Hello !

En avant pour la deuxième épreuve de Ben et des Oubliés )

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The Good Boy and the Beast

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Chapitre 2 : la glace du démon

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Ben était assis sur le canapé de sa chambre, le regard rivé sur les flammes qui dansaient dans la cheminée. Toute sa journée avait consisté à rassurer tout le monde sur sa condition et à jurer ne pas savoir comment il était redevenu humain. Marraine la bonne fée avait particulièrement insisté pour l'interroger mais Ben n'avait fait que confirmer sa version : il s'était réveillé d'un coup en tant qu'humain au milieu de la grande cage.

Pourquoi avait-il menti ? Il n'était pas sûr de le savoir lui-même. Simplement… Personne, absolument personne à part Carlos n'avait vu ce peigne planté sur sa tête, pas même Marraine qui avait pourtant eu plusieurs fois le nez dessus, pas même ses parents qui l'avaient tendrement effleuré, le visage triste et compatissant, tandis qu'il était maintenu par les gardes. Si ni Marraine la bonne fée ni ses parents n'avaient vu l'objet, pouvait-il seulement imaginer qu'il avait existé et croire que son imagination ne lui jouait pas des tours…

Et puis, il savait que si les gens apprenaient qu'il y avait bien eu quelqu'un pour lever le sortilège mais qu'il ne souvenait de rien, le château se serait transformé en lieux de cauchemar pour lui… Il n'avait rien contre un peu d'attention voir même du fan service mais… Des dizaines de jeunes filles lui assurant être son amour éternel ? Voir son nom inscrit dans une nouvelle légende d'Auradon et lui faire perdre le peu d'intimité qu'il possédait encore ? Et devoir supporter les regards fiers de ses parents… Heureux de l'aventure magique de leur fils qui allait le faire entrer dans les légendes… Non merci. Il se sentait tout sauf fier de ce qu'il s'était passé.

Ben resserra les bras autour de son torse tant pour lutter contre le froid de la nuit que contre les doutes qui le ravageaient de l'intérieur. Il avait été un monstre, une bête sanguinaire. Il avait manqué tué des camarades et en avait au moins blessé quelques uns. C'était affreux. Un cauchemar dont les images sanglantes flashaient dans sa mémoire sans ordre ni logique.

Devant tout le monde il s'était montré souriant et rassurant, même devant ses parents. Il avait espéré l'espace d'un instant que son père, qui avait lui aussi vécu en bête, comprendrait ce qui se cachait derrière son sourire de pub Dentalmagique. Un espoir déçu.

Et maintenant il avait froid et il se sentait seul.

Alors qu'il ruminait sa peur de dormir et de se réveiller couvert de fourrures avec les mains griffues et des cornes sur la tête, un brusque coup de vent ouvrit sa fenêtre et fit claquer les battant contre le mur de pierres. Ben soupira, lassé, mais se décida à se lever pour la fermer.

Il était en partie penché au-dessus du vide quand un pic glacé, effilé comme une aiguille, transperça son dos pour se loger près de son cœur. Il n'eut pas le temps de comprendre ou de réagir que Diablo déversa le reste de sa bourse emplie de fragments de miroir maléfique sur le roi sans méfiance ni défense.

Ben s'affala sur le montant de la fenêtre alors que les morceaux partaient se loger dans son cœur pour l'entourer du gangue de glace, dans son esprit pour mieux transformer ses pensées en stalactites gelées, coupantes et dures, et dans son âme qui se recroquevilla sous l'assaut diabolique.

Quand Ben se releva et ferma la fenêtre, il ne ressentait plus la solitude ou la peur. Plus du tout. Et un sourire inquiétant ourlait désormais ses lèvres.

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Carlos entra sur le terrain du Tournoi en traînant des pieds. Jay adorait ce sport mais lui vraiment pas. Il y avait beaucoup de trop de risques de se faire blesser et ce de multiple façons ! Par les balles lancées dans la zone mortel, par les adversaires, par ses propres coéquipier, par Jay aussi, en tombant simplement ou en se prenant le ballon en pleine tête - ou en plein dans le ventre...

Ce n'était vraiment pas un sport pour lui mais personne ne lui demandait jamais son avis. Alors il était là, sur le banc de touche à prier pour que personne n'ait l'idée fabuleuse de vouloir l'embarquer sur le terrain. Il fut par conséquent aux premières loges quand Ben arriva, en retard et sans s'excuser, fonçant directement sur le terrain pour mieux attraper l'un des joueurs et l'envoyer valdinguer vers le banc de touche.

