Voici le chapitre 12 ! La fin se précise même si vous n'êtes pas au bout de vos émotions !
Merci à Lulukaw, Sauwk, juliabakura (qui de toute façon ne verra cette réponse que dans quelques jours ^^) et pour vos reviews, j'vous kiffe.
Luna, je répondrai à ton commentaire après le chapitre, comme la réponse sera assez longue :)
Bonne lecture à tous !
Chapitre 12
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Trahisons
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Bob entra le premier dans la grande salle, des boules de feu dans les mains. Ce qu'il vit lui coupa momentanément le souffle. Sur les côtés, des piliers étaient arrangés en ligne sur toute la longueur et servaient de base de maintien à d'imposantes statues représentant différentes entités.
Difficile à remarquer au premier abord, il lui semblait bien reconnaître des visages humains sur certaines, tandis que d'autres faisaient davantage l'apologie de la laideur, de son point de vue en tout cas.
Un long tapis marron aux armoiries de la guilde était déroulé jusqu'au trône en bronze, sur lequel était assis un homme assez grand, la tête baissée. Les cheveux lui tombaient jusqu'aux épaules tandis que sa robe couleur rouge écarlate se prolongeait bien au-delà de ses pieds. Il ne paraissait même pas réveillé, mais le Demi-Diable savait qu'il n'en était rien. Une position simplement adoptée par Kaherlov, son identité ne faisant aucun doute, pour affirmer sa puissance…et son assurance.
Le groupe s'avança, Bob et Allister ouvrant toujours la marche. Morgas, juste derrière, compta dix intendants en plus de l'homme du trône. Trois se déplaçaient à travers les piliers de gauche, trois autres ne faisaient que longer ceux à leur droite, le regard mauvais. Les derniers restèrent en retrait, près de leur maître, et n'esquissèrent pas le moindre geste.
Kaherlov leva alors la tête et dit d'une voix vibrante :
- Vous n'êtes qu'arrogance et folie, mais je vais mettre un terme à cela. Ce soir, nous festoierons sur vos cadavres. Puis nous étendrons notre domination au monde des hommes avant de mettre à terre vos pathétiques divinités !
Allister répondit par ce qu'ils pensaient être une formidable lame de vent qui devait faucher le maître de la guilde. Mais elle n'eut aucun effet.
- Terrassons d'abord les intendants, fit Morgas juste assez fort pour que ses compagnons l'entendent, nous nous occuperons de lui (il montra Kaherlov du doigt) plus tard.
- Très bien, répondit Allister, je prends le flanc gauche avec Bob et…
- Non, Bob viendra avec moi, nos pouvoirs sont complémentaires.
Il ne laissa pas le temps au demi-élémentaire de s'y opposer et se dirigea vers la gauche, rapidement suivi par le mage. Il se retourna pour être certain que les autres s'attaquaient au flanc droit quand il remarqua la bizarrerie :
- Ou est Sylver?! Ou est ce foutu crétin de la Lumière ?!
Ils regardèrent dans tous les directions mais il n'y avait plus aucune trace de lui. Le rire de Kaherlov raisonna, lointain :
- Hahaha ! Déjà un abandon ? Peu importe, il était insignifiant.
- Salopard, grommela Morgas. (Il s'adressa à Bob) Je te protègerai autant que possible, tu as ma parole, mais ne t'éloigne pas trop.
Les Intendants qui leur faisaient face écartèrent les bras, mettant en évidence les grosses gemmes qu'ils serraient dans leurs poings. Ils psalmodièrent en même temps des incantations fondamentalement identiques, comme s'ils étaient possédés par une seule et unique entité. Puis, d'un coup, une chaîne magique apparût, reliant entre elles les gemmes détenues dans les deux mains de chacun d'eux. Il semblait que la puissance, déjà importante, de ces artéfacts était décuplée lorsqu'ils étaient mis en relation ensemble. Une œuvre du Codex certainement, tout comme le vortex qu'ils avaient affronté quelques minutes plus tôt.
Alors, enfin, la magie se déchaîna. Les quatre combattants du groupe invoquèrent un pouvoir impressionnant, mais non moins puissante était la force extraordinaire de leurs opposants du manoir qui jouaient avec une magie terriblement dangereuse.
