Titre : La vie est un long fleuve tranquille (ou pas.)
Pairing : ShuuEi (Rating selon le chapitre : K+ la plupart du temps)
Disclaimer : Les personnages ne m'appartiendront jamais, je le sais bien mais Maki Murakami me laisse jouer avec de temps à autre :D
Résumé : Tranches de vie sur le couple Shuichi / Eiri (avec apparition d'autres personnages de la série)
« Hiro, je crois ... Je crois que Yuki me cache quelque chose.
- Qu'est-ce qui te fait dire ça? » fit distraitement son meilleur ami
Shuichi lui tournait autour depuis un bon quart d'heure, faisant les cents pas en se triturant les doigts, tandis qu'Hiro était couché à plat ventre sur son lit feuilletant un magazine, un étrange sourire aux lèvres, attendant le bon moment.
« Hier, quand je suis rentré du studio, il a raccroché son téléphone précipitamment, comme si je l'avais surpris, tu vois? Un peu plus tard dans la soirée, en allant à la cuisine, il a ramassé rapidement un papier qui traînait sous la table basse du salon, et l'a enfoncé dans la poche de son jean. La semaine dernière, il s'est absenté une soirée complète pour faire je ne sais quoi avec je ne sais qui. Et ça fait bien quelque chose comme deux semaines qu'il m'interdit formellement de mettre un pied dans son bureau ! Il me tient à l'écart, il y a un truc qu'il ne veut pas que je sache ou que je vois ! Il est super distant et sur ses gardes ! Hiro, tu penses qu'il cache un truc grave? Il est peut-être malade ! Mais genre, gravement ! Ou alors ... Oh mon dieu ... Si ça se trouve, il me trompe ! Hiro ! »
Shuichi commençait à succomber au stress et sanglotait maintenant devant un Hiro impassible.
« T'es parano, Shu.
- Mais non, je t'assure ! Il y a un truc qui cloche ... »
Timing parfait. Justement ce dont Hiro avait besoin pour mettre son plan diabolique à exécution.
« Arrêtes, il a toujours été comme ça avec toi.
- Hiro? Non, tu te trompes, depuis quelques temps il est plus ... Je veux dire, moins ... Enfin, tu vois ce que je veux dire?
- Pas vraiment.
- Mais si ! C'est vrai avant il était méchant, il me mettait dehors quand ça l'arrangeait et jouait peut-être ...
- Sans doute; glissa Hiro dans sa tirade
- ... avec moi mais maintenant ce n'est plus le cas, je le sais ! Il est gentil avec moi, il me fait parfois des câlins sans que j'ai besoin de lui demander, il est beaucoup plus doux quand il me parle ... Il m'a dit même qu'il m'aimait, il n'y a pas si longtemps !
- Je n'y crois pas une seule seconde. » Ricana Hiro, qui tourna une page de son magazine
Shuichi, le visage rougit par les larmes silencieuse, ne comprenait pas le manque total de réaction de la part de son meilleur ami, et son ton moqueur le désarçonnait.
« Qu'est-ce qui te prend? » Il ne comprenait pas. « Qu'est-ce que vous avez tous aujourd'hui, à la fin?! » Il ne comprenait pas cet acharnement qu'il subissait depuis ce matin. « D'abord Seguchi qui se moque de nos dernières ventes d'album, alors qu'un groupe moins populaire que nous a soit-disant réussi à faire mieux. Fujisaki qui me traite de nouveau comme si j'étais un imbécile fini. Même Maiko, ma propre sœur, m'a envoyé un message assassin ce matin, sans la moindre raison ! Et maintenant toi qui critique mon Yuki alors que tu ne sais rien du tout ! » S'écria-t-il pour finir
« Tu m'as posé une question, je t'ai répondu, c'est tout. Pour le reste, tu le connais mieux que moi ton Yuki. Et je reste persuadé que tu t'en fais pour rien, comme à chaque fois. » Le ton était à présent cassant, et Shuichi maintenant furieux n'avait rien à répliquer à cela.