Après cela ce fut un carnage et Carlos se sentit deux fois plus content d'être à l'abri tandis que Ben – aidé par un Jay qui n'allait pas se priver du coup – déboitait la moitié des épaules des autres joueurs, les bousculant parfois sans aucune raison, marchant même sur leur cadav-… leur corps étendu au sol et envoyait de véritables boulets de canon, non pas dans les buts, mais directement vers la tête du gardien adverse.

Carlos avait sincèrement mal pour toutes les victimes, que ce soit dans son camp ou l'autre. Seul Jay semblait s'en être sorti sans dommage. Surement parce qu'il avait très vite pactisé avec le jeune roi pour démonter littéralement tous les autres joueurs...

Le coache aurait dû siffler la fin du match depuis longtemps mais il paraissait sonné par ce qu'il voyait. Carlos rassembla donc son courage et lui piqua son sifflet pour arrêter le massacre. Ben ne se fit pas prier pour balancer son équipement au bout milieu du terrain avant de s'en aller vers les douches, un sourire de pur plaisir sadique sur les lèvres qui fit frissonner d'effroi Carlos. Son prince gentil et agréable semblait être bien loin d'un seul coup. Ben paraissait désormais avoir l'esprit adéquat pour aller sur l'île de l'Oublie ! Quant à savoir ce qui lui arrivait…

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- C'est un sort, annonça sans hésitation Mal lorsqu'ils se retrouvèrent à la cantine.

- Comment tu peux en être aussi sûre ? contesta Jay. Si ça se trouve, il révèle juste sa vraie nature.

- C'est faux répliqua ! répliqua aussitôt Carlos en essayant de s'attaquer à son ami qui le repoussa sans mal et d'une seule main.

- Et si ça se trouve, demain tu deviendras un type généreux qui donnera tout ce qu'il a aux œuvres de charité, renifla Mal avec dédain en s'adressant au voleur. Écoutez, vous savez pourquoi Ben est arrivé en retard au Tournoi ? C'est parce qu'il taguait les murs et les casiers du lycée ! raconta la fille de Maléfique avec excitation. Et franchement, le résultat est pas mal du tout !

- Sérieux ? s'enquit Jay.

- Mais c'est pas lui, marmonna Carlos en touillant sa purée.

- A mon avis tu ne vas pas regretter longtemps sa métamorphose, remarqua Evie avec un sourire malicieux.

Carlos suivit son regard avec méfiance et ouvrit grand la bouche en voyant arriver Ben. Au revoir l'uniforme de l'école ou les costumes bleu et or, bonjour le jean clair à trous et à chaines et le tee-shirt noir avec des protèges poignets en cuir couvrant tout l'avant-bras !

- Oublie pas de respirer, se moqua Mal.

- Il est presque sympa son look, convint Jay avec une mauvaise foi évidente.

- Tu rigoles ? Il est a tombé ! s'extasia Evie.

Mal s'éclaircit bruyamment la gorge et Evie lui envoya un sourire d'excuse avant de lui prendre la main.

-Oh merde, il vient de piquer une pomme… J'crois que je suis amoureux, déclara subitement Jay.

En réponse à ce commentaire, il se reçut deux coups de pied et un coup de coude de la part de ses amis.

-Et v'la l'autre qui débarque, ronchonna Mal.

L'autre en question, alias Audrey, s'approcha de Ben avec l'apparente intention de lui faire quelques remarques sur son comportement et sa tenue. Elle n'eut malheureusement - heureusement ? – pas le temps de le faire puisque Ben démarra juste avant une bataille de nourriture dans laquelle la jeune princesse fut une grande victime collatéral. Il se dirigea ensuite tranquillement vers les Oubliés tandis que le chaos se répandait derrière lui et s'assit à leurs côtés.

- Salut ! Alors, vous avez prévu des trucs sympa aujourd'hui pour remuer le poulailler ?

- On admire le travail de l'apprenti pour le moment, déclara prudemment Mal.

- Ouais, c'est vrai que vous êtes bon pour observer mais l'action… On ne peut pas dire que vous ayez brillé par vos coups d'éclat, ricana Ben. Je vais vous montrer, moi, ce que c'est que d'être un méchant !

- Mais tu n'es pas un méchant, remarqua Carlos, l'espoir bloqué dans sa gorge.

- Qu'est-ce t'en sais… Mi… Minus, gronda Ben en détourna le regard des yeux tristes du décoloré. Vous allez voir, je vais faire un vrai coup de maître ! Et il me fera entrer au panthéon des méchants d'Auradon !

