Nouveau chapitre de GBB ! L'action commence véritablement ;)

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The good boy and the beast

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Chapitre 1 : Le peigne.

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Ce matin-là, quand Ben se réveilla, il fut pris d'un étrange malaise. Il n'était pas malade à proprement parlé, c'était juste comme si quelque chose, l'appelait, le tiraillait. Comme une rage de dent dont il n'aurait pas la douleur mais uniquement la démangeaison permanente.

Il se leva de son lit, titillé par cette sensation et son regard tomba aussitôt sur son bureau.

A partir du moment où il vit le peigne, se fut comme si une brume envahissait son esprit.

Hypnotisé par les reflets violets de l'objet il s'en approcha dans un état de transe, l'attrapa d'une main molle et se peigna, le regard vide. Les dents pointues du peigne éraflèrent son cuir chevelu et piquèrent sa peau au point de faire couler quelques gouttes de sang.

Le voile qui recouvrait l'esprit de Ben se leva, remplacé par un brouillard sanglant et une rage incommensurable qui enflait de seconde en seconde.

Le monde à travers ses yeux se teinta de rouge et Ben n'eut soudain plus qu'une chose en tête : mordre, broyer, déchiqueter, tuer...

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Au lycée d'Auradon, la cafétéria résonnait des rires, des cris et des discussions de ses élèves sur fond de tintements de porcelaine et de bruits de couverts.

C'était l'heure du petit déjeuner et tout le monde faisait le plein d'énergie pour pouvoir attaquer au mieux la journée de cours. Les Oubliés mangeaient seuls dans leur coin sur l'une des tables de pique-nique du jardin. L'état de grâce suivant l'épisode du couronnement était passé et leur popularité était redevenue plus qu'aléatoire. Les jolies princesses et les beaux princes semblaient de nouveau les éviter, surement pas peur du mal qui coulait dans leurs veines. Les seuls Auradoniens qui les rejoignaient régulièrement était Doug dont la popularité n'avait jamais été très forte non plus, Rose quand elle venait assommer Jay à coup de poêle à frire, Ben dès qu'il le pouvait, tout simplement parce qu'il était gentil dans l'âme, et Dude qui ne lâchait jamais Carlos.

Cependant, ce matin les Oubliés petit-déjeunaient entre eux, exclusivement, et puisqu'ils n'étaient qu'entre eux, ils en profitaient pour médire allègrement sur les autres élèves de l'école, les précédemment cités exceptés. Ils n'étaient peut-être pas aussi fondamentalement mauvais que ce qu'on avait bien voulu leur faire croire, mais ça ne les empêchait pas d'apprécier pouvoir insulter et calomnier en paix la petite royauté si imbue d'elle-même du pays enchanté.

- Cette Audrey n'est qu'une sale petite garce, grinça Evie qui n'avait pas encore digéré le sale coup de la veille. Je n'avais pas triché !

- Et encore, garce c'est faible je trouve, confirma Mal en posant discrètement une main sur la cuisse de sa petite-amie. Si je n'avais pas peur d'insulter les vipères je l'aurais sans mal comparé à l'une d'elles ! Mais je les trouve bien trop adorables avec leur petite tête triangulaire et leur langue fourchue pour les comparer à Audrey.

- Audrey est une harpie mais il y a pire qu'elle encore, il y a Jane... Non seulement c'est une peste mais en plus comme elle est la fille de la dirlo on peut rien lui chourer sans risquer le renvoi, râla Jay qui lorgnait depuis un moment sur son portable.

- Je n'aime pas non plus Jane, avoua Carlos avec une petite moue boudeuse, ce qui dans son langage voulait dire qu'il la détestait profondément et souhaitait la voir noyée dans de l'acide.

- Normal, confirma Mal avec un reniflement méprisant. Ce n'est qu'une sale petite...

Un rugissement puissant et profondément inquiétant la coupa. Il résonna dans toute l'école, faisant grincer jusqu'aux os des élèves sous les vibrations sonores. Les quatre Oubliés se regardèrent interloqués avant de diriger leur regard vers la source présumée du grondement bestial, l'entrée des jardins. Là se tenait une bête immense et effrayante, mélange abominable entre un lion et un taureau, la bave ruisselant de ses babines et les petits yeux injectés de sang cherchant une proie à dévorer. La créature monstrueuse rugit une nouvelle fois avant de se précipiter, tantôt à deux pattes tantôt à quatre, vers la princesse la plus proche. Des princes entraînés par les cours d'héroïsme et de chevalerie se précipitèrent pour défendre la jeune fille. La bête gronda mais changea aussitôt de cible pour une proie plus simple, surprenant les chevaliers en herbe, lui laissant ainsi le temps de blesser profondément une autre jeune fille à l'aide de ses griffes démesurées.

