Salut tout le monde !

Bon, je sais que j'avais dit que je le posterai jeudi. J'ai pas dit lequel. Et on est mercredi après deux semaines de retard... Pour ma défense, j'ai dû bouger pas mal ces temps-ci et ça m'a pompé une semaine entière ! Et je m'excuse du retard, en passant...

Mais le voilà ! Enfin, la dernière partie de cette fiction qui me tenait beaucoup à cœur. Je ne vous cache pas que j'ai eu du mal à la finir, mais finalement je l'ai fait, et je suis fière de l'avoir enfin terminé (sans trop d'encombres, hum...)

Cette partie sera très forte en émotions (et pas en chocolat hein, leur vie n'est pas un paquet de céréales) et j'espère de tout cœur qu'elle vous plaira, et que la fin vous satisfera ! (c'est pas toujours facile de clôturer une fiction haha).

[Réponses aux reviews]

mgs : Merci d'avoir suivi la fiction ! Voici enfin le petit lemon de fin, j'espère que ce chapitre te plaira tout autant :)

Guest : Haha merci ! (généralement c'est souvent le moment tant attendu haha x)

Rating : M à la fin du chapitre (et violence au début)

Sur ce, bonne lecture !


Ils n'avaient pas su dire s'ils avaient été plus déçus de perdre contre Karasuno en demi-finale que de perdre une dernière fois contre leurs ennemis depuis des années, Shiratori Zawa. Ils ne savaient pas non plus s'ils avaient été surpris ou dégoutés que les corbeaux battent leurs adversaires de toujours et se qualifient pour les nationales. Shiratori Zawa avait enfin été vaincu, mais pas par eux.

Iwaizumi avait beaucoup pleuré. Il se sentait coupable car il pensait que c'était son devoir de champion de marquer quand son équipe était en danger. Oikawa était resté avec lui toute l'après-midi et avait même dormi chez lui, le réconfortant comme il le pouvait, à force de câlins et de papouilles. Hanamaki et Matsukawa avaient eux aussi eut beaucoup de mal à se dire que c'était leur dernier tournois. Les quatre troisièmes années allaient devoir passer le flambeau à leurs cadets, et ils étaient vraiment déçus de le faire dans ces conditions.

Le premier entraînement après leur défaite avait été assez émouvant. Ce n'était pas leur dernier, mais les aînés savaient que c'était bel et bien finit pour eux, du moins avec cette équipe. Oikawa avait fait un petit discours, remerciant chacun de lui avoir donné la chance de jouer avec eux, et leur souhaitait une bonne chance pour les années à suivre. Les troisièmes années resteraient aux entraînements jusqu'aux examens, mais y participeraient avec moins d'intensité pour pouvoir étudier convenablement.

Le temps avait repris son lent chemin, amenant Sendai dans un hiver froid mais néanmoins pas très rigoureux. Il ne pleuvait pas beaucoup, mais les arbres étaient bel et bien dépourvus de leurs feuilles, et le mois de novembre prendrait bientôt fin. Iwaizumi et Oikawa étaient rentrés dans une petite routine qu'ils s'étaient inconsciemment fixée. Ils allaient toujours au lycée à pied et le passeur avait peu à peu réussi à convaincre son petit ami d'accepter lui prendre la main pour arriver en cours. Le couple s'assumait donc de plus en plus, malgré les représailles de Masaru qui pesaient sur eux dès qu'il le croisait (à croire qu'il était partout où ils allaient…).

Les filles s'étaient plus ou moins calmées. Elles défendaient la cause des amoureux quand un élève se montrait trop virulent et, finalement, Iwaizumi les remercia mentalement. Ce n'était même plus une question de fierté pour lui que de se faire défendre par des filles, mais il était fatigué de devoir répondre à chaque attaque. Ils étaient un peu moins à s'en prendre au capitaine, qui était souvent encerclé par ses groupies toujours fidèles au poste. A son grand soulagement, elles le laissaient tranquille quand il retrouvait son brun au déjeuner et après les entraînements.

Ceux-ci s'arrêtaient plus vite pour les troisièmes années. Ils ne restaient pas plus de deux heures, le temps pour eux de laisser peu à peu le club à leurs cadets. Le soir, Iwaizumi et Oikawa se retrouvaient chez l'un ou chez l'autre, leurs parents ayant fini par s'habituer à leur relation et même la cautionner. L'as de Seijo avait même pu défier à nouveau le père de son ami d'enfance dans des bras de fer endiablés.

Les amoureux s'autorisaient à dormir ensemble uniquement pendant le week-end. Quand ils savaient leurs parents assez loin pour ne pas les entendre, ils aimaient se toucher, sans que ça aille trop loin. Ils prenaient leurs marques, même s'ils connaissaient déjà l'autre par cœur, et apprenaient leurs corps en même temps qu'ils se découvraient de nouvelles zones érogènes.

Il ne restait plus qu'un mois avant les vacances de noël. Ils auraient deux semaines de repos, pendant lesquelles ils devraient néanmoins encore travailler, mais les attendaient quand même avec impatience. Parce que pour le châtain, ça signifiait qu'il aurait plus de temps pour son ailier.

Il avait reçu un message d'Iwaizumi après les cours lui signalant qu'il devait aller voir un professeur avant de les rejoindre à l'entraînement. Il y retrouva tout le monde et joua avec une certaine détente et bonne humeur. La déception serait toujours là, mais il se sentait étrangement soulagé de ne plus avoir à jouer contre Ushijima maintenant. Il se demandait bien comment Karasuno s'en sortirait aux nationales.

Ce fut au bout d'une heure qu'il se rendit compte que son ami d'enfance tardait vraiment. Normalement, ça ne prenait pas plus de vingt, voire trente minutes, de parler avec un professeur. Qu'est-ce qui pouvait lui prendre autant de temps ?

« Je peux aller chercher Iwaizumi. »

Oikawa se retourna vers le meilleur prétendant au poste de champion de Seijo. Il soupira en regardant Kyotani. Ce dernier semblait s'être fait à l'idée que le brun était intouchable, mais il ne voulait pas tenter le diable non plus. Cependant, il avait encore des choses à montrer à son équipe, et c'était un bon exercice de confiance que le chien fou lui revaudrait peut-être. Et il ne fallait pas oublier qu'Iwaizumi ne répondait pas à son portable, le numéro seize irait plus vite.

« Oui, vas-y. Mais ne traine pas. »

Le blond hocha la tête et, malgré la pluie qui commençait à tomber, sortit du gymnase pour partir en quête du joueur manquant. Oikawa se mordit la lèvre en le regardant partir, il avait un mauvais pressentiment. Il sursauta en sentant une main presser son épaule.

« Ils vont vite revenir, on parle d'Iwaizumi quand même. Il irait sur la lune pour toi. »

Le passeur rougit et tira la langue à Matsukawa qui rit. L'entraînement repris, mais Oikawa avait le ventre noué et une boule qui lui bloquait la gorge. Non vraiment il avait un mauvais pressentiment.

Iwaizumi avait décidé de passer par le stade pour arriver plus rapidement au gymnase. Les nuages s'amoncelant dans le ciel ne prévoyaient rien de bon s'il s'attardait trop. D'un pas rapide, il avait quitté la salle des professeurs et dévalé les escaliers pour suivre le chemin longeant les tribunes du stade. Il voyait le gymnase au bout de celui-ci et pressa le pas lorsqu'une poigne saisit son avant-bras pour le tirer sous les tribunes. Il hoqueta de surprise et son dos heurta les barres de fer qui les soutenaient.

« Le voilà enfin. »

Il entendit des rires gras couvrirent le bruit du tonnerre qui commençait à gronder. Il fronça les sourcils en se voyant encerclé par cinq garçons qu'il reconnut vaguement, mais ils n'étaient pas dans sa classe. Un peu plus loin, regardant le spectacle avec un air satisfait, Masaru eut un sourire mauvais.

« Je t'avais prévenu, Iwaizumi. Faut pas jouer au con avec moi.
- Je me souviens pas avoir été aussi bas que toi, répliqua le brun au tac au tac, malgré son cœur qui s'agitait peu à peu dans sa poitrine.
- Tu vois, c'est ça le problème avec toi. Tu sais pas quand fermer ta gueule. »

Un premier coup partit sans crier gare, lui coupant le souffle alors que le poing rencontrait avec force son ventre. Il allait répliquer, instinctivement, lorsque deux lycéens le tinrent, empoignant ses bras pour les plier derrière la barre où il était acculé.

« Vous êtes vraiment trop cons, souffla l'ailier sans perdre de sa ténacité, mais c'est vrai que j'ai jamais pu te blairer. »

Masaru se rapprocha, le groupe se décalant pour le laisser venir jusqu'au volleyeur.

« Si ta tarlouze de capitaine est pas capable de te dresser, va falloir que je le fasse moi-même. »

Le pied du joueur de baseball atterrit sur ses genoux, le forçant à s'agenouiller. La pluie avait commencée à tomber, s'infiltrant goutte à goutte dans les tribunes pour venir jusqu'à eux. Iwaizumi grogna en sentant ses jambes trembler et releva la tête en signe de défi.

« Toutou est malpoli, faut lui apprendre à respecter ses maîtres. »

Un autre coup percuta sa mâchoire, Masaru lui rendant sans remord le poing qu'il avait reçu le mois dernier. Iwaizumi sentit du sang envahir sa bouche sous la violence du coup et cracha pour s'en libérer.

« T'aimes ça être à genoux devant des mecs hein ? Ça t'excite les queues ? »

Le brun serra les dents. Il avait vraiment envie de l'exploser. Il tira sur ses bras, tentant vainement de se défaire des poignes.

« C'est qu'il se débat la tapette, siffla un autre adolescent, on y va ? »

L'ailier capta une nouvelle fois le regard de Masaru qui lui adressa un air dégouté.

« Ouais. Faites-lui ça fête.
- Haha, il va voir ce que c'est de ne plus pouvoir marcher. »

Les trois derniers qui étaient restés en retrait s'avancèrent, le rire gras et les poings prêts à frapper. Iwaizumi prit une grande inspiration et fixa le sol qui s'humidifiait. Un coup de tonnerre retentit, et le ciel s'éclaira. Il ne pourrait rien y faire, il ne pouvait pas se battre contre six lycéens, dont ils faisaient tous aussi partis de clubs sportifs. Masaru semblait l'avoir vraiment pris en grippe et il allait en baver. Tout ça parce qu'il aimait un homme. Il eut une dernière pensée pour Oikawa, et son cœur se serra en imaginant le visage horrifié lorsqu'il le verrait.

« Une dernière chose, si t'en parles se sera ta poule qui recevra. »

Le brun allait lever la tête pour riposter quand un pied vint percuter sa joue. Les deux lycéens qui le tenaient durent resserrer leur prise pour lui éviter de tomber. Un poing lui serra les cheveux et un autre pied rencontra son ventre qui se tordit. Il toussa brutalement, crachant encore du sang qui infiltrait sa bouche. La pluie s'abattait avec plus de violence, de la même manière que les coups venaient meurtrir son corps. Ses oreilles se mirent à siffler et sa vue se troubla. Il ne pleura pas, mais sa tête était peu à peu en train de se déconnecter, comme pour lui épargner la suite. Il avait envie d'être dans son lit, Oikawa dans ses bras lui racontant combien il aimait jouer au volley avec lui. Il hoqueta, un énième coup dans son ventre lui faisant remonter la bile jusqu'à sa gorge. Il avait envie de vomir.

Il entendit un cri de rage étouffé, comme si ses oreilles étaient bouchées. Il sentit qu'on le laissait tomber à terre et les coups s'arrêtèrent.