- Pas si j'ai mon mot à dire ! fit la voix sèche et préoccupée de Marraine la bonne fée en se plantant à côté de leur table. Roi Ben, je vous prie de bien vouloir me suivre.

- Et si je refuse ?

- J'insisterai, déclara sombrement la fée, des gardes faisant soudain un pas dans sa direction.

Ben marmonna quelques insultes très original à l'intention de la directrice mais la suivit, contraint et forcé.

- Un sort, déclara à nouveau Mal sans l'ombre d'une émotion. Ou une malédiction.

- Tu as ça dans ton grimoire ? s'inquiéta Evie.

- Tu rigoles ? Si c'était le cas je l'aurais déjà utilisé et depuis longtemps… Imagine Marraine préférant faire de méchancetés que ses boobidie babidie boo ? Je n'aurais pas raté ça !

Evie dut admettre que c'était un bon argument. C'est vrai que ce genre de sort leur aurait été bien utile lorsqu'ils cherchaient encore à récupérer la baguette magique.

De son côté, Carlos se sentait plutôt mal. Certes, la nouvelle mode vestimentaire de Ben le laissait…. Waow. Pour faire simple. Mais si Carlos appréciait le physique du jeune Roi, c'était avant tout pour son caractère qu'il était tombé. Sa gentillesse, son soucis des autres, sa générosité et l'aura de confiance tranquille qu'il dégageait… Et tout cela s'était envolé comme par magie.

Carlos s'excusa rapidement auprès de ses amis et s'éclipsa jusqu'à sa chambre pour le reste de la journée, séchant allègrement les cours. L'état de Ben le désolait réellement et seul Dude réussit à le consoler un peu.

Il ne retourna auprès de ses amis que pour aller dans la salle de théâtre écouter l'annonce de Marraine la bonne fée. Cette fois, Ben n'était pas encagé ce qui était un bon progrès mais ça n'empêchait pas le blond d'être entouré de gardes qu'il foudroyait allègrement du regard. Nul doute qu'il aurait préféré être ailleurs histoire de perpétrer quelques mauvaises actions.

Carlos se mêla à ses amis positionnés dans le fond de la salle. Evie vint rapidement à ses côtés et posa un bras réconfortant sur ses épaules tandis que Mal levait les yeux au ciel. Et Marraine parla :

- Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, mesdamoiseaux, comme vous avez pu le constater aujourd'hui, notre roi n'est pas dans son état … Normal.

- Abrège vieille chouette, soupira Ben en faisant semblant de bailler.

Mal et Jay firent un grand sourire tandis que Marraine lui envoyait un regard noir. Elle s'éclaircit la gorge pour se donner contenance.

- Après avoir examiné notre roi, je peux vous assurer que ce dernier souffre d'une terrible malédiction. Son cœur s'est gelé et seul l'amour saura faire fondre cette glace et le libérer du mauvais-sort. Malheureusement, il semble que l'amour certes puissant mais filiale de ses parents ne soient pas… suffisant, indiqua Marraine avec gêne et une pointe d'agacement. J'en ai conclu qu'il fallait des sentiments plus forts et que seul un amour véritable, pur et… Romantique, saura faire fondre ce gel et nous rendre notre Roi. Par conséquent, à partir de demain le roi Ben reprendra les cours auprès de vous et nous espérons tous que la bonne personne viendra et le sauvera de son malheureux sort.

- Malheureux pour vous, contesta Ben. Moi je me sens très bien ! Je ne me suis jamais senti mieux !

- Ramenez le roi dans sa chambre, grinça Marraine la bonne fée aux gardes. Et veiller à ce qu'il n'en ressorte pas avant demain matin.

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- Moi je le préfère comme ça, commenta Jay alors que Ben se faisait emmener.

- Mais on se fiche de ton avis, railla Mal.

- Et maintenant ? s'inquiéta Carlos.

- Maintenant on attend et on voit comment ça se passe…

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Durant les deux jours suivants, l'état du roi Ben ne s'arrangea en rien. Les tags se multiplièrent, il sécha allègrement plusieurs cours et ce malgré les gardes attachés à lui qui passaient la moitié de leur temps à le chercher, il insulta bon nombre de professeurs ainsi que ses parents et réussit même quelques larcins sous le regard critique mais appréciateur de Jay. Bref, il était devenu un vrai méchant garçon, digne d'un descendant de méchant voire d'un méchant lui-même.