- D'accord ! J'ai compris ! Navré de t'avoir dérangé avec mes petits problèmes sans importance. Je m'en vais ! »
Il fit demi-tour sur lui-même et Hiro suivit des yeux son meilleur ami quitter la pièce, satisfait. Il empoigna son téléphone portable, envoyant un message à son destinataire qui le rappela aussitôt.
« Oui, il vient tout juste de partir » ... « Oh que non, il est vraiment furax, et la dernière fois que c'est arrivé, il a disparu de la surface de la Terre pendant au moins deux heures, donc ça devrait être largement suffisant. » ... « En effet, j'ai du mal à croire qu'il ait vraiment gobé l'histoire de Seguchi, alors qu'il sait qu'on est numéro un des charts depuis des semaines, et je suis d'ailleurs étonné que Seguchi ai insisté pour participer. Je pense que l'accumulation d'aujourd'hui à du le rendre plus débile qu'il ne l'est déjà. » ... « Ahah, y'a que toi qui ai le droit, c'est ça? D'accord, je retire ce que j'ai dit dans ce cas. Par contre, j'ai bien peur d'avoir du forcer un peu pour le faire réagir, j'espère qu'il ne fera pas de bêtises. Il peut devenir imprévisible quand il est dans cet état. » ... « Oui, je sais, mais je n'ai trouvé d'autre. Bon, je passe prendre Ayaka et on arrive. Bye »
Hiro raccrocha rapidement et soupira. S'il y avait bien une chose pire que s'attirer les foudres de Shuichi, c'était de s'attirer celles du chéri de ce dernier. La soirée s'annonçait particulière. Il espérait cependant que Shuichi ne lui en veuille pas pour ce qu'il avait été obligé de dire.
Shuichi de son côté avez encore du mal à digérer avoir eu cette conversation avec Hiro, son ami de toujours, qui l'avait toujours aidé et soutenu. Il n'en revenait tout simplement pas. Ses pleurs avaient redoublés quand il était sorti de l'appartement, et son cœur tambourinait dans sa poitrine à une vitesse ahurissante. Il avait la vague impression d'être revenu à ses débuts de sa relation avec Yuki, lequel l'ignorait et se foutait de lui éperdument, inconnu du grand public, et gamin à ses heures. Pourquoi? Il avait changé, évolué, alors pourquoi aujourd'hui tout semblait avoir régressé de cette façon?
Ayant marché pendant près d'une bonne heure pour essayer de se calmer, sa fuite l'avait conduit dans ce parc, là où tout avait commencé, les peines comme les joies. La nuit s'étendait déjà sur Tokyo et de rares étoiles illuminaient le ciel. Assis sur un banc, Shuichi leva son regard, et tel qu'il venait de se le promettre, une dernière larme dévala sa joue. Il n'avait aucune envie de rentrer chez Yuki, aucune envie de passer la nuit chez ses parents, il ne souhaitait pas non plus se rendre à son travail le lendemain; cette longue journée l'ayant vidé de ses maigres forces. Il ne voulait rien de tout cela mais avait-il vraiment le choix? Sans argent sur lui, la batterie de son téléphone à sec, les poches de son jean ne contenant que la clef du romancier, il n'avait pas trente-six solutions. Il quitta de ce fait le parc avec regret, espérant que sa soirée se passe mieux que le reste de sa journée.
Hiro se mordillait la lèvre inférieure devant un Yuki, bras croisés, qui le fixait durement de son regard froid.
« Deux heures, hein? »
En dehors du fait que ce crétin (ils n'étaient vraiment pas amis pour rien) avait utilisé sa relation avec Shuichi pour embobiner ce dernier, il ne pouvait s'empêcher de ressentir une certaine forme d'inquiétude. Comme Hiro le lui avait dit un peu plus tôt, Shuichi pouvait devenir totalement imprévisible quand il est ainsi poussé dans ses derniers retranchements. Quel imbécile de l'avoir volontairement mêlé dans la conversation, mais d'un autre côté, pour espérer une vive réaction de la part du chanteur, il fallait au moins ça.