« Qu'est-ce qu'il a celui-là putain ? Il est enragé !
- C'est ce connard de chien fou.
- Laissez-le.
- Pourquoi ? Toi aussi tu veux te l'enfiler. »

Quelque chose craqua et un grognement retentit. Kyotani était prêt à en découdre, peu importe l'issu et le tonnerre gronda une nouvelle fois.

« On se casse, laissa échapper une voix, il a eu son compte, on va finir par attirer quelqu'un. »

Assez lucide pour comprendre qu'il ne ferait pas le poids contre six lycéens, le deuxième année les laissa partir, les regardant détaler d'un regard effrayant, et se jeta sur Iwaizumi.

« Iwaizumi ? Iwaizumi, oh, tu m'entends ? »

Le nommé grogna, signalant qu'il entendait. Il sentit les mains du blond tâter son corps. Il frémit quand il appuyait sur des zones sensibles et Kyotani le fit s'asseoir, le retenant en passant un bras dans son dos. Il siffla une insulte contre les lâches qui s'en étaient pris à lui et regarda la pluie se calmer.

« Tu veux que je t'emmène à l'infirmerie ?
- Je te savais pas si loquace.
- Te gènes pas, tu peux à peine parler. »

Iwaizumi toussa et il posa sa main sur son torse, là où il pouvait sentir son cœur battre à tout rompre.

« Je pense pas que ce soit une bonne idée de te balader. Le gymnase est à côté viens. »

Le brun eut un éclair de conscience et se débattit avec le peu de force qu'il lui restait.

« Fais pas le con Iwaizumi !
- Je veux pas… Pas… Tooru… »

Kyotani soupira et passa son bras sous le sien, l'aidant à se relever.

« Tu peux marcher ? »

Iwaizumi ne répondit pas, continuant à murmurer le prénom de son petit ami. Kyotani se doutait que l'ailier ne voulait pas qu'Oikawa le voit dans cet état, mais ils n'avaient pas vraiment le choix. L'infirmerie était trop loin et ils avaient un kit de secours dans le gymnase. Il aida le brun à marcher, les quelques gouttes qui continuaient à tomber glissant sur leurs visages. Il sentit la main du plus âgé serrer son épaule et il le regarda.

« Merci, l'entendit-il soupirer. »

Il ne répondit pas et continua de marcher, tout aussi inquiet de la réaction de son capitaine.

La pluie avait cessé de tomber lorsque la porte du gymnase claqua brutalement. Tous les joueurs présents et les coachs portèrent leur attention sur les deux venus et des murmures choqués et effrayés envahirent la salle. Kyotani aida le brun à s'asseoir contre le mur du gymnase alors que Mizoguchi détalait déjà vers les vestiaires pour aller chercher la trousse de soin. Les élèves commençaient à s'approcher du duo, jetant des coups d'œil peu rassurés à leur capitaine.

Oikawa n'avait pas bougé depuis l'entrée fracassante des deux ailiers. Son cœur entreprit une course folle, cognant contre sa poitrine alors que son souffle s'accélérait. Il avait l'impression d'être en plein cauchemar, et ses yeux ne quittaient pas son petit ami qui était à peine conscient. Sa bouche s'ouvrit sur un gémissement silencieux et son ventre se tordit douloureusement.

« Oikawa… »

Matsukawa posa sa main sur son épaule et les premières larmes dévalèrent les joues du passeur. Il ne croyait pas le spectacle qu'il avait devant les yeux et il hoqueta. Ses forces le quittèrent peu à peu, mais ses jambes bougèrent d'elles-mêmes pour s'approcher du brun qui reprenait peu à peu contact avec la réalité. Le central restait près de lui, prêt à agir si son capitaine défaillait.

« Iwa-chan… »

Sa voix était à peine plus audible qu'un souffle et pourtant tout le monde entendit l'appel tremblant du passeur. Ce dernier tituba jusqu'au plus petit et tomba presque quand il s'agenouilla. Matsukawa le retint dans sa descente et regarda les joueurs autour, leur intimant silencieusement de s'écarter. Kyotani se leva, laissant les deux amoureux se faire face.

Oikawa leva ses mains tremblantes, sans savoir où il pourrait les poser. Iwaizumi ouvrit les yeux, et la fatigue que le passeur lu dans les orbes verts accentua ses larmes. Ses mains se posèrent doucement sur les joues rougies, et le brun battit des paupières, luttant de ses dernières forces pour regarder son petit ami. Mizoguchi venait d'arriver avec le kit et attendit près des deux lycéens, leur laissant un peu d'intimité suite à l'épreuve que venait de passer l'ailier.

« Ça va, souffla Iwaizumi. »

Il utilisa ses dernières forces pour lever son bras, et sa main caressa la joue humide du châtain. Oikawa eut un nouveau sanglot et prit la main dans les siennes pour la garder sur sa joue. Il n'arrivait pas à parler, il n'avait pas envie d'infliger le spectacle de sa détresse à tous ceux qui les regardaient. Iwaizumi avait avant tout besoin de soin, et il leva son regard vers son coach qui vint s'asseoir à côté du brun.

« Ça va, répéta-t-il, ses yeux ne quittant pas ceux d'Oikawa. »

Son souffle s'atténuait peu à peu, signe qu'il n'allait pas tarder à rendre les armes. Le gymnase était devenu silencieux, entrecoupé par le bruit des mouvements du coach qui soignait le brun.

« Je vais aller voir la proviseure, déclara soudainement Irihata, brisant ainsi le mutisme des joueurs, Hanamaki, Matsukawa, vous pourrez faire en sorte qu'Iwaizumi et Oikawa puissent rentrer chez ? »

Les deux amis hochèrent la tête.

« Kyotani, tu viens avec moi. J'aurais besoin que tu expliques la situation à la directrice. »

Le blond hocha la tête et, après avoir jeté un dernier coup d'œil au brun, suivit le coach.

« Les autres, fit ce dernier avant de sortir du gymnase, l'entraînement est terminé, on se revoit demain après-midi. »

Les adolescents hochèrent la tête et quelques-uns commencèrent à ranger les affaires, les autres tentaient de reprendre leurs esprits. Mizoguchi terminait de soigner Iwaizumi, sous les yeux de plus en plus horrifiés du capitaine au fur et à mesure qu'il découvrait de nouvelles marques. Et ce serait pire le lendemain.

« Oikawa… »

Hanamaki s'était accroupi près du châtain et parla doucement.

« On peut aller chercher ton portable pour appeler tes parents ? »

Le passeur hocha la tête, complétement vidé de ses émotions. Le rose se rendit aux vestiaires pendant que Matsukawa gardait un œil sur le couple. Il s'en voulait de ne pas avoir été là pour aider ses amis, car ils ne méritaient pas ça. Ses muscles se tendaient, tout ce qu'il voulait à ce moment-même était de retrouver les enfoirés coupables et de leur rendre au centuple ce qu'ils avaient fait subir à Iwaizumi.

Mizoguchi se releva, regardant une dernière fois le brun qui s'était évanoui dans les bras d'Oikawa. Ce dernier tenait son petit ami dans ses bras avec prudence, comme un animal blessé sur le bord d'une route sinueuse. Cette scène lui serra le cœur, les deux adolescents ne méritaient vraiment pas ça. Il s'approcha de Matsukawa qui attendait le retour d'Hanamaki.

« C'est pas trop grave ? demanda le brun
- Il faudrait quand même qu'il aille à l'hôpital, je me demande s'il n'a pas quelques côtes fêlées… Mais ce sera surtout psychologique. »

Le coach vit le central serrer ses mâchoires et posa une main sur son épaule.

« Ils auront besoin de vous, avec Hanamaki. Ça ne va pas être drôle pour eux, laisse tomber la vengeance. Tu sais qu'ils ne s'en tireront pas comme ça, qui que ce soient. »

Le brun hocha la tête et Mizoguchi le lâcha au même moment où Hanamaki revenait près d'eux.

« J'ai eu la mère d'Oikawa, elle vient les chercher.
- Bien. »

Le coach laissa les troisièmes années entre eux et interpella les autres joueurs pour les rassurer.

« Tu veux de l'aide pour le porter ? demanda Hanamaki en regardant le châtain se redresser.
- Non je… Je vais le porter sur mon dos jusqu'à la voiture. »

Les deux plus grands soulevèrent Iwaizumi pour le placer sur le dos du passeur qui passa ses bras sous ses genoux, s'assurant qu'il ne tomberait pas. L'ailier ne broncha pas, le petit filet d'air sortant de sa bouche témoignait de sa présence parmi eux. Les premières et deuxièmes années regardèrent le triste quator s'en aller, encore sous le choc de ce qui venait de se passer.

Mikiko avait failli dépasser la limitation de vitesse une bonne dizaine de fois pour arriver le plus vite possible. Elle se gara dans le parking du gymnase juste au bon moment. Elle sortit de la voiture en voyant les quatre adolescents approcher et couvrit sa bouche de sa main pour empêcher le gémissement d'horreur de s'en échapper.

Son fils n'avait aucune émotion sur le visage, il ressemblait à un pâle fantôme résigné à sa destinée. Sur ses épaules, Iwaizumi semblait dormir, mais elle voyait déjà les marques qu'il portait sur son visage. Hanamaki n'avait pas menti, ça devait vraiment être grave. Oikawa lui adressa à peine un regard et, à l'aide de ses deux autres amis, plaça le brun à l'intérieure de la voiture. Il s'assit à ses côtés, gardant son bras contre son corps pour le tenir près de lui. Matsukawa et Hanamaki refermèrent la portière et se tournèrent vers la mère du châtain.

« Notre coach et un de nos camarades qui a secouru Iwaizumi sont allés voir la directrice, l'informa l'ailier, je ne pense pas que ce soit la peine qu'ils viennent en cours demain…
- Ils auront besoin de repos et de se retrouver tous les deux, renchérit le central. »

La mère acquiesça et jeta un coup d'œil aux deux amoureux blottis dans la voiture. Ses yeux brillèrent et elle secoua la tête.

« Merci, d'être là pour eux. Je savais que ça n'allait pas être facile mais… Personne n'a le droit de faire subir ça à des enfants.
- On aurait aimé pouvoir éviter ça, fit Matsukawa, et les aider, nous aussi.
- Vous le saviez déjà ? Pour eux deux.
- Je pense que dans l'équipe y'avait qu'Iwaizumi qui le voyait pas, rigola le rose. »

Mikiko sourit et se rassit dans la voiture. Elle leur adressa un dernier regard avant de fermer la portière.

« Merci les garçons, je préviendrais les parents d'Iwaizumi et nous irons voir la proviseure demain. Oikawa vous tiendra au courant. »

Les deux lycéens hochèrent la tête et regardèrent la voiture repartir du parking, jusqu'à ce qu'elle ce soit éloignée en direction des quartiers de leurs amis.

« Ça suffira pas qu'ils se fassent virer. »

Matsukawa regarda l'ailier. Ce dernier avait les poings serrés et ses yeux mitraillaient l'air, comme lui un peu plus tôt dans le gymnase. Il soupira et posa une main sur l'épaule d'Hanamaki.

« Ça servira à rien de se battre ou on aura nous aussi des problèmes. Tout ce qu'on peut faire c'est les soutenir. »

Hanamaki baissa la tête et réprima un sanglot en reniflant. Le brun lui tapota le dos et vit au loin leur coach revenir avec Kyotani.

« Viens, on va voir ce qu'il s'est réellement passé. »


La soirée avait été longue. Sa mère les avait déposés à l'hôpital pour être sûr de l'état du brun, qui s'avérait moins critique qu'ils l'avaient pensé. Iwaizumi avait dormi tout le trajet et avait à peine ouvert les yeux quand un médecin l'avait pris en charge. Il était épuisé, aussi bien moralement que physiquement.

