Titre : La vie est un long fleuve tranquille (ou pas.)

Pairing : ShuuEi (Rating selon le chapitre : K+ la plupart du temps)

Disclaimer : Les personnages ne m'appartiendront jamais, je le sais bien mais Maki Murakami me laisse jouer avec de temps à autre :D

Résumé : Tranches de vie sur le couple Shuichi / Eiri (avec apparition d'autres personnages de la série)


Shuichi s'apprêtait à passer la porte de l'appartement quand Yuki l'interpela, visiblement surpris.

« Je peux savoir ce que tu fais? »

Plus que la question en elle-même, c'est le fait que Yuki la lui pose, qui dérangea Shuichi sur l'instant, sans qu'il ne comprenne pourquoi.

« Euh ... Je sors? »

- Et tu sors où?

- Je ne sais pas. » Il agita son téléphone portable dans sa main « Il n'a rien dit.

- Qui ça "il"? Tu sors avec qui? » Demanda Yuki, un peu trop brusquement aux yeux de son chanteur

À ce stade de la conversation, Shuichi cligna des yeux, interloqué, puis fronça les sourcils. C'était quoi cet interrogatoire?!

« Comment ça, avec qui? Est-ce que ça a une importance, avec qui je vais me promener? » Répondit-il d'un air mauvais

Dire que Yuki était surpris était un euphémisme, il était carrément sur le cul ! Depuis quand Shuichi lui répondait de la sorte? Et puis, pourquoi ne voulait-il pas répondre à la question? Ce n'était juste qu'une putain de question ! Lui cachait-il quelque chose? Il avait commencé à mal réagir quand il lui avait demandé qui était la personne qui allait l'accompagner dans sa soi-disant balade. Qu'est-ce que cette réaction était censée vouloir dire?!

Une colère sourde monta en Yuki qui n'aimait pas vraiment qu'on lui cache des choses. Surtout quand Shuichi lui cachait des choses. Shuichi ne lui cachait jamais rien en règle générale, trop honnête pour ça la bestiole. Mais là, pour le coup ... Yuki déglutit bruyamment, il n'aimait clairement pas ça.

« Non, aucune. » Mensonge. « Aucune importance. » Double mensonge. « Alors, tu peux bien me le dire. » Tentative d'amadouement.

- Si ça n'a pas d'importance, je ne vois pas pourquoi tu insistes ! »

...

Yuki hésitait sur la démarche à suivre. Plusieurs options s'offraient à lui.

1. Séquestrer le chanteur. (Pour : Garder le dit-chanteur rien que pour lui et l'empêcher de le voir qui que ce soit. Contre : Il risquerait fortement de se faire des idées comme quoi Yuki souffrirait peut-être (accentuons bien le "peut-être") d'un excès de jalousie excessif. Ce qui n'était pas le cas. Non, absolument pas.)

2. Prétendre être malade. (Pour : Yuki ne le cachait pas, il adorait que Shu soit aux petits soins avec lui. Contre : Crédibilité zéro. Il pétait la forme, pas besoin d'être médecin pour le constater.)

3. Lui proposer de sortir. Non, mieux ! Lui dire qu'il avait l'intention de l'inviter à sortir. Si ça marchait, il trouverait bien une raison pour décliner. (Pour : Shuichi risquait de lui faire une crise de larmes de joie. Contre : Shuichi risquait de lui faire une crise de larmes de joie. Oui, Yuki était un peu indécis sur cette question.)

4. Être d'accord avec lui et assurer ne rien avoir à carrer d'avec qui il sortait. Psychologie inversée. À condition que Shuichi ne connaisse pas le principe de psychologie inversée. Il avait toutes ses chances. (Pour : ... Contre : Il y a de trop grandes probabilités que Shuichi le prennent encore plus mal).

Perdu dans le carrefour de ses pensées, il entendit à peine la voix de son chanteur s'élever dans la pièce d'un vague « Bon, puisque ça te convient, j'y vais, il m'attend. » et avant qu'il ait le temps de s'écrier quelque chose comme : « Non ! Ça ne me convient absolument pas ! », la porte se referma derrière sa bouille de cheveux rose et Yuki resta figé dans l'entrée telle une statue, encore désemparé face à la scène qui venait de se jouer.

« Oh et puis zut. » dit-il après mûre réflexion, bien que toujours un peu énervé. L'est assez grand pour faire ce qu'il veut.
Puis Yuki retourna travailler dans son bureau, bifurquant tout de même côté cuisine afin d'y prendre sa drogue liquide adorée (aussi communément appelée café).

