Titre : La vie est un long fleuve tranquille (ou pas.)

Pairing : ShuuEi / Rating : K

Disclaimer : Les personnages ne m'appartiendront jamais, je le sais bien mais Maki Murakami me laisse jouer avec de temps à autre :D (Je ne lui laisse pas le choix)

Résumé : Tranches de vie sur le couple Shuichi / Eiri (avec apparition d'autres personnages de la série)


Un peu de guimauve pour commencer cette nouvelle année ^-^


Yuki fixa la chose, dubitatif.

C'était rectangulaire, enveloppé de papier orange, entouré d'un ruban rose. Typique. Avec un peu d'imagination, l'image de son idiot de chanteur se superposa à la petite boite qui contenait visiblement son cadeau d'anniversaire. Shuichi entouré d'un ruban, surplombé d'un nœud ; risible au possible.

Bien malgré lui, il grogna de mécontentement. Il se souvenait parfaitement ces trois dernières semaines avoir sommé Shuichi de ne PAS lui faire la moindre surprise. Lui n'en prenait pas la peine non plus, et Shuichi ne s'en était jamais plaint. Peut-être était-ce une façon pour lui de lui faire remarquer qu'il en souhaitait également de sa part ? Non, Shuichi n'était pas aussi manipulateur.

Quoi que ...

Il était cependant tiraillé entre l'envie de le jeter par la fenêtre et l'ouvrir pour savoir ce qui se cachait à l'intérieur. Maudit soit cet imbécile qui n'en faisait toujours qu'à sa tête ! Et maudit soit sa propre curiosité, accessoirement.

Yuki contourna toutefois la chose qui traînait sur la table du salon, et pénétra dans sa sacro-sainte cuisine, temple de la sérénité et de la caféine.

Il revient ensuite sur ses pas, le regard se posant automatiquement sur la boite qui, à son grand dam, traînait toujours sur la table. Puis il passa devant sans même s'arrêter, prenant la fuite côté bureau pour s'empêcher d'en déchirer prestement l'emballage.

La même scène se répéta plusieurs fois dans la journée, sa retenue se faisant de moins en moins présente jusqu'à ce qu'il finisse par se planter devant l'objet du délit, bras croisés, prêt à lui faire la peau.

Heureux (ou malheureux) hasard, Shuichi décida de ce moment pour rentrer du travail. Yuki entendit une paire de baskets être balancée sur le sol et un sac suivre le même mouvement, et assista de son regard noir et accusateur à l'entrée de son idiot de chanteur qui se figea à l'entrée de la pièce.

« Yuki?, interrogea ce dernier

- Shuichi, qu'est-ce que tu n'a pas compris dans la phrase : " Je ne souhaite pas de cadeau, pas la peine de m'en faire un. "

- Mais ... !

- Non, pas de mais ! T'es vraiment lourd à faire toujours comme bon te semble, à ne pas écouter ce qu'on te dit ! »

Shuichi baissa la tête, semble-t-il blessé. Yuki soupira. Toujours la même rengaine. Shuichi va se mettre à pleurer si ce n'était pas déjà le cas, Yuki ne va pas le supporter, lui dira que ce n'est rien et de ne pas recommencer, et Shuichi lui sautera dans les bras en le lui promettant pour mieux oublier cette promesse le lendemain.

À son grand étonnement cependant, Shuichi marmonna d'un ton qui ne contenait aucun sanglot une phrase qu'il ne comprit pas.

« Shuichi, si tu veut que je te comprenne, exprimes-toi clairement. Demanda donc le romancier, exaspéré.

- J'ai dis, ce cadeau n'est pas pour toi. »

Un ange passa.

« Quoi?

- C'est pour Hiro, un peu en avance, mais j'avais peur qu'il n'y en ai plus alors je l'ai acheté tout de suite. Et j'ai juste oublié de le ranger ... »

Quand Shuichi releva timidement la tête, il fit face à un Yuki figé. Sur lequel il pouvait voir un nombre incroyable de choses, pour une fois. Il s'empêcha de toute ses forces de ne pas sourire face à son attitude et se contenta de prendre la boite avec lui, finissant d'achever Yuki, perdu dans ses pensées.

« D'accord. »

Donc, ce cadeau n'était pas pour lui.

« Très bien. »

Il avait fait une scène a Shuichi alors qu'il avait finalement fait ce qu'il lui avait demandé. Mais pourquoi donc se sentait-il pour le coup très déçu de cela? Incompréhensible. Bien, ne rien laisser paraître.

« Tu es finalement capable d'écouter, le choc est rude. Bon, tu m'excuses, mais j'ai du travail ... »

Son départ de la pièce ressembla à une fugue et Shuichi laissa fleurir un sourire sournois sur son visage. Il se frottait les mains intérieurement, étant maintenant persuadé que malgré ses paroles, son romancier désirait un cadeau de sa part ! Yuki se fit incroyablement discret tout au long de la soirée.

Le lendemain matin, Yuki se dirigea au radar chercher sa drogue matinale, ayant une journée très chargée. Shuichi ne devait pas être parti depuis très longtemps, puisqu'une tasse de café chaud et des croissants l'attendaient sagement sur la table. Ils n'étaient d'ailleurs pas les seuls.

Cette satané boite orange réapparaissait sous ses yeux mais cette fois-ci, il y avait un mot qui l'accompagnait. Soupirant, il lut le mot, et ses yeux brillèrent. Puis il ouvrit la boite, et soupira légèrement, vaincu par KO par son chanteur.

Tandis qu'il tournait et retournait l'objet entre ses doigts avec un plaisir évident, abandonnant volontiers l'odeur du café qui l'appelait, il se fit la promesse que Shuichi allait chèrement payer pour s'être gentiment foutu de lui. Parole de Yuki !

Après avoir dévoré les croissants et emporté le café dans son bureau, la boite échoua lamentablement dans la poubelle et le mot resta ouvert sur la table.

« J'ai une ouïe très sélective, tu devrais le savoir. Mais je préfère plutôt prendre en compte ce que je lis dans tes yeux. Joyeux Anniversaire, Eiri. Je t'aime ! »