Ohayo !
Je sais que, normalement, cette fiction ne devait être qu'en deux parties (c'est ce que j'avais dit)... Le fait est qu'en écrivant cette fameuse deuxième partie, je me suis rendue compte que ce serait encore trop long. J'aurais très bien pu vous écrire un OS de 50K d'un coup mais je pense que c'est quand même de couper en plusieurs parties quand on le peut.
Donc me voilà avec la deuxième partie, il y en aura une troisième (et se sera la dernière, rassurez-vous c'est déjà bien assez long comme ça x) J'espère qu'elle vous plaira, n'hésitez pas à vous manifester si l'envie vous en prend, c'est toujours encourageant et cool d'avoir des reviews (j'adore tout autant avoir vos avis, ça me permet aussi de m'améliorer !)
[Réponses aux reviews]
mgs : Merci beaucoup ! Je suis contente qu'elle t'ai plu à ce point, j'espère que ce sera tout autant le cas pour cette deuxième partie :D
CrimsonRealm : Bon, comme promis, du fluff (du beau fluff guimauve hein hum hum), l'équipe de Seijo (et surtout les conneries d'Hanamaki et Matsukawa x), en revanche, pas sûr que les filles remontent dans l'estime des amoureux (même si je prends que des cas, elles ne sont pas toutes comme ça... A voir dans la troisième partie ;)
J'espère que la suite te plaire, encore merci pour ton commentaire et ta gentillesse :3
Rating : M (signalé pour celles qui n'aiment pas trop le lemon où que ça n'intéresse pas, il n'est pas fondamentalement important pour la fiction (juste des petites déclarations mignonnes et un bon moment de plaisir pour Oikawa et Iwaizumi x). Les trois premiers et trois derniers mots du lemon seront en gras pour vous aider à vous y retrouver).
Sur ce, bonne lecture !
Ils avaient réussi à garder leur relation secrète pendant presque deux mois. Ils se retrouvaient au croisement tous les matins, s'embrassaient doucement, allaient en cours, se retrouvaient le midi et à l'entraînement, rentraient ensemble et terminaient la journée chez l'un ou chez l'autre (plus pour se câliner que pour travailler, au grand damne d'Iwaizumi qui appréciait tout de même ces moments d'intimées).
Les deux amoureux étaient presque sûrs que leurs amis de troisième année se doutaient de quelques choses. Ça ne les dérangeait pas vraiment, Matsukawa et Hanamaki étaient leurs amis les plus proches et ils les avaient toujours taquinés sur leur relation ambigüe. Ils n'avaient juste pas envie d'en parler pour le moment, et préféraient rester encore un peu dans l'ombre de leur amour.
Oikawa essayait d'être un peu moins clément avec les filles qui le suivaient partout et palliaient sur son chemin. Il n'avait plus vraiment de raison de rester aimable avec elles, si ce n'est cacher sa relation. S'il se montrait trop dur d'un coup, elles comprendraient que quelque chose avait changé.
Seulement arriverait un jour où ça se saurait, et les deux lycéens en étaient conscients. Mais c'était tellement abstrait pour eux qu'ils n'y songeaient même pas. Alors tranquillement allongés l'un sur l'autre dans le lit d'Iwaizumi, ils pensaient juste au bonheur d'être ensemble. Le brun caressait les cheveux d'Oikawa en révisant ses notes, pendant que le passeur était à moitié allongé sur lui, les yeux clos et une main sur son torse. Il respirait doucement, mais ne dormait pas.
« Tu ferais bien de bosser.
- Pas envie.
- C'est pas moi qui vais te donner ton diplôme tu sais.
- C'est bien dommage, je serais sûr d'avoir la mention sinon. »
Le châtain ouvrit les yeux et releva la tête pour croiser les yeux agacés de son champion. Il rit et l'embrassa du bout des lèvres.
« Mes parents t'invitent à rester dîner, fit Iwaizumi sans préambule.
- Et tu me préviens que maintenant ?
- Je savais pas si tu accepterais. »
Oikawa se rassit sur le lit sans répondre, pensif. Ça faisait un mois qu'ils sortaient ensemble et que leurs parents savaient. Si les siens s'étaient radoucis et avaient finalement acceptés, il n'avait pas revu ceux de son petit ami qui lui paraissait un peu plus hostile à son égard. Peut-être pas tant que ça finalement.
« Je veux bien, répondit-il alors, enfin si ça ne te dérange pas.
- Je vois pas pourquoi ça me dérangerait. Tu es mon petit ami et mes parents te connaissent presque aussi bien que moi. Ça sera juste un peu…
- Bizarre ?
- Ouais. Mais ils essayent de faire des efforts je crois. »
Le capitaine de Seijo sourit et caressa la joue du brun qui capta son regard. Il posa ses notes sur le lit et se rapprocha du châtain pour le prendre dans ses bras, et happa ses lèvres. Si Iwaizumi avait eu du mal au début à se faire aux baisers d'Oikawa, ce dernier était agréablement surpris que son ami d'enfance entame de lui-même certains baisers, et en demande même parfois.
Oikawa leva ses mains pour les placer sur son cou, soupirant de bien-être dans le baiser. Depuis leur première expérience sexuelle la veille de la rentrée, ils n'avaient rien tenté de nouveau. Oikawa savait qu'il devait donner du temps au brun alors il ne forçait rien. Mais c'était assez dur parfois, Iwaizumi l'excitait pour un rien. Et puis, il lui avait bien fait comprendre qu'il y avait de fortes chances pour qu'il soit au-dessus, alors l'as de Seijo avait une double préparation à faire avant d'essayer quoi que ce soit.
« Mes parents vont pas tarder à rentrer, murmura Iwaizumi entre deux baisers, voyant que son petit ami ne s'arrêtait pas.
- Mmh…
- Oikawa ! »
Le brun prit le plus grand par les épaules pour l'écarter, rompant enfin leurs baisers. Oikawa fit la moue, pas très content de s'être fait arrêter de cette façon. Iwaizumi soupira en ébouriffant ses cheveux.
« Je t'ai dit que mes parents allaient arriver.
- Mais c'est toi qui as commencé… J'y peux rien… »
L'ailier se leva du lit et regarda son petit ami avec un petit sourire. Il ne fallait jamais qu'il tente le châtain, sinon c'était finit pour lui.
« Restes dormir si tu veux.
- Non, j'aurais trop envie de toi. Je préfère pas pour le moment. »
La franchise du passeur sur ce sujet étonnait toujours Iwaizumi. Ce dernier rougit et détourna le regard. C'était encore un sujet sensible pour lui, bien qu'il essayait de s'informer et de se laisser aller.
« Je vais prévenir mes parents que je rentre après le dîner. »
Oikawa attrapa son portable et se leva à son tour. Ils entendirent la porte d'entrée s'ouvrirent sur deux voix qu'ils reconnurent.
« Ils sont rentrés ensemble ?
- Mon père va chercher ma mère en voiture de temps en temps. »
Les amoureux descendirent pour saluer les parents. Oikawa était un peu angoissé. Ça faisait plus d'un mois qu'il n'avait pas vu les parents d'Iwaizumi, et juste savoir qu'ils l'avaient invité ne le rassurait pas suffisamment.
« Oikawa-kun, bonsoir ! »
La mère s'approcha de lui, souriante. Il tenta un sourire et la salua à son tour, avant de croiser le regard du père. Il déglutit en voyant les prunelles froides de l'adulte avant qu'il ne s'avance vers lui.
« Tooru. Bonsoir.
- Bon-bonsoir Iwaizumi-san… »
Il baissa le regard, intimidé par l'homme qu'il avait toujours considéré comme un deuxième père. Iwaizumi et sa mère s'attristèrent de ce spectacle et l'adolescent alla immédiatement du côté de son petit ami pour prendre sa main. Il ne voulait pas se cacher devant ses parents.
« On va mettre la table, dit le plus petit en entraînant Oikawa avec lui. »
La mère s'était mis aux fourneaux après s'être déchargé et attendit que les deux plus jeunes soient sortis de la cuisine avant de lancer un regard mécontent à son mari.
« Tu abuses. C'est Oikawa-kun, tu le connais depuis sa naissance pratiquement.
- Il sort avec notre fils.
- Et alors ? Met-toi à sa place le pauvre, tu es comme un deuxième père pour lui. Il t'a connu toute sa vie, lui. Ne sois pas trop dur.
- Je sais, mais ça n'empêche rien. »
La femme soupira en se remettant au dîner. Elle espérait juste qu'elle n'avait pas eu une mauvaise idée de proposer à leur fils qu'Oikawa reste ce soir. Le père rejoignit les garçons dans le salon pour mettre le journal télévisé, écoutant les lycéens d'une oreille.
« Mais Karasuno va certainement nous poser problème cette fois-ci, disait son fils, après tout on a quand même joué trois sets contre eux la dernière fois.
- Mais on gagnera, encore. On doit battre Shiratori Zawa, et c'est notre dernière chance.
- Il y a un joueur dans l'équipe nationale chez Shiratori Zawa, non ? »
Les deux garçons se retournèrent vers le père qui avait détaché son regard de la télévision pour les regarder. Iwaizumi hocha la tête pendant qu'Oikawa prenait sa chance de reprendre contact avec le père de son petit ami.
« Wakatoshi Ushijima. On a jamais réussi à le battre.
- Ah oui, je m'en souviens vous avoir en entendu parler. C'est pour ça que vous voulez participer au tournoi du printemps ?
- Pas que. Ce sera la dernière fois qu'on jouera avec notre équipe.
- Vous vous entendez bien ?
- C'est un peu comme une petite famille, rit Iwaizumi en pensant à ses camarades.
- Et ils savent que vous… »
Oikawa se mordit la lèvre. Il ne s'attendait pas à ce que Jôichi parle de leur relation comme ça. Il avait toujours cet air sérieux, mais peut-être qu'il s'ouvrait peu à peu et se montrait froid juste pour la forme ?
« On veut prendre notre temps pour le moment, répondit le brun.
- Vous avez raison. Ce n'est pas évident.
- Tu connaissais des gens homo papa ? »
Le père fronça les sourcils, comme le châtain qui ne comprenait pas pourquoi l'ailier posait cette question à son père. Ce dernier sembla réfléchir un petit peu avant de répondre.
« Oui. Il n'a pas eu la belle vie au lycée.
- C'est pour ça que t'es réticent ?