Un sortilège qui visait à l'origine Tobias détruisit une colonne entière, projetant des blocs de pierre dans toute la salle. Il répondit par l'invocation de milliers de piques acérées en bois qu'il envoya sur l'un des Intendants, visant l'une des gemmes dans une main. Ce dernier déploya un charme protecteur pour les faire partir en fumée mais l'une d'elles passa à travers et se planta dans l'artéfact. L'explosion qui en découla fit également éclater les autres gemmes détenues dans les mains de l'homme. Projeté contre un des piliers, il aurait dû se briser, au minimum, la colonne vertébrale, mais sa chute fût amoindrie par un contre-sort, dont le demi-élémentaire ignorait la provenance.
Bob et Morgas combattaient de concert, mêlant leurs pouvoirs respectifs dans une coordination parfaite. Chaque camp s'échinait à déstabiliser l'autre, sans succès pour le moment, les protections magiques remplissant leur office. Il fallait tenter autre chose. Le mage invoqua des boules de feu en pagaille qu'il dissémina dans les airs, en apesanteur, tout autour des Intendants, tout en en visant un de temps en temps pour les occuper, tandis que le second déploya sa propre matière noire un peu partout sur le sol, prête à être utilisée dès que Bob enverrait le signal.
En réponse, les ennemis s'acharnèrent sur le mage. L'un d'eux tenta de trouver une faille dans le bouclier en détruisant le sol au pied de la protection, sans doute afin de créer une irrégularité magique, tandis qu'un autre envoya des éclairs terribles en continu sur le Demi-Diable, le poussant à esquiver au mieux ces attaques. Si le bouclier disparaissait trop rapidement, il n'aurait aucune chance de survivre.
Enfin, Bob se sentit prêt. Au milieu des cris de chacun, la rage difficilement maitrisée, il émit le signal attendu par son compagnon, qui prit forme en deux temps. D'abord, un souffle de feu des enfers visant l'Intendant du milieu puis une fumée âpre qui recouvrit toute la surface occupée par les trois adversaires. Ces derniers durent mettre leurs pouvoirs en commun pour créer un bouclier suffisamment puissant pour stopper l'attaque. Profitant de cette courte période réduite durant laquelle les Intendants ne pourraient pas se défendre, le Demi-Diable et le demi-élémentaire se préparèrent à déchaîner leur magie déjà générée. Ils étaient sur le point de le faire lorsqu'un hurlement de souffrance prolongé, qu'ils attribuèrent immédiatement à Tobias, les troubla pendant de précieuses secondes, inquiets de ce qui arrivait à leur compagnon. Bob savait néanmoins que c'en était fini pour lui, sans même devoir regarder la scène.
Il leva les bras, reprit le contrôle de toutes les boules enflammées, et les abattit d'un seul geste sur toute la zone, tandis que Morgas propulsa sa matière noire de l'Obscurité sur les corps de ses ennemis. Mais la surprise causée par la souffrance de Tobias leur avait été fatale. Des remparts agissaient déjà, rendant inefficaces les sortilèges complexes réalisés par les deux hommes.
Bob entendit la voix, désormais enragée, d'Allister s'adresser à lui :
- Combien de morts avant que tu ne reviennes à la raison ?! Tout le monde va y passer si tu ne te transformes pas !
Le mage, tout en évitant un nouveau sort lancé contre lui, regarda successivement le demi-élémentaire de l'Air puis celui de l'Obscurité.
- Je suis désolé, Morgas, mais je ne veux pas, même si nous devons tous en mourir, fit Bob à son compagnon.
- Je ne vis que pour mourir et rejoindre la nuit. Ton choix t'appartient, je le suivrai quel qu'il soit !
Le sourire sur son visage conforta le Demi-Diable dans sa décision. Il se tourna alors vers les trois Intendants et invoqua à nouveau les flammes de l'Enfer.
Grunlek reprit connaissance quelques dizaines de secondes après le choc. La tête toujours douloureuse, il était toutefois moins touché que prévu, grâce à la gemme constituée sur son corps. Levant les yeux, il aperçut la chose qui semblait l'avoir soulevé de terre d'un simple coup de poing. Il vérifia rapidement qu'il n'avait rien de cassé et se releva, rassuré.
