Titre : La vie est un long fleuve tranquille (ou pas.)

Pairing : ShuuEi (Rating selon le chapitre : K+ la plupart du temps)

Disclaimer : Les personnages ne m'appartiendront jamais, je le sais bien, mais Murakami-Sensei me laisse jouer avec de temps en temps :D

Résumé : Histoires courtes sur le couple Shuichi / Eiri (avec apparition d'autres personnages de la série)


C'était un cauchemar, un véritable et affreux cauchemar. Qu'avait-il faire à son foutu Dieu pour mériter un truc pareil, franchement? Bon, il savait qu'il n'était pas un exemple de gentillesse et de bonté comme ce fichu divin pouvait attendre de chaque individu. Il savait qu'il était une plaie pour lui même et pour ceux qui l'entouraient. Il savait que son caractère de merde et ses habitudes étaient particulièrement déplaisantes (enfin ça, c'était surtout les autres qui le disait). Mais bon sang, n'y avait-il pas des individus bien pires que lui en ce bas monde? Ce n'était pas comme si il avait déjà commit un crime quelconque ou ... Oui, bon, mauvais exemple. Il était effectivement un meurtrier, mais ce n'était que de la légitime défense !

Bref, il n'avait rien fait de répréhensible qui aurait pu amener ce fichu divin à lui causer aujourd'hui plus de tort que durant ses vingt deux ans d'existence (Exagération? Si peu). Il y avait pourtant eut des signes avant coureurs; comment diable avait-il pu passer à côté de "ça"? Mizuki. C'était forcément de sa faute. Et peut-être aussi un peu de la sienne, pensa Yuki à contre cœur.
Il avait terminé son dernier livre en avance (le dernier tant attendu d'une longue trilogie) et avait profité de cet état de fait pour refourguer son manuscrit le plus vite possible. En règle générale, plus vite Mizuki l'avait dans les mains, plus longtemps il avait la paix. Il avait donc vaguement obligé cette dernière à accepter une réunion d'urgence afin de s'en débarrasser prestement. Malgré le fait que son petit garçon était malade (presque à l'article de la mort selon ses propres termes, et Yuki avait pensé à une très légère déformation de la réalité. Les mères étaient décidément trop inquiètes pour pas grand chose), elle consentit tout de même à le laisser à ses parents pour rejoindre Yuki dans un café afin de récupérer le précieux manuscrit. Comment Yuki avait-il pu être aussi aveugle?
Mizuki s'était tenue devant lui chaudement enveloppée, une longue écharpe autour du cou, un bonnet sur les oreilles. Rien d'étonnant à cela, les journées s'étaient beaucoup rafraichies dernièrement. Et ce n'est pas le nez légèrement rougi ni les yeux larmoyants de son éditrice qui auraient dit le contraire. Puis durant l'entretien, Mizuki avait éternué, deux fois de suite. Perturbant? Si peu. Surement une poussière, s'était-il dit; il savait que Mizuki souffrait d'allergies.

Mais aujourd'hui, là, maintenant, Yuki avait de gros doutes sur la question. Plusieurs raisons à cela.
Premièrement, selon le réveil matin situé a sa droite, il était actuellement treize heures et six minutes. Il n'était pas rare que Yuki paraisse au lit, dû le plus souvent à ses horaires complètement décalés du reste de la civilisation, mais il se réveillait en règle générale au moins au départ de son insupportable et bruyant compagnon.
Ensuite, la première chose qu'il fit en se réveillant fut d'éternuer de la manière la plus sonore qu'il n'ai jamais eut, accentuant de ce fait le mal de gorge et la migraine qu'il décela au même moment.
Et pour finir, sa tentative de se redresser dans le lit avait lamentablement échouée lorsqu'un vertige le prit soudainement. Il se laissa ensuite retomber lourdement sur l'oreiller avec un gémissement de douleur.

Résultat, la conclusion sonna comme un glas à ses oreilles. Fiévreux et définitivement souffrant : il était malade.
Or, s'il y avait bien quelque chose de pire qu'un Yuki de mauvais poil, impatient ou frustré, c'était bien ça : il faisait un malade absolument exécrable. Bordel, lui qui pensant prendre un peu de repos pour les prochains jours, le voilà clouer au lit par il ne savait quelle foutue maladie.

« Et merde ... » marmonna-t-il dans une autre vaine tentative de se redresser dans son lit.