- Je ne suis pas-
- Ne me dis pas que tu cautionnes notre relation, tu as encore la mâchoire crispée. »
L'adulte soupira. Sa femme entra dans le salon, mais ne leur dit pas tout de suite que le repas était prêt. Elle sentait que cette conversation serait importante.
« Non je ne la cautionnes pas. J'apprécie beaucoup Tooru, mais comme meilleur ami. Vous ne vous rendez pas compte de la vie que vous vivrez quand vous déciderez de vous faire voir. On vous fermera des portes pour ça, vous ne pourrez pas fondre de famille et ça vous pèsera, d'une manière ou d'une autre. Je ne vois pas ce que votre relation vous apportera.
- J'aime votre fils, Iwaizumi-san. »
La petite famille se retourna vers Oikawa, tous surpris de son intervention. Iwaizumi allait lui dire que ce n'était pas la peine mais le châtain serra les poings. Il avait besoin de le dire.
« Je me suis posé beaucoup de questions et je me suis même dit à un moment que je garderais mes sentiments en moi pour toujours, parce que je me refusais à blesser Iwa-chan. Mais j'arriverais pas à vivre sans lui. J'arriverais pas à vivre à ses côtés en le voyant avec quelqu'un d'autre, pas sans avoir tenté. Oui j'ai peur, j'ai peur de ce que les gens diront ou penseront, mais j'ai surtout peur qu'on fasse du mal à votre fils. Je ne laisserai personne lui faire du mal. Si on le juge à cause de ça, c'est comme si c'était moi qui le faisait. Alors… Alors s'il vous plait –il se pencha en avant, le suppliant de tout son être- laissez-moi aimer votre fils. Je vous promets que je prendrais soin de lui mieux que quiconque. »
Les parents Iwaizumi connaissaient la réputation du garçon à la franchise et le sur jeu. Mais à cet instant, leurs cœurs se serrèrent devant la pureté que dégageait Oikawa. Ils avaient perçu cette lueur, celle-là même qu'ils avaient eue l'un pour l'autre dans leur jeunesse, et surent qu'effectivement, personne n'aimerait leur fils plus que lui.
Hajime regardait son petit ami, les yeux écarquillés et le souffle coupé. Il n'aurait jamais pu croire qu'Oikawa se dresserait devant son père pour lui dévoiler son amour. Son cœur déborda d'un sentiment inconnu et il sut que c'était avec lui qu'il voulait passer sa vie. Il se mordit la lèvre et s'apprêta à le prendre dans ses bras quand la voix de son père vola dans la pièce.
« Tooru. »
Le nommé sursauta et il se redressa doucement, les joues rouges et les mains tremblantes.
« Je sais qu'avec toi, Hajime ne manquera jamais de rien. J'ai compris qu'il tenait à toi plus qu'à un ami, ou même à un meilleur ami. Mais ça ne vous préservera pas de la réalité. Je ne suis pas contre vous. Je ne veux juste pas que vous en souffriez.
- Ça ira, papa. Toute la population japonaise n'est pas homophobe. Et à Tokyo on aura largement la place de se faire accepter. »
Le père soupira. Les deux adolescents n'étaient pas prêts de lâcher le morceau. Soit, il ne pouvait rien faire d'autre que les supporter, pour le moment.
« Bon. »
Ils regardèrent la mère, cette fois-ci, qui venait de frapper dans ses mains.
« Le dîner est prêt. Hajime, Oikawa-kun, vous allez le chercher ? »
Les concernés hochèrent la tête et allèrent chercher les plats dans la cuisine. Elle regarda amoureusement son mari se lever pour aller à table. Elle ne l'avait pas épousé pour rien. Il était têtu, mais son amour pour sa famille passait avant tout. Et ça la rendait très heureuse.
« Merci, souffla-t-elle lorsqu'il la prit dans ses bras pour déposer un baiser sur son crâne.
- Tu pourras remercier le petit Oikawa. Il est sacrément amoureux d'Hajime.
- Je sais. »
Les deux garçons revinrent avec le dîner et ils s'attablèrent, la tension semblant se dissiper peu à peu alors qu'ils recommençaient à discuter avec entrain et bonne humeur. Les choses paraissaient s'améliorer, et les amoureux firent rencontrer leurs mains sous la table dans une pression qui signifiait « je serais toujours là ».
« Tu as une nouvelle copine, Oikawa-san ? »
L'interpellé se retourna vers le groupe de filles qui l'avaient suivi dans le couloir. C'était la quatrième fois cette semaine qu'on lui posait la question. Il soupira et les regarda d'un air ennuyé.
« Ça ne vous regarde pas les filles, désolé. »
Il leur fit une petite moue souriante qui les fit craquer, et reprit son chemin. Il rejoignit Iwaizumi sur le toit où ils se retrouvaient tous les midis, déjà bien avant de sortir ensemble. Ils y étaient souvent tranquilles et le châtain se permettait donc de prendre son champion dans les bras.
« J'en ai marre de mentir, souffla-t-il contre l'épaule du brun qui mangeait son sandwich. »
Iwaizumi se défit des bras du capitaine pour se mettre en face de lui et le regarder.
« Je comprends que tu ne sois pas prêt mais… Les filles me soulent, j'ai vraiment envie qu'elles savent que je suis avec toi pour qu'elles me foutent la paix. Et j'ai surtout envie de pouvoir te prendre la main devant tout le monde.
- Tu sais que ça ne se passera pas comme ça. »
Oikawa fit la moue. Son petit ami appréhendait encore le moment où ils s'afficheraient, et il comprenait. Mais plus ils avançaient dans leur relation, plus c'était difficile pour lui de ne pas l'embrasser devant tout le monde.
« Ça sera peut-être moins dur que pour nos parents… Et puis on aura des gens de notre côté, tu sais.
- Oui mais… Je suis pas contre l'idée, moi aussi je veux pouvoir être avec toi sans me cacher. Je les supporte pas non plus ces gamines qui te suivent partout. »
Le châtain rit doucement et prit les mains du plus petit qui venait de finir son repas. Il regarda leurs mains liées, caressant celles d'Iwaizumi du bout des doigts.
« Tu penses que… D'ici les préliminaires pour le tournoi de printemps tu…
- Je pensais justement le faire après. »
Oikawa leva un regard plein d'espoir sur son ami d'enfance qui rougit.
« Je me dis que, vu qu'on s'entraine de plus en plus, on devrait sans doute se sentir moins frustré de ne pas s'afficher alors… Après les préliminaires, je serais prêt à le dire et à me montrer avec toi, en couple. »
Le châtain hocha la tête, un large sourire illuminant son visage. La sonnerie retentit et le passeur prit le brun dans ses bras pour un câlin réconfortant qu'Iwaizumi lui donna avec joie.
« Allez, fit ce dernier, on se voit à l'entraînement.
- Oui ! »
Le couple se rendit à leurs cours respectifs, se jetant un dernier coup d'œil complice avant de se séparer dans le couloir. Il n'avait généralement que deux ou trois heures de cours avant les entraînements, donc ça passait relativement vite. Le capitaine était particulièrement content de s'y rendre, et Iwaizumi n'était pas la seule cause (même s'il était la majeure partie). Kyotani était enfin revenu aux entraînements, et Oikawa adorait le style de jeu du deuxième année. Un vrai chien fou, ce surnom lui allait comme un gant.
Il passait donc un bon moment à s'entraîner avec le blond, et le synchroniser avec l'équipe. Ce n'était pas très facile, connaissant le côté très perso du joueur, mais Oikawa tenait absolument à le titulariser. Et puis, Iwaizumi arrivait toujours à le canaliser.
Le passeur étira son dos en prenant une petite pause, profitant pour boire un peu d'eau. Matsukawa se rapprocha de lui, le regard sur l'équipe qui continuait de s'entraîner.
« Kyotani n'écoute vraiment qu'Iwaizumi.
- C'est normal, il l'a toujours défié et jamais battu. Iwa-chan est le plus fort, c'est le champion de Seijo quand même. »
Matsukawa rit et Oikawa regarda le lycéen à son tour. Il écoutait attentivement les conseils de l'ailier avec Kindaichi et Kunimi. Il sourit, Iwaizumi était vraiment beau quand il prenant son rôle de senpai au sérieux, c'était adorable.
« Je trouve quand même qu'il lui prête plus d'attention que les autres.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Regarde-le pendant qu'on joue, tu comprendras. »
Oikawa fronça les sourcils en regardant son ami. Matsukawa lui fit un clin d'œil et rejoignit Hanamaki qui parlait avec les coachs. Le châtain se demandait ce que voyait son central et décida donc de l'écouter et de regarder Kyotani plus souvent. Et il ne fut pas déçu. Soit il était parano, ce qui ne pouvait pas vraiment être le cas puisque Matsukawa semblait l'avoir remarqué lui aussi, soit le blond regardait bien trop souvent Iwaizumi. Le passeur se mordit la lèvre, en proie à un grand doute. Il ne connaissait pas le deuxième année plus que ça, mais il se pouvait très bien qu'il en pince pour son ami d'enfance. Après tout, Iwaizumi était très beau, surtout quand il jouait au volley. Et puis s'il était tombé amoureux de lui, alors ce n'était pas impossible qu'un autre ait les mêmes sentiments. Mais que ce soit un garçon, et Kyotani de surcroît, ça le rendait fou. Il fallait vraiment qu'il sache.
A la fin de l'entraînement, Oikawa prit son temps pour ranger, souhaitant parler avec son ami qui l'avait mis sur la piste. Il fit un signe à Iwaizumi lui disant qu'il arrivait et retint Matsukawa.
« C'est sérieux ce que tu pensais ?
- Je t'ai juste montré ce que je voyais. Je m'en fiche de ce que ces deux-là peuvent faire en dehors, mais vu que t'es le meilleur ami d'Iwaizumi je pensais ça normal de t'en parler. »
Oikawa haussa les sourcils, presque choqué de ce que son ami venait de lui dire. Matsukawa pensait que Kyotani et Iwaizumi sortaient ensemble ? Il eut envie de rire, autant que ça l'énervait. S'il devait penser que quelqu'un sortait avec le champion, ce serait avec lui ! Et si le blond entretenait vraiment des sentiments pour son meilleur ami ? (encore fallait-il que le chien fou puisse avoir ce genre de sentiments tout court)
« T'as qu'à lui en parler si ça te tracasse tant, reprit Matsukawa. Après tout vous vous connaissez depuis longtemps, ça devrait pas le déranger de t'en parler. »
Le central tapota l'épaule du châtain et partit en direction des vestiaires. Oikawa resta dans le gymnase, bouche bée et complétement désemparé. Il n'entendit pas Hanamaki rejoindre le brun à l'entrée du couloir.