Mikiko en avait profité pour appeler la mère de l'ailier. Elle avait essayé de ne pas trop l'affoler, mais la mère s'était précipitée de quitter son travail pour les retrouver chez eux. La mère du châtain les avait donc ramenés chez le plus petit, encore pâteux et endormis. Oikawa l'avait porté jusque dans sa chambre avec beaucoup de précaution tandis que les deux mères parlaient dans le salon. La mère du brun était fébrile, et osait à peine imaginer ce qui s'était passé. Le passeur avait refusé de quitter son petit ami et elles avaient convenus qu'il resterait avec Iwaizumi jusqu'à ce que celui-ci se réveille et qu'ils puissent avoir une discussion.

Jôichi était rentré plus tôt lui aussi en apprenant la nouvelle. Il se doutait du pourquoi de la situation, mais sa femme lui fit promettre de ne pas tout remettre sur le compte de l'homosexualité. Les parents savaient que ça ne serait pas facile pour les deux adolescents, mais ils trouvaient horriblement cruel de faire subir ça à un lycéen. Ils étaient bien décidés à en découdre le lendemain et de ne pas laisser passer les lâches qui s'en étaient pris à leur fils.

Ce dernier s'était réveillé quelque fois dans la nuit, recherchant la présence du châtain qui s'était endormis d'épuisement à ses côtés dans son lit. Il but un peu, la gorge sèche, et se blottissait à chaque fois contre Oikawa. Il n'avait plus envie de penser à ce qui s'était passé, même si sa peau lui rappelait à chaque mouvement ce qu'on lui avait fait.

Le lendemain, ses parents étaient passés s'enquérir de son état avant de partir au lycée. Pendant qu'Oikawa prenait sa douche, il leur expliqua brièvement ce dont il se souvenait. Sa voix était éteinte et ses yeux pâles, ses parents comprirent qu'il se forçait à en parler. Sa mère tremblait pendant son court récit et son père su qu'il minimisait ses dires pour ne pas trop choquer sa génitrice. Il savait à quel point les lycéens les plus débiles pouvaient être sadiques. Ils laissèrent les deux amoureux ensemble, sachant pertinemment qu'ils avaient besoin de parler.

Oikawa était revenu dans la chambre, la tête basse et les épaules lâches. Il s'était assis sur le bord du lit, accordant à peine un regard au brun qui ne le lâchait pas du sien. Ils n'avaient pas parlé depuis la veille et Iwaizumi avait vraiment besoin de le retrouver. Mais son petit ami avait semblé s'être enfermé dans un mutisme qui lui donna la chair de poule.

« Dis quelque chose. Pleure, cris, mais ouvre la bouche putain. »

Sa voix trancha le silence qu'Oikawa s'était imposé, le faisant sursauter alors qu'il se mordait la lèvre. Le brun fronça les sourcils et leva sa main pour la poser sur l'épaule du plus grand. Celui-ci frissonna au contact et voulut s'en dégager, mais Iwaizumi serra sa poigne comme il put.

« Tooru… Tooru me laisse pas comme ça putain… »

Il tremblait. Sa voix se cassait et le châtain leva un regard horrifié sur l'ailier qui laissait déborder ses émotions. C'était trop pour lui. Il avait l'impression que tout était en train de s'effondrer, son corps et maintenant son pilier qui s'éloignait de lui. Il savait déjà ce que devait penser son petit ami et il serra les dents. Sa mâchoire le faisait souffrir mais il ne fit pas attention à la douleur. Il avait l'impression que son cœur s'arrachait de sa poitrine.

« Je voulais pas… entendit-il Oikawa murmurer, j'ai jamais voulu ça… Je t'avais dit que je te protégerais mais… J'étais pas là…
- Tu vas oser te le reprocher ?
- J'aurais dû te protéger ! J'ai promis à ton père que jamais personne ne pourrait te faire du mal, je l'ai crié haut et fort parce que je t'aime ! Je suis… J'en suis même pas capable… Et tu as tout pris par ma faute… »

Il se mit à trembler, lui aussi. Ses larmes coulèrent sans préambule et Oikawa hoqueta. Ses épaules eurent des sursauts et la main d'Iwaizumi se dégagea doucement. Il détestait voir le garçon qu'il aimait dans cet état. C'était encore pire que lorsqu'ils perdaient au volley, aux portes des nationales. Parce que ça les touchait eux, personnellement, et que le brun ne pouvait pas le supporter.

« Tooru… Y'avait rien à faire. J'ai cherché Masaru depuis le début, c'était à prévoir.
- Mais c'est moi qui aie déclenché tout ça ! Je t'ai emmené là-dedans, je suis qu'un égoïste qui n'a même pas pu voir où ça allait nous mener !
- Et ça nous mené où ? Je t'aime putain, voilà où ça nous a mené ! Je suis heureux avec toi, je veux qu'on construise quelque chose, rien que nous deux. C'est pas un groupe de gros cons homophobes qui va changer ça…
- Ce seront pas les seuls, je veux pas te retrouver à moitié mort dans un caniveau parce que j'étais pas là pour assurer !
- Et moi ? Tu crois que j'y pense pas ? Je crève de peur rien qu'à l'idée qu'on pose la main sur toi ! Alors si ça peut te protéger… Je prendrais pour toi.
- Tu t'es entendu ? Tu crois que je veux que tu me protège comme ça ? Que tu hausses la voix contre le premier clampin venu nous emmerder c'est une chose, mais tu t'es fait battre jusqu'à l'inconscience, Iwaizumi ! Si Kyotani n'était pas venu te chercher tu… Tu…
- Tooru. »

Oikawa était essoufflé. Il n'appelait presque jamais son ami d'enfance par son nom entier. C'était une vraie haine, une vraie culpabilité et une vraie peur. Ce n'était pas un petit chagrin d'enfant ou d'amour. C'était un obstacle bien trop dur pour deux adolescents amoureux. Mais le brun refusait de se laisser abattre. Il serra les poings et planta un regard brillant de larmes prêtes à couler dans celui déjà perdu du passeur.

« Tooru. Rien ne me séparera de toi. Je sais déjà à quoi tu penses, et c'est hors de question. Si on leur donne ce qu'ils veulent, les choses changeront jamais. Je t'aime, et je veux qu'on sorte ensemble, à la vue de tous. Je sais que mon père va me bassiner de ces conneries-là quand il rentrera ce soir. Mais je lui dirais la même chose qu'à toi. Me lâche pas, Tooru. »

Le nommé craqua, à bout. Il avait passé la soirée et la nuit le cœur au bord des lèvres, prêt à entraver son amour pour le brun pour qu'il ne souffre plus. Il ne voulait pas de ça, il ne voulait pas cette peur et de cette douleur qui noyaient son cœur. Il gémit, ses joues trempées par des larmes inarrêtables et sa bouche entrouverte sur des sanglots et des hoquets incontrôlables. La mâchoire du champion de Seijo tressauta et il retint son sanglot quand ses larmes roulèrent sur ses joues rougis à son tour. Il était épuisé de ses combats, et il savait que ce n'était pas fini. Mais tant qu'il avait le châtain à ses côtés, il trouverait la force de se battre.

Les deux adolescents pleurèrent un long moment. Ni l'un ni l'autre n'arriva à se calmer, leurs émotions éclatant après l'épreuve de la veille. Oikawa avait vraiment eu peur d'avoir à se séparer de celui qu'il aimait plus que tout, en plus de la douleur de le voir aussi meurtri. Ce dernier se sentait plus que mal d'avoir fait subir ça à son petit ami, et aurait tout donné pour leur éviter ça. Mais la vie n'était pas une sainte. Elle n'était pas une garce non plus. Elle filait le destin de chacun, avec ses joies et ses malheurs, et tout le monde avait son lot. Et ses deux garçons, en proie à leur plus gros doute et leur plus profonde peur, recevaient aussi ce que la vie pouvait offrir de plus beau. Et s'ils voulaient avancer, ils devaient l'accepter.

Après de longues minutes de sanglots, Oikawa se laissa tomber contre le brun qui ouvrit ses bras pour le serrer contre son torse. Son corps lui faisait encore mal, mais il avait juste envie de sentir son ami d'enfance contre lui. Ses côtes le brûlaient alors qu'il tentait de reprendre une respiration constante. Le châtain semblait se calmer dans ses bras et il ferma les yeux.

Le silence se fit peu à peu dans la pièce, les larmes s'atténuèrent et les respirations se calmèrent. Oikawa s'écarta du brun, se décalant juste assez pour remonter son visage et poser son front contre le sien. Ses yeux étaient fermés, alors qu'Iwaizumi ouvrait les siens au contact.

« Je t'aime, souffla le plus grand. Je me suis senti sale, aussi lâche que ceux qui t'ont fait du mal. Je voulais être là pour te protéger, pour me mettre entre vous comme tu le fais si souvent avec moi. Je suis désolé…
- Ça ne changera rien à ce qu'il s'est passé. J'ai juste besoin de toi.
- Je te quitterais pas, souffla Oikawa en tremblant, je pourrais jamais te quitter… »

L'ailier sentait son capitaine paniquer. Oikawa s'était donné tout entier pour eux, pour leur relation et pour leur amour. Si l'idée de se séparer mettait Iwaizumi en colère, le châtain commençait à trembler et à paniquer rien qu'à cette pensée.

« Chut… Calme-toi Tooru… C'est pas demain la veille qu'on arrivera à me séparer de toi. Je te l'ai déjà dit. »

Oikawa hoqueta en acquiesçant. Ils restèrent encore un petit moment dans les bras l'un de l'autre, Iwazumi embrassant le front du passeur qui caressait ses bras. Le châtain tentait de reprendre contenance, son souffle s'apaisant sous les attentions de son petit ami. Chacun était blessé et souffrait à sa façon, et ils savaient qu'ils devaient s'en sortir tous les deux, passer cette épreuve pour pouvoir braver les prochaines.

« Ça te fait mal ? demanda finalement Oikawa en passant une main fébrile sur les bleus apparents. »

Iwaizumi baissa la tête pour regarder ses bras marqués.

« C'est pas là le pire. Mais je m'en sors plutôt bien, j'ai l'impression.
- Les médecins ont dit que t'aurais surtout des bleus. Mais fallait faire attention à ta mâchoire et tes côtes pour le moment.
- C'est pour ça que j'ai le droit à mon infirmière particulière ? »

Un rire retentit dans la chambre. Iwaizumi avait l'impression qu'il s'était passé des semaines entre son chaos et leurs pleurs. Son cœur eut la bouffée de bonheur dont il avait besoin pour se dire que ce n'était pas important. Que le garçon entre ses bras qui riait doucement était tout ce qu'il voulait et dont il avait besoin. Il sourit et sa main monta sur la joue du châtain qui le regarda. Il voyait encore la culpabilité dans ses yeux, car son visage ne devait pas être très beau à voir. Il caressa sa joue et glissa son autre main dans celle d'Oikawa pour la serrer.

« Reste avec moi, souffla-t-il.
- Toujours.
- Je t'aime.
- Je sais, moi aussi je t'aime.
- Et j'adore ton rire putain. »

Oikawa rit une nouvelle fois. Un autre baume apaisant qui lui donna de la force pour ce qui allait suivre. Parce qu'il savait que tout ce qui suivrait serait très pénible, même avec le passeur à ses côtés. Mais il serait là, alors il ferait face à tout ce qu'il faudra pour pouvoir vivre avec lui. Le plus grand se pencha et ses lèvres frôlèrent son nez. Iwaizumi comprit qu'il ne voulait pas lui faire mal, son visage n'avait été épargné du massacre.