La créature qui lui faisait face était certainement ce qu'il avait vu de plus horrible et terrifiant dans toute sa vie. Son esprit fabriqua même une image, plutôt amusante, du visage de Théo déformé par la colère, sans doute dirigée contre Bob, pour lui signifier qu'il était plus avenant encore que la gueule du monstre devant lui. Il attribua cette pensée peu en phase avec la situation critique du moment à la perte de conscience récente.
Le monstre mesurait au moins deux fois sa taille, voire un peu plus. Et le nain n'osait pas imaginer son poids. De toute évidence, vu la posture qu'il avait adoptée devant la porte de sortie, il n'avait pas l'intention de le laisser partir.
- Stupide créature hideuse… Pourquoi rien n'est-il jamais simple ? Se questionna-t-il personnellement. Je vais devoir te terrasser, des gens m'attendent.
- Non, vous n'irez nulle part, petit homme, répondit la chose, très gravement, la voix déformée par une haine naturelle.
Surpris et même choqué par la capacité du monstre de s'exprimer, le nain sentit le découragement poindre. Que pouvait-il faire contre une telle force qui semblait être plus intelligente que prévue ?
- Vous le ferez, de gré ou de force.
Au moins, il n'avait pas tremblé en prononçant ces mots, bien qu'il n'y crût pas du tout. Il s'avança à hauteur du Codex, le regarda et décida qu'il s'en occuperait un peu plus tard. Tournant à nouveau la tête en direction de la gueule du monstre, il y vit un rictus d'amusement, si cela lui était possible.
Grunlek se mit en position de combat et balança un formidable coup de poing sur le genou de son adversaire. Ce dernier esquiva et, de son autre jambe, percuta violemment le flanc du nain, qui vola à nouveau. Mais cette fois, il parvint à se réceptionner et repartit à l'attaque. Utilisant la force de son arme métallique, il frappa contre le sol et provoqua un mini-séisme. Déstabilisé, la créature perdit légèrement l'équilibre ce qui offrit une ouverture au nain. Il enfonça son poing dans la rotule gauche qui craqua sous l'impact. Le monstre poussa un cri de douleur et s'écarta rapidement. Mais son rictus était toujours présent.
- Le petit homme se bat bien et est intelligent. Mais il ne sortira quand même pas d'ici. Dis adieu à la vie, jeune mortel.
Deux nouveaux bras se détachèrent de son dos et vinrent s'ajouter aux deux déjà en place, tandis que ses griffes s'allongèrent et que les muscles de son être grossirent à vue d'œil. Déjà trop puissante pour le nain, la créature avait poussé bien plus loin son avantage.
Il arma néanmoins son bras, et tenta de saisir au fond de lui les étincelles magiques de la gemme, sans succès. Tout ce mal donné pour finir comme ça, c'en était déprimant. Il se jeta sur la créature en esquivant un coup de griffe mais ne put éviter le second qui lui déchira la chair au de son épaule gauche. En sang, il tenta une nouvelle approche mais la créature l'immobilisa avec ses deux bras inférieurs, et rabattit les deux supérieurs sur le haut du corps du nain, qui manqua de se briser intégralement. Le monstre jeta plus loin le corps détruit d'un coup de pied, satisfait.
Grunlek ne bougeait plus, et respirait difficilement. Un de ses poumons avait été perforé tandis que sa colonne vertébrale était en miette. En souffrance et s'étouffant avec le vomi qu'il n'arrivait pas à éjecter, le nain comprit que la fin était proche. Il pleurait, non de douleur mais de chagrin car les derniers mois de sa vie avaient été chaotiques.
Dans un dernier sursaut dont il ne se crût pas capable, il implora la créature de répondre à sa question :
- Pour…pourquoi ? Tes…tes maîtres sont fous et veulent la destruction du monde. Pourquoi tout ça..?
Il s'étrangla presque en prononçant ses derniers mots, et sa tête lâcha prise. Toujours conscient, le nain n'avait toutefois plus la force de bouger la moindre parcelle de son corps.
- Pauvre humain, commença de répondre la voix grave. Je me fiche de ton monde. J'ai été invoqué par les Intendants, ils sont mes maîtres jusqu'à ma libération. Rien d'autre ne m'est important…
"Vous pensez être les attaquants dans ce conflit, ceux qui partent à l'assaut d'une citadelle imprenable au nom d'idéaux que vous ne comprenez même pas. Mais vous êtes aveugles, vous autres habitants de cette terre. En réalité, vous n'avez fait que suivre le plan de mon maître. Et très bientôt, il accomplira l'acte final qui consacrera son génie et sa domination sur votre peuple".