« C'est de la triche.
- Non, Kyotani regarde vraiment Iwaizumi. Ça fera juste bouger les choses.
- Donc tu triches.
- Mais non, de toute façon il aurait fini par s'en rendre compte. »
Les deux amis partirent ensemble alors qu'Oikawa se trainait jusqu'aux vestiaires. Il grimaça en voyant son ami d'enfance en pleine discussion avec le chien fou. Il détourna cependant son attention en voyant le châtain arriver.
« On aura qu'à le faire demain. On demandera à Hanamaki de faire l'arbitre.
- Je ne perdrais pas.
- J'ai hâte de voir ça. »
Le blond jeta un coup d'œil à son capitaine avant de partir, laissant les deux amis ensemble. Seuls dans le vestiaire, Iwaizumi s'autorisa à venir enlacer son petit ami qui se changeait. Oikawa ne réagit pas, assez énervé de sa découverte. Le brun chatouilla ses hanches et le plus grand se dégagea un peu brutalement de son emprise. Iwaizumi fronça les sourcils, agacé.
« Qu'est-ce que t'as.
- Rien.
- Si, tu boudes.
- Je boude pas.
- Tooru. »
Iwaizumi soupirait tandis qu'un frisson électrisait le passeur. Le brun savait comment le tenir maintenant. Il termina de se changer et se retourna vers l'ailier qui le regardait sévèrement, les bras croisé sur son torse.
« Kyotani m'énerve.
- C'est pourtant toi qui as insisté pour qu'il se titularise.
- C'est pas par rapport à ça.
- Alors quoi ?
- Il te regarde beaucoup trop pendant qu'on joue. Et je trouve qu'il vient trop souvent te défier. »
L'as de Seijo haussa les sourcils, surpris. Oikawa lui faisait-il une crise de possessivité ? Il appréciait l'intention mais doutait que ses dires soient fondés.
« N'importe quoi, il veut juste devenir plus fort et me battre. C'est tout.
- Mattsun aussi l'a vu. C'est lui qui m'en a parlé. »
Celui-là alors. Iwaizumi grogna et se promit de toucher deux mots au central qui se mêlait un peu trop de ce qui ne le regardait pas. Il vit le visage triste de son petit ami et soupira une nouvelle fois. Il s'avança vers lui pour prendre son visage entre ses mains et l'obliger à le regarder.
« Fais pas cette tête-là, Trashykawa.
- Arrête de m'appeler comme ça…
- Et toi arrête de penser à des choses débiles. Qu'importe ce que Kyotani pense de moi, il n'y en a qu'un qui m'intéresse. Et il est juste là, sa jolie petite tête entre mes mains.
- C'est vrai ?
- Attends, déjà que j'étais pas sûr d'être tourné vers les gars, je vais pas m'amouracher du premier venu. C'est toi Tooru, et ce sera toujours toi. »
Le visage du passeur s'illumina, comme plus tôt sur le toit et Iwaizumi se fit la réflexion qu'il aimait vraiment ça, peindre ces émotions sur le visage de son capitaine. Décidément, c'était vraiment de lui dont il s'était amouraché.
Ils rentrèrent ensemble et lièrent leurs mains quand ils eurent traversé la ville pour arriver dans les petites rues tranquilles, les feuilles d'automne commençant à joncher le sol. Ils faisaient toujours comme ça. Certaines personnes les regardaient, mais ils s'en fichaient. Ils avaient appris à ne pas y faire attention, puisque ce n'étaient que quelques personnes, à peine une dizaine chaque jour. Et aucune d'entre elle ne les avait insultées ou montrées du dégout. Alors ça les encourageait.
Les jours défilèrent et Iwaizumi battit une nouvelle fois tous les membres de son équipe qui voulaient le défier au bras de fer. Oikawa se délectait discrètement de ces moments, détaillant du regard les bras tendus et les veines apparentes du brun quand il forçait pour battre ses adversaires. A chaque victoire, le châtain le gratifiait d'un « tu es le meilleur, Iwa-chan ! », et tout le monde riait des réactions de l'ailier, tantôt fier, tantôt agacé.
Les entraînements prenaient aussi de plus en plus d'ampleur, et les deux amoureux avaient à peine le temps de profiter l'un de l'autre, s'endormant le plus souvent pendant qu'ils révisaient ensemble. Ils eurent un week end de pause, deux semaines avant les préliminaires, et Iwaizumi invita son petit ami chez lui lorsqu'il sut que ses parents partaient à Tokyo les deux jours.
Le couple fut très heureux de pouvoir se reposer et faire autre chose que de s'entraîner ou réviser. Ils se retrouvèrent donc dans le lit du brun, le froid de mi-octobre investissant peu à peu l'air ambiant dehors. Oikawa se réchauffait donc contre son ailier qui caressait son dos, à moitié endormi. Le châtain voulait profiter de ce week end entier pour tenter quelque chose de nouveau avec son petit ami, et espérait vraiment qu'il participerait, comme la première fois cet été.
« Iwa-chan ?
- Mmh…
- Tu dors ?
- Non, tu me parles.
- Ça veut dire que je te soule ou que tu ne dors pas parce que tu veux m'écouter ? »
Iwaizumi ouvrit les yeux et tomba sur le regard franc du passeur. Il se redressa doucement, s'essayant pour qu'Oikawa se retrouve en face de lui.
« Qu'est-ce qu'il y a ?
- Tu aimes quand on se touche ? »
Le brun rougit violement, prit au dépourvu par la question soudaine du capitaine. Il n'eut même pas le réflexe de le frapper.
« C'est quoi cette question soudainement ?
- Je veux juste savoir… On le fait pas beaucoup en ce moment à cause des entraînements et… Te toucher me manque, j'ai envie d'être plus intime avec toi. »
Iwaizumi balbutia quelques mots et se gratta la nuque, horriblement gêné. S'il aimait faire ce genre de chose avec son petit ami, ce n'était pas pour autant qu'il voulait en parler. Mais le châtain semblait vraiment attendre quelque chose, alors il fit un effort. Ne serait-ce que pour sa petite bouille adorable.
« Je… Ça me manque aussi et… J'aime bien… J'aime beaucoup quand on se touche.
- Il me semble bien l'entendre, effectivement. »
Cette fois-ci, il ne put empêcher son poing de s'abattre sur l'épaule du passeur qui rit. Il se rapprocha du brun qui détourna le visage, boudant comme un enfant.
« Iwa-chan… Et après c'est moi l'enfant ?
- Arrête de parler comme ça… C'est gênant.
- C'est gênant quand je te dis que j'aime tes gémissements ? »
Iwaizumi frissonna en sentant sa bouche souffler près de son oreille. Il voulut s'extraire de cette position mais Oikawa le tint près de lui.
« Non, ne fuis pas Iwa-chan. J'ai trop envie de toi. »
Le brun déglutit et se risqua à regarder son capitaine. Son visage était sérieux, malgré son sourire taquin. Ses yeux étaient désireux et sa voix suave lui envoyait des frissons d'appréhension. Il en avait envie, lui aussi.
Oikawa l'attira dans ses bras pour l'embrasser, d'abord avec tendresse. Puis, dès que sa langue fut de la partie, le baiser s'intensifia et devint langoureux, intense. Iwaizumi soupira et ses abdos se crispèrent lorsque le passeur vint passer ses mains sous son t-shirt. Il caressa sa peau sans gêne, redécouvrant ce corps qui lui avait tant manqué ce dernier mois. Il délaissa les lèvres rougis de l'ailier pour s'attaquer à son cou, laissant les gémissements emplir la pièce.
« Too… Tooru… »
Iwaizumi se sentait trop rapidement partir quand son petit ami le taquinait de cette façon. Son cerveau s'embrouillait et il n'arrivait plus à penser à autre chose qu'aux lèvres qui léchait sa peau et aux mains qui caressaient son ventre. Une d'entre elles vint pincer un de ses bouts de chairs tendus par l'excitation. Une petite plainte s'échappa des lèvres du brun qu'Oikawa recouvrit une nouvelle fois des siennes.
Le champion laissa le châtain se débarrasser de son t-shirt et s'agrippa à lui, passant ses bras de part et d'autre de son cou pour approfondir le baiser. Malmenant toujours un téton, il descendit son autre main sur une hanche du brun qui frissonnait sous le contact. Oikawa connaissait son corps par cœur et savait très bien où le caresser pour qu'il rende les armes.
Les joues rouges et le souffle coupé, Iwaizumi haleta quand le passeur quitta ses lèvres pour s'occuper de son oreille. Il descendit peu à peu, mordilla la clavicule et suçota la peau du cou pour la marquer. Il voulait montrer à tous qu'Iwaizumi était sien, même si pour le moment ils ne se montraient pas. Les gémissements appréciateurs et les coups de bassin du brun le forçait à continuer, heureux de l'effet qu'il lui faisait.
Il déboutonna habilement son pantalon et passa une main dedans alors que ses lèvres arrivaient sur le téton délaissé. Iwaizumi se cambra, acceptant silencieusement tous ces touchers qui le rendaient fou. Oikawa appuya sur la bosse qu'il sentait sous le caleçon et le brun tira sur son t-shirt pour qu'il l'enlève. Ils se retrouvèrent tous les deux torses nus mais le châtain ne s'arrêta pas là. Il en profita pour ôter leur pantalons et les mettre presque à nus. Il réceptionna l'ailier qui s'assit sur son bassin pour l'embrasser, faisant se rencontrer leurs érections. Oikawa s'adossa au mur pour avoir plus de prise sur le brun qui le dominait dans cette position mais qui se laissait totalement faire dans ses bras.
« Iwa-chan… Je vais aller plus loin aujourd'hui… »
Le surnommé hocha la tête, à peine conscient de ce que ça signifiait. Il voulait juste que son petit ami continu. Ce dernier frotta le tissu tendu en faisant gémir le champion. Il dépassa la bosse et alla titiller son intimité à travers le caleçon. Iwaizumi sursauta et ses yeux embrumés rencontrèrent les prunelles avides du passeur. Ils savaient tous deux qu'ils ne se contrôleraient pas une fois commencé.
« Je vais pas aller très loin, tu ne dois pas avoir peur Iwa-chan.
