Chapitre 5

" Mon âme, mon cœur, partis au loin,

Ce vide me hante tous les matins.

Amour caché, amour perdu,

Amour qui meurt, amour qui tue.

En ton absence je dépéris,

J'erre sans espoir, je perds ma vie."

Nous pûmes nous repaître au camp des réfugiés. Alors que nous comptions nos pérégrinations à Naedainel et à sa cohorte de l'amour, Cristagali semblait distante. Elle ne mangeait presque rien, ne disait pas un mot, et son regard semblait vide. Le voyage avait dû l'épuiser. Après le repas, nous vaquâmes chacun à nos occupations. ValentinaSL joua de le guitare autour du feu de camp, redonnant ainsi le moral à la cohorte de l'amour. Elle reprenait les chansons du fameux groupe " Les Scarabées", telles que "Le jardin de la pieuvre" ou "Laisse aller". Solennya ne profita guère de ces moments, préférant rejoindre sa tente au plus vite afin de profiter d'un repos bien mérité. Pour ma part, je rejoignis Naedainel afin de préparer la reconquête de notre tchat, en contact avec Zeus et MahyarS.

Cristagali allait rejoindre sa tente lorsqu'elle fut prise d'un sursaut. Quelqu'un avait posé sa main sur son épaule, fermement. Elle se retourna aussitôt, mais resta figée sur place lorsqu'elle vit le visage de cet inconnu. Il se recula légèrement, et tendit ses mains vers Cristagali. Dans celle-ci se trouvait un collier qu'il s'empressa de passer au coup de la belle. Il s'agissait d'une magnifique chaîne argentée qui portait une pierre bleue. Aussitôt posé sur elle, le joyau se mit à briller de mille feux. En effet, la magie incrustée dans le saphir n'opérait que si celui qui le portait se trouvait à proximité de l'être qui lui manquait le plus. À la vue de l'éclat de la pierre, Cristagali rougit de bonheur, et murmura le nom de Mastroyal, avant de fondre en larmes dans ses bras.

Ils restèrent blottis l'un contre l'autre quelques instants. Le printemps offrait ses pétales parfumées qui se perdaient dan leurs cheveux. Mastroyal invita sa chère à le suivre, et ils s'éloignèrent légèrement du camp, main dans la main. Cristagali était émue par les retrouvailles autant que par l'inconnu vers lequel il l'emportait. Un léger frisson parcourut Mastroyal lorsqu'elle posa sa tête contre son épaule. Il avait de plus en plus de mal à retenir ses émotions. Ils arrivèrent finalement devant un grand chêne, symbole millénaire de la famille de Mastroyal. Après quelques prières pour ses aïeux, que Cristagali imita maladroitement, ils s'allongèrent sous les branches de l'arbre, éclairés par les rayons de la lune. Ils passèrent quelques heures à rester là, sans parler. Mastroyal passa sa main derrière la nuque de sa belle, puis la glissa jusqu'à son épaule. A son tour, elle passa ses doigts dans les cheveux de son Apollon, se tourna vers lui, et l'embrassa sur la joue. Surpris et troublé par cette audace, il rougit subitement et tourna son visage vers celui de Cristagali. Leurs regards s'embrasèrent, ils s'embrassèrent alors langoureusement, s'enlaçant, se caressant.

Cristagali se réveilla avec les premiers rayons du soleil. Elle ne voulut se lever afin de ne pas réveiller son amant. Elle resta alors sans bouger quelques minutes, souriant légèrement en regardant Mastroyal dormir dans ses bras. Ils finirent par se lever, échangèrent quelques baisers, et retournèrent au camp. Lorsqu'ils me virent, ils se lâchèrent immédiatement la main. Je leur fis un sourire complice, puis demanda à Cristagali de me suivre. En effet, la nuit fut courte également pour Naedainel et moi, mais nous avions enfin établi un plan d'attaque pour battre les jumelles Lunapirus et ramener la paix dans notre tchat.