- De…de quoi parlez-vous ? Parvint à souffler dans la poussière Grunlek. Il a déjà le Codex…
- Le Codex n'est qu'un intermédiaire, fît le monstre, moqueur devant l'incrédulité du nain. Mon maître a trouvé le moyen de vous forcer à venir à lui, et vous êtes venus, bien docilement. Vous n'avez rien vu du piège ni même soupçonné et il en est fier. Bientôt, il possèdera l'âme et la force vitale d'un Démon, et alors, rien ne l'arrêtera plus jamais, pas même vos Dieux pathétiques.
Quand l'esprit de Grunlek s'imprégna, inconsciemment, alors qu'il était sur le point de mourir, des mots prononcés par la créature, un processus mental s'enclencha. Toutes les étapes de ces dernières semaines furent réinterprétées grâce aux nouvelles données entendues. Petit à petit, l'activité cérébrale reprit son cours, et la conscience du nain refit surface.
Ils avaient été piégés, dès le départ, dans le but de capturer la part démoniaque de Bob. Quelqu'un les avait trompés. Mais qui ? Et comment ? Finalement, Grunlek décida de laisser de côté ces questions car une information était plus importante encore. Bob était en danger de mort, physique mais aussi et surtout spirituelle. La pire chose qui soit. Et cela, il devait tout faire pour l'éviter. La fureur l'envahit, terrible et plus importante que jamais, à l'idée de ce que son ami allait subir à cause de nouvelles erreurs.
Alors, enfin, les lignes tracées par les fragments de gemme noire s'activèrent, formant un réseau filaire sur tout son corps. La magie coula partout en lui, ressoudant ses os et réparant tous les dommages occasionnés par les attaques du monstre.
Puis, comme porté par cette guérison miraculeuse et par la rage qui l'animait désormais, Grunlek rugit, bandant ses muscles alors qu'il était toujours à terre. Il sentit sa position se modifier, sa force augmenter et son corps se durcir. Il posa ses deux poings sur le sol pour se relever et fit face à nouveau à la créature. Il prit de grandes inspirations, pour vérifier que tout fonctionnait à nouveau correctement, et dit, d'une voix alourdie par l'expérience de la presque-mort :
- Tu as laissé passer ta chance, monstre. Désormais, à moi de te montrer tout ce qu'un nain transformé peut faire… Ensuite, je marcherai sur ton cadavre et je rejoindrai mon ami afin de terrasser ton maître. Mais ne t'inquiète pas, il t'accompagnera dans le néant…
Les yeux plein d'étincelles, il fixa la créature, le visage fermé. Cette dernière ne riait plus…
Les combats avaient repris de plus belle, mais l'avantage était désormais du côté des Intendants. Alors que Kaherlov observait d'un air distrait les affrontements, ses quatre acolytes restés proches de lui s'étaient légèrement écartés, comme s'ils préparaient quelque chose.
Morgas et Allister étaient acculés et ne parvenaient plus à envoyer de sorts offensifs. Bob, quant à lui, était fatigué et sentait ses forces l'abandonner petit à petit. Mais il tenait bon et avait réussi à blesser un intendant assez durement, un moment qui lui avait donné un peu de baume au cœur même si la fin était proche, à moins d'un miracle.
Soudain, une porte s'ouvrit sur le côté, et Bob le vit, entrant dans la grande salle. Théo, paré de tout son attirail de la Lumière, s'avança sans un regard pour les Intendants. Il ne cessait de fixer le Demi-Diable, mais ce dernier ne s'en alerta pas.
Morgas, voyant également la scène, se murmura à lui-même, désemparé :
- Cela ne se peut… Comment a-t-il pu repasser à la Lu…
Un sortilège le toucha au ventre et le fit s'effondrer, les entrailles menaçant de s'échapper. Hoquetant de douleurs, il observa la suite en se demandant ce qu'il avait pu se passer avec les hommes de l'Eglise.