A ce moment-là, des gardes arrivèrent enfin, sortant de toute part pour attraper et contenir la bête. Cette dernière rugit, glaçant tout le monde d'effroi, avant de se précipiter vers la seule direction possible pour fuir, tournant son regard meurtrier vers les Oubliés.

Mal, Jay et Evie se précipitèrent hors de son chemin alors que la bête chargeait vers eux, ses cornes recourbées prêtes à embrocher le pauvre hère sur sa route. Malheureusement, le pauvre hère en question s'avéra être un Carlos tétanisé de peur. Il vit le monstre s'approcher de lui, sourd aux cris de ses amis, incapable de bouger à cause de la terreur qui l'engourdissait entièrement.

La bête s'approchait de lui à toute vitesse et il n'y eut très vite que la table pour séparer Carlos du monstre. Celui-ci posa ses pattes postérieures sur le meuble avant de rugir à nouveau, longuement et gravement. Des larmes d'horreur se mirent à couler le long des joues de Carlos. Il tremblait de tous ses membres et semblait prêt à s'évanouir.

Pour tout le monde l'issu semblait certaine, le jeune Oublié allait se faire dévorer ou à tout le moins, se faire sérieusement blesser. Carlos lui-même en était persuadé. Il fut donc particulièrement surpris quand le regard bleu de la bête se posa sur lui et parut s'adoucir en le voyant. Sa fourrure se dégonfla légèrement et sa tête cornue se pencha sur le côté. Une des pattes griffus se leva lentement en direction de Carlos. Et puis la bête s'affala soudain, sa tête s'effondrant juste sous le nez du jeune garçon. ce dernier reprit contact avec la réalité et découvrit une multitude de flèches plantées dans le dos du monstre et une dizaine de garde qui se précipitaient vers lui. Il baissa à nouveau les yeux sur la tête de la bête et son regard fut attiré par un éclat violet. Presque invisible, un objet semblable à un peigne était emmêlé dans la fourrure épaisse.

Et puis tout s'accéléra brusquement pour Carlos. Evie se jeta sur lui pour l'étreindre et il fut éloigné avec hâte de du monstre tandis que celui-ci était emmené au loin par les gardes.

- Attendez ! voulut-il crier.

Mais sa voix résonna comme un murmure, ses cordes vocales étant toujours bloquées par la terreur qui l'avait submergée.

- Il a quelque chose dans la fourrure, murmura-t-il difficilement au point que même ses amis ne l'entendirent pas.

Et puis tout devint confus autour de lui quand ses jambes lâchèrent suite au contrecoup de sa peur. Son cerveau décida de fermer boutique et un voile noir recouvrit ses yeux.

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La bête grondait, rugissait, feulait en tournant dans sa cage. Parfois, elle se jetait de tout son poids contre les barreaux, espérant les faire céder. Parfois, elle se contentait de les prendre à pleines mains pour les tordre, les griffer ou encore charger vers eux, cornes en avant. Le métal gémissait et grinçait sous la violence des assauts mais il tenait bon, à la grande rage de la bête.

Ce qui l'énervait encore plus, sans même parler de cette prison, c'était tous ces gens qu'il sentait et voyait autour de sa cage. Des proies qu'il ne pouvait attraper et qui osaient l'observer, dégageant à peine des effluves de peur quand les barreaux se tordaient sous sa force.

La bête sentit une nouvelle vague de colère le traverser et elle rugit et rugit encore, brisant quelques objets en verre sous la puissance de sa voix.

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Carlos et les Oubliés se trouvaient dans l'auditorium de l'école deux jours après l'incident et regardaient, avec tous les autres élèves, l'immense cage qui était posée sur la scène. A l'intérieur, la bête monstrueuse vêtue d'un reste de pantalon en lambeau tournait en rond en grondant sourdement. Sur le devant de la scène se trouvait deux gardes encadrant un annonceur royal ainsi que la directrice de l'école, Marraine la bonne fée.

"- Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs et Mesdamoiseaux, commença l'annonceur. J'ai la triste et lourde tâche de vous annoncer que la bête ici présente n'est autre que notre si cher et estimé roi Ben ! En entendant qu'il soit de nouveau dans la capacité de gouverner, ses parents les ex-roi et reine Adam et Belle reprendront la gouvernance du royaume.

Concernant l'état de notre roi, Marraine la bonne fée dans toute sa sagesse a conclu à une malédiction telle que celle qui transforma le roi Adam il y a bien longtemps. Par conséquent, un unique contre-sort est possible et explique la présence de sa majesté le roi Ben en ces murs. En effet, d'après notre très sage fée du royaume, seul le baiser de l'amour véritable du prince Ben saura lui rendre son apparence. Ne pouvant..."

- Regardez sa tête ! cria soudain Carlos, coupant l'annonceur royal dans son discours. Il a quelque chose dans la fourrure ! Il faut le lui enlever !

Un lourd silence accueillit la déclaration de Carlos qui se ratatina sur lui-même sous les regards meurtriers que lui jetaient la gente féminine d'Auradon.

- Excusez-le, s'interposa Evie. Il s'est fait attaquer par la bête et...

- Et ça lui a un peu retourné le cerveau, poursuivit Mal.

- Ça n'a rien de nouveau ça, répliqua Audrey avec dédain.

- C'est faux ! s'offusqua Carlos en reprenant un peu de courage. Regardez juste ! C'est sous sa corne droite ! C'est un... Un peigne !

- Jeune homme, intervint marraine la bonne fée d'une voix pincée. Crois bien que j'ai personnellement examiné le roi Ben des pieds à la tête. Je n'aurais certainement pas loupé un... Peigne, se cachant dans la fourrure de notre roi.

La voix mielleuse et emplie de pitié de la fée le fit se sentir plus insignifiant et inutile qu'un vers de terre. Carlos se recroquevilla sur lui-même et se cacha par réflexe derrière Evie.

- Vous pouvez reprendre, lança Marraine à l'annonceur.

- Bien. Nous disions donc. Ne pouvant risquer la vie des jeunes filles de cette école, les gardes ici présents ont pour ordre de les accompagner une par une près de la cage et de les en éloigner aux moindres signes de danger. Les jeunes filles pensant être le grand amour du prince Ben peuvent se présenter dès à présent au bas de l'escalier.

- Bande de dinde, siffla Mal entre ses dents alors qu'un petit mouvement de foule se déclenchait.

- Ça ne fonctionnera pas, gémit Carlos.

- Peut-être, voulut bien admettre l'Oubliée au grimoire. Mais en attendant on va avoir un chouette spectacle ! Regardez qui s'avance en première...

Carlos observa la scène, le cœur serré par la peur. Il craignait un peu que Audrey soit blessée, surtout parce que Ben ne se le pardonnerait pas, mais il craignait surtout d'avoir tort et de voir Ben se retransformer sous leurs yeux grâce au baiser de la fille d'Aurore. Bien sûr, il savait que Ben ne sera jamais à lui, mais c'était une chose de le savoir devant un Ben célibataire et une autre de voir celui qu'on aimait secrètement être en couple.

- Regarde, souffla Evie qui le connaissait bien à son oreille.

Carlos releva les yeux et découvrit Audrey qui se faisait emmener de force par les deux gardes tandis que la bête rugissait en s'acharnant sur les barreaux de sa cage. Un sourire soulagé apparut sur le visage du décoloré, jusqu'à ce qu'il découvre la file de jeunes filles qui attendaient leur tour...

Il se tourna vers Mal et Evie qui pinçaient les lèvres en dégoisant sur les petites dindes désespérées prêtes à se faire étriper pour avoir une chance avec le roi.

- Vous... Vous allez essayer vous aussi ? demanda Carlos aux deux filles du groupe en déglutissant avec difficulté.

- Tu rigoles ?! Tu me vois faire ça franchement ? railla Mal d'un ton méprisant. Et puis moi, J'AI DÉJÀ ÉTÉ AVEC BEN, cria-t-elle pour faire réagir les autres filles qui lui envoyèrent des regards noirs en réponse. Bande de limaces surgelées...