- Je… J'ai confiance en toi… »
Oikawa sourit et posa doucement ses lèvres sur celles du brun qui frissonna. Le numéro un l'enveloppa de ses bras et Iwaizumi posa ses mains sur son torse, à sa merci. Il s'abandonnait totalement à lui sans peur, sans gêne. Il savait que son petit ami assurerait et qu'importe ce qu'il ressentirait, il était avec Oikawa. Son cœur battait à tout rompre et il avait chaud, trop chaud, mais il adorait cette sensation. Oikawa l'allongea et le surplomba, fixant son regard dans le sien comme pour le rassurer. Il enleva la dernière barrière de vêtement de l'ailier et ce dernier soupira en sentant son sexe libéré.
Le châtain se lécha les lèvres en voyant l'intimité excitée de son petit ami. Combien de fois avait-il rêvé aller plus loin qu'une simple masturbation ? Il était décidé à donner du plaisir au brun, par n'importe quel moyen. Et il avait bien des idées.
Il se pencha sur le corps offert du plus petit qui le suivait du regard. Il embrassa son torse, descendant peu à peu vers le bas ventre, passant par les abdos et les hanches qui frissonnèrent à son passage. Il sentit la verge dressée cogner contre sa gorge quand il arriva au bas ventre et jeta un coup d'œil qui le fit trembler de désir. Iwaizumi tentait vainement de cacher ses gémissements avec son bras et regardait fiévreusement son petit ami atteindre son intimité.
« Je te promets que tu vas aimer, Iwa-chan. »
Le concerné ne répondit pas mais ses yeux parlaient pour lui. Oikawa sourit et pencha la tête vers le sexe tendu du plus petit qui frissonna en sentant le souffle du châtain envelopper son excitation. Oikawa prit le membre en main pour le diriger vers sa bouche et posa doucement ses lèvres sur le gland suintant. Iwaizumi se cambra et posa instinctivement ses mains dans les cheveux du plus grand. Celui-ci le prit comme un signe et laissa venir sa langue suçoter le gland. Le brun poussa un long gémissement, soupirant le prénom d'Oikawa qui sentit une bouffée d'adrénaline lui serrer le cœur.
Il descendit doucement la tête, sa bouche en prenant autant qu'elle le pouvait. Arrivé à sa limite, il attendit un petit moment avant de remonter, aspirant le sexe qui tressauta dans sa bouche.
« Aaaaah… Tooruuuu… »
Il sentit son propre membre palpiter de désir et entama un léger va et vient, soulageant autant son désir que l'envie de son brun. La sensation de la bouche chaude et la langue humide sur son sexe le remplissait de désir et il gémissait sans pouvoir s'arrêter. C'était bon, trop bon pour qu'il puisse tenir très longtemps. Oikawa le torturait d'une façon bien trop délicieuse pour son bien. Il sentait son ventre se tordre sous les déferlantes de plaisir et il se cambra pour le sentir encore et encore.
Oikawa se prêtait soigneusement à sa tâche, suçant la verge qui tremblait presque. Il sentait que l'ailier était presque à sa limite et releva la tête, le membre quittant sa bouche dans un bruit de succion érotique. Il regarda le sexe prêt à exploser et le lécha sur toute sa longueur, soutirant un nouveau gémissement de son brun. Il se redressa pour venir enfouir son visage dans le cou du numéro quatre qui tentait tant bien que mal de reprendre une respiration moins hachée.
« Tes gémissements sont tellement indécents, Iwa-chan.
- Tais… Tais-toi… C'est de ta faute tu… Pourquoi tu t'es arrêté ? »
Le capitaine sourit en se relevant et regarda avec malice son petit ami.
« Ce n'est pas finit, Iwa-chan… Ce n'était qu'une mise en bouche ! »
Iwaizumi leva les yeux au ciel au jeu de mots et regarda le châtain revenir vers son bassin. Il se redressa sur les coudes pour voir ce qu'il faisait. Oikawa écarta ses jambes et prit un oreiller pour le placer sous ses fesses.
« Qu'est-ce que tu… fais ? »
Le brun n'était pas sûr qu'il veuille aller si loin, finalement. Il comprenait sans le vouloir ce que le châtain s'apprêtait à faire et il se sentit se tendre d'appréhension. D'accord, c'était Oikawa, mais c'était quand même… La première fois que quelque chose entrerait par là… Ça l'angoissait plus qu'il ne l'aurait voulu, et il ferma les yeux avec force pour se reprendre. Oikawa aperçu son trouble et se pencha vers lui pour embrasser le bout de son nez.
« Ça va allez Iwa-chan… Et si tu ne le sens vraiment pas, tu me le diras, hein ? Je ne veux pas te traumatiser… »
Pas très loquace, Iwaizumi se contenta de serrer son capitaine dans ses bras. Oikawa sentit les émotions contradictoires qui se battaient en lui et il caressa ses hanches en lui murmurant des paroles réconfortantes. Il l'aimait à la folie et n'avait aucune envie de lui faire du mal, mais ils savaient tous deux que le brun serrait obliger d'en passer par la douleur s'ils voulaient vraiment le faire un jour. Oikawa posa son front contre le sien et ferma les yeux.
« Je… Plus on avance et plus c'est confus en moi mais… Ce dont je suis sûr c'est que je peux pas me passer de toi et… J'ai vraiment envie de le faire, avec toi. »
Le châtain rouvrit les yeux, surpris de la soudaine déclaration. Son cœur explosa d'une joie incontrôlée et il sentit ses yeux s'humidifier. Iwaizumi n'était pas du tout du genre à exprimer ses sentiments alors qu'il venait de lui ouvrir son cœur et qu'il le laissait y plonger sans peur.
« Moi aussi, j'ai vraiment envie de pouvoir te faire l'amour. Tu me fais confiance ?
- Oui… Vas-y, Tooru. »
C'était sans appel, mais étrangement excitant. Oikawa l'embrassa une dernière fois et se décala pour être à la hauteur de son intimité. Iwaizumi passa un bras sur ses yeux et prit une grande inspiration. Il sursauta en sentant un muscle humide taquiner son entrée. Oikawa lécha son antre pour le lubrifier, caressant les cuisses écartées qui sursautaient quand il faisait entrer sa langue quelques secondes avant de la ressortir immédiatement. Iwaizumi ne se sentait pas gêné, il appréciait même cette langue mutine qui lui envoyait des décharges d'envie.
Le passeur embrassa son aine et se redressa pour regarder son petit ami. Il prit sa main pour décaler son bras et leurs yeux se croisèrent. Oikawa lui sourit et le brun haleta, serrant sa main dans la sienne pour lui faire comprendre qu'il était prêt.
Ses chairs se contractèrent par réflexe en sentant le premier doigt pénétrer le territoire inconnu. Ce n'était pas vraiment douloureux, seulement gênant. Il se tortilla dans le lit et Oikawa le bougea doucement pour tester ses réactions. Les chairs étaient étroites, son doigt engoncé ne pouvait pas faire beaucoup de mouvements. Il savait qu'il devait prendre son temps s'ils voulaient avancer.
Le châtain releva son regard pour voir la verge retomber peu à peu, en manque de stimulation. Il la prit de sa main libre pour la pomper avec lenteur, soutirant un petit gémissement à son petit ami. Il bougea un petit peu plus son doigt, les parois se contractant au plaisir que sentait le brun au niveau de son sexe. Il fit un premier va et vient et essaya de détendre les chairs. Il accéléra les mouvements sur le membre qui reprenait vigueur et bougea une dernière fois son doigt avant d'en rajouter un deuxième.
Il sentit clairement Iwaizumi se crisper. Il le vit serrer la mâchoire et son torse se souleva plus rapidement. Il embrassa le sexe palpitant et attendit que le brun se détende. Il sentit la main de ce dernier tirer sur son épaule et stoppa ses mouvements sur le membre pour venir prendra la main de son petit ami. Celui-ci l'écrasa presque en le serrant, se sentant nettement incommodé par les deux présences en lui.
Oikawa finit par bouger ses doigts, étirant doucement les chairs. Iwaizumi grogna, son antre se refermant instinctivement sur les deux intrus qu'il avait pourtant mentalement accepté. Il respira bruyamment, tentant de reprendre son calme. Son cœur battait à tout rompre et ses oreilles commençaient à siffler. Ce n'était pas du tout agréable, mais l'ailier savait qu'il devait en passer par là. Et puis, ce n'était pas n'importe qui. Alors il attendit.
Ses mains se crispèrent quand Oikawa fit aller et venir ses doigts dans l'orifice à peine étiré. Le passeur caressa sa main de son pouce, le rassurant silencieusement alors qu'il penchait sa tête vers le sexe qui redevenait peu à peu mou.
« Tooru… »
Iwaizumi grimaça et eut à peine le temps de grogner de douleur qu'il sursauta. Il n'avait pas vu le châtain reprendre son membre en bouche et il regarda en gémissant inconsciemment son capitaine avaler sa verge. Il essayait de le détourner de la douleur et son ventre se tordit une nouvelle fois avec délice.
« Mmh… »
Peu à peu, le brun sentait la douleur laisser place à une étrange envie d'en avoir plus. Ce n'était pas bon, pas autant que la bouche qui torturait son sexe, mais c'était assez plaisant pour qu'il en veuille plus. Il ondula son bassin, quémandant silencieusement la suite. Oikawa accéléra les mouvements de son antre et il se cambra en gémissant de plaisir. C'était addictif, et Iwaizumi comprit qu'il adorerait ça.
« Oui Tooru… T'arrête pas… »
Il n'en avait aucune intention, et il sourit autour du sexe qui tressautait dans sa bouche. Il se permit de rajouter un troisième doigt et Iwaizumi agrippa ses cheveux de sa main libre. Il broya sa main de l'autre et Oikawa supporta la douleur si cela pouvait soulager un peu la sienne. Ses doigts étaient serrés dans l'intimité convulsante et il redoubla d'ardeur sur le membre, sa langue rejoignant la danse.
Cette fois-ci, il dû prendre un peu plus de temps avant de pouvoir bouger ses doigts. Son antre se détendait au fur et à mesure qu'il aspirait le sexe sans relâche. Iwaizumi se cambra quand il reprit ses mouvements en lui, dans une poussée plus profonde et soudaine, il poussa un cri qui raisonna comme une victoire pour le plus grand.
