3ème chapitre de la fan-fiction consacrée aux 4 héros, plus court que le précédent !

Pour répondre à NightmareDragon FB : J'ai choisi "le" dans le titre car finalement, un seul démon apparaît, et pas celui que l'on croit !

Quant à Shin, il aura sa part de moments épiques, pas d'inquiétude ;). Mais là, il est rangé au frigo !

Bonne lecture à tous, et n'hésitez pas à poser des questions ou intervenir, ça fait toujours plaisir !


Chapitre 3

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Vengeances au menu

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La porte se referma sur le haut prêtre récemment intronisé. Simple soldat de l'Eglise des lumières quelques jours auparavant, Albertus avait depuis été élu à la tête de la nouvelle organisation, née des cendres de la foi.

Le Démon avait ravagé l'ordre établi des croyances dans le monde. Jadis craintes et respectées, les Eglises étaient désormais considérées comme d'anciennes puissances que l'on pouvait moquer ouvertement.

Il n'avait pas fallu longtemps avant que les premières querelles ne naissent. La majorité des maîtres religieux étant morts, les guerres de succession auraient ravagé davantage encore les ruines bien entamées de ces institutions. Heureusement, certains avaient pris les devants…

Albertus avait réuni certains amis, parmi les plus éminents défenseurs de la foi encore vivants, et, avec eux, avait officiellement dissout l'ensemble des Eglises, pour en reformer une nouvelle. Plus secrète et exhaustive. Nul ne devait y être refusé, quelles que fussent ses anciennes croyances. Une nouvelle Eglise résolument tournée vers l'objectif de retrouver les criminels qui les avaient détruits…

L'Eglise de la Vengeance était née.

Un homme l'attendait près de la cheminée, papiers en main. Il s'inclina devant Albertus, qui lui répondit :

- Relève-toi, pas de ça entre nous. A-t-on reçu des nouvelles ?

- Oui monseigneur, nos hommes ont repéré leurs traces. Une explosion de magie qui ne laisse aucun doute sur sa provenance, tels sont les mots du message.0

- Encore le Démon ? Questionna Albertus, d'un air mauvais.

- Ils n'ont aucune certitude, le ciel ne s'est pas déchaîné, mais de qui d'autres cela pourrait-il venir ?

- Combien de temps avant que nos guerriers les débusquent ?

- Sans doute vingt-quatre heures, pas plus.

- Bien, termina le haut prêtre, rictus cruel aux lèvres.


Théo se réveilla en fin de matinée, d'un sommeil sans rêve, une première depuis longtemps. Etonnamment, il se sentait un peu mieux que ces jours derniers, physiquement en tout cas. Se relevant progressivement de son lit, il étira ses bras et détendit ses muscles alors que ses yeux s'habituaient à la lumière du jour :

- Le grand Théo est donc comme tout le monde et met 1 heure à se lever ! S'exclama une voix dans le coin de la pièce.

L'ex-paladin reconnut cette voix qu'il avait jadis réprouvée.

- Enoch… Le vieil homme… Je savais bien que j'aurais dû me méfier. Venu me tuer ?

Le Démon explosa de rire, manifestement surpris par cette question.

- Te tuer ? Allons, nous sommes amis, je ne te toucherai jamais ! (Devant le regard noir de Théo) Bon, en tout cas, ce n'est pas ce que j'ai prévu aujourd'hui ! En tout cas, je suis content que tu te souviennes d'hier soir, un exploit vu ton état d'ailleurs.

- Tant mieux. J'aimerais avoir la motivation de te détruire, mais non, ça ne vient pas. Que veux-tu alors ?

Enoch prit une chaise et s'assit en face du lit.

- Discuter. Es-tu encore capable de faire ça ?

- Je n'ai pas envie de parler.

- Mais si, tout le monde a envie de parler quand l'autre interlocuteur est bon ! C'est à propos de tes amis, ils ont besoin de toi.

Aucune flamme ne s'alluma dans les yeux de l'ex-paladin.

- Je n'ai plus d'ami.

Enoch laissa quelques secondes s'écouler dans le silence et poursuivit :

- Théo, je pense comprendre ce que tu ressens. Tu crois avoir été trahi par tes amis, et, bon, si je me base sur ton point de vue, tu as peut-être un petit peu raison.

"Moi je t'avoue que je suis plutôt fier d'eux mais à chacun son opinion !"

"Toujours est-il que je doute que ton cœur te dicte de les oublier à jamais. Ne voudrais-tu pas les retrouver et leur parler pour comprendre ? Quitte à te venger ensuite bien sûr, car c'est la vengeance qui ranimera la flamme de la colère en toi !"