Maiko se risqua à intervenir avant que ça dégénère. Elle posa sa main calmement sur l'un des avant-bras du romancier, dont le regard s'adoucit légèrement.
« Vous ne devriez pas vous en faire Yuki-San, Shuichi revient toujours ici quoi qu'il arrive, n'est-ce pas? »
Oui, cet idiot revenait toujours ... Et là, il avait du retard ! Il l'avait connu bien plus rapide que ça ! Là, il dépasse carrément l'horaire autorisé. Pourquoi mettait-il donc autant de temps?! Ses yeux se posèrent de nouveau sur l'assemblée regroupée dans son salon et lançaient à présent des éclairs. Sérieusement, toute cette mise en scène était-elle vraiment nécessaire? Pour annoncer un truc aussi simple, ils auraient pu tout simplement organiser un banquet à NG plutôt qu'une surprise dont la simple préparation avait toute les chances d'avoir blessé son chanteur. Parce que oui, bien évidemment, il avait en premier lieu refusé en bloc quand on lui avait demandé de participer à cette petite surprise.
Mais c'est bien parce que le sujet principal de cette petite sauterie était le démon qui partageait sa vie, et uniquement pour cette raison, qu'il avait tout de même accepté de se prêter au jeu. Mais il était clair qu'il avait merdé sur ce coup-là, car peu habitué à ce genre de chose, il avait manqué plusieurs fois de se faire griller par Shuichi, et selon les dire de Nakano, le chanteur n'avait visiblement pas très bien vécu la chose. Il se rassurait cependant de voir que son meilleur ami avait visiblement merdé plus que lui. Pourquoi faire les choses simples quand on pouvait les faire compliquées? Il savait que toute cette mascarade était une putain de mauvaise idée.
Yuki fulminait tandis que les autres invités commençaient aussi à être mal à l'aise. Hiroshi, plus que les autres, semblait abattu et rempli remords.
Maiko mastiquait frénétiquement les ongles d'une main, et Fujisaki tripotait les pans de sa veste. Shuichi avait quitté l'appartement d'Hiro il y avait maintenant pas loin de trois fichues heures. Ce dernier sembla par ailleurs se réveiller.
« C'est de ma faute, je vais le chercher. »
C'est à ce moment-là que le bruit d'une clef que l'on insère dans une serrure retentit dans le calme pesant de la pièce. Shuichi poussa la porte et se figea. Il croisa le regard visiblement soulagé de Yuki puis ceux penauds de ses amis qui se tenaient derrière lui. Puis il vit les décorations de la pièce devenue méconnaissable, pour une raison qu'il ignorait. Pourquoi ces banderoles et ses ballons, il se le demandait. Durant son inspection, Maiko fut la première à régir, et fit un pas en avant pour se mettre à côté du romancier et lança un hésitant :
« Su... Surprise ! »
Et visiblement, c'était loupé.
Shuichi n'eut aucun changement facial particulier, aucune réaction d'aucune sorte. Il se contenta de faire demi-tour doucement et ferma la porte derrière lui. Maiko, affolée, fit de nouveau un pas en avant afin de le suivre, mais Yuki l'arrêta.
« Je m'en occupe. »
Puis il sorti à son tour sans attendre la moindre réponse. Il pressa cependant le pas pour éviter que Shuichi ne disparaisse de nouveau Dieu sait où. Il prit les escaliers puisque l'ascenseur n'avait visiblement pas été utilisé, et trouva Shuichi tout simplement assis sur la dernière marche de celui-ci. Il s'installa à côté de lui, et eut un sourire discret à la vue de son chanteur boudant comme un enfant. Ce dernier se retourna vers lui.