« Trouvé, Iwa-chan… »
Le surnommé haletait, beaucoup trop sollicité pour pouvoir tenir plus longtemps. Oikawa délaissa sa verge et continua les mouvements en lui, allant chercher une fois de plus cette boule de nerfs qui attiserait le désir et l'envie chez l'ailier. Ce dernier glissa une main sur son bras pour l'attirer à lui, étouffant ses cris et gémissements dans un baiser tendre, contrastant avec l'assaut qu'il subissait plus bas.
Tendu à l'extrême, le châtain se rendit compte lorsque son bassin se frotta contre la cuisse du numéro quatre qu'il était encore emprisonné de son caleçon. D'une main, il ôta la couche superflue et souffla de plaisir en sentant son sexe rebondir à l'air libre. Iwaizumi baissa les yeux sur la verge que seuls ses gémissements avaient réussi à mener à bout. Comme s'il lisait dans ses pensées, Oikawa mordilla son oreille et lui susurra :
« Tu vois dans quel état tu me met, Iwa-chan ? »
Le concerné répondit par sa main qui vint à la rencontre du membre dressé. Oikawa avait stoppé ses mouvements pour regarder la main du brun saisir son sexe et le pomper rapidement. Il gémit dans son oreille et ondula son bassin contre celui de l'ailier qui se cambra.
« Encore, murmura-t-il en cherchant son contact. »
Le passeur rit et reprit ses mouvements, heureux que son petit ami apprécie les doigts en lui. Il accéléra, butant sur la tâche qui envoyait le brun dans un nuage de plaisir prêt à exploser. Il n'en était pas très loin lui aussi et sa main retrouva la verge d'Iwaizumi pour y appliquer les mêmes va et vient. Ils gémirent de concert, leurs bouches se retrouvant sans s'embrasser. Leurs cerveaux étaient totalement déconnectés, et rien n'importait plus que le plaisir qu'il donnait et celui qu'il recevait.
Oikawa pensa alors qu'il ne faisait plus qu'un, que cette première étape décisive venait d'être passé et que son ami d'enfance lui avait totalement fait confiance.
« Iwa-chan… Je t'aime Iwa-chan… Tellement…
- Ah Tooru… Tu… Mmh… »
Une dernière poussée, un dernier mouvement, et les deux amoureux se cambrèrent l'un contre l'autre avant de jouir dans un soubresaut de plaisir. Oikawa gémit, Iwaizumi cria, et leurs lèvres se plaquèrent contre la peau de l'autre, étouffant la fin de leur jouissance qui avait jailli depuis leurs veines.
Le châtain s'effondra sur son petit ami, ses doigts quittant l'antre dans un grognement du plus petit. Ce dernier défit sa main des doigts du passeur pour venir caresser son dos. Son autre main, comme celle d'Oikawa, était poisseuse et maculée mais il n'en tint pas rigueur. Il était heureux. Pas seulement satisfait d'un désir nouveau, mais heureux. Heureux d'avoir partagé ce moment avec Oikawa, heureux de l'avoir fait avec lui. Il n'en était pas encore à la fameuse étape, mais c'était déjà beaucoup pour lui. Et symbolique. Il sourit en frottant son nez contre la tempe du plus grand.
« Iwa-chan… »
Oikawa reprenait doucement son souffle en souriant bêtement. Lui aussi était heureux qu'Iwaizumi lui ait accordé sa confiance. Il avait tellement envie de son brun et ils venaient de franchir une étape cruciale qui les rapprochait encore plus. Et rien ne pouvait rendre le châtain plus heureux.
Le plus petit bougea sous lui et il se redressa sur les coudes pour le voir tendre la main vers son bureau. Il se leva et attrapa les mouchoirs en riant.
« Je peux savoir pourquoi ça te fait rire ? maugréa l'ailier en essuyant sa main.
- Rien… Je suis juste heureux. »
Iwaizumi ne répondit pas et nettoya sa main avant de poser le mouchoir souillé sur sa table de nuit pour le jeter plus tard. Il attira son petit ami qui avait terminé de nettoyé ses mains, le prenant dans ses bras pour enfouir son visage dans son cou.
« Moi aussi, murmura-t-il, je suis heureux. »
Oikawa caressa ses cheveux en embrassant son crâne. Il vivait un véritable rêve depuis presque deux mois et il avait l'impression qu'il n'en descendrait jamais. Tant qu'il était avec Iwaizumi, il n'avait rien à craindre. Ce dernier se décala pour le regarder, un petit sourire aux lèvres.
« Une douche, ça te dit ?
- Une douche avec Iwa-chan ne se refuse pas ! »
Le brun rit à son tour et prit la main du passeur pour les mener à la salle de bain, jetant les mouchoirs au passage. Le châtain le taquina sous la douche, l'arrosant et le chatouillant alors qu'il lui hurlait d'arrêter. Il se laissait quand même faire, il adorait quand il avait toute l'attention de son capitaine. Les chamailleries finirent en câlin et, avant qu'ils ne prennent froid, ils se séchèrent rapidement pour retourner dans la chambre d'Iwaizumi. Ils s'emmitouflèrent dans les couvertures et se mirent face à face, leurs mains se retrouvant sous les draps.
« Je ne t'ai pas fait trop mal ? demanda Oikawa.
- C'était surtout gênant, au début. Mais… Je sais pas, c'était étrange. Mais j'en voulais toujours plus. C'est super addictif en fait.
- On le refera ?
- Oui. »
Le champion de Seijo rougit et Oikawa le prit dans ses bras.
« T'as pas faim ?
- Si un peu.
- Qui sort du lit alors ?
- On sortira tous les deux.
- Tu veux faire quoi là ?
- Tais-toi. Serre-moi juste dans tes bras. »
Le passeur rit doucement et berça son petit ami dans ses bras, comme demandé. Il posa son menton contre son crâne et ferma les yeux.
« Avec plaisir, Iwa-chan. »
Ils n'avaient pas beaucoup bossé ce week-end-là. Iwaizumi essaya de terminer ses devoirs en cours et Oikawa prit juste la peine d'inventer une excuse. Pendant les cours, le châtain n'arrêtait pas de repenser à ce qui s'était passé le week-end. Il était aux anges et poussait quelques soupires euphoriques de temps à autre. Ses camarades se posaient de plus en plus de questions, et le couple sentait bien les tensions des autres les concernant. Si Iwaizumi conservait son mutisme et son sale caractère, Oikawa trainait moins avec les filles et semblait même les fuir.
Les deux amoureux ne pouvaient plus se retrouver sur le toit pour déjeuner. Entre la pluie, le froid et le vent, ils avaient dû se trouver un autre endroit intime où manger, seuls. Ils auraient cependant dû savoir que l'intimité dans l'enceinte d'un lycée était souvent compromise…
Ils s'étaient trouvé un petit coin près du placard où on entreposait les affaires d'entretiens et de ménage, tout en bas de l'escalier de service. Ils n'y voyaient jamais personne et pensaient donc être à l'abri de quelconque regard. Ils avaient réussi à passer la semaine sans se faire prendre et étaient donc moins sur le qui-vive.
« On les rencontrera encore en final, comme d'habitude.
- Ce serait bien que les sales corbeaux se fassent battre avant, surtout par eux. Comme ça ils descendraient de leur petit nuage.
- Ne soit pas méchant, Shittykawa. Ça ne te va pas. »
Le passeur gonfla ses joues, vexé. Iwaizumi soupira et ébouriffa ses cheveux, comme il adorait le faire. Seulement parce que ça agaçait vraiment le châtain qui s'occupait toujours soigneusement de sa coiffure. Le champion se penchait pour l'embrasser lorsque des bruits de pas et un sifflement se fit entendre
« Nooooon, c'est une blague ? »
Les deux lycéens se statufièrent, leurs cœurs entreprenant une course effrénée dans leur poitrine. Ils se tournèrent d'un bloc vers les arrivants, et leurs visages se décomposèrent lorsque leurs regards tombèrent sur le capitaine de l'équipe de baseball et sa copine. Masaru était le prototype même du bourrin exécrable, capitaine d'équipe uniquement parce que ça faisait beau. Et sa copine, aussi peu évoluée que les autres, avait d'abord harcelé le beau passeur de Seijo avant de jeter son dévolu sur l'autre capitaine. Oikawa déglutit en passant son regard entre les deux lycéens et Iwaizumi se leva.
« Iwa…
- T'as un problème peut-être ? »
Oikawa se mordit la lèvre. Son petit ami était très soupe au lait, mais il ne s'attendait pas à ce qu'il cherche des noises à quiconque au lycée pour leur couple.
« Ça se pourrait, rétorqua Masaru en croisant les bras sur son large torse, c'est ton capitaine la tarlouze que t'allais embrasser ?
- Tu l'as appelé comment ? »
Le châtain vit nettement une aura agressive et sombre envelopper son Iwa-chan. Il se leva pour s'approcher de lui, tenter de le calmer mais eut à peine le temps de faire un pas que le regard du baseballeur le fit frissonner d'appréhension.
« J'ai dit que ton capitaine était une tarlouze. Et toi aussi, par la même occasion. J'étais venu trouver un coin tranquille pour bécoter ma copine, et voilà que je tombe sur le bourreau des cœurs se faire bourrer par un mec. A moins que ce soit toi qui te fasses bourrer, hein Iwa-chan. »
Masaru avait bien insisté sur le surnom, crispant les deux amoureux. Iwaizumi bouillait de rage et son poing se serra à en faire blanchir les jointures.
« Bah alors, Oikawa, tu tiens pas ton petit chien ?
- Arrête, Masaru…
- Je t'ai rien demandé toi, tu vois l'état de ton petit Oikawa-san ? Ça te fait marrer d'être tombé amoureuse d'une tapette ? »
Le poing partit tout seul et alla s'écraser sur la mâchoire du baseballeur. Ce dernier vacilla sur ses pieds avant de relever la tête, une main contre sa mâchoire alors que ses yeux mitraillaient le brun. Iwaizumi tremblait, son regard noir ne faiblissait pas face à la stature du plus grand.
« Toi je vais te- »
La sonnerie tira les deux couples de la mauvaise situation qui s'envenimait très vite, mais pas de la colère des deux lycéens qui se toisaient encore avec véhémence. Masaru fut le premier à partir, suivit de sa copine qui regardait encore le couple avec surprise. Iwaizumi baissa son poing et ses épaules s'affaissèrent. Oikawa se rapprocha doucement de lui, ses dents mordant toujours sa lèvre et son cœur serré par la tristesse.
