Titre : La Vie es un Long Fleuve Tranquille (Ou Pas)
Pairing : ShuuEi (Rating selon le chapitre : K+ la plupart du temps)
Disclaimer : Les personnages ne m'appartiendront jamais, je le sais bien mais Maki Murakami me laisse jouer avec de temps à autre :D
Résumé : Tranches de vie sur le couple Shuichi / Eiri (avec apparition d'autres personnages de la série)
Solitude. Obscurité. Silence.
Il avait vaguement conscience d'être quelque part, mais ne pouvait discerner quoi que ce soit. Ses yeux étaient ouverts, même son regard ne rencontrait que le noir le plus total. Tout autour de lui. Il sentait son cœur battre avec angoisse, ne comprenant pas cet état de fait. Pourquoi n'y avait-il rien? A mesure que les secondes passaient, rien ne changeait et son angoisse se transforma en oppression. Il bougea sa jambe droite, puis fit un pas, mais il ne se passa rien de plus. Était-il donc condamné à resté enfermé de la sorte dans sa propre détresse? Il voulut hurler, et c'est ce qu'il fit une seconde après. De nouveau, il ne se passa rien. Pas même un retour, il était définitivement seul et perdu. Ses yeux finirent par s'encombrer de larmes et il ravala un douloureux sanglot menaçant d'éclater. Une unique traînée d'eau dévala sa joue tandis qu'il tournait la tête, continuant de chercher un repère, peu importe lequel.
Puis tout d'un coup, l'image changea.
Pour une raison inconnue, la lumière semblait être revenue. Il reconnut droit devant lui la maison familiale. Cela faisait un moment qu'il n'y avait pas mis les pieds. Il se demanda s'il pouvait entrer et voir ce qu'il s'y passait, et de nouveau il bougea l'une de ses jambes afin d'en avoir le cœur net. Un poids semblait lentement s'échapper de ses épaules quand il pu enfin bouger son corps. Ses jambes le portèrent jusqu'à la porte d'entrée, qu'il poussa légèrement afin de s'y engouffrer. Au loin, il entendait des personnes parler et rire, et pu parmi elles reconnaître des voix familières. Il continua donc sa route vers ces échanges et se planta à l'entrée du salon. Ses lèvres s'agrandirent dans un sourire quand il reconnut ses parents, et sa petite sœur. S'approchant d'eux, il essaya de parler afin de faire remarquer sa présence dont ils n'avaient vraisemblablement pas prêté attention, mais aucun son ne sorti de sa bouche. L'angoisse recommença à faire battre son cœur. Sa sœur passa tout à coup devant lui, et il leva son bras afin de l'interpeller physiquement. Mais le frêle corps de sa sœur passa au travers de manière désagréable. Il resta figea un instant avant de retenter sa chance avec son père assis et discutant tranquillement avec sa mère. Posant sa main sur son épaule, il ne sentit rien. Et ne vit, pour son plus grand malheur, sa main traverser sa chair tel un fantôme. Car c'est ce qu'il était, un esprit invisible dont le sens du toucher semblait cruellement faire défaut. Pris soudain d'un doute, il fit glisser son regard dans toute la pièce à la recherche d'un élément pouvant l'éclairer davantage sur la situation. Il rencontra les photos diverses dont il devinait l'emplacement sans même y penser et après en avoir analysé certaines, il comprit d'où venait le problème. Ces photos, présentes depuis des années à la même place, ils les connaissaient par cœur, et pourtant elles avaient changées. Il n'était tout simplement pas dessus. Aucune d'entre elle ne reconnaissaient son existence, tout comme sa famille ne le voyait pas. Sa sœur refit son apparition dans la pièce, le sourire aux lèvres tandis que le sien s'affaissait à mesure que les minutes passaient. Ils semblaient tous les trois infiniment heureux. Sans lui. Cette constatation de plus fit couleur des larmes de détresse incontrôlables sur ses joues devenues blanches d'effroi. Ce spectacle lui était insupportable alors il recula d'un pas, puis d'un autre, tremblant, et se retourna vivement pour l'élancer vers la porte d'entrée et sortir de cet enfer.
Lorsqu'il l'a poussa l'image changea de nouveau.
La lumière du soleil se fit violente, et il passa un bras devant ses yeux. Puis une ombre vient rendre sa vision plus simple et il remercia intérieurement cette personne avant de relever la tête. Avant de prendre le temps de contempler la tête blonde en face de lui, il remarqua que l'endroit où il se trouvait à présent lui était totalement inconnu. Il était en haut d'une montagne, et derrière lui s'étendait le vide le plus total. Le paysage était saisissant, et il se surprit à aimer cet endroit quel qu'il soit. Puis un mouvement de l'ombre le surplombant attira son attention et il reporta la sienne vers celui qui était juste en face de lui. Yuki. Il n'y avait rien d'inhabituel, il était seulement étrangement calme et habillé comme il en avait l'habitude. Pourtant quelque chose clochait, encore. Le romancier fit un pas vers lui, puis un autre et Shuichi releva la tête en fronçant les sourcils pour se figer. Son air clairement menaçant le fit déglutir.