« Si j'en tue un ou deux, tu penses que je vais avoir des problèmes?
- Va savoir, en tout cas ce n'est pas moi qui vais t'en empêcher. »
Shuichi ricana.
« Cette mise en scène, c'est en quel honneur?
- Tu ne préfères pas attendre d'être là-haut pour le savoir?
- Disons que ... Je suis encore un tout petit peu énervé, là.
- Je vois. Dans ce cas ... »
Yuki sorti de ses poches une feuille de papier, qui avait visiblement été pliée et dépliée un bon nombre de fois, et la tendit au chanteur qui le regarda, interrogatif. Ouvrant le document, les yeux de Shuichi pétillèrent d'émotion.
« C'est ... Yuki, c'est ...
- Seguchi a eu l'info depuis une quinzaine de jours, les deux débiles qui te servent d'amis ont reçu l'ordre de ne rien te dire jusqu'à la publication de la liste complète. J'imagine qu'avec ce qu'ils t'avaient préparé aujourd'hui, tu n'y avais pas fait attention.
- Oui, ça m'était complétement sorti de la tête mais ... Les Japan Gold Disc Awards ... Je n'arrive pas à croire qu'on ait une nomination ...
- Deux, en réalité. »
Yuki lui reprit la feuille des mains de Shuichi qui eut un mal fou à la lâcher.
« Meilleur artiste et Album de l'année, on peut dire que Bad Luck ne fait pas les choses à moitié. »
Shuichi était sidéré, mais incroyablement ravi.
« Mais alors, tout ce qu'il s'est passé aujourd'hui ... ?
- Il fallait te garder loin de l'appart' pendant un temps pour tout préparer, puisque tes amis préféraient fêter ça en petit comité, plutôt qu'en grande pompe au studio. Ils n'ont visiblement rien trouvé de mieux que te mettre en rogne volontairement pour que tu restes sagement dans ton coin. Leur stupidité n'a décidément aucune limite.
- Hum ... »
Shuichi semblait dubitatif.
« Tu n'es pas content?
- Si, bien sûr, j'ai juste du mal à me faire l'idée, c'est comme dans un rêve ...
- Oh, crois-moi, le salon transformé en buffet et le karaoké installé sur la TV, c'est bien réel. Même chose pour la présence de tes stupides amis, j'en ai bien peur »
Shuichi fit un grand sourire et lui sauta dans les bras pour lui faire un câlin, et Yuki se pencha pour l'embrasser doucement. Il lui murmura ensuite à l'oreille :
« Félicitations. » et le chanteur rougit de plaisir. «Merci, Eiri. »
Ils remontèrent ainsi tous les deux côte à côte et Yuki laissa le soin à la vedette du jour d'entrer le premier. Il toisa l'assistance avant de se tourner vers Hiro qui se demanda à quelle sauce il allait être mangé. Finalement, Shuichi lui fait un sourire moqueur en lui lançant :
« Tu sais, t'aurais tout simplement pu m'avertir d'une promo de Pocky au centre commercial ou un truc du genre, ça aurait fonctionné aussi.
- Je ... je n'y avais pas pensé. Ahah, désolé vieux ! »
Shuichi lui sauta dans les bras en rigolant et Hiro croisa le regard de Yuki qui signifiait clairement quelque chose comme : "Fais gaffe où tu mets tes mains si tu ne veux pas que je te coupe les tiennes." Maiko rejoignit les garçons dans l'embrassade en lançant un discret "Désolée" à son frère qui ne lui en voulait pas le moins du monde et Fujisaki se contenta de lui taper l'épaule amicalement.
Yuki, resté à l'écart, avait du mal à supporter le bordel que les six jeunes gens (Tatsuha s'étant invité à la fête) faisaient en chantant à tue-tête dans le salon, mais la joie qui irradiait de son chanteur valait bien ce (petit mais néanmoins pénible) sacrifice.