« Aide-moi à me lever.
- Tu devrais rester coucher, ta mère t'avait apporté de quoi manger… Je peux aller le réchauffer ?
- T'as faim toi ?
- Euh… C'est pour toi que je-
- Est-ce que tu as faim Tooru ?
- Non…
- Moi non plus. Aide-moi à me lever je voudrais aller dans la salle de bain. »

Oikawa tressaillit et se mordit la lèvre.

« Je veux pas que tu t'empêches de manger pour moi. Et tu ferais mieux de pas t'agiter.
- Je suis si horrible à voir que ça ? Et j'ai vraiment pas faim. On mangera plus tard. »

Leurs yeux se fixèrent et le châtain soupira, connaissant la ténacité de son ami d'enfance. Il l'aida à sortir du lit, laissant ses mains contre son dos et son torse malgré les grognements du brun. Iwaizumi détestait se sentir aussi fragile, mais son corps était encore largement engourdi pour qu'il n'accepte pas l'aide de son petit ami. Ils entrèrent dans la salle de bain et l'ailier chercha à tâtons l'interrupteur pour allumer la lumière, et se figea instantanément.

Il avait encore son t-shirt, mais son visage était déjà bien assez marqué pour qu'il n'ait pas envie de voir le reste. Quelques points de sutures ornaient son sourcil au niveau de sa tempe, son œil bleuissait d'un cocard douloureux et sa mâchoire était parsemée de bleus tout aussi gênants. Seul son nez semblait avoir été épargné. Ses bras et ses jambes étaient aussi jonchés de marques diverses et il tira sur son haut pour l'enlever.

« T'es… T'es pas obligé de regarder-là… »

Iwaizumi ne répondit pas, silencieux depuis son arrivée devant le miroir. Il grimaça en tendant ses bras, s'étirant un peu pour enlever son t-shirt. Ses côtés étaient d'une couleur étrange, et il comprit en passant ses doigts sur son torse pourquoi il avait si mal. Ils ne l'avaient pas raté, il n'osa pas imaginer son état si Kyotani n'était pas intervenu.

Il regard son corps meurtri encore quelques minutes, détaillant sans broncher les marques qui resteraient deux bonnes semaines au moins. Puis son regard croisa celui d'Oikawa qui se tenait derrière lui, mordillant sa lèvre et ses doigts crispés entre eux. Il se retourna pour le voir en face.

« C'est pas un beau spectacle, rit-il doucement, les soubresauts agitant son corps douloureux.
- Je les aurais ces connards.
- Mmh. Je pense que la direction s'en chargera.
- J'arrive toujours pas à comprendre pourquoi ils ont fait ça alors que c'était obligé qu'ils se fassent prendre !
- Ils ne pensaient pas que Kyotani ou qui que ce soit arriverait.
- Mais même, c'est totalement con. De toute façon ils le sont, pas besoin de preuve supplémentaire. »

Iwaizumi détourna le regard, se souvenant de la menace de Masaru. Oikawa aperçut son trouble et s'approcha pour prendre ses mains dans les siennes.

« Iwa-chan…
- Ils allaient s'en prendre à toi si je le racontais. J'aurais rien dit, si personne ne m'avait trouvé. »

Les yeux du châtain s'écarquillèrent d'effroi et son cœur tambourina dans sa poitrine. Ils avaient osés faire du chantage à l'ailier, avec tous les coups qu'ils lui avaient filés en plus ? Ses dents se serrèrent et sa mâchoire trembla sous la force qu'il y mettait. Iwaizumi releva la tête en sentant les mains du passeur tressauter.

« Tooru, calmes-toi s'te plait…
- je vais les pulvériser… Ces putains d'enfoirés… »

Depuis toutes ces années où les deux garçons se connaissaient, Iwaizumi n'avait presque jamais vu le passeur s'énerver de la sorte. Il l'avait été deux fois déjà, et il s'en souvenait très bien. Les deux fois avaient été contre des gosses qui avaient embêté le brun, plus petits, et ces emmerdeurs l'avaient senti passer. Mais Oikawa n'avait jamais eu autant de haine au point d'insulter qui que ce soit de cette façon. Il paniqua malgré lui, il ne reconnaissait plus son petit ami.

« Tooru… Fais pas ça, arrête… J'aime pas ça… »

Sa voix était faible, comme un enfant se faisant engueuler par son père et sa peau frissonna. Oikawa s'en rendit compte et hoqueta. Décidément, il était de plus en plus pathétique. Il secoua la tête et prit le brun dans ses bras, délicatement, et fit attention à ne pas lui faire de mal.

« Excuse-moi… Je suis nul comme petit ami, je t'embarque dans des situations que je ne gère pas moi-même, et t'en subis les conséquences…
- Arrête de t'excuser j't'ai dit… Et ne prends pas cet air meurtrier, même sur le terrain t'es pas aussi angoissant. »

Le passeur rit légèrement et s'écarta de son ami d'enfance, gardant encore ses bras autour de lui. Il se pencha, leurs lèvres se frôlant et Iwaizumi agrippa son t-shirt pour le tirer contre lui. Ils s'embrassèrent avec passion, Oikawa se faisant rattraper par le brun quand celui-ci trouvait que le baiser n'était pas assez intense. Le plus grand ne voulait pas blesser son petit ami mais Iwaizumi semblait vouloir lui montrer qu'il en faudrait plus, et ils se laissèrent aller.

Leurs lèvres ne semblaient plus vouloir se décoller, rattrapant celles de l'autre quand il s'écartait. Tantôt tendre, tantôt brusque, ils déchargeaient toutes leurs émotions dans cette lutte charnelle et pourtant encore un peu réservé. Oikawa n'osait pas bouger ses mains qui tenaient le dos d'Iwaizumi pendant que celui serrait toujours le haut du châtain dans ses mains. Une porte qui claqua les fit sursauter, les ramenant soudainement à la réalité.

La mère d'Iwaizumi se tenait dans l'encadrement de la salle de bain, la main encore sur le battant de la porte, les yeux horrifiés en voyant le corps presque nu de son fils. Ce dernier se mordit la lèvre. Il ne tenait vraiment pas à ce que sa mère voit ça. Il enfila son t-shirt à la va vite, grognant quand ses côtes lui tirèrent alors qu'Oikawa se positionnait devant lui.

« Iwaizumi-san… Vous êtes rentrés ? »

L'adulte détacha enfin son regard de son fils et balbutia, essayant de reprendre ses esprits.

« Je… Oui… Oui… On vous attend dans le salon. »

Elle repartit sous le soupire du brun qui sortait à son tour de la salle de bain pour aller dans sa chambre.

« Je vais mettre un bas. »

Oikawa l'accompagna et l'aida à enfiler un jogging avant d'arriver aux escaliers. Iwaizumi fit la moue en voyant les marches, pas sûr qu'elles seraient clémentes avec son corps. C'est comme si celui-ci était courbaturé de partout, ne lui laissant aucun répit dans ses mouvements. Son petit ami lui tendit la main, déjà descendu de quelques marches et il la prit, s'appuyant aussi à la rambarde. Il claudiqua jusqu'en bas des escaliers, Oikawa lui jetant des regards pour être sûr qu'il ne tombe pas. Ils rejoignirent les parents de l'ailier, assis dans le salon, l'air extenué. Jôichi était assis dans un fauteuil alors que sa femme avait trouvé refuge sur la banquette près de la fenêtre. Ils regardèrent les deux adolescents s'asseoir sur le canapé, détaillant la démarche boiteuse de leur fils.

« Comment tu te sens ? demanda enfin le père.
- J'ai l'impression d'avoir des courbatures partout… Comme après un match en tournois au final, sauf que ça durera plus longtemps.
- Mentalement, je parlais.
- Ah. »

Son père n'y allait pas par quatre chemins. Il soupira une nouvelle fois en s'affaissant dans les coussins du sofa, sentant la main de son petit ami prendre la sienne comme pour l'encourager.

« Je vais bien. Je suis pas traumatisé ou quoi, en fait venant de celui qui m'a fait ça, ça m'étonne pas.
- Comment peux-tu dire ça ? S'indigna sa mère, sa voix montant dans les aigues, personne n'a le droit de battre quelqu'un de cette façon !
- Avant que vous ne disiez quoi que ce soit sur le pourquoi du comment, je tiens à vous dire que ça changera rien. J'aime Tooru et tant pis si ça déplait à certain. Je sais que j'ai eu de la chance que quelqu'un me trouve et que ça aurait pu être pire mais… Je vais pas renoncer à ma relation pour ça.
- Pour ça ? Un peu plus et tu étais dans le coma, Hajime. »

La voix de son paternel était dure, presque en colère. Iwaizumi savait que c'était avec son père qu'il allait devoir batailler, mais il tiendrait le même discours quoi qu'il lui dise.

« Mais je le suis pas. Et je sais ce que tu vas dire, qu'un jour ça pourrait m'arriver, à moi ou à Tooru, mais tout le monde ne subit pas ça. Je veux encore croire que c'est parce qu'on est jeunes et que Sendai n'est pas habitué à ça…
- Vous êtes trop naïfs. Les grandes villes ne vous préservent pas de l'homophobie. Tu ne penses même pas à l'humiliation que vous vivrez tous les jours dans la rue. J'ai été naïf, moi aussi, de vous laisser faire sans rien dire. Mais là il en va de votre santé. J'apprécie beaucoup Tooru, presque que comme un fils, mais je vais devoir vous dire que je suis contre votre relation.
- Non papa tu-
- Ecoute ton père, Hajime. C'est trop dangereux pour vous…
- Après ce qu'il vient de se passer vous pensez qu'on va se faire harceler et tabasser à chaque coin de rue !? Pourquoi il y a autant d'homosexuel si c'est si dangereux ?
- Hajime, tu es encore mineur et sous notre tutelle, je ne laisserais pas ça continuer.
- J'aime Tooru !
- Iwa-chan… »

Iwaizumi se retourna vers son petit ami qui venait de tirer sur sa main, chuchotant son prénom. Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine, sa mâchoire lui faisait mal à force de crier et il ne voulait pas comprendre ce qu'il s'imposait à lui. Il écarquilla ses yeux en voyant l'air résigné d'Oikawa.

« Tooru… Tu… »

Personne ne semblait prendre conscience que le brun appelait maintenant son petit ami par son prénom. Il voulait leur prouver que ce n'était pas grave, qu'il allait bien… Alors pourquoi il était le seul à y croire alors qu'il était celui qui c'était fait frapper ?

« Tes parents ont raison… Je suis tellement mal de n'avoir rien pu faire… Je supporterai pas qu'on te fasse plus de mal.
- Dis pas ça putain… Je te l'ai dit je… Moi je supporterais pas que tu m'abandonne…
- Je t'abandonnerai jamais, Iwa-chan… Iwaizumi-san – il se tourna vers le père de son ami d'enfance – m'autorisez-vous à continuer de côtoyer votre fils si on arrête de sortir ensemble ?
- TOORU !
- Oui. »

Iwaizumi se leva brusquement, attirant tous les regards. Son monde était en train de s'effondrer. Il aurait fait face à ses parents, il aurait fait face à tout le monde, à condition d'avoir Oikawa à ses côtés. Mais malgré ce qu'ils s'étaient dit, ce dernier retournait sa veste, pour une sale histoire de coups que lui-même voulait déjà oublier. Il ne voulait pas y croire. Il se mordit l'intérieure des joues à s'en faire saigner et secoua sa tête qui commençait à vaciller. Le châtain se leva, tentant une approche vite dévié de l'ailier qui reculait.