Quant au plan de Marraine la bonne fée… Disons, pour être gentil, que son succès fut discutable. Peu probant. Totalement inefficace en réalité. Plusieurs jeunes filles approchèrent Ben dans le but de l'amadouer, lui offrant cookies et gâteaux ou tout simplement leur cœur, mais le jeune roi se moqua simplement d'elles tout en de dévorant les biscuits ainsi gagnés.

Les Oubliés tentèrent de l'approcher pour le calmer un peu dans ses méfaits ou au moins lui apprendre les bienfaits de la discrétion, mais depuis leur rencontre à la cantine, Ben semblait tout simplement les éviter pour ne pas dire les fuir.

Il ne restait plus qu'une solution à Carlos pour parler à Ben et espérer le faire redevenir lui-même : aller le voir dans sa chambre la nuit. Pour ce faire, il dut demander à Jay et Evie d'occuper les gardes pendant qu'il entrait dans la pièce – Mal ne voyait pas l'intérêt d'intervenir , elle trouvait Ben bien mieux ainsi.

Une fois à l'intérieur de la pièce, Carlos trouva Ben allongé sur son lit, visiblement endormi. Timidement, il s'approcha de lui et secoua son épaule. Pas de réaction. Le roi dormait profondément semblait-il. Carlos s'assit du bout des fesses sur le lit et se racla la gorge nerveusement. Il n'était plus vraiment sûr que sa présence ou même ses mots puissent changer quoi que ce soit à l'état du blond. Il était venu un peu sur un coup de tête, encouragé par Evie, et maintenant il doutait.

Que pouvait-il bien dire à un Roi que ses parents, la fée du royaume, ses professeurs ou même ses admiratrices ne lui auraient pas déjà dit ? Pourtant il devait bien avoir quelque chose, sinon Ben serait redevenait lui-même, gentil et généreux, toujours honnête et serviable.

-Je me demande, souffla Carlos pris d'une soudaine inspiration. Est-ce que les gentils peuvent en avoir assez d'être vu comme des gentils ? Tout comme les méchants ne veulent parfois plus être méchant ? Tu nous as offert notre chance, à moi, Mal, Evie et Jay. C'est grâce à toi si on est ici et si on a pu prouver que nous sommes plus que juste de la mauvaise graine. Avant ça, je sais qu'Evie se sentait mal de n'être vu que comme une jolie poupée, que Mal était écrasé par l'ombre de sa mère et Jay par la cupidité de son père. Ça nous pesait d'être forcer à être… méchant, tout le temps. Est-ce que toi tu pourrais en avoir assez d'être juste… Un gentil ? Toujours souriant, toujours poli… Peut-être qu'en fait, tu en avais envie depuis longtemps, de dire merde, de faire des choses incorrectes, de te laisser aller au pire…

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Ben ne dormait pas. Il n'avait jamais dormi. Il avait entendu l'intrus entrer dans sa chambre et avait décidé de faire le mort pour mieux lui donner ensuite une peur de tous les diables. Et puis le garçon, puisque c'en était un à la voix, s'était mis à parler. C'était Carlos. Son envie de l'effrayer s'était aussitôt refroidie. Et maintenant, alors que le jeune homme lui parlait, il sentait son cœur contraint dans la glace se serrer et se tordre. Il ne comprenait pas comment ni pourquoi ce petit discours pouvait lui faire de l'effet alors qu'il ne ressentait plus d'émotions. Pas même de la culpabilité, de la peur ou de l'affection. Uniquement rien, un grand vide froid et sombre. Et pourtant son cœur se débattait dans la glace, comme cherchant à s'en échapper, à la briser.

- Ben, si c'est vraiment ce que tu veux, être un méchant, alors je n'aurais rien à dire mais… Mais je n'y crois pas, fit la voix de Carlos dans un reniflement. Tu n'es pas foncièrement méchant, tu es celui qui m'a appris à aimer Dude, qui a montré à Mal qu'il y avait plus que le pouvoir dans la vie, à Jay qu'il pouvait aimer autre chose que le vol et tu n'as jamais oublié de traiter Evie en princesse...

Son cœur irradiait maintenant. Lentement, la glace se réchauffait et fondait tout comme les morceaux de miroir maudit qui la composaient.

- Redeviens le vrai Ben et si tu le souhaites encore, on fera ensemble ces trucs que tu n'oses pas faire seul ou sans sortilège. Sécher les cours ou trafiquer les repas de la cantine. Moi ça me va, du moment que c'est vraiment toi.