Théo se laissa lentement glisser sous sa couette et tourna le regard vers le côté libre de la pièce.

- Mon cœur me dit bien des choses…

Enfin, Enoch remarqua, l'espace de quelques secondes, une petite lueur dans les yeux de Théo, tel un appel de sentiments qu'il voulait absolument oublier. La tristesse d'un homme brisé. Mais elle s'éteignit rapidement au profit d'un regard d'une noirceur nouvelle, comme s'il éprouvait enfin un sentiment qu'il chérissait, ou en tout cas qu'il voulait chérir.

Le père de Bob se leva et prit une pose impérieuse, comme pour profiter de l'occasion :

- Laisse-moi te guider, fils. Tu as besoin d'aide, et tu ne la trouveras pas parmi les mortels de ce monde. Offre-toi à moi et je te promets que tu deviendras un homme nouveau, quelque chose de différent, sans pour autant renier ton être fondamental.

- Dans quel but ?

- La rédemption, mon enfant. Et la réparation de tes tourments.

L'ex-paladin fixait une toile d'araignée au plafond, où se débattait un petit insecte empêtré dans les fils. La mort assurée pour ce minuscule bout de vie. Il ferma les yeux et répondit :

- Très bien, j'accepte…


Bob s'allongea sur une souche d'herbe et profita du léger vent pour se rafraichir après la longue journée de marche qu'ils venaient tous d'effectuer. Il observait le nain, mine renfrognée, se débattre avec une sacoche pleine d'herbes de toute sorte. Aucun des deux n'avait longuement parlé durant le voyage, car aucun n'avait eu le cœur à ça. Chacun à sa façon tentait de déterminer son implication respective dans les catastrophes passées.

Finalement, Grunlek en termina et vint s'asseoir près du mage, sans se départir de son air tourmenté. Mâchonnant un bout de pain, il tendit à Bob un autre morceau.

- Ils ne prennent même pas la peine de nous surveiller ou de rester près de nous, maugréa le mage. Nous sommes insignifiants et impuissants à leurs yeux…

- Tu es le plus important du groupe, ils le savent et ont besoin de toi. Mais ils devinent également que nous ferons tout pour sauver Shin. (Il détourna le regard vers l'horizon) Maudite conscience…

- Dommage que Théo ne soit pas là, tu aurais pu avoir un bel exemple de manque de conscience…

Les deux sourirent pour la première fois de la journée. Se remémorer le paladin était à la fois un déchirement et une source d'espoir. Ils devaient le retrouver et le sauver. Qui savait ce qu'il pouvait lui arriver encore, perdu comme il devait l'être ?

- La vérité, continua Grunlek, c'est que je ne comprends pas mon utilité dans ce groupe…Vous êtes tous des mages, puissants et terribles. Et nous allons affronter une magie dévastatrice. Je ne suis qu'un nain, borgne et sans pouvoir aucun. Je ne vois pas à quoi je pourrais vous servir.

Bob posa le pain, se releva et prit la tête du nain entre ses mains :

- Je lis en toi un amour du bien, une empathie et une bonté que tu es le seul à posséder, ici et à des kilomètres autour de nous. Tu es unique, Grunlek, ne doute pas de ça. (Bob regarda plus profondément encore dans les yeux du nain). Il existe différentes formes de magie, et la tienne, qui vient de là (il désigna le cœur) n'est pas moins puissante. Différente, ça oui, mais porteuse d'un avenir radieux, quand notre magie n'est qu'un fléau de plus en ce monde.

"Si tu perds espoir, alors nous sommes tous perdus car tu es le seul suffisamment fort pour tous nous sauver, et moi en particulier. (Une larme coula sur la joue du nain) Alors, par pitié, et par respect pour ton immense valeur, comprends que tu es la personne la plus importante ici. Accepte ce fardeau. Et redeviens le nain que je connaissais il n'y a pas si longtemps !"

Le mage se pencha pour baiser le front de Grunlek et se recoucha ensuite.

- Merci Bob, mon ami.

- De rien.

- Mais ne refais plus jamais ça…

- Quoi donc ? Répondit un Bob à moitié surpris.

- Le baiser sur le front. Sinon, je crains de ne pas pouvoir retenir mon bras métallique.

Bob pouffa, content d'entendre son ami plaisanter :

- S'il faut ça, je suis prêt à me sacrifier… termina-t-il, sur le point d'effondrer de fatigue.

Le nain resta quelques minutes assis et repensa aux paroles du mage. Puis il se coucha et s'endormit aussitôt, le sourire aux lèvres, oubliant le temps d'une nuit les soucis du moment.