« Iwa-chan, s'il te plait…
- T'avais dit que rien ne nous séparerait, qu'on serait toujours ensemble et que tu supporterais pas de me voir avec quelqu'un d'autre… Je t'ai tout donné putain ! J'étais prêt à tout subir si t'étais à mes côtés ! Merde Tooru je t'aime !
- Mais je serais toujours avec toi… Juste qu'on pourra pas… Être comme ça devant tout le monde…
- On pourra pas s'aimer devant tout le monde ? »

Ses épaules tremblèrent et les larmes coulèrent sans préavis. Iwaizumi respirait à grande goulée, ignorant les différentes douleurs qui traversaient son corps. Seul celle qui poignardait son cœur lui faisait réellement mal. Oikawa sentait ses yeux lui piquer et il les cligna plusieurs fois avant que quelques larmes coulent à leur tour.

« Iwa-chan…
- Non… M'appelle pas comme ça… Pas après tout ce que tu m'as fait… Oui c'est toi qui m'as emmené là-dedans, tu m'as dit que tu m'aimais plus que quiconque le ferait, je t'ai laissé me rendre amoureux de toi, et t'es en train de me lâcher !?
- Je ne te lâche pas ! Laisse-moi m'expliquer à la fin ! Laisse au moins cette histoire se tasser avant de-
- J'ai pas envie d'en entendre plus… Tes paroles en l'air j'en veux plus. Vous êtes contents, fit-il à l'intention de ses parents, je vous hais. Encore plus que ces mecs qui m'ont tabassé hier. Si c'était le prix pour vivre ma relation avec Oikawa alors j'étais prêt.
- Hajime mon chéri… Ne dis pas ça… »

Le brun renifla et essuya ses larmes de son bras, laissant de nouvelles perles d'eau mouiller ses joues. Oikawa en profita pour se rapprocher de lui, le prenant dans ses bras. Iwaizumi se débattit au contact, poussa de toutes ses forces sur ses bras. Son corps souffrait tellement qu'il était à deux doigts de sombrer dans l'inconscience. Sa tête lui tournait et son cœur s'effritait en petits morceaux.

« Lâche-moi putain !
- Arrête, soufflait le plus grand, tu vas te faire mal…
- C'est toi qui me fait du mal, dégage !
- Non… Iwa-chan je t'aime… Ça n'a jamais été des paroles en l'air…
- Mais qu'est-ce qui te prends putain… »

Iwaizumi n'avait plus de forces. Il tomba presque dans les bras du châtain qui le porta, l'aidant à s'asseoir par terre. Ses parents se levèrent, alarmés de l'état de leur fils. Ce dernier avait cessé de se débattre, son corps tremblant sous ses sursauts et ses sanglots. Il était bien trop attaché et amoureux d'Oikawa pour laisser passer ça, même un court instant. Le passeur le comprenait maintenant, et son cœur se serrait gonflé de joie s'il n'avait pas déjà aussi mal de voir son petit ami dans cet état.

Il serra Iwaizumi dans ses bras, le berçant doucement pour tenter de le calmer. Ses parents se regardèrent, perdus et incrédules. Le brun était vraiment prêt à surmonter tous les obstacles que ses choix lui promettaient, peu importait s'ils étaient de son côté ou non. Leurs décisions ne faisaient que faire souffrir inutilement le couple qui se déchirait sous leurs yeux. Et ça leur était tout autant douloureux de voir leurs fils dans cet état.

L'ailier mit du temps avant d'être définitivement calmé, s'accrochant au châtain comme s'il s'accrochait à la vie. Oikawa était dans le même état, ne souhaitant lâcher son brun pour rien au monde. Les respirations se calmèrent et, comme tout à l'heure dans la chambre d'Iwaizumi, leurs cœurs s'apaisèrent des tensions superflues.

« Personne m'arrachera à toi, murmura alors Iwaizumi. »

Le passeur le serra sans penser aux douleurs qu'il lui causerait. Sa raison et son cœur se disputaient, il n'arrivait plus à penser calmement et menaçait lui-même de perdre conscience sous les sautes d'humeurs dont ils étaient victimes depuis le réveil du brun. Les parents n'avaient plus d'autre choix.

« Hajime… »

Les deux adolescents se séparèrent, Oikawa laissant son ami d'enfance faire face une nouvelle fois à ses parents.

« Laissez-nous, les supplia-t-il, y'a rien qui me fera changer d'avis, je fuguerais s'il le faut. »

Il vit son père secouer la tête. Il s'était rassis dans son fauteuil quand il s'était assuré de l'état de son fils et sa mère s'était rapprochée. Elle se mordit la lèvre et tourna elle aussi la tête vers son mari.

« Jôichi…
- Quand tu voudras retourner au lycée, tu iras voir ta proviseure pour lui donner tous les noms. Ton ami qui t'a aidé ne les connaissait pas tous. »

Iwaizumi acquiesça silencieusement. Il était éreinté. Depuis l'incident de la veille, il avait l'impression d'avoir traversé une apocalypse comme on en voit dans les films. Son cœur avait fait les montagnes russes trop de fois déjà et c'était un vrai festival dans sa tête. Cette dernière retomba, se posant sur le torse d'Oikawa qui le tenait toujours dans ses bras. Il savait qu'ils auraient encore besoin d'une discussion quand il se réveillerait, mais pour le moment il avait juste besoin de dormir.

« Je vais aller le coucher dans sa chambre. Après je rentrerais chez moi si vous préférez. »

Le châtain se leva avec son petit ami dans les bras, le couvant du regard alors qu'il s'endormait contre lui.

« Non Tooru, reste. »

La mère d'Iwaizumi se rapprocha d'eux pour passer une main tremblante sur le front de son fils.

« Il a besoin de toi, plus qu'il a besoin de nous. Il faut que tu restes. »

Oikawa hocha la tête et s'apprêtait à monter lorsqu'il sentit Jôichi venir vers eux.

« Ne laisse plus ce genre de choses arriver.
- Jamais. Je crois que je pourrais en mourir. »

Il n'attendit pas la réponse des géniteurs de son ami d'enfance et repartit en direction des escaliers, les gravissant doucement pour ne pas réveiller le brun. Les parents regardèrent les deux adolescents disparaître à l'étage et le père soupira, se rendant dans la cuisine pour se chercher une bière. C'était trop d'émotions pour lui.

« Je n'avais jamais vu Hajime comme ça… »

Sa femme l'avait suivi, s'appuyant contre la cuisinière, encore sous le choc.

« Ça aurait été plus simple avec une fille.
- Ils le savent. Mais tu l'as entendu, il est aussi têtu que toi. »

Jôichi grommela en décapsulant sa bière. Il savait que son fils tenait de lui pour ça, et ce n'était pas la meilleure des qualités.

« Je ne veux pas qu'il souffre, souffla la mère, au bord des larmes.
- Il est courageux. Et plus fort que nous. »

Le patriarche s'avança vers sa femme pour la prendre dans ses bras, la consolant dans une étreinte rassurante.

« Tu crois que ça ira pour eux ?
- Y'a intérêt. Ils ne nous bassinent pas de leur amour sans arrêt pour s'effondrer face à cette épreuve. Sinon ils n'y arriveront jamais.
- Ils y arriveront. »

Il porta la petite bouteille à ses lèvres, ses pensées tourbillonnant encore dans son esprit. Lui aussi avait besoin de repos. Et d'une bonne partie de golf sous un soleil de printemps, tant qu'on y était…


Iwaizumi avait arrêté de compter le nombre d'excuses dans lesquelles s'étaient confondues son petit ami. Il s'était réveillé étrangement de bonne humeur, le ventre vide et le corps encore un peu douloureux. Oikawa s'était plié à toutes ses envies, lui montant un repas complet malgré l'heure peu avancé de la matinée, lui apportant ses médicaments et ses crèmes réparatrices et l'avait à peine touché. Il avait même accepté de répondre enfin aux dizaines de messages de ses parents et ceux de leurs amis. Tout ce que lui demandait le brun, il le faisait.

« Il doit vraiment sentir le besoin de se racheter » se dit l'ailier en voyant son petit ami disparaître pour lui chercher un verre d'eau. Iwaizumi vit qu'il avait à peine touché à son repas à lui et grimaça. Il ne lui en voulait même plus, en fait. Tout c'était déroulé trop vite pour que ce soit coordonné et bien réfléchis, et le brun n'était pas du genre rancunier. Il voulait juste passer à autre chose, guérir et retourner à sa vraie vie. Pas celle où il passait toute la journée assit dans son lit avec un Oikawa repentant.

Il regarda le châtain du coin de l'œil alors qu'il prenait son verre d'eau pour boire son contenu, repérant les cernes sous ses yeux et son teint pâle. Il soupira.

« J'aimerai que tu manges. »

Oikawa posa son regard sur lui, triste et faible.

« J'ai pas faim…
- C'est pas une proposition, tu vas te faire du mal si tu manges pas.
- Je mérite bien ça…
- Tu me soule, Trashykawa. »

Le surnommé réagit à peine à l'insulte et Iwaizumi craqua. Il se dégagea de ses draps, surprenant le passeur qui sursauta. Il posa son verre sur son bureau et se délia les jambes, constatant encore les quelques douleurs dans ses muscles ankylosés.

« Iwa…-chan…
- Me dis pas que t'as peur de m'appeler par mon surnom maintenant ? Je suis à deux doigts de te frapper tu sais. Mais je sais que ça te ferait plaisir que je te punisse. »

Il vit un petit sourire se dessiner sur le visage éteint du plus grand qui s'illumina pour le coup. Il sourit aussi.

« Tooru… Ce qui s'est passé hier…
- J'aurais jamais dû accepter ce qu'ont dit tes parents…
- On était tous perdus… Mais les premières solutions qui nous viennent sans réfléchir sont rarement les meilleures. Qu'est-ce qui va se passer maintenant ? Masaru est sa clique vont être virés, on va retourner au club pour jouer avec tout le monde, mes parents accepteront que je veuille sortir avec toi, et on s'aimera. Sans entraves. »

Oikawa regarda le brun, une pointe fierté piquant son cœur affligé depuis la veille. Il aimait tellement son petit ami.

« Bon évidemment, je pourrais pas jouer tout de suite mais je viendrais vous voir. Je dois rassurer tous nos petits jeunes en plus. Et remercier Kyotani.
- Ça me tue de le dire, mais je lui en serai éternellement reconnaissant.
- Je sais que tu aurais fini par venir. »

Iwaizumi se rapprocha du châtain qui se leva du lit, lui faisant face. Ils se sourirent et leurs mains se rencontrèrent, un contact doux et rassurant après la tempête qu'ils avaient essuyée.

« C'est finit ? souffla Oikawa.
- Oui, rien ne nous séparera.
- Je te trouve très sentimental, ces temps-ci.
- La ferme. »

Son genoux monta rapidement jusqu'à son ventre et Oikawa rit. C'était qu'ils voulaient. Des rires et leur connivence de toujours.

« Je t'aime. »

Le passeur attira son champion à lui, glissant prudemment ses mains sur ses hanches. Il pencha son front pour le coller au sien et ferma les yeux.

« Je t'aime, Iwa-chan.
- Et ne t'arrête jamais de m'appeler comme ça.
- Et si jamais je m'appelle Iwaizumi moi aussi un jour, on fera comment ?
- Tu me feras une crise existentielle dont toi seul a le secret et tu continueras à m'appeler Iwa-chan après que je t'ai frappé.
- Ça me va. »

Ils rirent de concert et se décalèrent pour pouvoir se regarder dans les yeux.