- Et ça ne m'intéresse pas C, le rassura à son tour Evie avec un charmant sourire.

Carlos aurait bien sauté au cou de ses deux amies pour les remercier. Elles étaient toutes les deux au courant de son crush et devait se douter que toute la scène qui se déroulait sous leurs yeux le blessait profondément.

Ben en premier prix d'une tombola et tout un tas de jeune fille qui ne souhaitaient rien plus que de décrocher le gros lot. Et lui qui n'avait strictement aucune chance... Personne ne le laissera jamais approcher. Si tant est qu'il acceptât de se ridiculiser devant la moitié de l'école en tentant sa chance, seul garçon parmi les filles et descendant de méchant en plus !

Pour autant, il fut incapable de quitter l'auditorium. Jusqu'au soir il regarda Ben s'exciter dans sa cage et rugir dès qu'une fille s'approchait de lui, apaisant son cœur quelques brèves secondes avant qu'une autre candidate se présente.

- Ça ne fonctionnera pas, murmura à nouveau Carlos.

- Ça c'est que tu aimerais bien, souligna Jay.

- Arrête ! J'ai pas rêvé ! Il avait bien un truc dans la fourrure ! Et puis il... Il m'a pas attaqué, souffla Carlos en regardant dans le vide. Il aurait pu mais il s'est arrêté. Ben ne m'a pas attaqué, volontairement.

Un groupe de trois Auradoniens qui passait juste à côté de lui à ce moment-là le regardèrent avec pitié et mépris. Carlos baissa les yeux et rougit de honte.

- Bon ça suffit, on rentre, décida Mal. Ça sert à rien de rester pour regarder toutes ces pimbèches se faire éjecter les unes après les autres ! C'était marrant au début mais ça devient vite répétitif !

Carlos n'eut pas d'autre choix que de suivre ses amis jusqu'à leurs chambres.

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La bête était allongée sur le sol de sa cage, grondant sourdement à chaque inspiration. C'était le cœur de la nuit mais elle n'avait pas sommeil. La colère l'aiguillonnait en permanence, l'empêchant de trouver le repos. Il n'y avait plus que lui dans la grande salle mais même le silence et le calme des lieux n'arrivaient pas à l'apaiser.

Il voulait mordre, déchiqueter, tuer ! Il voulait sentir ses griffes s'enfoncer dans la chaire chaude et ses crocs goûter le sang. Il voulait sortir !

La bête rugit et se jeta contre les barreaux qui ployèrent sans céder.

Et puis un bruit attira son attention. Il vit une fenêtre s'ouvrir et un corps chuter dans la salle. Un humain, une proie, qui s'approchait de lui.

La bête lécha ses babines et griffa le sol, se préparant à dévorer l'inconscient, quand une effluve parvint à ses narines. Il connaissait cette odeur. Il l'avait déjà senti. Il l'aimait beaucoup.

Il n'attaqua pas quand l'humain se glissa entre les barreaux de la cage. Pourtant, l'odeur de peur aurait dû l'exciter mais quelque chose le retenait.

L'humain s'assit au sol et lui présenta le plat de sa main tremblante. A quatre pattes, la bête le renifla et s'imprégna de l'odeur.

Elle ne fit aucune difficulté quand le garçon l'incita à poser la tête sur ses genoux et ronronna gravement quand les doigts caressèrent sa fourrure.

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Carlos n'en revenait toujours pas de ce qu'il était en train de faire. Il était en train de papouiller une bête énorme qui pouvait le tuer d'un seul coup de patte ! Bête qui avait une gueule remplie de crocs de la taille de son pouce ! Juste sur ses genoux !

Le jeune Oublié avala sa salive et ferma les yeux pour se souvenir du but de sa visite. Sauver Ben. Il était là pour sauver Ben !

Lentement, il fit glisser ses doigts le long de la fourrure jusqu'à atteindre le peigne ensorcelé, obtenant un ronronnement deux fois plus puissant de la créature. Comme il le craignait, l'ustensile était bien emmêlé. Il lui fallut plusieurs minutes angoissantes, un monstre énorme grognant et bavant sur ses genoux, pour réussir à démêler assez le peigne pour pouvoir le bouger.