La glace n'était plus qu'eaux ruisselantes qui coulaient jusqu'à ses paupières pour mieux envahir ses joues. Ben entendit à peine Evie appeler Carlos mais il ressentit son absence. Il se recroquevilla sur lui-même en pleurant, évacuant les cristaux du diable qui avaient plongé son cœur dans les ténèbres. Son âme se libéra du poison et d'un peu plus que cela. Son cœur reprit sa vraie taille et se gonfla même un peu plus.

Quand ses pleures se calmèrent, il sortit de sa chambre accompagné par les gardes pour retrouver ses parents. Les larmes sortirent à nouveau alors qu'il se blottissait contre sa mère, son père dans son dos. La malédiction était levée.

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- Tu crois qu'il sait que c'est toi ? demanda Jay tout en soufflant un baiser à Rose à l'autre bout de la cantine.

- S'il ne le sait pas, moi je vais aller le lui dire, grinça Mal.

- Je trouve ça dommage qu'il n'ait pas gardé le même style, remarqua Evie en faisant la moue. Ça lui allait bien et puis vous étiez parfaitement assortis toi et lui, Carlos !

Le décoloré rougit et plongea son nez dans son porridge.

- Regardez la tête que tire Audrey, se moqua Mal. Je crois qu'elle l'a mauvaise de voir que ce ne sont pas ses cookies, ses brownies, sa déclaration ou son baiser volé qui ont levé le sort.

- Je la croyais avec Chad ? fit Evie avec mépris.

- Elle ne l'est plus, et elle aimerait de nouveau être la reine j'ai l'impression.

- Mais Ben ne l'aime plus, remarqua Carlos avec un brin d'espoir.

- Plus du tout ! confirma Mal. Elle n'a aucune chance… Mais la façon qu'elle a de s'accrocher à lui… Ça me donne plein d'idées pour l'humilier !

- Pourquoi ? demanda Evie d'une voix polaire.

- Parce que j'aime la faire souffrir et uniquement pour ça, se justifia aussitôt la fille de Maléfique face à la jalousie de sa petite amie.

- Attention, le mouton arrive dans la caverne aux loups, nota Jay.

De fait, Ben marchait vers eux et plus il s'approchait, plus ses joues rosissaient. Il se posta devant le groupe de quatre, gêné, une main passant et repassant sur sa nuque pour calmer sa nervosité.

- Je voulais vous… Vous remercier pour hier soir…

- C'est Carlos, lâcha Mal avec un air indifférent.

- Et j'imagine que c'était vous aussi le… La première fois ?

- Toujours Carlos, répéta Mal.

- Eh bien dans ce cas… Merci Carlos pour m'avoir rendu… Humain, rit nerveusement Ben. Et gentil aussi.

Ce fut au tour de Carlos de rougir comme une tomate bien mûre.

- Je n'ai encore rien dit à personne mais si vous voulez que tout le monde soit au courant…

- Non ! s'écria le décoloré. Je veux pas que… Ça me va que personne ne sache. Vraiment. Je suis pas… Je voulais juste t'aider.

- Et je t'en remercie.

Le sourire éclatant de Ben acheva Carlos qui prit soudainement la fuite sous les yeux amusés de ses amis et interloqués de l'Auradonian.

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Encore raté ! Maléfique attrapa un pot en terre cuite qui trainait et le brisa au sol pour évacuer sa frustration. Deux fois que le roi Ben et son royaume lui échappait ! Deux fois !

Elle attrapa un nouveau pot et l'envoya se fracasser contre un mur, faisant croasser Diablo d'excitation.

Mais il n'était pas dit que Maléfique allait se laisser abattre, certainement pas ! Il n'était pas envisageable qu'un gosse lui retire encore une fois la victoire ! Il allait lui falloir un artefact et un sort plus puissant pour se débarrasser des Auradonians… Beaucoup, beaucoup plus puissant. Qui avait déjà fait ses preuves et qui aurait fonctionné si trois petits cancrelats volants ne lui avaient pas volée sa victoire ! Malheureusement, qui disait objet puissant disait grande surveillance. Elle allait avoir besoin d'une aide extérieur. Et quoi de mieux qu'une princesse éconduite au cœur brisé et à l'égo froissé pour l'aider ?

- Diablo, appela Maléfique tout en commençant à écrire sur un morceau de papier. Porte ce message à la fille de notre chère vieille amie et attend sa réponse avant de revenir. Je compte sur toi mon précieux et fidèle compagnon.

Diablo frotta son bec contre le doigt tendu de sa maîtresse puis il attrapa le message dans ses serres et s'envola.

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A suivre…

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Bon, cette fois je pense que je n'ai pas besoin de préciser le conte en question et son histoire XD