Disclaimer : Tout appartient à JKR, rien n'est à moi…

Note&co : Hem... Heu, toujours présente mais parfois j'oublie que j'ai des fics en cours... Désolée pour le retard et bonne lecture!


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Mon Caprice
Chapitre 2
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Tu es face à moi et pour la première fois, je doute.

Mon caprice ne m'a-t-il pas amené trop loin ?
On dit qu'il faut se méfier de ses souhaits…

J'ai parlé. J'ai raconté et pendant ces longues minutes de monologue, tu n'as rien dit.

Tu es venu jusqu'à moi. Je devrais jubiler mais voilà que les questions assaillent mon esprit. Je les chasse et cherche à capter à travers tes yeux une lueur. Quelle qu'elle soit.

Pour que mon caprice soit, il faut que tu connaisses les lois et les enjeux.
Les règles de notre petit jeu qui, jusque là, t'échappaient ; je te les livre. Elles sont complexes.

Si tu les acceptes, tu ne pourras plus faire marche arrière. Tu en es conscient. Tu m'observes et je vois que tu n'es pas décidé.
Ton visage est de marbre. J'ignore depuis quand tu as appris à masquer tes émotions et cela me trouble un court instant. Toi qui es normalement si expressif… toi.

Où es-tu passé ?

Les questions reviennent et de nouveau, je les repousse. Je ne dois pas douter. Jamais.

Mais mon regard vacille devant ton manque de réaction. Je prends conscience de ce que je te demande.

Beaucoup, sûrement. Trop, probablement.

Je repense à ta chute sur le terrain de Quidditch.
Je viens de réaliser que tu ne t'es pas laissé tomber sans raison. Tu savais que j'étais là.
Ou plutôt tu savais que tu ne t'écraserais pas sur le sol. Je ne sais comment mais tu as senti ce jour là que tu pouvais t'élancer sans danger. Parce qu'il y en avait un plus grand… Moi ?

Je me trompais. Je me trompe depuis longtemps. Mon comportement ne t'a pas surpris.

Ou peut être un fois.

Je me suis laissé aveugler par le Gryffondor qui est en toi. Ne m'as-tu pas raconté lors d'un de tes monologues que le Choixpeau avait hésité entre les deux blasons ?

Serpentard t'aurait parfaitement convenu… Dommage.

Je m'imagine un instant un univers parallèle où le Choixpeau t'aurait placé dans ma Maison.

D'abord le conflit puis la tolérance tacite et enfin peut être l'entente.

Toi qui viendrait du monde Moldu complètement ignorant de la sphère Sorcière, avide d'apprendre, de découvrir et de questionner.
Moi, Sang pur et déjà blasé.

Je ne pense pas qu'appartenir aux Serpentards aurait changé quoi que ce soit en toi.
Tu aurais enfreint les règlements de la même manière, désobéi pareillement. Simplement, possédant la ruse des Serpents, tu ne te serais jamais fait prendre.

Tu serais devenu très ami avec Théo et Blaise. Ils te ressemblent par certains côtés. Surtout Théo, même envie de braver les interdits, même conflit avec l'autorité.

Ils sont simplement plus rationnels et surtout plus discrets.

Je n'aurais pas fait partie de vos explorations et autres aventures. Ce n'est pas dans mon caractère que d'être sur le terrain. Mais j'aurais participé aux 'plans sur papier' et aux stratégies.

Tu aurais été le catalyseur réveillant la vieille et noble Maison qui est celle de l'Antre des Serpents. Tu aurais appris à mépriser les faiblesses des autres Blasons et à n'avoir confiance qu'en toi-même.

Respecter l'Intelligence mais seulement quand elle sert à tes desseins. Voir la Patience comme un moyen de parvenir à tes fins et enfin considérer le Courage mais dédaigner l'Héroïsme.

Serpentard t'aurait permis d'atteindre les sommets.

Je ne dis pas que Gryffondor est un frein à tes capacités. Pas le même genre d'exploits…

La Maison Vert et Argent aurait fait un bien meilleur foyer. Bien sûr, je suis partial. Mais j'en reste persuadé.

Je me demande vraiment quelle aurait été ton attitude vis-à-vis des deux parasites.
Rien que pour assister à cela, j'aimerais posséder un Retourner de Temps. Ce serait jouissif de te voir les conspuer et les traiter comme ils le méritent : des sous fifres.

Je ne les aime pas. Les bons sentiments qu'ils colportent m'insupportent.

L'art de la Magie Noire n'aurait eu aucun secret pour toi et tu t'en serais allègrement servi pour les humiliations quotidiennes des autres Maisons. Tu aurais perçu les choses d'une autre manière. De mon côté, tout est plus sombre.

Mais c'est dans l'obscurité que l'on repère les étoiles.