« Iwa-chan…
- C'est rien, on ferait mieux d'aller en cours. »
Le châtain effleura l'épaule de son petit ami qui ne prit pas la peine de le regarder avant de monter les escaliers pour se rendre en cours. Oikawa prit une grande inspiration et secoua la tête. Il avait envie de pleurer, à l'instant-même, mais il claqua ses mains sur ses joues en se murmurant de se reprendre. Ce moment aurait bien dû arriver, mais de cette façon, c'était loin d'être la meilleure situation. Il soupira, et monta à son tour les escaliers, le cœur lourd en pensant à Iwaizumi.
L'après-midi de cours se déroula comme toutes les autres. Pas de murmures ou de regards indiscrets, Oikawa se demandait quand la bombe exploserait-elle. Pour couronner cette journée déjà bien pourrie, Kindaichi vint le voir à la pause pour lui dire que l'entraînement était annulé, leurs coachs devant se réunir pour le programme des préliminaires.
« Comme s'ils avaient besoin d'une après-midi entière, grogna le passeur en sortant de sa salle de classe. »
Il se traina jusqu'à la cours où il croisa le regard mauvais et le sourire gras de Masaru. Il serra les dents et essaya de l'ignorer, portant son regard vers la grille du lycée. Il ne sut pas pourquoi il se sentit heureux et soulagé d'y voir Iwaizumi. Il avait cependant l'air sombre et fixait un point dans le ciel. Il s'arrêta à quelques pas de lui et se gratta la nuque. La situation ne lui plaisait pas du tout.
« On y va, fit le brun en coupant son flot de pensées. »
Il ouvrit la bouche pour répondre mais le champion partait déjà. Il lui emboita le pas, le cœur lourd comme ce midi quand il était parti sans rien dire. Il fallait absolument qu'ils aient une discussion, sinon le passeur se doutait qu'il n'allait pas du tout aimer la suite des évènements.
Ils marchèrent en silence jusqu'au croisement. Oikawa sentit son cœur se serrer en voyant que le brun l'attendait à peine. Il se mordit la lèvre une nouvelle fois. Il voulait lui prendre la main, l'attirer à lui pour lui dire que ce n'était pas grave, que ça s'arrangerait et qu'il l'aimait… C'était ça le plus important non ? Il l'aimait…
Il fut tiré de ses pensées en heurtant le dos d'Iwaizumi. Ce dernier s'était arrêté en arrivant au bout de leurs rues. Oikawa déglutit en voyant ses poings serrés et il hésita à poser sa main sur son bras. Son ami d'enfance ne lui avait jamais paru aussi loin de lui. Il sentit les larmes lui monter aux yeux et baissa la tête pour essayer de cacher son désarroi.
« Ça ira, entendit-il murmurer. »
Il releva la tête, Iwaizumi lui tournait toujours le dos.
« Ça va aller ! »
Le brun se retourna subitement, faisant sursauter le plus grand. Iwaizumi se mordait lui aussi la lèvre et ses joues rougissaient de colère. Oikawa se sentit d'un coup très faible et il serra ses mains ensemble, comme pour garder contact avec la réalité.
« On s'en fout de ce connard, reprit le champion, de toute façon on aurait dû le dire un moment ou un autre… Mais ça changera rien, j'assumerai ce que je ressens. J'ai juste pas supporté qu'il t'insulte. Personne n'aura jamais le droit de t'insulter. Je les aurais tous s'il le faut.
- Tu ne peux pas te battre avec tout le lycée, Iwa-chan…
- Je le ferai s'il y'a besoin. Je veux pas que tu te sentes mal.
- Pourquoi je-
- Je sais que c'est important pour toi, l'image que tu véhicule aux autres. Et je sais aussi que tu as peur. Mais tu m'as dit que rien ne pourra jamais nous séparer, alors je ne laisserai personne le faire.
- Iwa-chan… »
Une première larme coula le long de sa joue, suivit d'une autre. Il balbutia quelques mots inintelligibles et ses émotions explosèrent d'un coup. Sa tête lui tourna et il sanglota, montant ses mains à ses yeux pour tenter d'essuyer ses larmes. Il ne voulait pas qu'on le sépare de son Iwaizumi, jamais. Il avait eu peur que ce dernier remette tout en question à cause d'un pauvre crétin. Mais il était là, devant lui, à lui dire qu'il serait toujours ensemble et pour toujours.
« Iwa… I… Iwa-chan…
- Arrête de pleurer, Bakawa… »
La voix du plus petit était tremblante. Oikawa sentit deux mains se poser sur les siennes et il vit Iwaizumi le regarder avec une profonde attention. Il hoqueta et le brun le prit dans ses bras, le serrant à lui en briser les os.
« Tooru… Ne pleure pas, je t'ai dit que ça irait…
- Je… Je sais Iwa-chan mais… Mais j'ai eu peur… Pendant un moment j'ai eu peur que tu changes d'avis et que tu… Que nous… »
Iwaizumi se décala légèrement et prit son visage en coupe pour pouvoir plonger ses yeux dans les siens. Ils brillaient, et Oikawa sentit que le brun était tout aussi prêt à pleurer.
« Que je changes d'avis ? Tooru, tu es vraiment un abruti. Je suis désolé de ne pas t'avoir parlé tout de suite après… Après ce qui s'était passé ce midi. Mais tu es quand même un abruti d'avoir pensé que je ne voudrais plus de toi.
- Iwa-chan… Pourquoi tu m'insultes toujours d'abruti ?
- Parce que tu l'es. Mais c'est comme ça que je t'aime. »
Oikawa écarquilla les yeux. Iwaizumi ne le lâcha pas du regard et il se demanda s'il avait vraiment bien entendu. Ses larmes s'étaient arrêtées, et son cœur accéléra brusquement dans sa poitrine.
« Iwa-chan…
- J'ai compris que si je voulais pas que qui que ce soit te blesse, c'est parce que je t'aime. J'ai… Jamais été clair dans mes sentiments alors que toi tu me répètes sans cesse que tu m'aimes… Ça m'a fait tellement de mal que cet enflure parle de toi comme ça, t'avais l'air si désemparé que j'ai pas réfléchi… Et en fait la conclusion s'est imposée d'elle-même… Je t'aime tellement que je laisserai personne te parler de cette façon. Même si je dois leur détruire la mâchoire un par un. Et je sais que tu serais prêt à tout pour moi aussi, comme devant mes parents… Je pense pas être capable d'aimer qui que ce soit plus que toi…
- Iwa-chan ! »
Oikawa ne put empêcher ses larmes couler à nouveau, et il sauta dans les bras de son petit ami, balbutiant des « Iwa-chan » à tout va. Le nommé enfouit sa tête dans le cou du châtain, agrippant son t-shirt alors qu'il se mettait lui aussi à pleurer. Il l'aimait cet abruti, et il voulait pouvoir le tenir dans ses bras pour toujours. Après quelques minutes d'une étreinte interminable, les deux amoureux s'éloignèrent une nouvelle fois, les mains d'Oikawa serrant celles du brun qui rougissait de sa déclaration. Le châtain sourit de toutes ses dents, envoyant une décharge au plus petit. Il savait très bien pourquoi il était tombé amoureux de lui.
« Iwa-chan, je t'aime !
- Moi… Moi aussi… Je t'aime… Mais ne t'attend pas à ce que je te le dise toutes les secondes non plus, Shittykawa !
- Iwa-chan ! T'étais plus mignon quand tu m'appelais par mon prénom…
- Je ne suis pas mignon ! »
Oikawa éclata de rire, de ce rire franc et joyeux qui gonflait le cœur du brun de bonheur. Il essuya ses larmes de son poignet et le châtain le reprit dans ses bras.
« Je pourrais te tenir la main en allant en cours demain ?
- N'y pense même pas.
- Mais Iwa-chan ! Tout le monde saura qu'on est ensemble de toute façon…
- C'est pas une raison. »
Le passeur fit la moue et Iwaizumi soupira. Finalement, tout était retourné à la normal, et le couple sourit, complice. Ils affronteraient le lycée ensemble le lendemain, quoi qu'il s'y passe. Oikawa était à présent le plus heureux des hommes, et même la pensée des regards et des chuchotements à leurs égards qu'ils subiraient le lendemain ne le faisait pas déchanter. Il protégerait son ami d'enfance, quoi qu'il en coûte. Parce qu'il l'aimait, parce qu'ils s'aimaient, et que rien ne le rendait plus heureux.
Oikawa passa la nuit à harceler son petit ami par messages. Il n'avait pas envie de dormir, la déclaration du brun raisonnant encore dans son cœur et son esprit. Le châtain ne fut pas étonné de se faire frapper par l'ailier le lendemain matin, et il le vit bailler tout le long du chemin. Mais Iwaizumi lui avait répondu toute la nuit, même en s'étant plaint la plupart du temps.
L'ambiance changea subitement lorsqu'ils posèrent pieds dans l'enceinte du lycée. Ils souriaient, mais ils savaient tous les regards posés sur eux. Oikawa tourna le sien vers son petit ami pour vérifier qu'il ne s'inquiétait pas. Iwaizumi affichait un visage serein, un petit sourire en coin. Il émit un petit rire et le couple continua d'avancer jusqu'à l'intérieur de l'établissement.
Les premiers murmures se firent entendre. En même temps, ils avaient choisi d'arriver ensemble, attisant ainsi les rumeurs et les coups d'œil de tous. Masaru n'avait pas chômé.
« Oikawa-san !? »
Et elles n'avaient pas attendues, elle non plus. Le nommé se retourna vers un groupe de filles qui se pressaient les unes contre les autres, jetant des coups d'œil à Iwaizumi qui se tenait toujours à côté de lui.
« Oui ?
- C'est… C'est vrai ce que Miyoko nous a dit ? Tu… Vous sortez vraiment ensemble ? »
Oikawa se retint de rire. Il jeta un œil à son petit ami qui avait haussé un sourcil, curieux. Le châtain sentait qu'il n'allait pas tarder à être agacé aux vues des groupuscules qui se formaient un à un. Il retourna son attention vers les lycéennes.
« Oui.
- Sérieusement ? demanda une autre.
- Oui, sérieusement. Je sors avec Iwa-chan, que ça vous plaise ou non. »
Ils virent certaines faire la moue, d'autres se plaindre et mêmes quelques-unes se mettre à pleurer. Elles paraissaient surtout tristes de le voir en couple, avec un homme de surcroît.
« Mais, tenta une troisième, ça veut dire que tu es gay ?