« Me fais plus jamais ça.
- Plus jamais. »

Oikawa monta son petit doigt près de leurs visages et Iwaizumi le regarda avant d'y lier le sien, signant leur promesse.

« Tu veux pas manger ? reprit Iwaizumi.
- Un peu, si tu y tiens tant.
- Oui, j'y tiens. »

Le châtain s'assit sur le lit et s'empara de la compote qui trainait sur le plateau repas. Iwaizumi le regarda faire puis se retourna pour ouvrir sa commode.

« Qu'est-ce que tu fais ?
- J'aimerai retourner au lycée. Je dois parler à la directrice.
- Tu es sûr ?
- Oui, et quelque chose me dit que tant j'irais pas, tu resteras avec moi. »

Il jeta un coup d'œil au passeur qui rougit. Il avait fini sa maigre collation et se leva pour rejoindre son petit ami.

« Et t'es pas retourné chez tes parents depuis deux jours. Tu veux qu'on passe les voir avant d'y aller ? »

Oikawa hocha la tête. La mère d'Iwaizumi lui avait lavé son uniforme, pour ne pas qu'il soit obligé de le porter toute la durée du séjour chez eux. Ils s'habillèrent ensemble, le châtain lançant quelque regard au plus petit pour se rassurer de son état. Iwaizumi ne donnait vraiment pas l'impression qu'il s'était fait tabasser deux jours auparavant, mis à part les marques sur son corps. Il voulait avant tout mettre à fin à cette situation et reprendre sa vie, peu importe ce qui l'attendait.

Ils descendirent dans le salon où ils croisèrent la mère du brun, qui avait pris quelques jours de congé pour s'occuper de son fils. Elle décida de les emmener en voiture au lycée et ils convinrent de s'arrêter chez les Oikawa en passant, histoire de les rassurer. Mikiko fut très heureuse de voir arriver les deux adolescents. Elle prit son fils dans ses bras et regarda le plus petit de haut en bas pour voir l'étendu des dégâts. Ce dernier lui sourit en la rassurant qu'il y avait eu plus de peur que de mal.

« Vous restez ou passez juste ? demanda-t-elle après avoir chaleureusement salué son amie.
- On va au lycée, répondit Oikawa, voir la directrice.
- D'accord. Tu vas revenir à la maison tu penses Tooru ? le taquina-t-elle.
- Je…
- Il peut rester autant qu'il veut, fit l'autre mère, il ne dérange pas, bien au contraire. »

Mikiko sourit en regardant les amoureux et lança une petite tape sur le torse de son fils.

« Faut prendre soin de vous hein, vous nous avez fait peur.
- Je sais, je suis vraiment désolé de vous avoir inquiété, s'excusa Iwaizumi.
- C'est le lot de toute mère mon garçon. Tant que vous allez bien, c'est le principal. »

Ils tentèrent tous un sourire qui se voulait soulagé, loin de l'être. Les deux lycéens remontèrent en voiture en saluant la mère du châtain qui les regarda partir. Elle fronça les sourcils en voyant le véhicule disparaître au bout de la rue. Elle n'avait pas inventé, son fils avait l'air vraiment faible. Il était trop tôt pour sauter aux conclusions, mais Mikiko espéra que l'ailier parviendrait à soulager son fils. Il ne devait pas beaucoup manger…

La mère d'Iwaizumi les accompagna jusqu'au bureau de la proviseure qu'elle avait déjà vu la veille. La doyenne les accueillit rapidement, impatiente de pouvoir traiter avec le brun.

« Iwaizumi-kun, je suis contente de te voir. Tu vas bien ?
- Ça va madame, merci… Plus de peur que de mal.
- Ça ne changera pas ce qu'il s'est passé. Irihata-san est passé ce matin encore, il voulait avoir de tes nouvelles.
- On passera les voir à l'entraînement après.
- Et n'oublies pas de te reposer, c'est important. Oikawa-kun toi aussi, tu as l'air épuisé. »

Les mains du couple se rencontrèrent entre les deux sièges où ils étaient assis et la directrice sortit un petit dossier pour la lancer sur son bureau.

« Masaru-kun nous posait déjà quelques problèmes. C'est un élève plutôt agressif, mais je dois avouer que je ne m'attendais pas à de telles violences.
- Faut dire que je l'ai pas mal cherché ces temps-ci…
- Rien ne pourra excuser son comportement, Iwaizumi-kun. Nous vivons dans une société où la différence doit s'accepter et s'assumer.
- Tout le monde ne pense pas comme vous…
- Mais ils n'ont pas le droit de frapper mes élèves sans en subir les conséquences. Kyotani-kun n'a pas pu me dire tous les noms, mais il m'a qu'ils étaient six. C'est bien ça ?
- Oui. »

Iwaizumi sentit une pression sur sa main et il jeta un œil à son capitaine, mal à l'aise sur son fauteuil.

« Tu veux m'attendre dehors ? s'enquit le brun, inquiet pour son petit ami.
- Non ça va. Je veux rester avec toi. »

Le sourire d'Oikawa ne le convainc pas mais il ne dit rien de plus, reportant son attention sur leur proviseure qui s'apprêtait à noter les éléments que lui donnerait le brun.

« Y'avait bien Masaru et deux mecs de son club… Araki et un autre de deuxième année aussi je crois… Avec le vice-capitaine de l'équipe de football aussi, ce sont ces quatre-là qui… Qui m'ont-
- Je vois Iwaizumi-kun, tu n'as pas besoin d'en dire plus. »

Le sourire de la doyenne était étrangement apaisant et chassa les mauvais souvenirs qui commençaient à assaillir son cœur.

« Les deux autres étaient des deuxièmes années du club de kendo. Je connais pas leur nom en revanche. Ils me tenaient pour pas que je me débatte. »

La proviseure hocha la tête et finit de noter les informations sur les feuilles éparpillés devant elle.

« Ils seront convoqués dès demain avec leurs parents, leur dit-elle alors, les quatre élèves qui ont levés la main sur toi seront renvoyés et j'aviserai la sentence selon le discours des deux autres. Je ne sais pas si tu le veux, mais je tiens à te le proposer quand même, est-ce que tu veux qu'ils te présentent des excuses ou-
- Non. C'est pas la peine, j'ai pas envie de les voir. »

La grande femme acquiesça et posa son crayon sur son bureau.

« Vous êtes courageux. Le monde a besoin de garçons comme vous. Je suis vraiment désolé de ce qui s'est passé, c'est mon établissement et je me dois d'y tenir un règlement qui ne tolère pas la violence.
- Merci à vous, vous avez vite réagit. Les règlements ne canalisent pas les cons. »

Elle rit doucement, et se leva pour leur tendre la main. Ils la serrèrent et elle les accompagna hors de son bureau où les attendait la mère d'Iwaizumi et lui serra à son tour.

« Merci beaucoup de votre patience, lui dit-elle.
- C'est normal, Iwaizumi-san. Votre fils n'aura plus à s'inquiéter je vous le promets. »

Elle leur adressa un dernier sourire et repartit dans son bureau, les laissant libres de quitter l'endroit.

« Vous voulez aller voir vos camarades ?
- Oui s'il te plait.
- Il n'y a pas de soucis, je vous attends à la voiture. »

Le trio se sépara sur le parking et les deux garçons se rendirent au gymnase où ils pouvaient entendre les bruits de ballons rebondissant au sol et les crissements des chaussures. Oikawa, qui n'avait pas lâché la main du brun, le regarda dans les yeux. Ils se sourirent doucement et, d'un commun accord silencieux, poussèrent les portes du bâtiment.

Le silence se fit alors qu'ils entraient dans le gymnase. Tous s'étaient arrêtés de jouer en voyant leurs deux modèles apparaître. Des sourires apparurent sur les visages des joueurs et ils se précipitèrent vers le couple. Hanamaki sauta sur le brun qui faillit perdre son équilibre, l'insultant en lui disant de faire attention. Oikawa sourit en les regardant et la poigne de Matsukawa l'attira aussi dans ses bras.

« Ça va ? souffla-t-il en tapant son dos amicalement.
- Mieux… Mais jamais je voudrais revivre ces deux dernières journées…
- Tu m'étonne. Mais vous êtes toujours ensemble, c'est le principal. »

Ils sourirent et les deuxièmes et premières années arrivèrent à leur tour pour s'enquérir de leurs états. Iwaizumi joua le rôle d'un rescapé de guerre, faisant rire l'assemblé. Il était important pour lui de les rassurer, après le morbide spectacle qui leur avait offert. Ils discutèrent aussi avec les coachs puis le brun s'avança vers Kyotani qui les regardait en retrait.

« Merci, lança-t-il solennellement en arrivant à sa hauteur, je sais pas dans quel état je serais si t'étais pas arrivé.
- J'y serais pas allé si Oikawa me l'avait pas demandé. C'est cool si tu vas bien. »

Iwaizumi sourit et lui lança un poing amical sur son épaule. Kyotani grogna du bout des lèvres, heureux de voir son modèle en forme. Les deux amoureux ne restèrent cependant pas bien longtemps, et promirent de revenir dès le week-end passé. Ils avaient la chance d'être un vendredi, et profiteraient du samedi et dimanche pour rattraper leurs cours.

« On est passé dans vos classes récupérer les cours que vous avez manqué. Leur dit Hanamaki en les raccompagnant à la sortie. »

Matukawa revenait avec les dits-cours et leur tendit le sac.

« On se voit lundi du coup, fit le central.
- Ouais, c'était bon de vous voir. »

Ils se serrèrent une dernière fois dans leurs bras et le couple partit dans un dernier signe de la main pour les autres. Ils retrouvèrent la mère d'Iwaizumi sur le parking et le châtain s'assoupit sur l'épaule de son petit ami pendant le trajet, épuisé. Le plus dur allait être de le remettre sur le bon chemin, parce que si Iwaizumi se sentait déjà mieux, c'était loin d'être le cas d'Oikawa…


Iwaizumi avait été dans une colère noire quand il s'était aperçu de la perte de poids d'Oikawa. Ce dernier semblait avoir beaucoup moins bien vécu l'épreuve qui s'était pourtant passé deux semaines auparavant. C'était bientôt les vacances de noël, et Iwaizumi refusait que son petit ami vienne aux entraînements.

« Pas tant que tu te seras pas remis à manger correctement, lui avait-il dit. »

Oikawa n'avait plus tellement d'appétit depuis le fameux jour. L'ailier avait guéri, plus vite que son entourage l'avait cru, les élèves responsables avaient bien été virés et Iwaizumi avait même reçu des lettres d'excuses de leurs parents. Il s'était remis à jouer avec tout le monde aux entraînements et continuait son rythme d'étude en vue des examens. Mais maintenant, c'était son ami d'enfance qui l'inquiétait. Son sourire faux ne le trompait pas, et il avait bien remarqué qu'il avait perdu du poids. Oikawa se refusait même de le toucher !

Alors assis dans la chambre du châtain, Iwaizumi laissa tomber ses notes par terre en soupirant. Trois jours avant, il avait menacé son petit ami de ne même plus se voir s'il ne se remettait pas à manger correctement. L'ultimatum avait bousculé le passeur qui essayait petit à petit de mieux se sustenter. Il était encore un peu plus maigre qu'avant, mais Iwaizumi ne le louperait pas.

« Tooru. »

Le nommé releva la tête des notes qu'il lisait à peine, la tête ailleurs. Comme souvent depuis un mois.

« Viens. »

Il tapota la moquette près de lui et Oikawa se rapprocha. Iwaizumi l'enlaça et l'obligea à poser sa tête contre son épaule. Il caressa ses cheveux et le châtain ferma les yeux.

