Ahlala, que je suis désolé de toute cette longue et insupportable attente. Mais que voulez-vous, le privé est ce qu'il est, avec ses hauts et ses bas, imprévus la plupart du temps. Néanmoins, ce n'est pas le sujet ici !
Après trois réécritures complètes, je reviens avec la première partie du dernier chapitre (oui, je sais, je suis vilain, mais sinon, ça aurait fait un chapitre 2-3 fois plus long que le plus long de mes chapitres jusqu'alors, et je tiens à garder une certaine ligne de conduite).
La suite arrivera lundi ou mardi, elle est déjà écrite au brouillon, mais moi pas être là ce week-end donc moi pas pouvoir rédiger sur pc.
Pour les réponses aux reviews, c'est en fin de chapitre.
Encore désolé pour l'attente et pour ce chapitre qui n'est pas la fin ! J'espère que vous apprécierez, malgré la difficulté que j'ai eue à écrire.
Chapitre 16
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Une illusion parfaite
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Partie 1/2
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Bob enleva sa main du torse du maître la guilde et sentit progressivement la colère quitter les pores de son être. Tout n'était plus que chaos autour de lui, mais au moins, il avait mis fin à la guerre, se dit-il. Pour le Démon toutefois, il n'y aurait ni célébration, ni cri de victoire.
Il se releva et courut vers le nain, toujours à terre, tout comme l'ex-paladin quelques mètres à sa droite. La main tremblante, il tâta le pouls de son ami et soupira. Grunlek était vivant et probablement rendu inconscient par la magie qu'il avait utilisée.
Pour Théo en revanche, Bob craignait le pire. Même lorsqu'il était lui-même dans la passerelle entre la vie et la mort, il avait entendu les affreux craquements des os brisés et détruits. Personne ne pouvait survivre à cela.
Le Démon se dirigea vers le corps de son ami, qu'il sentait abandonné et vidé. Il l'observa et comprit rapidement que ce qu'il avait en face de lui n'avait pas résisté au déferlement de haine magique de Kaherlov, comme il l'avait prévu. Le visage écrasé, laissant couler de longs filets de sang, l'aurait fait s'étouffer s'il avait été vivant. Il semblait au mage qu'une enclume géante avait écrasé tout le corps de Théo d'un coup sec.
Bob s'effondra sur son ami, serrant les poings de rage et empêchant avec peine ses larmes de s'écouler. Il était un Démon désormais et ce titre l'obligeait à une dignité nouvelle, même s'il aurait voulu s'en soustraire à ce moment précis.
Soudain, alors que sa main droite reposait près du cœur de Théo, il ressentit des petites vibrations, presque imperceptibles, à l'intérieur du corps. D'abord incertain, il les perçut plus nettement lorsqu'il plaqua ses deux paumes sur son ami. De toute évidence, quelque chose était à l'œuvre pour tenter de sauver l'ex-paladin, ou en tout cas de retarder l'échéance fatale. Malheureusement, elle semblait ne pas atteindre son but car il était sur le point de mourir.
Alors, pris d'une impulsion mystérieuse qu'il ne comprenait pas, Bob, dans un état second, posa plus nettement sa main sur la poitrine de son ami. Puisant au plus profond de son être la moindre étincelle restante de son pouvoir, il invoqua des charmes inconnus qui enroulèrent le corps détruit pendant quelques secondes. L'air crépitait autour du sort à l'œuvre pour sauver l'humain le plus cher à son cœur. Il déversa toute son énergie, toute sa force et tout son amour dans cette tentative désespérée. Sentant que cela ne suffisait pas, il prit la tête de son ami de sa main gauche, comme si cela pouvait accroître la puissance de son sort. Il voyait clairement les filaments de magie s'insérer dans le corps de Théo pour le réparer. Fou d'espoir, il imaginait déjà le retour de son ami, sauvé par ses nouveaux pouvoirs magistraux.
