Chringel - le 12/07/2016
Note : Nous touchons enfin à la fin de ce voyage.
Cette partie est plus courte que les précédentes mais déterminante dans le vie de notre professeur de Potion. Ici, de la violence mais surtout, beaucoup de sous-entendu et d'introspection.
Merci à tous de m'avoir suivi. :)
BRIQUE PAR BRIQUE
ou COMMENT UN COUPLE BASE SUR LE MENSONGE EST VOUE A L'ECHEC
Partie IV : "Balayant les ruines du passé"
[Culpabilité]
Les BUSES étaient un examen important pour la poursuite des études dans le monde sorcier. Eileen en avait eu cinq, difficilement. Mais pour Severus, elle voulait mieux. Elle aurait aimé lui donner des conseils, l'encourager et même le féliciter.
Son fils, ce "sale morveux" comme l'appelait Tobias, avait eu les meilleurs résultats de Poudlard depuis des années. Sept optimal pour sept matières étudiées. Elle était fière de lui, tout autant que pouvait l'être une mère. Mais il ne le savait pas.
Severus s'était éloigné d'elle. Dès son retour de Poudlard en première année, il lui avait reproché son abandon sur le quai de la gare. Et la faille dans sa confiance s'était creusée un peu plus chaque jour. Désormais, elle savait que le gouffre créé ne pourrait jamais être comblé. Peut-être qu'elle n'aurait pas dû être aussi exigeante avec lui. Peut-être qu'elle aurait dû tenir tête à son père lorsqu'il le battait. Peut-être même quelle aurait dû s'enfuir avec lui, loin de ce simulacre de vie, de la pauvreté.
Elle ne l'avait pas fait. Jamais elle ne l'avait défendu. Et tandis que son mari la frappait, que sa bouche s'emplissait d'un goût métallique, que son corps ne réagissait même plus à la douleur, une pensée unique traversa son esprit.
Elle ne lui avait jamais dit qu'elle l'aimait.
[Peur]
La porte de la maison s'ouvrit, projetant un pâle rayon de lumière dans le salon. Dire qu'il était sale aurait été un euphémisme. Sur le sol autrefois poussiéreux, se trouvait une couche de détritus si épaisse que l'on ne pouvait même plus l'apercevoir. Quelque part dans le fatras, un groupe de cafards dérangés par la lumière s'enfouirent sous un vieux journal. Les volets étaient ouverts mais les fenêtres, rendues opaques par la saleté, ne laissaient plus filtrer qu'une légère ombre, tout juste suffisante pour distinguer la forme des meubles. Le rayon s'arrêta sur le canapé, bloqué par la forme massive d'un homme. Une silhouette noire referma la porte derrière elle, replongeant les pièces dans l'obscurité.
"Qui c'est ?" Tobias émergea difficilement de son sommeil, abruti par l'alcool et la faim. Un bruissement lui répondit et il tenta de se redresser avant de retomber lourdement sur le canapé, sa main glissant sur un cadavre de bouteille.
La lumière apparut brusquement devant lui. Une lumière pâle et presque bleutée qui provenait d'un bout de bois tenu par une longue main fine. "C'est moi."
La voix était grave, presque hypnotisante. Il fallut quelques longues secondes à Tobias avant de réaliser qu'il s'agissait de son fils. Bon dieu, le gosse avait sacrément poussé ! Ce qui signifiait une chose, l'été était arrivé. Peut-être qu'il se rendrait un peu utile pour changer.
"J'ai dix-sept ans." Tobias n'écouta que d'une oreille, trop occupé à fouiller dans les immondices au pied du canapé à la recherche d'un reste de nourriture. Il mit la main dans une boite de pizza, ressortant une part presque entière qu'il entreprit de manger. Finalement, les paroles de son fils atteignirent son cerveau embrumé et il se sentit obligé de lui répondre.
"Qu'est c'qu'ça peut m'faire ?" Son ventre enflé par la bière dépassait de son pantalon, son visage autrefois charmeur devenu flasque. Seule la lumière artificielle l'éclairait, dévoilant la décrépitude de cet homme autrefois intimidant par petites touches. Tandis qu'il se préparait à allumer la télévision, éclairé par l'aura de la baguette, le visage fin et anguleux de son fils se dessina en ombre chinoise devant lui. Il réalisa alors que le gosse qu'il avait pris l'habitude de maltraiter avait réellement grandi.
Il ressemblait toujours à sa mère. Mais désormais, le gamin pâle et maigrichon était devenu grand. Tobias ne voulait rien savoir sur la magie ni, à compter du moment où il s'était révélé aussi bizarre que sa mère, sur son fils. Mais quand il le vit devant lui, son ombre semblant s'étendre pour avaler le peu de lumière restante, il regretta de ne pas être intervenu quand Eileen lui enseignait sur ses affreux livres. Le gosse était silencieux mais un rictus dangereux s'étirait sur son visage.
"Cela te fait, papa, que je peux utiliser la magie en dehors de l'école." Tobias ne mit pas longtemps à comprendre le sous-entendu de la déclaration.
Note : FIN. A suivre ?