Dès que les dents s'éloignèrent du crâne de Ben, la retransformation se déclencha. La fourrure se résorba et le corps rétrécit encore et encore, pour ne plus laisser place qu'a un jeune roi assommé par la métamorphose.

Carlos osa caresser les cheveux de Ben dont la tête était toujours sur ses genoux, récupérant le peigne maudit au passage. Sa main descendit jusqu'à son épaule et c'est là que le décoloré réalisa que le roi était totalement nu en dehors de son pantalon de pyjama déchiqueté. Il rougit sans pouvoir s'empêcher d'apprécier les courbes et les lignes de son roi d'une façon qui n'avait rien d'innocente.

Puis Ben bougea et marmonna, signe qu'il n'allait pas tarder à reprendre conscience. Carlos déposa délicatement sa tête au sol, mit le peigne dans sa poche et courut jusqu'à la corde qui pendait depuis l'une des fenêtres de l'auditorium.

Ben se réveilla dans sa cage, seul, à moitié nu et avec un mal de tête fabuleux. Il se souvenait de la fureur du monstre qui l'avait soudain envahie mais ne comprenait pas comment il était redevenu humain. Il se rappelait uniquement d'une odeur apaisante et d'une main caressante dans ses cheveux.

Il sortit de sa cage en passant entre les barreaux désormais trop espacés et ouvrit la porte de la salle de spectacle, surprenant les deux gardes en factions.

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- Vous voyez, j'avais raison, fit Carlos à ses amis quand on annonça à tout le monde que le roi était de retour.

- Mais t'es sûr que c'est grâce à ta fourchette ? Il a aussi bien pu se trouver sa princesse, ricana Jay.

- Non, le corrigea pensivement Mal. Sans ça on nous l'aurait dit et tout le monde saurait le nom de l'heureuse élue à l'heure qu'il est.

- Il n'y a pas eu d'élue, confirma Evie en revenant après avoir parlé à un petit groupe d'élèves. Le sort aurait été levé d'un coup durant la nuit !

- C'est ce que Ben a dit ? souffla Carlos avec des yeux humides.

- Non, il a dit qu'un idiot aux cheveux en pique était venu lui faire des mamours à la lueur de la lune, se moqua Mal.

- Nous n'avons que la version officielle, le rassura Evie en donnant un coup de coude punitif à sa petite amie. On pourra demander ce qu'il s'est vraiment passé quand on verra Ben.

- Quand on parle du loup... lança Mal.

Ben apparut effectivement au milieu du couloirs dans ses vêtements bleus royaux. Il était entouré de tout une cours d'élèves qui s'inquiétaient de sa santé. Les Oubliés n'avaient aucune chance de l'approcher aujourd'hui mais cela importait peu à Carlos. Il avait vu Ben, ce dernier était bien humain et visiblement en bonne santé. Et plus important encore, aucune fille ne semblait avoir sa faveur particulière ce qui réchauffa énormément le cœur de Carlos.

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Maléfique caressait son fidèle Diablo sombrement. Son sort avait été déjoué. Par qui ? Elle ne le savait pas, mais le roi Ben était de nouveau sur le trône, bien humain.

Heureusement, elle avait plus d'une corde à son arc et avait déjà prévu son second tour au cas où. Après sa défaite avec le charme Bestial, elle renvoya Diablo à Auradon, dans la réserve du musée. Au bout d'une nuit de recherche intensive, il lui ramena enfin ce qu'elle cherchait : les fragments restant du miroir du diable. Deux d'entre eux avaient si bien gelé le cœur de Kay qu'il en était devenu froid et indifférent aux restes du monde avant d'aller se réfugier chez la Reine des Neiges.

Maléfique quant à elle comptait bien utiliser plus que deux fragments. Elle allait rendre le cœur du roi Ben plus froid que la glace et plus dur que l'acier. Avec la dose qu'elle comptait mettre, Ben ne deviendra pas juste indifférent, il deviendra digne d'un vrai méchant, presque à son niveau.

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A suivre...

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Pour info, dans le conte « la reine des neiges » de Andersen, le diable fait tomber par erreur son miroir et le brise. Deux fragments viennent alors se figer dans l'œil et le cœur de Kay, le rendant froid et insensible. Il finit par s'enfuir chez la reine des neiges et c'est son amie d'enfance qui va partir à sa recherche et le sauver. Pas exactement la version de Disney )