Finalement, le halo magique disparut progressivement, offrant un visuel de la réparation du corps de Théo. Son visage ressemblait à celui d'un être humain et ses os semblaient avoir repris une certaine consistance tandis que tous les saignements avaient cessé. Mais c'étaient là les seules améliorations qu'il put observer, car son ami n'avait pas repris de couleur avantageuse. Pire encore, alors qu'il tentait de percevoir les vibrations, Bob remarqua qu'elles avaient presque disparues…comme si elles avaient été détruites par sa propre magie.
C'en fût trop pour le Démon qui hurla son chagrin et son désespoir. Il abandonna la fierté démonique pour perdre le contrôle dans ses émotions humaines, couché sur le torse de son ami mourant.
Grunlek, comme secoué par cette désolation et cette manifestation de douleur, reprit conscience et releva son dos afin d'apercevoir la scène. Il comprit immédiatement le sort de l'ex-paladin, qu'ils n'avaient pas réussi à sauver. Malgré son mal de crâne affreux, il interpella le Démon, d'une faible voix qui cachait bien mal sa tristesse et ses sanglots :
- Bob ? C'est toi ? Dis-moi que ce n'est pas ce que je crois, par pitié…
Ce dernier releva légèrement la tête pour répondre, quelques secondes plus tard.
- On a failli... Tout ce qu'on a tenté, on l'a foiré ! J'ai essayé de le sauver, je te le jure, mais je ne sais pas comment utiliser ma nouvelle puissance ! Et j'ai…
- Bob ! Ne te blâme pas, j'ai vu ce qui l'a frappé, personne ne pouvait rien pour lui… S'il te plait, il n'aurait jamais voulu que tu prennes toute la responsabilité de sa…mort… (Il eut du mal à prononcer ce dernier mot, comme s'il tentait de réfuter cette idée qu'il croyait encore absurde).
Le Démon tourna son regard vers le nain pour lui adresser ses derniers mots :
- Tu n'imagines pas les pouvoirs des Démons, j'aurais pu le faire… Si mon père avait été là, il m'aurait montré ! (Il regarda de nouveau le visage de Théo) Et tu serais vivant…
Grunlek, connaissant la vérité à propos du père de Bob, ne répondit pas immédiatement. Mais intérieurement, il était déchiré.
Enoch marchait calmement dans la ruelle sombre, sans montrer un quelconque signe de panique. Le manoir une bonne centaine de mètres derrière lui, il tâchait de n'éveiller aucun soupçon malgré l'enjeu de la situation. Un gros livre sous le bras, récupéré près du corps d'une immense créature vaincue dans l'antre des Intendants, il s'éloignait progressivement de toute activité humaine.
Son plan n'était pas terminé et il ignorait pourtant tout de ce qu'il s'était passé entre Kaherlov et ses propres alliés. Avaient-ils renversé le maître ? Il l'espérait, sinon tout aurait été fait en vain. Et cela, pour un Démon, n'avait pas le droit d'exister.
Un éclair de lumière jaillit soudain de l'arrière et le toucha sur une large surface du dos. Dans un cri de souffrance, il s'effondra et lâcha l'ouvrage. Un homme arriva alors et marcha dans sa direction. Il se saisit du Codex et s'écarta, avant de lâcher :
- Tu as fait un travail remarquable, Démon. Mon maître est impressionné et il te remercie chaleureusement. (Tâtant légèrement la couverture du livre, il s'exclama : ) Quelle puissance ! Je peux la sentir, si forte et si terrible !
Enoch se mit difficilement à genoux, grognant sous l'effort, et répondit :
- Je me doutais bien que la Lumière était plus fourbe encore que l'Enfer. Attendre que les autres se salissent les mains pour agir, c'est pathétique…
Il regarda droit dans les yeux son opposant et vit l'homme, quelques mètres plus loin, l'air trop sûr de lui sur son visage. Il connaissait son identité mais n'en dit rien.
- C'est toi qui, par tes actions, a permis notre intervention légitime ! S'exclama Sylver, le demi-élémentaire de la Lumière. Tu voulais voler le Codex et l'utiliser, alors nous avions tout le loisir de te le prendre ensuite. Une action juste si tu veux mon avis. Malgré tout, tu t'es montré plus intelligent que les Intendants, et tu nous as même volé un disciple. Mon maître se demande d'ailleurs comment tu as fait.