Son seul salut? Son téléphone portable posé fièrement sur la table de cehvet. Il lui lança un regard noir. Il n'aimait pas être dépendant. Dépendant d'une personne? Impensable. D'un objet? De la science-fiction. Et pourtant. Ce petit être était en cet instant la seule chose qui pourrait l'aider un tant soit peu. Semblant peser le pour et le contre, Yuki prit une décision. Premièrement, il était un homme, merde ! Ce n'était quand même pas une foutue migraine qui allait le clouer au lit, si?! Après un effort surhumain, il se redressa en position semi-assise dans celui-ci, ce qui était en cet instant considéré comme un maigre exploit. Mais exploit quand même. Cependant ses jambes refusèrent de faire un effort de plus et il dut se contenter de cette position.

Maladie : 1 / Yuki : 0

Grognant rageusement de son état, il empoigna l'objet qui semblait se foutre de sa gueule et chercha dans son répertoire une âme salutaire qui viendrait lui sauver la vie, pas moins que ça. Il n'y avait pas grand monde, il allait rapidement faire le tour; bien que la première personne qui fit apparition dans son esprit fut un charmant idiot aux cheveux rose. Il balaya cette idée cependant bien vite : s'il y avait bien quelque chose de pire qu'un Shuichi super actif, c'était un Shuichi inquiet pour sa personne.
Il soupira, tenant le téléphone entre ses deux mains tremblantes.

Tohma. Nan, mauvaise idée ! Tohma avait une façon trop "particulière" de s'occuper de lui. Il y a quelques années, il n'aurait rien dit. Aujourd'hui, c'était inconcevable.

Bon. Il testa Mika. Sa sœur ne pouvait rien lui refuser, n'est-ce pas? "Malade. Vient t'occuper de moi." Simple, rapide, précis. Pourquoi s'encombrer de formalités quand on pouvait directement rentrer dans le vif du sujet. Une réponse rapide lui parvint : "Oui, hé bien, moi aussi j'ai un malade à la maison. Débrouilles-toi ! Où appelle Tatsuha, il est sur Tokyo."

Hmpf.

Tatsuha. Ses services lui coutaient toujours bien cher, mais soit. "Il parait que tu es sur Tokyo. Passe chez moi, maintenant." Pas de formalités, on a dit. De nouveau, réponse immédiate. "Désolé frangin, concert de Ryuichi ce soir à Shizuoka." Tiens donc. Il avait mentit a Mika, intéressant. "Ryuichi est plus important que ton frère malade?" La culpabilité, ça marche toujours. "Absolument !" Ou presque. "T'as pas déjà une infirmière personnelle chez toi?" Rien à répondre à cela, et sa frustration s'accentua à la pensée de son frère rigolant de son état.

Hmpf.

Maladie : 4 / Yuki : 0 / Famille : -3. Battu à plates coutures.

Repensant à la dernière parole de son frère : étonnement. Il n'avait pas besoin de toucher son front pour le savoir brulant. Shuichi ne l'avait-il pas remarqué ce matin en se levant? N'avait-il pas trouvé étrange qu'il ne se réveille pas en même temps que lui? Un sentiment d'incompréhension mêlé d'un tantinet de tristesse s'empara de lui à la pensée d'un Shuichi moins attentif sur sa personne. Il reprit son téléphone en main puis commença à saisir un message à son attention, puis s'arrêta net en plein milieu de sa phrase. Sa migraine persistait et il se demandait vaguement si faire rappliquer Shuichi était vraiment une bonne idée. La fatigue le reprenant derechef, son bras commençait une longue chute sur le lit où il finit par retomber quand Yuki finit par se rendormir, dieu seul savait comment.

C'est la sensation très agréable de quelque chose de froid contre son front qui le réveilla. Tête sur le côté, il distingua à travers un bras bouchant très légèrement son champ de vision, le réveil indiquer l'heure très surprenante de dix sept heures vingt neuf. Wow, joli. Il venait très certainement de battre un record personnel. Son regard bifurqua sur le bras et le balaya des yeux jusqu'à atterrir sur la personne à qui il appartenait. Il sut de qui il s'agissait avant même de poser les yeux sur lui, à travers son odeur flottant dans toute la pièce. Un parfum très agréable. Tout comme la vision d'un Shuichi endormi, la tête sur le lit juste à côté de lui, le bras levé contre son visage. Relevant les yeux, il distingua diverses boites à côté du réveil, ainsi qu'un verre d'eau. Puis il retira la main de Shuichi de son front et fut prit d'un frissonnement désagréable, comme si on lui avait retiré quelque chose de vital. Il reposa le plus délicatement possible la main de son chanteur près de lui et celui-ci remua légèrement dans son sommeil sans toutefois se réveiller. Yuki de nouveau essaya de se redresser contre l'encadrement du lit et y parvint difficilement. Il analysa les boites et y vit des antibiotiques soignant la grippe en se demandant vaguement s'il n'était pas en train de rêver. Puis il prit un médicament et l'avala en buvant une gorgée d'eau. Le liquide froid dans sa gorge le fit légèrement tousser et Shuichi se redressa illico, la bouille endormie, qui emmena un sourire discret à Yuki.

