la table de nuit de Yuki, et pris un air embarrassé. Yuki suivit le regard de Shuichi, et prit le dit carnet dans ses mains. Il l'ouvrit à la dernière page utilisée pour constater qu'elle ne contenait aucune parole. Tout ce qu'il voyait, c'était des gribouillis divers ressemblant certainement à des choses que Yuki n'était pas en mesure de reconnaître. Visiblement le dessin n'était pas non plus un des talents cachés de Shu, si tant est qu'il en possédait. Yuki esquissa tout de même un sourire en apercevant dans la marge en haut à gauche un petit cœur entourant son prénom. Voyant cela, Shuichi pris une couleur rosée, et vint presque arracher le carnet des mains du romancier, en le serrant fort contre lui comme s'il contenait le plus grand des secrets. Ses attitudes de gamin firent ricaner Yuki, qui se figea néanmoins quand Shuichi lui demanda :
« Dis, Yuki. Tu ne voudrais pas ... »
« Non. » le coupa-t-il
Shuichi fit la moue.
« Mais tu ne sais même pas ce que j'allais te demander ! »
« Si, je sais parfaitement, et la réponse est non. Je ne te demande pas d'écrire mes livres à ce que je sache. »
« C'est vrai, mais ... »
« Pas de mais. Tu te débrouilles avec ton travail. »
Si K ne lançait pas des éclairs via son regard, il pourrait presque s'amuser de la scène qu'il avait sous les yeux. Voir ces deux là se disputer comme un vieux couple était assez distrayant, seulement …
« Au cas où tu aurais oublié, Shuichi. » Ce dernier se tourna vers lui, l'interrogeant du regard « Tu as une interview dans très exactement vingt et une minutes. »
Et la tornade repris son chemin sous l'œil dépité de Yuki, qui finit par prendre un oreiller et à se cacher la tête en dessous. Dieu que ce gamin était bruyant ...
Shuichi, une fois habillé et prêt à partir, sorti de la chambre avec un joyeux :
« Bonne journée Yuki, je t'aime, à ce soir ! »
Que ce dernier répondit par un vague signe de main fatigué, mais avec néanmoins un micro-sourire aux lèvres qui ne le quitta pas de toute la journée.