- Il suffit d'apporter la clarté dans le cœur de chacun et alors, la personne se rend bien compte que la Lumière n'est que mensonge et perversité.
Sylver ricana de cette saillie, et d'un geste nonchalant, fit mine de repousser physiquement l'argument.
- Des paroles vaines de quelqu'un qui se sait vaincu.
- Dis-moi, homme de Lumière, ton maître savait-il que j'allais réussir ? Etait-ce votre plan ? Me faire confiance, malgré toutes les chances en ma défaveur ?
- Un Démon, même privé de ses pouvoirs, reste plus puissant que le plus fort des mortels, ne te mésestime pas, voyons. Cela dit, face à la Lumière, tu n'es évidemment rien !
" A présent, je vais te tuer, mauvaise engeance de l'Enfer."
C'était le signal. Tout son plan final devait aboutir à ce moment précis, celui où la Lumière marcherait sur les contours flous de ses propres règles. Et Enoch avait prévu la parade. Du moins, il l'espérait.
- Allons, cher demi-élémentaire, tu n'espère tout de même pas pouvoir me vaincre, n'est-ce pas ? As-tu oublié qui je suis ? Un Démon des Enfers, plus puissant que ton faible maître. Tu ne vaux rien, et je t'écraserais comme une mouche si je le voulais.
- C'est ce qu'on va voir !
Sylver accompagna sa dernière réplique d'un trait lumineux envoyé par son bras tendu sur le père de Bob. Mais l'illumination se dissipa dans une ombre qui venait juste d'être créée devant sa cible. Nathan apparut alors à côté d'Enoch.
Le demi-élémentaire de la Lumière, guère impressionné, nota l'arrivée de l'intrus d'une moue désinvolte.
- Tiens tiens, une nouvelle tête. Mon maître se doutait qu'une classe avait trahi, et que ce soit l'Obscurité, traîtresse de naissance, n'est pas surprenant. C'est l'une des seules capables de cacher ses traces et de se rendre invisible à la Lumière. Soyez certains que vous le paierez, termina-t-il avec un sourire mauvais.
- Rends-lui le Codex, demi-élémentaire, tu ne le mérites pas. Ne déclenche pas un conflit que tu regretteras, répondit calmement le soldat de l'Obscurité.
- Tu ne sais pas de quoi tu parles, renégat.
Une puissante lumière éblouit alors toute la zone, et une dizaine de demi-élémentaires apparut près de Sylver, amusé par le déséquilibre de la situation.
- Comme je le disais, tu ignores tout de nos forces. Nous avions prévu cette éventualité.
"Maintenant, nous allons vous tuer, et toute ta puissance sera insuffisante, Démon".
Enoch se releva complètement et soutint son regard durant plus secondes. Puis il relâcha ses muscles afin de paraître décontracté.
- La Lumière se pense si pure et si parfaite… Comme tu l'as justement fait remarquer, je suis assez futé pour reconnaître les évidences. Vous êtes plus forts, c'est incontestable, on ne m'a pas entraîné à résister à tant de puissance magique. Alors je ne me défendrai pas.
- Moi non plus, poursuivit Nathan. Vous pouvez nous tuer librement et tranquillement, je ne ferai rien pour me protéger.
Ils écartèrent tous les deux les bras, comme pour s'offrir à la mort. Sylver, déstabilisé par cette attitude imprévue, s'écria :
- C'est ça que vous voulez ? Mourir sans combattre, comme des lâches ?
Il cracha par terre et continua de regarder les deux hommes, l'air ahuri. Enoch sourit et observa son visage où se lisaient incompréhension et incertitude. L'homme de la Lumière n'avait certainement pas été préparé à ce genre de réaction.
- En vérité, nous n'allons pas mourir et je pense que tu viens de le comprendre. A moins de vouloir déclarer la guerre aux Démons et à l'Obscurité, ainsi que de briser le sceau décisionnaire de votre propre conseil, vous ne ferez rien.