« Yuki?! T'es réveillé ! Tu vas bien ?! J'ai reçu ton message, enfin, une moitié; et puis Tatsuha m'a appelé aussi, sans compter Mika qui était quand même un peu angoissée. Elle m'a dit que c'était tellement rare que tu lui envoie un message qu'elle se demandait si ce n'était pas quelque chose de grave. Du coup, je suis venu aussi vite que j'ai pu ! Et puis ... »

Et blablabla. N'avait-il pas déjà dit qu'un Shuichi inquiet était la pire des choses qui soient?

« ... il est arrivé dix minutes plus tard, t'as examiné et tu ne t'es même pas réveillé ! J'étais super inquiet mais il m'a dit que c'était juste une vilaine grippe. Il t'a donné six jours de traitement en disant que normalement tu devrais aller mieux demain et ... »

Pendant le flot de paroles, Yuki mis une main sur son front redevenu brulant.

« Pitié Shu ... Tait-toi. » souffla-t-il doucement

Aussitôt le chanteur se calma, plus au surnom qu'il n'entendait que trop rarement qu'au ton presque suppliant de son romancier.

« Ex... Excuses-moi Yuki ... » dit-il en baissant la tête

Rah, mais ce n'est pas possible d'être aussi mig... Chiant.

« C'est juste ... Mal de tête, tu vois? » fit-il plus doucement encore, histoire qu'il ne pense pas avoir fait quelque chose de mal et son chanteur acquiesça lentement avec un petit soupire de soulagement.

« Tu as besoin de quelque chose? » lui demanda Shuichi avec un peu plus d'assurance

Heureux (ou malheureux) hasard, son estomac profita de la question pour faire remarquer qu'il n'avait pas été contenté depuis trop longtemps. Sans attendre quoi que ce soit de la part de son romancier, Shuichi se leva de la chaise et entreprit de lui préparer un truc à manger. Yuki eut soudainement un soupçon d'inquiétude en entendant quelques bruits suspects provenant de la cuisine et ne fit aucun commentaire quand Shuichi revient dans la chambre une bonne demi-heure plus tard avec un grand bol de soupe dans les mains. Le plus étonnant dans l'histoire, ce fut que Yuki la trouva délicieuse, cette soupe. Tout comme le regard de Shuichi quand il lui en fit la remarque.

Deux jours plus tard, aux prix de bons soins et de médicaments (et d'une patience d'ange, il fallait bien l'avouer), Yuki se sentit mieux. Mais ça, c'était avant de trouver au réveil à ses côtés, un Shuichi grelottant de froid et fiévreux. Ce n'est qu'en croisant les yeux de ce dernier quand il immergea de son sommeil qu'il comprit : la semaine allait être longue, très longue.

Ce n'est pas moins de trois heures plus tard que Yuki s'apercevait d'une chose : il avait trouvé pire qu'un Shuichi inquiet.
Oui, définitivement, le Shuichi malade était sans conteste grand vainqueur dans cette rude bataille.

« Yuki, j'ai froid ! » ; « Yuki, j'ai mal à la tête ! » ; « Yuki, tu ne sais pas ce que j'ai fait de ma bouillotte Kumagoro? Je la cherche partout ! » ; « Yuki, tu veux bien rester à côté de moi le temps que je m'endorme? » ; « Yuki, j'ai faim ! Tu veux bien me préparer une salade de pocky ? Ou une soupe de pocky? Ou des pocky gratinés ! »

« C'est dans ta tête que c'est gratiné, baka ... » marmonna le dit Yuki en traînant la patte vers la cuisine pour préparer de quoi faire taire l'estomac de son chanteur, en espérant vaguement que ça le fasse se taire tout court.