- Mmh, oui. On peut dire ça aussi.
- Et les filles avec qui tu étais sorti ?
- C'est compliqué. Les filles, il n'y a rien de plus à dire. J'aime Iwa-chan et c'est tout. »
Le sourire faux qui leur servait habituellement en éloigna la plupart. Un petit groupe resta quand même, épiant encore le champion qui soupira, leur lançant un regard noir.
« Vous avez quoi ?
- Iwa-chan, doucement…
- Tu n'as pas intérêt à le blesser ! »
Les deux amoureux haussèrent les sourcils, surpris.
« Si tu blesses Oikawa-san, tu le regretteras !
- Vous êtes sérieuses ? fit Iwaizumi, à deux doigts de rire.
- Vous êtes mignons, mais ça ne change rien. Et le fait qu'on monte un club pour vous ne changera rien non plus ! Fait attention à lui. »
Et elles s'en allèrent à leur tour, laissant le couple bouche bée devant leur déclaration. Oikawa éclata de rire, provoquant l'agacement du brun qui envoya son poing rencontrer son épaule.
« Oh Iwa-chan, ne me fait pas de mal, tu as tout un club derrière nous ! »
Le passeur hilare posa sa main sur l'épaule de son champion qui faisait la moue.
« Elles sont justes folles, je comprendrais jamais les filles. »
Oikawa se calma quelque peu et regarda son petit ami d'un air taquin.
« Tu n'as pas à les comprendre de toute façon, tu es avec moi. »
Iwaizumi sourit aussi et secoua la tête.
« Je sais. »
Ils changèrent leurs chaussures, riant encore du phénomène féminin et s'arrêtèrent en chemin en voyant une ombre menaçante leur barrer la route. Iwaizumi s'avança instinctivement devant son petit ami, le protégeant du capitaine de l'équipe de baseball qui les regardait narquoisement.
« Pensez pas que tout le monde sera comme elles. Elles sont justes tarées.
- T'as eu ce que tu voulais de toute façon. Maintenant tout le monde le sait alors fous nous la paix.
- Oh non, c'est pas finit. Joue pas au con avec moi, Iwaizumi. Sinon ta poule va en baver. »
Le brun serra les poings et ses yeux s'assombrirent brusquement, prêt à en découdre une bonne fois pour toute avec Masaru. Il allait attaquer, ignorant la voix d'Oikawa lorsqu'une main se posa sur son épaule et deux silhouettes l'encadrèrent.
« Les cours vont commencer, vous allez pas vous battre dans le lycée et attirer les profs, si ?
- Et Masaru, ça s'appelle de l'homophobie ce que tu fais. Tu serais expulsé. »
Le nommé toisa les deux nouveaux venus et grogna, frustré de ne pas avoir pu continuer son intimidation. Il repartit vers son équipe qui les regardait avec le même air mauvais et les lycéens soupirèrent de soulagement.
« Makki, Mattsun… Merci. »
Les deux interpellés sourirent à leur capitaine, lui signalant qu'il n'y avait pas de problème. Iwaizumi fronça les sourcils.
« De rien, Iwaizumi, sourit Matsukawa en lui tapotant l'épaule, mais on sera pas toujours là pour vous sauver la mise.
- Je refuse qu'il insulte Oikawa.
- Oikawa ? A merde, j'étais persuadé que tu l'appellerais par son prénom maintenant, se plaint Hanamaki.
- J'ai gagné.
- Mmh.
- Il m'appelle Tooru, quand on est que tout le deux !
- Ah, t'as pas gagné ! »
L'as de Seijo regarda ses deux amis se chamailler. Il leur pinça les joues et ils grognèrent en frottant leur peau rougie.
« Vous pariez sur nous ?
- Bah, vous étiez tellement indécis et drôle à regarder qu'on a décidé de pimenter le jeu, leur révéla Matsukawa.
- Du coup on a fait des paris.
- Vous êtes deux pauvres crétins.
- Et vous avez parié quoi d'autre ? »
Iwaizumi lança un regard tout aussi noir à son petit ami qui gloussa. Ils n'étaient même pas surpris que leurs deux amis de troisième année ne soient pas étonnés de la nouvelle. Au lieu de ça ils pariaient gaiement sur leur couple. Ils allaient néanmoins répondre à leur capitaine lorsque la sonnerie retentit, les coupant dans leur discussion.
« On vous dira à l'entraînement, déclara alors le central.
- Faites quand même attention à vous, tout le monde ne s'en fout pas, ou est ravi de cette nouvelle. Masaru va s'en donner à cœur joie.
- On sait, grogna l'ailier.
- Surtout toi Iwaizumi, ne te laisse pas énerver par le premier connard venu. »
Le brun ne répondit pas et les deux autres laissèrent le couple pour se diriger en cours. Oikawa glissa sa main sur son bras, lui souriant devant son air inquiet.
« Ça va aller, hein ? On se l'est promis hier.
- Oui. Ça va aller, c'est pas si terrible pour le moment. »
Iwaizumi tenta un sourire pour rassurer son petit ami et ils partirent eux aussi en cours, regrettant soudainement de ne pas être dans la même classe. Les regards continuaient à les suivre et Oikawa se permit d'effleurer la main du brun avant de rentrer dans sa salle de classe.
« On se voit pour manger.
- Ouais. A toute à l'heure. »
Ils se sourirent une dernière fois et Iwaizumi se rendit à sa classe. Il essaya de ne pas marmonner au silence qui l'accueillit, ses camarades le regardant s'asseoir à sa place sans oser lui parler. Il posa son sac sur la table et regarda à peine les autres, retenant son visage de sa main alors qu'il le tournait vers la fenêtre. La journée serait longue si tout le monde décidait de l'épier sans oser lui parler. Il avait hâte d'être à l'entraînement…
Oikawa eut un tout autre spectacle lorsqu'il franchit la porte de sa salle de cours. Les garçons le toisèrent avec un sourire gras, alors que les filles se jetèrent sur lui, pleurant ou des étoiles pleins les yeux. Elles lui posèrent mille et une questions sur sa relation et il eut l'impression qu'il allait se noyer. Il se passa une main dans les cheveux, souriant bêtement et essayant de ne pas faire attention aux regards mauvais de ses camarades masculins. L'arrivée de leur professeur calma le jeu, et il put aller s'asseoir sans plus d'histoire, ses pensées dérivant vers son petit ami. Il espérait que ça irait pour lui et qu'il ne s'énerverait pas trop facilement.
Ils n'eurent pas trop de problème pendant la journée. Leur déjeuner fut interrompu par une horde de « fans » souhaitant une interview et des photos, vite dégagée par le brun qui commençait déjà à en avoir marre. La situation faisait rire Oikawa qui était rassuré que la moitié du lycée, au moins, ne soit ni dégouté ni enclin à leur faire vivre un enfer.
Pour le moment, les garçons qui les regardaient avec dégout ou jugement ne venaient pas leur chercher des problèmes. Ils avaient été plutôt tranquilles, à leur grand soulagement. Il restait maintenant la réaction de leur équipe, qu'ils appréhendaient tout autant, voire plus. Ça leur ferait vraiment mal si un de leurs amis et camarades de jeu se décidait à les haïr à cause de leur amour l'un pour l'autre. Même si la plupart s'en fichait au final, c'était ceux qui ne supportaient pas la différence qui prenaient plus de place et pouvaient leur pourrir la vie.
Devant la porte qui menait au gymnase, et après s'être changés à la va vite à cause de leur retard, Oikawa déglutit. Il ne se sentait pas vraiment prêt à faire face à son équipe, dont il était pourtant le capitaine. Iwaizumi sentit son appréhension et il prit sa main, la pressant légèrement dans la sienne dans un geste de réconfort. Leurs regards se croisèrent et ils se sourirent.
« Ils t'admirent tous pour le joueur que tu es, Oikawa. Ils ne se mettront pas à te détester pour ça.
- J'espère que tu as raison.
- Tu verras que j'ai raison. »
Ils défirent leurs mains et le brun ouvrit la porte, attirant l'équipe déjà présente qui les regarda entrer ensemble. Iwaizumi agit normalement, allant retrouver les coachs tandis qu'Oikawa faisaient jouer ses doigts entre eux, preuve de son inquiétude. Ils furent vite rejoins par leurs amis de troisième année, qui seraient certainement de très bons alliés dans les prochains mois qu'ils allaient venir.
Les autres joueurs arrivèrent près de leur capitaine et de leurs coachs qui leur expliquèrent le déroulement des préliminaires. Oikawa l'écouta d'une oreille, épiant les mouvements et regards des autres. Rien d'hostile, ni même gêné. Certains le regardèrent à leur tour pour lui adresser un petit sourire et son cœur s'allégea. Il partit jouer avec son équipe, rassuré. Les ailiers titulaires avec qui il avait l'habitude de jouer se regroupèrent autour de lui pour savoir ce qu'ils devraient travailler aujourd'hui. Le châtain joua son rôle de capitaine sans faiblir, comme d'habitude. Iwaizumi le regarda, fier de son petit ami et resta un petit peu pendant que les autres allaient s'échauffer.
« Je te l'avais dit.
- Oui… Merci, Iwa-chan. »
Le surnommé haussa un sourcil.
« Merci d'être avec moi. »
Le brun sourit et ébouriffa ses cheveux, habitude qu'il avait pris depuis qu'ils sortaient ensemble. C'était pour lui un signe lui montrant qu'il était avec lui, quoi qu'il arrive. Oikawa l'avait bien compris et lui sourit à son tour, heureux de pouvoir toujours jouer au volley avec son ami d'enfance.
Les matchs d'entraînements s'enchaînèrent sans que son homosexualité maintenant découverte ne sorte dans les conversations. Il sentait le regard de Kyotani peser sur lui plus qu'à l'accoutumé, mais décida de s'en occuper après l'entraînement. Lorsqu'il fit une pause pour boire, il vit le coach lui demandant de venir le voir d'un signe de la main. Il se rapprocha en trottinant, demandant à ses camarades de jouer sans lui pour le moment. Irihata et Mizoguchi attendirent que l'adolescent soit à leur hauteur avant de lui parler de ce qui les tracassait.
« On a entendu parler de ce qui s'était passé ce matin, fit le plus âgé sans tourner autour du pot. »
Oikawa grimaça. Il n'avait aucune idée de ce que penseraient ses coachs concernant la nouvelle qui s'était répandu comme une trainée de poudre.