Tu aurais découvert une face où le gris est majoritaire, où les nuances sont légions. Et il ne faut pas croire ce que l'on dit, le gris n'est pas fade. C'est une magnifique couleur si elle est correctement mise en valeur.

Les intermédiaires construisent notre univers et nier leur existence équivaut à laisser s'écrouler tout un système.

Mais je n'entrerais pas dans les détails. Ce serait fastidieux et inutile.

Serpentard n'est vue que comme 'l'antichambre' de la Magie Noire mais les détracteurs n'en distinguent que la surface.

Le côté sombre de la magie n'est pas une fin en soi, simplement un moyen d'atteindre nos objectifs.
Bien sûr, c'est discutable.

Et il faut des Bêtes noires partout. Nous endossons donc le rôle en nous efforçant de garder la tête haute et de rester fier de ce que l'on est.

Comme si seuls les Rouge et Or étaient courageux… Les Serpentards de première année sont davantage persécutés et ils résistent admirablement.

Mais je m'égare…

Je ne sais comment j'en suis venu à défendre mon Maison mais peu importe. Tu n'y es pas.
Et les Retourneurs de Temps sont introuvables. Mon univers parallèle ne sera jamais. La question est donc réglée.

Tu me fixes toujours.

Je reviens de mon illusion fugitive et ton expression n'a pas changé. C'est dérangeant.

Ai-je cet effet sur les autres quand mon masque de froideur est en place ?

Je ne vois aucune faille dans le tien. Admirable. Je me demande depuis combien de temps tu le portes… Depuis combien de temps je suis aveuglé…

Je croyais contrôler le jeu… Mais cela fait bien longtemps que la donne a changé, tu es celui qui mène. Tu es devenu mon univers et non le contraire comme il était prévu.
J'ai essayé de t'attirer à moi mais ce faisant je me suis brûlé les ailes et j'ai succombé.

Tu ne bouges plus. Ton regard semble sonder mon âme. Je ne suis pas sûr que tu aimeras ce que tu y découvriras. Est-elle trop sombre ?

Je doute. Encore.

Tout près du but.

Je devrais me sentir tout puissant : tu es devant moi. Cela ne veut-il pas dire que j'ai réussi ?
Mon Caprice est enfin réalisé. Mais ai-je le droit pour autant d'en profiter ? En suis-je digne ?

Je veux en être digne. Je le veux tellement que cela en devient douloureux…

La victoire (si c'en est une) ne m'est pas douce.

J'ai le sentiment d'avoir manqué quelque chose. Une règle. Une astuce.
Comme si je n'avais droit qu'à une fin alternative sans les privilèges escomptés.

Parce que tu ne dis rien… Parce que tu es loin…

Ma propre confusion m'affole et je garde tant bien que mal la maîtrise de mes émotions.
Jamais mon masque n'a été mis à si rudes épreuves. C'est presque une torture.

Je ne sais plus comment réagir. Moi qui étais censé détenir les réponses, je suis démuni.
Et tu le sais.

Je devrais te haïr pour avoir su lire en moi. Je n'y arrive pas. Je n'essaye même pas.

Suis- je si transparent à tes yeux ?

Trop de questions.

Je ne peux m'enorgueillir que d'une victoire.

Le baiser.

Le seul geste que tu n'ais pas anticipé. Peut être croyais-tu que je n'oserais pas.

Certes, la témérité n'est pas un attribut répandu chez les Serpentards.
Mais lorsqu' obtenir ce que je veux est une priorité, tous les moyens sont à exploiter. Même si cela signifie que je dois me révéler. Entier. Sans défense.

Il n'est pas dans mes habitudes de faire des concessions. Et cela me coûte. Et me terrifie. Car, sans m'en apercevoir, j'ai laissé les cartes en main. A un joueur plus doué.
Je t'ai sous estimé. J'ai dédaigné le seul facteur instable : ma propre faiblesse.

J'ai cru que ma volonté balayerait tout. Et elle l'a fait.

Au début.

Quand tu doutais encore de moi. Quand tu pensais que mon envie n'était qu'un caprice.
C'en était un. Il a tourné en obsession puis est devenu une évidence.

Tu ne doutes plus.

Mais moi si.

Sauve toi. Sauve toi pendant qu'il est encore temps. Car je ne sais plus.

Mon désarroi semble transparaître sur mon visage car dans tes yeux l'indifférence est remplacée par de l'intérêt et peut être… une certaine curiosité ?

Tu m'étudies. Tu m'observes.

Et soudain, je comprends. Tu voulais que je sois ébranlé, que je me fissure.

Tu t'approches et tu m'embrasses. Baiser aussi possessif que le premier.

Un « pourquoi » tournoie dans mes yeux. Tu refais le même geste.

Mon pouls…

Je n'ai plus peur. Tu es à moi.


Difficile à finir ce chapitre… Draco fait souvent ce qu'il veut dans mes fics et non ce qui est prévu.
Un truc à dire ?