« Je vois bien que quelque chose a changé depuis. Ça devrait être moi, mais c'est toi que ça a traumatisé.
- Mais non Iwa-chan.
- Tu vas pas me faire croire le contraire. Je sais que c'était dur ce qu'on a traversé, mais on s'en est sorti non ? Tu t'en veux encore pour ce que tu m'as dit ? »

Oikawa ne répondit pas, et l'ailier sentit deux bras passer sur son ventre et son dos et le plus grand enfouit son visage dans son cou.

« Tooru…
- Je pensais à pleins de choses.
- Tu penses toi maintenant ?
- Est-ce que ça ira quand on sera à Tokyo ? Est-ce qu'un jour tu tomberas amoureux d'un autre et est-ce que ce jour j'aurais le droit de rester dans ta vie ? J'ai peur, Iwa-chan, vraiment peur de l'avenir… Parce que ce cocon qu'on a créé tous les deux, j'y tiens tellement… Je veux le préserver jusqu'à notre mort, je veux pas qu'on puisse un jour nous séparer. On sait qu'on veut aller à Tokyo, vivre ensemble, aller dans la même université mais… Est-ce que c'est suffisant ? »

Iwaizumi caressait ses cheveux, comprenant bien qu'il détestait ce genre de questionnements. Son ami d'enfance était facilement troublé et inquiet quand quelque chose lui trottait dans la tête. Il soupira et le força à se redresser pour pouvoir le regarder. Ses mains glissèrent sur ses joues et il vit la détresse dans les yeux noisette. Son cœur se serra.

« Pourquoi tu t'encombres toujours de pensées inutiles ? Le plus lointain souvenir dont je me rappelle, t'étais là. On était retourné à la crèche pour retrouver ton doudou perdu. On avait quoi, deux, trois ans ? Ça fait presque bien quinze ans qu'on se connait, qu'on est ensemble, sans jamais s'être séparés. Tu es toute ma vie, comme une famille. Tu en fais partie, et je compte même fonder ma propre famille avec toi, contrairement à ce qu'a dit mon père. Les gens disent qu'à notre âge on peut pas être sûr, mais je sais déjà que je me séparerais jamais de toi. Qu'importe ce qui se passera, je pourrais pas. Et si un jour tu dois mourir avant moi, je crois que j'en mourrais de chagrin.
- Dis pas ça Iwa-chan…
- Si Tooru, écoute moi jusqu'au bout… Je t'aime, abruti. Et je vois pas qui d'autre pourrait te remplacer, c'est impossible. On a encore trop de choses à voir et à expérimenter, en tant que petit ami autant qu'en meilleur ami. Et je veux les faire qu'avec toi. Alors arrête de penser à tous ces trucs, je déteste voir cette lueur de panique et de détresse dans tes yeux. T'es tellement plus beau quand tu es joyeux.
- Même quand tu dis que je fais trop l'enfant ?
- Même dans ces moment-là, surtout là. Je t'aime, tout entier et bien trop fort pour penser à quelque chose sans toi. »

Iwaizumi se surprenait lui-même d'être aussi bavard. Il préférait montrer ses sentiments plutôt que de les verbaliser, mais il avait senti que son petit ami en avait besoin. Autant du tactile que des mots. Il n'attendit pas de réponses et, voyant les larmes qui menaçaient à tout moment de se déverser, il le prit dans ses bras, l'enfermant contre son torse.

« Je t'aime, chuchota Oikawa en tremblant contre lui, tellement. »

Le brun le berça dans ses bras, caressant ses cheveux et son dos et posa son menton sur son crâne. Leur couple avait besoin d'une impulsion, quelque chose qui les lierait définitivement et qui ne laissera plus jamais de doute entre eux. Ils en étaient tous les deux conscients.

Oikawa se calma et ses lèvres cherchèrent un bout de peau nu de l'ailier. Il bougea un peu sa tête et embrassa la base du cou de son petit ami qui frémit. Iwaizumi desserra sa prise, le laissant accéder à son corps comme il le voulait.

« Iwa-chan, je te veux… Je te désire si fort. »

Le brun frissonna en entendant ses mots et sentit le plus grand se faire plus entreprenant. Ce dernier l'allongea sur son futon posé non loin et le surplomba, posant ses yeux fiévreux dans ceux d'Iwaizumi.

« Je veux te faire l'amour. »

Cette phrase murmurée du bout des lèvres, l'émotion qu'elle témoignait, l'ailier comprit qu'ils en avaient besoin. C'était leur ultime acte, une expérience d'amour qui les lierait définitivement, sans retour possible. Ils avaient fait pas mal de choses ensemble déjà, mais aller aussi loin les grisait autant que ça les terrifiait. Mais ils le voulaient.

« Oui, chuchota le brun en réponse, j'en ai envie… »

Les doigts du passeur glissèrent sur les lèvres entrouvertes du brun et Oikawa se pencha pour les embrasser. Leurs lèvres se pressèrent avec douceur et lenteur, chacun savourant le baiser que leurs langues rejoignirent rapidement. Oikawa lécha la lèvre inférieure d'Iwaizumi et ce dernier happa le muscle pour le suçoter. L'ailier leva ses mains sur la nuque de son petit ami, le tenant contre lui dans une demande silencieuse de continuer le baiser. Oikawa passa ses mains sous le t-shirt du brun qui frissonna au contact.

Une envie grisante amenait une émotion nouvelle, l'excitation de l'inconnu. Ils iraient plus loin cette après-midi, laissant tomber les dernières barrières de leurs intimités. Et ça les rendait heureux. Oikawa était d'une douceur bien trop plaisante pour le brun qui le savait se contenir pour ne pas précipiter les choses. Le passeur lui avait révélé qu'il aimait prendre son temps pour le voir se tordre de plaisir sous ses doigts et sa langue, qu'importe s'il devait faire passer son excitation après.

Iwaizumi était totalement à la merci du châtain. La peur qui lui troublait le ventre se mêlait étrangement bien avec le plaisir qui tordait le même endroit. Il était prêt, parce que c'était Oikawa. Ce dernier prit les mêmes précautions, le préparant suffisamment longtemps, même si l'un comme l'autre savait qu'il y aurait de la douleur. Il prenait son temps, laissant encore une fois de côté son désir grandissant.

L'ailier n'avait plus vraiment mal maintenant, trois doigts entraient largement et le plaisir prenait tout de suite place dans son corps entier, faisant bouillonner ses veines et laisser sa bouche gémir le nom de son petit ami. Oikawa avait chaud, lui aussi, et embrassait chaque parcelle de peau à découvert, retraçant le corps d'Iwaizumi qui se cambrait à chaque poussée en lui. Lorsqu'il sentit les doigts quitter son antre, il se redressa pour regarder son ami d'enfance s'agenouiller pour retirer son caleçon. Ils se mettaient toujours rapidement nu, mais cette fois Oikawa avait été pressé de préparer son adonis. Ce dernier glissa sa main sur le membre fièrement dressé du plus grand qui sursauta.

« Iwa-chan… »

Le soupir d'appréhension fit frissonner le brun qui capta le regard chaud et désespérément amoureux d'Oikawa. Il remonta sa main sur sa nuque, le pressant doucement à se recoller contre lui. Leurs corps chaud et déjà moites coulèrent l'un contre l'autre, soutirant des plaintes de satisfaction à leurs propriétaires. Ils échangèrent un baiser passionné, complétement déconnectés de tout ce qui n'était pas eux.

« Iwa-chan, glissa Oikawa contre son oreille en papillonnant sur sa mâchoire, je vais te faire l'amour. »

Iwaizumi frissonna une nouvelle fois à cette presque affirmation, et il serra Oikawa un peu plus fort dans ses bras. Il agrippa son dos, se cambrant inconsciemment quand son petit ami passa une main sous sa cuisse pour la relever. Ce n'était pas la position la plus facile, collés l'un à l'autre sans pouvoir se redresser, mais Iwaizumi ne se sentait pas de lâcher. Ils savaient tous les deux qu'il faillirait s'ils se décollaient.

« Ggggh… »

Sa mâchoire se serra avec forces, forçant sur les dents qui empêchèrent une plainte de douleur s'échapper. Oikawa s'enfonça doucement, comprenant aux contractions sur son sexe que le brun avait du mal à l'accepter. Pourtant, ni l'un ni l'autre ne bougea plus, le châtain se contentant de pénétrer entièrement le plus petit avant de marquer une pause.

Une fois arrêté, Oikawa expira longuement quand les bras d'Iwaizumi desserrèrent son emprise et que celui-ci prit une grande inspiration. C'était incommodant, pour l'un comme pour l'autre, mais pour rien au monde ils auraient voulu briser ce lien. Le passeur caressait la cuisse et la hanche du brun qui fermait durement ses yeux, essayant mentalement de se soustraire de cette sensation de tiraillement. C'était clairement plus gros que trois doigts, mais c'était Oikawa. Et pour cette seule raison, il n'aurait jamais voulu arrêter.

A force de papouilles et de baisers à la dérobé, Iwaizumi se détendit peu à peu. Il finit par ouvrir les yeux, tombant dans le regard assuré d'Oikawa qui fit bondir son cœur. Lui non plus n'avait aucune envie d'arrêter. Leurs lèvres se rencontrèrent avec douceur et Oikawa amorça un premier mouvement. Son bassin se retira doucement d'entre les jambes du brun qui gémit d'incommodité dans le baiser. Le plus grand empoigna son sexe ramolli par la douleur et le pompa rapidement pour le dévier de la sensation de son intimité écartelé. Iwaizumi rompit le baiser pour respirer à grandes goulées, ses bras se serrant une nouvelle fois dans le dos du châtain.

Un nouveau grognement accompagna le coup de bassin d'Oikawa qui se rengaina dans l'antre chaud et serré du plus petit. Il attendit un peu avant de réitérer le mouvement, plus rapidement cette fois. Il sentait aux contractions des chairs qu'Iwaizumi souffrait, mais il devait réussir à le détendre s'ils voulaient y prendre du plaisir. Au fur et à mesure des légers coups de bassin qu'il assénait avec douceur, il sentait son petit ami se détendre et les grognements de douleur s'estomper.

Un bruit de claquement retentit soudainement dans la chambre presque silencieuse. Iwaizumi se cambra et gémit, ses doigts agrippant les épaules du plus grand. Ce dernier se mordit la lèvre en sentant les chairs se resserrer par contractions. Et c'était loin d'être gênant. L'antre s'était comme humidifié et détendu peu à peu, son sexe étant maintenant délicieusement enserré dans les chairs chaudes. Encore mieux, son brun semblait en avoir pris du plaisir.

« Tooru… gémit celui-ci.
- Ça va aller Iwa-chan, je te promets que tu vas aimer. »

Il reprit un mouvement plus soutenu, se permettant d'aller buter plus profondément dans l'antre qui l'accueillait avec plaisir. Iwaizumi sentait de plus en plus une grande chaleur empoigner ses entrailles et il poussa de son côté pour faire rencontrer leurs bassins et accompagner les mouvements d'Oikawa. Ce dernier accélérait petit à petit, soupirant de bien être d'être engoncé en Iwaizumi.

« Aaah ! »

Oikawa s'arrêta brusquement, et mordit dans l'épaule du brun dont le dos s'était arqué par réflexe. Son sexe, déjà à rude épreuve, venait de se faire violement enfermé par les chairs qui se contractaient encore contre lui. Il venait de taper encore plus profondément en Iwaizumi qui n'avait pu réprimer son cri.