« On ne te juge pas, Oikawa-san, le rassura Mizoguchi, seulement on voudrait s'assurer que toi et Iwaizumi ne subissiez pas d'harcèlement au lycée. J'imagine que celui qui a lancé la nouvelle ne vous voulait pas que du bien.
- Vous imaginez bien… Mais ça devrait aller, ne vous inquiétez pas ! »
Le passeur leur servit son sourire enjôleur, et les deux coachs firent la moue. Ils connaissaient suffisamment leur capitaine maintenant pour se faire du souci, justement.
« Oikawa, reprit le plus âgé, ne fait pas le fier. S'il y a un problème, vient nous voir. »
Il hocha la tête, plus sérieux. Il se sentait rassuré d'avoir des adultes à ses côtés, dans le lycée. Il repartit jouer avec ses camarades jusqu'à la fin de l'entraînement. Celui-ci était de plus en plus intense aux vues des préliminaires qui arrivaient déjà la semaine suivante. Ils étaient stressés, mais avaient surtout hâte d'avoir une nouvelle chance de battre Shiratori Zawa.
Dans les vestiaires, Hanamaki et Matsukawa s'assirent à côté de leur capitaine, un sourire complice aux lèvres. Iwaizumi grogna, tout près d'eux.
« Ah oui, se souvint-il, les paris.
- Ça s'est fait quand ? demanda le brun.
- Juste avant la rentrée.
- Pendant votre ciné ? C'est pour ça que tu rigolais ? »
Oikawa hocha la tête et le rose lança un « yes » qui fit rire les autres joueurs présents dans le vestiaire. Iwaizumi leva les yeux au ciel et le central enchaina avec une autre question.
« Qui a embrassé l'autre en premier ?
- C'est pas un peu intime comme question ? les taquina le châtain.
- Oh allez, j'ai parié sur Iwaizumi, fit Hanamaki.
- Raté.
- C'est pas pour autant que je suis resté les bras ballants comme une fille, grogna le champion. »
Tout le vestiaire rit une nouvelle fois et Oikawa se permit d'ébouriffer les cheveux de son petit ami à son tour.
« Ça fait deux-un pour moi, lança Matsukawa en laçant ses chaussures. Soit plus perspicace la prochaine fois.
- Ah tais-toi. On n'a pas fini, mais on évitera de poser les prochaines questions devant tout le monde. »
Cette fois-ci, le couple se mit à rougir sous l'éclat de rire de leurs camarades. Kindaichi retint le brun qui s'apprêtait à frapper ses deux amis. Oikawa cachait son visage dans son t-shirt, à la fois gêné et heureux de cette situation. Toute l'équipe semblait les soutenir, et ça lui faisait vraiment chaud au cœur. Personne ici ne les jugeait ou les insultait et il se mordit la lèvre en pensant que, vraiment, ils étaient comme une petite famille.
Ils terminèrent de se changer dans le brouhaha et le chahut ambiant d'une équipe de lycéens surexcités, qu'un entraînement pré-préliminaires n'avait pas réussi à achever. Iwaizumi partit avant le châtain pour aller leur acheter des boissons au distributeur. Oikawa le regarda partir avec les autres et il sourit, comme une mère en voyant ses enfants rire ensemble. La nouvelle de leur relation n'avait vraiment rien changé entre eux, et ils en riaient même. Il se dit alors que vivre amoureux avec le champion ne serait pas qu'un rêve.
« Oikawa. »
Il venait de sortir des vestiaires à son tour quand une voix qu'il reconnut très bien le retint. Il se retourna vers Kyotani, son éternel visage fermé lui faisant face.
« Oui, Kyoken-chan ? »
Le blond avait arrêté de se préoccuper du surnom que lui avait donné son capitaine, trouvant lui-même qu'il lui allait assez bien finalement.
« Tu sors vraiment avec Iwaizumi ? »
Oikawa se positionna en face du joueur, les sourcils froncés. Il se doutait où l'ailier voulait en venir, et il savait que ça n'allait pas vraiment lui plaire. Iwaizumi était à lui, et personne d'autre ne l'aurait.
« Oui, on est ensemble. Tu nous as bien entendus dans les vestiaires.
- Je voulais être sûr. »
Kyotani fit un mouvement pour avancer et le passeur le retint en empoignant son bras.
« Je suis presque sûr de savoir à quoi tu penses concernant Iwa-chan. Je le connais depuis bien plus longtemps que toi, et j'en suis tombé amoureux avant même que tu le rencontres. Alors fais attention, Kyoken-chan. »
Le regard du surnommé se fit plus dur et ses sourcils se froncèrent plus, si c'était encore possible. Il se dégagea brusquement de l'emprise de son capitaine.
« Toi aussi fais attention alors, un seul mauvais pas et je serai là. »
Il partit sans plus de considération et Oikawa le regarda lui tourner le dos en soupirant. Kyotani n'était pas vraiment une menace pour lui, mais il préférait qu'il sache que son Iwa-chan était pris et comblé. Il secoua la tête au même moment où son portable vibrait, lui indiquant que le brun l'attendait. Il le rejoignit en souriant, le cœur léger. Même si le chien fou avait presque avoué qu'il en pinçait pour l'as de Seijo, il n'avait pas dit qu'il le mettait au défi ou une connerie du genre. « Ça lui passera » pensa Oikawa en voyant son petit ami près du portail.
Ils discutèrent des éliminatoires tout le trajet. L'esclandre du matin avec Masaru leur était complétement sorti de la tête et la journée avait été plutôt bonne vu ce qu'ils avaient imaginés. Ils arrivèrent rapidement – trop rapidement au gout du châtain- au croisement où ils devraient se séparer. Iwaizumi glissa sa main dans celle d'Oikawa et la pressa doucement.
« Je suis content que ça se soit bien passé, dit-il.
- Je m'attendais vraiment à pire, pour être honnête, rit le châtain.
- On n'en a pas fini avec Masaru mais… Je le laisserai pas t'insulter ni te faire du mal. »
Oikawa sourit et se réfugia dans les bras musclés du brun qui caressa son dos. Même si le passeur était plus grand que lui, il savait que ce dernier avait besoin d'être protégé et rassuré.
« Kyotani m'a dit que si je merdais il serait là pour te récupérer.
- Comme si t'allais merder.
- C'est pour ça que je l'ai pas pris au sérieux. »
Iwaizumi prit ses épaules pour l'écarter un peu, un sourire espiègle ornant ses lèvres.
« Ça veut pas dire que j'ai envie qu'il t'approche pour autant…
- Je te l'ai déjà dit, Bakawa, il n'y a que toi. »
Le concerné retrouva une nouvelle fois les bras de son petit ami et ils se serrèrent avec force dans l'un contre l'autre. Oikawa inspira longuement l'odeur rassurante du brun pendant que celui-ci caressait son dos. Ils restèrent un petit moment comme ça, le soleil terminant sa descente pour laisser place à une obscurité bienveillante. Iwaizumi embrassa le cou du châtain qui gloussa, et ils se séparèrent à contre cœur.
« Ça va être l'heure de rentrer, fit le plus petit, faut qu'on soit en forme pour les préliminaires.
- On va tout défoncer.
- Compte sur moi. »
Leurs yeux brillèrent et ils rirent comme des enfants.
« Je suis tellement heureux de jouer avec toi, Iwa-chan.
- Moi aussi, je suis vraiment bien avec vous tous… Avec toi.
- Avec moi surtout ?
- Oui. Merci Tooru. »
Le nommé rougit et une main attrapa sa nuque pour le faire se pencher. Leurs lèvres se rencontrèrent avec douceur et ils savourèrent ce baiser qu'ils attendaient depuis le matin. Ils n'avaient pas beaucoup d'occasion de s'embrasser ou d'être trop tactiles au lycée, même si tout le monde était au courant maintenant. Ils n'avaient pas trop envie d'attiser la jalousie de certaines filles ou la haine d'autres garçons.
« Je t'aime, souffla le passeur lorsque le baiser prit fin, vraiment beaucoup.
- Je t'aime aussi Tooru.
- Et j'adore quand tu m'appelles par mon prénom.
- Je sais. »
Leurs fronts se posèrent sur celui de l'autre et ils laissèrent le silence de la nuit les envelopper. Leurs mains se caressèrent doucement et ils furent coupés par les vibrations du portable d'Oikawa.
« Je crois que c'est vraiment l'heure d'y aller, rit le brun.
- J'ai pas envie de rentrer.
- Moi non plus, mais on a des matchs à gagner. On en profitera après les éliminatoires. »
Leurs corps se séparèrent une bonne fois pour toute et Iwaizumi prit la direction de sa maison en adressant un dernier signe à son petit ami. Oikawa le regarda partir en souriant, son portable dans la main. Il grogna quand il le sentit vibrer à nouveau et jura en voyant l'heure. L'excuse du petit ami ne marchait plus maintenant et le châtain courut donc jusqu'à sa maison, ne pouvant s'empêcher de rire. Il était vraiment heureux à cet instant-même, et se fit la réflexion qu'il l'était depuis bien deux mois maintenant. Il avait l'impression que rien ne pourrait entacher son bonheur, et que tout se passerait bien. Il semblait presque avoir oublié à quel point la vie ne laissait pas tous les cadeaux qu'on voulait. Ce n'était qu'une question de temps.
Je ne jure, pratiquement, que par les happy ends toutes fluffy. Mais vous imaginez bien qu'avant ça il peut se passer plein de choses...
Cette partie était plutôt soft et tout en mignonitude, mais ça ne va pas tarder à se gâter, la troisième partie sera plutôt éprouvante. Il y aura aussi l'ultime lemon pour celles que ça intéresse, et comme ce sera la dernière partie et bien... Elle sera riche en émotion ça c'est sûr !
J'espère que ça vous a plu, comme je l'ai écris plus haut, n'hésitez pas à laisser un petit commentaire, pour me dire ce que vous en pensez. Dites moi aussi si vous voulez avoir plus de détails ou de moment privilégiés à certains personnages, j'essaierai de donner plus d'actions à l'équipe de volley, et pourquoi pas d'autres personnages extérieures au lycée Seijo.
La partie finale arrivera normalement jeudi prochain (étant donné que je pars le vendredi et pour tout le week end, j'espère pouvoir vous la poster avant le week end x), j'essaye de l'écrire au plus vite tout en prenant le temps de ne pas la bâcler bien sûr !
Merci d'avoir lu et à la prochaine !