- Vous avez trahi tous les deux vos serments, affirma le demi-élémentaire, les dents serrés par la colère.
- Dans ce cas, tuez-nous, allez ! S'exclama le Démon.
Sylver et ses amis commencèrent de préparer à lancer leurs pouvoirs sur les deux hommes. Ils invoquèrent toute leur magie disponible, afin de terrasser leurs ennemis sans leur laisser la moindre chance et…ne firent rien devant l'immobilisme d'Enoch et son ami.
Ces derniers souriaient maigrement, sentant que leur destin ne tenait qu'à un fil. Ils ne dirent rien car toute intervention aurait pu mettre à mal ce qu'ils tentaient de faire. Finalement, Sylver rompit le silence gênant de leur non-intervention :
- Fumier de Démon… Tu ne fais que retarder l'échéance. Mais, ce soir, tu as perdu de toute façon, tu n'as récolté que la mort et le déshonneur… Je te retrouverai un jour ou l'autre et j'aurai ta tête, j'en fais le serment.
Ils disparurent tous, en ayant pris soin d'emporter le Codex, objet ultime de cette quête, et laissèrent les deux hommes à leur solitude.
Nathan attendit quelques secondes pour soupirer de soulagement :
- J'ai bien cru que votre plan ne fonctionnerait pas…
- Moi je trouve qu'il n'a pas parfaitement fonctionné. (Il se massa le dos au maximum en se contorsionnant) Je n'avais pas prévu cette attaque.
Il posa un regard lourd de reproches sur Nathan, qui feignit à son tour l'indignation :
- Je vous signale que c'est vous qui m'avez assuré que le timing serait parfait. De toute évidence, vous vous êtes trompés…
Ils sourirent tous les deux brièvement de cet échange, mais reprirent rapidement leur sérieux.
- Alors, le Codex ? Demanda Enoch.
- Sur ce point, en revanche, votre théorie était juste.
Enoch souffla, légèrement apaisé par cette bonne nouvelle.
- Je crois n'avoir jamais autant douté de la réussite d'une mission montée par mes soins... Mais je suis heureux de cette finalité. Le manoir est-il tombé ?
Nathan ferma les yeux quelques secondes afin de se concentrer, puis il répondit :
- Oui, la guilde est vaincue. Kaherlov n'a pas survécu, je ne sens plus aucune trace de son existence. Je sens également les forces vitales de votre fils, de mon nouveau frère, et d'un nain, sans doute celui que vous avez utilisé. Mon frère est mourant, il ne survivra pas longtemps dans ces conditions.
- Et le demi-élémentaire de l'eau ?
- Non, rien du tout… Je suis désolé, j'ai aussi perdu beaucoup d'amis là-bas.
Le père de Bob se sentait coupable pour la mort de Shin, car il l'avait également utilisé dans son plan. Qui sait quel aurait été son destin si Enoch n'était pas intervenu pour modifier les lignes du temps ?
- Je te promets que l'Obscurité aura un jour sa vengeance. Mais pas encore. Pour l'instant, notre mission est de cacher le Codex.
- Retournons vite au manoir dans ce cas. J'ai également un frère à sauver et il me semble que vous devez pas mal d'explications à vos amis.
- Oui, ils méritent d'être mis au courant, allons-y.
Ils firent demi-tour et se dirigèrent vers l'endroit où venait d'avoir lieu la plus terrible bataille magique du Cratère depuis plus de cent cinquante ans.
Sauwk : Bravo pour avoir trouvé la référence ;). Pour la fin du maître, j'espère que l'explication dans le dernier chapitre te conviendra. Sinon, d'avance, je suis désolé que cela ne t'ait pas plu.
Luna et Kalynea : Merci pour vos réactions, z'êtes gentilles !
NightmareDragon : Merci à toi, et j'espère que tu es content de la réaction de Théo x)
Alkeim : Merci d'avoir souligné la cohérence, ça me fait plaisir. J'espère qu'il en ira de même pour ce chapitre et le dernier, car tout repose sur les explications données dans ces deux parties (surtout la 2/2)
ps : couvert* de cookies et non couverte ^^