Bob aussi s'étonna de voir son ami briller de mille feux dans ses habits de la Lumière, mais n'y trouva pas source d'inquiétude. Désormais proche de Théo, il allait lui dire qu'ils avaient terriblement besoin de lui lorsque l'ex-paladin engagea son épée pour lui embrocher le cœur. Le Demi-Diable, trop surpris, n'eut aucune réaction pour empêcher cela. C'est alors qu'un projective vint se ficher dans le cœur du guerrier, stoppant son attaque mortelle.
Shin avait foncé dans la ville, sans s'arrêter, en direction du manoir, car c'est là que le cheval qu'il montait avait décidé de le mener. Devant l'édifice, il avait utilisé son sort de double-saut pour atteindre le premier étage et ainsi éviter les éventuels gardes et sorciers qu'il aurait pu trouver. Suivant la direction des explosions qui retentissaient toutes les cinq secondes, il avait facilement trouvé le lieu des affrontements et était arrivé juste à temps pour voir ce qu'il avait toujours redouté. Théo, son ancien ami, allait tuer un vrai ami qui lui était resté fidèle, lui. Alors il n'avait pas hésité, honorant le serment qu'il avait pris à l'encontre d'Enoch et de l'ex-paladin. Il avait créé une flèche de glace et, malgré son bras encore endolori, il avait réussi à viser juste avec son arc, même s'il aurait voulu ne toucher que le bras.
Laissant de côté ses sentiments, il invoqua une nouvelle flèche de glace, prêt à guerroyer.
Bob était à terre. Il semblait avoir tout vécu en moins de dix secondes. La trahison d'un ami, la mort de ce même ami, tué par, s'il ne se trompait pas, un autre ami. C'en était trop pour son esprit qui ne pouvait plus contenir la colère et la fureur en son for intérieur. Les mains sur le sol, il ne tenta même pas de se calmer, conscient qu'il n'y arriverait pas. Il relâcha même son emprise sur le Démon, qui s'échappa alors.
Le mage hurla tandis que la transformation de son corps se fit plus rapidement qu'à l'accoutumée. Des cornes lui poussèrent sur le haut du crâne, ses épaules s'écartèrent et son corps gagna plusieurs centimètres. Autour de lui, il semblait ne voir que l'Enfer. Alors, pour la première fois depuis le cataclysme dévastateur, le Démon s'exprima :
- Vous allez payer, chiens que vous êtes, et vous souffrirez mille morts dans le royaume des parjures !
Il leva sa main…et s'immobilisa. Kaherlov s'était enfin levé, le visage marqué par l'excitation et les deux mains tournées vers lui. Avec les Intendants à côté de lui, ils avaient lancé un sort conjoint pour bloquer le Démon.
Ce dernier ne pouvait plus bouger et sentit quelque chose en lui, peut-être sa force, le quitter. Il remarqua alors quelque chose d'étrange. Une partie du pouvoir le bloquant provenait d'un autre endroit, sur sa droite…là où se trouvait Allister.
Pour te répondre donc, luna, j'ai écrit un script d'une dizaine de pages durant une matinée il y a environs 20 jours. Ca a constitué la ligne directrice de toute l'histoire, les lieux utilisés, etc., mais la plupart des idées me sont ensuite venues en écrivant ou en y réfléchissant simplement entre les chapitres écrits (j'ai encore eu une idée importante la nuit dernière concernant la fin, que je vais utiliser). Par exemple, j'ai décidé d'incorporer les soldats de l'Obscurité environ 2 heures avant l'écriture du chapitre où ils sont apparus, car cela restait logique, cohérent et ça apportait réellement quelque chose à l'histoire (ça change d'ailleurs à peu près tout ^^), alors que je n'y avais jamais pensé auparavant.
Parfois, lorsque j'écris un paragraphe, je suis porté par mon instinct et je décris une action ou une situation qui entre légèrement en contradiction avec le plan de départ. Le plus souvent, lorsque cela reste logique et cohérent (toujours vérifier au maximum cela), je garde le paragraphe et je change le plan, car l'imagination est bien plus digne de confiance lorsqu'on la sollicite en pleine activité (lors de la phase d'écriture) que lorsqu'elle est au repos (phase de pas d'écriture ^^). En tout cas, chez moi. Du coup, on peut dire que j'improvise beaucoup une fois que le cadre global est défini.
Bon, et merci pour le terme "génie" employé, mais Tolkien, et Leonard de Vinci en sont. Moi, j'suis un truffion, rien de plus ;)