« Tooru… Là… En-Encore… »

Essoufflé, le brun desserra son emprise pour pouvoir plonger son regard dans celui de son passeur qui n'en menait pas large non plus. Ils prenaient goût à cette danse infernale qui les menait dangereusement vers un orgasme plus que libérateur. Oikawa happa rageusement ses lèvres et prit les cuisses musclées dans ses mains pour les relever, reprenant des coups de butoirs plus violents, souhaitant avant tout renouer avec cette sensation. Les cris de plaisir d'Iwaizumi s'évanouissaient dans le baiser ardent que lui offrait le plus grand. Leurs langues se caressaient presque avec douceur, contrastant avec la fureur des coups de bassin du châtain qui se déchainait entre les jambes d'Iwaizumi.

Ils savaient très bien qu'à ce rythme, ils ne tiendraient plus très longtemps. Oikawa le pilonnait sans relâche, butant sur cette tâche en Iwaizumi qui l'envoyait toujours un peu plus loin dans les gouffres d'un orgasme attendu. Les chairs se serraient dans un désordre affolant qui envoyait des décharges de plaisir, grisant encore plus si c'était possible Oikawa qui ne s'arrêtait plus. Il avait lâché le sexe du brun qui se cambrait contre lui, leur torse se frôlant là où leurs cœurs cognaient avec frénésie.

« Too-Tooru… Aaah… Je… Mmmh… Tooruu…!"

Iwaizumi n'avait jamais cru ça possible. Un tel plaisir, une telle abnégation de soi pour ne chercher que l'ardent bonheur de sentir son petit ami le compléter, c'était presque irréel. Son cerveau embrumé lui rendait l'impression d'un rêve, et s'accrocher à Oikawa était son seul moyen de ne pas se noyer entièrement dans l'orgasme qui gonflait dans ses reins.

Oikawa, quant à lui, sentait toutes les tensions craquer au fur et à mesure de ses allées et venues désordonnées, les barrières maintenant son orgasme explosant une à une.

« Iwa-chan ! »

Sa gorge le brûlait, il arrivait à peine à respirer et, dans une dernière inspiration, posa son regard sur ce qui l'acheva entièrement. Iwaizumi, le regard éteint cherchant un point d'ancrage, ses yeux humides laissant couler quelques larmes, les joues et les lèvres rougies par le plaisir, ces dernières entrouvertes sur des cris intensément jouissifs. Il tourna la tête une dernière fois, et leurs yeux se fixèrent.

« Tooru… »

Le nommé ne tint plus, le gémissement d'Iwaizumi qui venait de prononcer son nom détruisit la dernière barrière, emportant Oikawa qui poussa une dernière fois en lui en grognant. Iwaizumi se cambra, son orgasme explosant au même moment alors que ses mains retrouvaient le dos du passeur. Ils gémirent ensemble, leurs bassins se pressant l'un contre l'autre alors qu'ils rendaient enfin les armes.

Iwaizumi renoua peu à peu avec la réalité, comme s'il se remettait d'un malaise inattendu. Un grand frisson traversa son corps et il sentit d'un coup le poids de celui de son petit ami peser sur le sien. Mais il n'avait aucune envie de bouger, pas maintenant. Il reprenait son souffle, sentant celui d'Oikawa rebondir sur son épaule. Il posa son front sur l'épaule du châtain qui remua, reprenant contenance à son tour. Il enfouit sa tête dans le cou du brun qui caressa distraitement son dos et ses cheveux. Oikawa inspira bruyamment et soupira d'aise. Ils étaient bien.

Ni l'un ni l'autre n'osait briser le silence qui s'était installé. Leurs corps refroidissaient lentement, sans pour autant manquer de chaleur, et ils respiraient maintenant paisiblement. Ils sentaient battre le cœur de l'autre contre leurs torses, encore à vive à allure et à l'unisson, comme connectés. Oikawa bougea un peu et Iwaizumi sentit les muscles de son bassin appuyer contre son ventre. Il gémit de gêne.

« Désolé Iwa-chan, attends… »

Le passeur se redressa sur les coudes pour se retirer doucement de son petit ami. Ce dernier grogna mais se laissa faire, complétement vidé de ses forces. Il fronça néanmoins les sourcils en voyant le châtain attarder son regard sur son entrejambe.

« Tooru ?
- Je penserai à acheter des préservatifs, pour la prochaine fois. »

Oikawa releva un visage souriant à s'en faire mal aux joues, provoquant le rougissement du plus petit qui bafouilla des insultes. Oikawa rit et se rallongea contre Iwaizumi, en profitant pour embrasser le bout de son nez.

« Mais je suis tellement heureux, Iwa-chan… C'était…
- Je t'aime. »

Le brun rougissait toujours, son marmonnement n'étant pas tombé dans l'oreille d'un sourd. Le concerné sourit une nouvelle fois à pleine dents et fit rencontrer ses lèvres à celles d'Iwaizumi pour entamer un tendre baiser.

« Je t'aime, Iwa-chan. »

Oikawa posa son front sur celui de son petit ami qui ferma les yeux, épuisé. Ils ne savaient pas vraiment quoi dire après ce qui s'était passé. Ça avait été tellement irréel, et pourtant bel et bien gravé dans leurs cœurs et leurs corps. Ils restèrent encore un petit moment l'un contre l'autre, les yeux fermés et leurs mains caressant la peau de l'autre. Faire l'amour leur avait ôté tous soupçons, tous doutes subsistants. Ils s'aimaient, et s'avouaient une fois pour toute qu'il ne serait rien sans l'autre. Plus maintenant, et jamais.

Plus tard, lorsqu'Oikawa eut la force d'enfin se lever, il disparut quelques secondes dans le couloir. Iwaizumi entendit clairement l'eau couler, et comprit qu'il préparait un bain. Il sourit en le voyant réapparaitre, encore nu et souriant. Il tendit les bras vers son petit ami qui l'aida à se relever et ils s'enfermèrent dans la salle de bain, le plus petit savourant l'eau chaude qui délia ses muscles. Oikawa se faufila derrière lui, tenant son corps contre le sien. Ils savaient que le cap qu'ils venaient de passer ne serait pas sans conséquence, il leur saurait très difficile d'être l'un sans l'autre maintenant. Pas qu'ils en aient l'intention.

La soirée fut très animée. Iwaizumi accepta de rester dormir chez les Oikawa et aida ce dernier à nettoyer le futon sali. Il rougit en voyant le regard taquin de la mère qui ne dit pourtant rien, se contentant de leur parler de leurs projets. Une fois noël passé, ils commenceraient la dernière ligne droite avant l'université. Pas question d'y être séparés, ils visaient la même école et comptaient bien s'y rendre ensemble.

Oikawa reprit peu à peu son poids initial. Iwaizumi le surveillait, veillant comme une mère à ce qu'il mange correctement. Le châtain trouvait ça adorable d'ailleurs. Leur vie à deux prenait enfin un sens, une direction qu'ils étaient prêt à suivre, tous les deux. Leurs parents les avaient totalement acceptés, leurs amis étaient restés fidèles à eux-mêmes et même si certains élèves leur jetaient toujours des regards un peu hostile, plus personne n'osa entacher leur relation.

Tout se passa très vite. Ils durent s'arrêter un peu dans leurs entraînements, et se retrouvaient souvent avec Matsukawa et Hanamaki pour travailler différents cours. Iwaizumi avait repris son rôle maternel pour forcer son petit ami à travailler suffisamment, écourtant par la même occasion certains séances de bisous et de câlins, au grand damne du châtain.

Mais tout avait un prix, et rien ne remplaçait celui de la joie éprouvée lorsqu'ils surent qu'ils iraient à la même université. Ils avaient réussi, ils avaient été acceptés à Tokyo où ils y rejoindraient même leurs deux amis de troisième année. Mais surtout, ils seraient tous les deux. Et ce sourire qu'ils se firent, et l'amour qu'ils partagèrent ce soir-là n'avait décidément pas de prix…


« Vous reviendrez le week end hein ?
- Pas tous les week end non plus maman, je veux profiter de mon Iwa-chan.
- Tooru, nos parents habitent à même pas deux rues.
- Ça fera trop, maintenant je vis avec toi, Iwa-chan ! »

Le surnommé soupira en secouant la tête, provoquant les rires de leurs parents. Ils avaient trouvés un petit appartement, très agréable pour y loger un couple, près de leur université située non loin du centre-ville. Ils étaient venus passer une semaine à Tokyo avec Hanamaki et Matsukawa (qui eux-mêmes avaient été reçu dans la même école) cet été pour s'habituer à la métropole bien plus vivante que Sendai.

En ce dernier week-end d'août, les quatre parents étaient descendus à la capitale aider leurs fils qui feraient bientôt leur premier pas à l'université. Les mères cachèrent tant bien que mal leur tristesse de voir leurs enfants enfin partir, partagées avec la fierté de les voir si grandis. Les pères quant à eux espéraient que la vie à Tokyo leur serait plus clémente que leur début à Sendai. Mais ils avaient tous compris que rien ne changerait l'envie des deux amoureux d'être ensemble. Comme deux âmes-sœurs.

« On y va, fit Eiji en passant un bras dans le dos de sa femme, on a de la route. »

Les parents serrèrent une dernière fois leurs fils dans leurs bras et, d'un dernier au revoir de la main, se séparèrent sur le palier de l'appartement du couple. Ce dernier referma la porte, se retrouvant enfin seuls, chez eux.

« Ça fait bizarre d'avoir un chez-soi, vraiment rien qu'à nous deux. »

Oikawa baissa la tête vers son petit ami qui regardait leur cocon, un petit sourire en coin.

« Moi ça me rend tout simplement heureux ! »

Iwaizumi leva la tête, croisant les prunelles joyeuses de son ami d'enfance. Il rit.

« Ouais. C'est génial… »

Ils tournèrent leur regard, regardant encore leur nouveau foyer.

« T'as pas intérêt à me laisser faire toutes les corvées, prince ShittyTooru.
- Iwa-chan ! »

L'interpellé s'avança jusqu'à la porte de leur chambre entrouverte, jetant un coup d'œil vers son petit ami qui fit semblant de bouder.

« Console-toi, je te laisserai tâter mes bras si ça peut te motiver… Et plus si tu es sage. »

Le clin d'œil accompagnant la réplique fit réagir le châtain plus vite que ne l'aurait voulu Iwaizumi. Il se retrouva enfermé dans les bras d'Oikawa, ce dernier le serrant à l'en étouffer.

« Rien ne me rend plus heureux que de vivre avec toi. Mais profiter de ton corps, c'est encore mieux. Surtout tes bras.
- Mmh. »

Ils se séparèrent un peu, plongeant une nouvelle fois leurs yeux amoureux les uns dans les autres.

« Je t'aime, BakaTooru.
- Je t'aime aussi, Iwa-chan. »

Un sourire, un baiser, une étreinte. Rien de plus que la flamme d'un amour inconsummable, qu'ils avaient bien l'intention de vivre jusqu'au bout.


Oikawa et Iwaizumi sont niais, c'est dingue. J'écris tellement fluffy, mais après je me rend compte que c'est vraiment trop parfois x) mais bon, avec ce qu'ils ont traversés, ils y ont bien le droit non... ?

Cette troisième et dernière partie cloture enfin ce three shots qui ne devait être qu'un OS à la base... hum... Je me suis vraiment laissée emporter par l'histoire et j'avais tellement d'idées que je pouvais arrêter. Sans oublié que je voulais pas non plus surcharger les chapitres (à 15K la partie, c'est déjà assez long haha).

Comme toujours, n'hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé de ce chapitre, et de la fiction toute entière surtout. J'espère qu'elle vous a plu, et que je vous retrouverais bientôt dans une nouvelle fiction (ce ne sont pas les idées qui me manquent x)

A la prochaine pour une nouvelle aventure chargée d'émotions fortes !