Shuichi de son côté descendait tranquillement les marches de l'escalier en sifflotant, de trop bonne humeur pour prendre l'ascenseur. Hiro l'attendait en bas de l'immeuble avec Ayaka, et tous les trois rejoignirent ensuite Tastuha dans un petit bar-restaurant de la ville, où Ryuichi donnait un concert privé, et pour lequel ils avaient été conviés. Shuichi était aux anges de cette petite surprise préparée par le frère de son chéri. Il avait d'ailleurs pensé à inviter Yuki, mais Hiro fit remarquer, avec raison, que dès que Yuki aurait eu connaissance de la destination, il n'aurait pas mis longtemps avant de faire demi-tour, et qu'il aurait été par ailleurs inutile d'essayer de l'en dissuader. C'est cependant l'esprit légèrement perturbé par son très léger accrochage avec Yuki qu'il profita néanmoins de cette soirée avec joie et enthousiasme.

De retour trois heures plus tard à l'appartement, il retrouva son romancier dans le fauteuil du salon, qu'il le savait occuper que lorsqu'il était seul dans l'appartement, profondément endormi, les sourcils froncés dans son sommeil. Ne voulant pas le réveiller le moins du monde, il se contenta de le recouvrir d'un plaid afin qu'il ne prenne pas froid et s'allongea lui-même sur le canapé adjacent, enveloppé lui aussi dans quelque chose de chaud, incapable d'occuper le lit quand Yuki n'y était pas non plus.

Il se réveilla en sursaut plus tard dans la matinée, par un Yuki qui s'affairait visiblement à faire Dieu seul savait quoi. Il se releva du canapé, le plaid s'étant fait la malle dans la nuit, et vit Yuki mettre ses chaussures d'une main, l'autre pianotant rageusement sur son téléphone portable. Quand ce dernier vit le chanteur en pleine possession de ses moyens, et avant que Shuichi lui demande quoi que ce soit, il lui lança.

« Oui, je sors, et non ce n'est pas ta sœur qui me l'a gentiment proposé mais moi qui le lui ai demandé ! »

Tirade qui précéda le claquement de la porte d'entrée quand Yuki sorti sans attendre la question de Shuichi qui resta un long moment planté là, relativement bouche-bée.

Se remémorant sa soirée d'hier, il prit son propre téléphone et composa le numéro de Tatsuha.

« Qu'est-ce que tu as dit à Yuki ?!

- Ouch, Shuichi, ne crie pas comme ça si tôt le matin …

- Il est furieux contre moi et je ne sais même pas pourquoi !

- Ah ? C'est donc comme ça qu'il a réagi … J'aurais dû m'en douter. »

La colère de Shuichi était palpable, surtout maintenant qu'il avait compris que cet excès de colère de la part de son romancier n'était dû qu'à une mauvaise farce du frère de ce dernier.

« Tatsuha, qu'est-ce que tu as fait ?

- T'énerve pas ! Je lui ai juste envoyé un message hier pendant la soirée en lui disant qu'on s'amusait beaucoup toi et moi, et qu'il était inutile qu'il t'attende puisqu'on ne savait pas à quelle heure on allait rentrer.

- Mais pourquoi tu as fait ça ?!

- Je voulais voir sa réaction, le faire cogiter un petit peu ! J'avoue que ça dépasse quand même largement mes espérances … Ce qui est plutôt étonnant d'ailleurs. Tu m'as bien dit que vous vous étiez pris le chou avant de partir, non ?

- Oui … Il a réagi assez bizarrement. Enfin, tu sais, plus que d'habitude quoi. Il a insisté pour savoir où j'allais et avec qui, et vu que je ne voulais pas lui répondre …

- Oh, je vois. Alors Eiri peut être comme ça aussi, alors. Mince, mon frère à des sentiments … »

Le ton était clairement moqueur, bien que Tatsuha semblait satisfait de cette trouvaille.

« Non, mais de quoi est-ce que tu parles ?

- Rien. Bon, je retourne me coucher, salut !

- Tatsu… ! »

Seul le bip de l'appareil lui répondit. Il se rassit sur le canapé en baillant, puis finit par se rendormir également.

C'est la sonnerie de son téléphone qui le réveilla un peu plus tard. Un message de Maiko.

« Yuki-San n'avait pas franchement l'air d'avoir envie de le faire, mais je préfère te prévenir quand même qu'on risque de passer la journée ensemble lui et moi, donc ne l'attend pas pour déjeuner. Salut ! »

Shuichi cligna des yeux et tout devient clair. Surtout la jalousie qui s'emparait en lui en cet instant, et un grand sourire s'étala sur son visage.
Yuki? Jaloux? Sans doute l'une des plus belles journées de toute sa vie.