« ... Yuki? »
Tiens, sa voix était de retour. Ledit Yuki continua néanmoins sa route vers lui, silencieusement hostile pour il ne savait quel motif. Shuichi n'avait pourtant aucune raison d'avoir peur de lui, son regard de tueur, il le connaissait. Pourtant au fond de lui, quelque chose lui disait que cette fois-ci, c'était différent. Il tourna de nouveau lentement la tête vers le vide derrière lui et la crainte de nouveau l'habita. Non ... Il avait peur de comprendre. C'était impossible, n'est-ce pas? Il reporta son attention vers Yuki qui lui, ne le quittait pas des yeux. Un sourire inquiétant naissait sur son visage à la vue de celui de Shuichi, terrorisé. À mesure que Yuki avançait, Shuichi reculait, mais ce petit jeu devra bientôt prendre fin.
« Yu ... Yuki, il y a un problème? Quelque chose ne va pas? »
Question idiote. Rien n'allait mais Shuichi paniquait comme jamais. Yuki prenait un certain plaisir à l'effrayer de la sorte et Shuichi n'en était que plus déstabilisé.
« Dis quelque chose, Yuki ! »
Puis à sa grande surprise, Yuki répondit. Il n'arrêta cependant pas d'avancer et le rythme cardiaque du chanteur faisait des bonds.
« Un problème? Oui, il y a un problème. » commença-t-il, tout doucement
Le ton utilisé lui glaçait le sang et il n'était plus tout à fait certain d'avoir envie d'entendre la suite. Yuki continua néanmoins.
«Tu es un problème, Shuichi. Un énorme problème que nous allons régler ici, et maintenant. »
Shuichi ne comprenait pas. Tout paraissait si irréel, tout comme ce Yuki dénué de toute émotion qui continuait de le faire reculer au plus proche du néant abyssal qui n'avait à présent jamais paru aussi proche.
« Qu'est-ce que tu racontes? Je ne comprends rien ! »
« Tu n'as plus besoin de comprendre quoi que ce soit. »
Dans sa confusion, il s'était rapproché de lui, et Shuichi sentit une main froide appuyer son torse, pour le pousser lentement dans le vide. Shuichi bascula, les yeux écarquillés de terreur et hurla alors qu'il tombait tête la première.
Il se réveilla cependant de cet affreux cauchemar avant d'atteindre le sol.
Sa respiration était courte, et il transpirait. Qui sait depuis combien de temps il délirait dans son sommeil. Les yeux grands ouverts, il reconnut dans la semi-obscurité la chambre qu'il partageait avec son romancier. Il tourna la tête à la recherche d'un repère, peu importe lequel et il rencontra le regard inquiet de Yuki. Rien à voir avec l'aura meurtrière de son rêve dont il n'arrivait néanmoins pas à se détacher. Yuki se redressa légèrement.
« Un cauchemar? Tu t'es soudainement mis à crier. »
Puis Shuichi éclata en sanglot sous les yeux médusés de Yuki. Il se redressa complètement mais ne savait pas trop quoi faire ensuite; consoler n'était pas vraiment dans ses compétences. Shuichi ne lui en tient pas rigueur et se jeta de lui-même dans ses bras, pleurant silencieusement contre son torse. Ses épaules se levaient et se rabaissaient dans une danse mal mesurée, et Yuki mis une de ses mains sur sa tête, caressant doucement ses cheveux dans l'espoir qu'il se calme, tout en le serrant un peu plus contre lui. Les minutes qui passèrent semblaient interminables, mais les pleures de Shuichi finirent par se tasser. Il releva la tête, et de sa manche essuya les traces de son chagrin. S'agrippant à la chemise que Yuki portait, il posa son front contre son épaule et reprit une respiration normale.
« Oui ... Un cauchemar. Enfin, plusieurs ... Mais ça va, c'est fini. Désolé de t'avoir réveillé, Yuki. »
Ce dernier remarqua que Shuichi évitait de le regarder. Il devait certainement être la raison de ce cauchemar, où l'une d'entre elles. Il soupira puis les entraîna tous deux sur les oreillers. Rabattant la couverture sur eux, il berça doucement le chanteur.
« Tu vois, je te l'avais bien dis. » fit-il, sans pour autant arrêter de passer sa main dans ses cheveux
« Tout ça, c'est la faute d'Hiro ! » s'écria Shuichi, en reniflant bruyamment. « Demain, il va m'entendre, celui-là. »
« Allons bon. » dit Yuki en levant les yeux au ciel. « En même temps, trouillard comme tu es, c'était couru d'avance que tu ne supportes pas de voir un tel film d'horreur. »
« Quoi, t'es de son côté en plus?! Vous vous êtes donné le mot pour m'embêter j'ai l'impression. »
« Bordel, Shuichi, il est trois heures et demi du matin, alors arrêtes de te plaindre deux minutes, et rendors-toi si tu ne veux pas que je te foute dehors. » fit Yuki en baillant
L'intonation de sa voix n'indiquait pourtant aucune menace véritable de sa part; mais Shuichi obtempéra, juste parce qu'une fois n'est pas coutume, Yuki le prenait dans ses bras, de lui-même lui le rassurait, et qu'il voulait absolument pas en partir avant de s'être rendormi.
Quelques minutes plus tard, un petit ronflement régulier réapparut dans la pièce. Shuichi s'était assoupi bien vite, mais Yuki, lui, avait les yeux grands ouverts, sa main toujours dans ses cheveux roses. Son unique préoccupation était de savoir comment réitéré cette petite séance de câlins sans que ça ne le transforme en ours en peluche ni que ça n'affaisse bien plus sa carapace; qui il en était sûr au contact de son chanteur, finira vraisemblablement par s'effriter en mille morceaux. Puis repensant à cette histoire de film d'horreur, il sourit un instant dans la pénombre en concoctant un plan vil et machiavélique dont il avait le secret, et fini par lui aussi rejoindre les bras de Morphée.
