Bonyoul !

Et oui nous sommes là, avec un nouveau chapitre qui a bien mis du temps à venir mais regardez, on pense toujours à vous !

... Bon. On prend du temps, nous sommes vraiment désolées, mais avec Zod'a qui est en cours, moi qui travaille et une minie Eve en route (NdZ : je peux être la marraine ?), ça devient difficile d'écrire.

Toujours est-il que nous pensons toujours à nos fics et qu'on ne compte pas les abandonner. Pour ceux qui lisent antal, j'ai déjà écrit un peu pour le chap, ça prend du temps mais ça va venir. (NdZ : et pour ceux qui lisaient Amphi, je me tâte à publier une nouvelle fic cet été, j'en reparlerai sur notre profil).

En espérant que vous allez apprécier, et nous pardonnez, bonne lecture !

PS : un grand merci à tous ceux qui nous suivent et aux revieweurs qui n'ont pas de compte. On vous aime !


Je voudrais mourir.

Me pendre au lustre par les bretelles de mon soutif.

Ou bien me mettre la tête dans un four et demander à un elfe de m'arracher le cœur pour ne plus avoir à souffrir. Je lui dirai d'en faire un rôti et il irait le cuisiner pour mon aimé afin que je reste à jamais auprès de lui. Nous ne formerions plus qu'un. Pour l'éternité.

Ou alors juste le temps qu'il faut avant qu'il n'aille faire caca.

Même si, entre nous, mon Roguigou n'est pas homme à se laisser dompter par des besoins si triviaux.

- Il ne veut pas de moi ! Je pleurniche en m'accrochant désespérément à Elias.

Il essaye de se débarrasser de moi pour continuer à draguer sa Serdaigle mais pas moyen, je reste agrippée à lui comme un koala à son bambou.

Et puis qu'on se le dise, je lui rends un fier service.

Si McGo le voit en train de batifoler ailleurs, le couple va battre de l'aile. Et déjà qu'il fait du sur place … Non non, ça va mettre de l'eau dans le gaz, après il va falloir se partager les biens, savoir qui me gardera, et attention je tiens à vous dire que je n'ai pas envie de passer une semaine sur deux chez la vieille.

Tiens, pour la peine j'irai demander une injonction à Dumbledore afin d'instaurer un périmètre de sécurité. Qui sait jusqu'où McGo pourrait aller pour avoir ma garde !

Et puis bon... ça me fait penser, autant faire d'une pierre deux coups et demander une injonction pour que l'autre babouin n'approche plus mon Rogue. Avec ses cheveux et ses tâches de rousseur, c'est tout vu : on dirait un terroriste. Il prépare un attentat et ça je peux vous le garantir !

Dans d'autres circonstances ça ne me dérangerait pas qu'il joue les kamikazes mais si la vie de mon Severus est en jeu... voilà voilà, hein.

Finalement la Serdaigle s'en va et Elias me fixe avec sévérité.

- T'as de la chance que j'ai baisé hier, il me dit. Je te préviens, la prochaine fois que tu me fais rater un bon coup tu me le redevras en nature.

...

- Enfin, t'auras intérêt de faire place nette hein. Pas envie de fourrer un macaque.

Il me lance un regard entendu et je m'apprête à lui rétorquer quelque chose quand soudain, la voix de notre babouin bien connu se fait entendre à travers les couloirs.

- Je l'ai eu ! JE L'AI EU PUTAIN !

Qu'est-ce qu'il a eu ?

Son titre d'expulsion du pays ?

Nous regardons Weasmoche sautiller dans tous les sens, jusqu'à ce qu'il s'arrête devant un pauvre premier année et ne se mette à le secouer dans tous les sens.

- J'éradiquerais tous ces putains de moustiques ! JUSQU'AU DERNIER TU M'ENTENDS ! Trois jours qu'il me suivait ! TROIS JOURS ! MÊME SOUS LA DOUCHE !

Il s'arrête tout à coup, promène ses yeux rouges et cernés autour de lui et tente de balayer quelque chose de la main.

- T'as entendu ? Fait-il auprès du petit. Y en a un autre. Y'en a un autre ! TOUS A COUVERT ! NOUS SOMMES VICTIMES D'UNE INVASION !

Et là-dessus il s'en va en continuant de crier à tout va qu'il y a eu conspiration.

...

Ahah.

- Bon, qu'est-ce qu'il y a ? me demande Elias en m'écartant de lui et en s'asseyant contre un mur, prêt à l'écoute.

Je m'apprête à partager mon malheur, le tout en pleurnichant sur son épaule, mais il prévoit le coup et s'esquive avec habilité. Il sort ensuite un mouchoir de sa poche et me le tend avec un regard de pitié.

Il est parfois bizarre mais il n'y a pas à dire, c'est un véritable ami !

Il ne laisse jamais les choses au hasard et il a toujours un stock de mouchoir sur lui en cas de mauvais jours !

...

En tout cas j'espère que c'est plus en cas de mauvais jours que pour des histoires de robinets mal débouchés.

Mais notons quand même la bonne intention.

- Il s'est lassé de moi, je réponds finalement avant de me remettre à sangloter.

Je prends le mouchoir, me mouche bruyamment.

Je pourrai vous donner des détails comme le fait que son mouchoir sente le pétrichor ou encore que j'ai les narines bien remplies mais je ne pense pas que ça va vous intéresser alors on ne va pas épiloguer sur la couleur et la texture de ma morve.

Je reprends, l'œil humide.

- Il ne veut plus me mettre de retenue !

- Mais hier t'étais en colle pourtant.

- Oui mais il m'avait envoyé chez McGo. Tiens, tu vois ! Dès qu'il en a l'occasion il me refile à quelqu'un. Il ne veut plus de moi à ses côtés. Et pourtant, j'ai tout tenté, tout ! J'ai agressé des élèves, j'ai saboté ma potion pour qu'elle lui explose à la figure, j'ai forcé sa porte, j'ai fait des graffitis sur son bureau, j'ai cassé le ukelélé du directeur, je me suis même exhibée devant Flitwick, mais non, pas moyen, on dirait que ça ne le touche plus !

...

Mais oui, je suis conne ! Évidemment qu'il m'en veut ! Je me suis foutue à poil devant Flitwick et pas lui, alors il est clair que Sev est jaloux. Il doit croire que je ne suis plus intéressée et par conséquent il me fait part du fond de sa pensée.

Ah... J'aurais dû le prévoir en même temps. Je ne peux m'en prendre qu'à moi-même.

J'ai négligé la puissance de son désir envers moi.

Elias passe une main sur son menton, l'air pensif.

- Tu dois changer de technique. À force d'agir comme ça il a dû remarquer que tu aimais être en retenue avec lui. Or une retenue ce n'est pas censée arranger les élèves.

Ah ça, on sait bien que c'est juste pour arranger les elfes histoire qu'ils se payent des vacances !

Et tout ça sur le dos de qui ? Des contribuables !

Vivement que je me taille en Australie avec Severus pour élever des kangourous. Marre de payer pour des elfes feignants !

- Tu devrais donc essayer la psychologie inverse, finit par me conseiller Elias. Lui demander de ne pas te faire quelque chose pour qu'il le fasse.

- Je dois le supplier de ne pas me mettre en retenue ?

- Euh, oui voilà.

...

C'est tordu mais Elias est un expert alors je ne peux que lui faire confiance.


- Miss Adams, je croyais pourtant vous avoir dit de ne plus m'importuner.

Je me permets d'entrer dans son bureau et il lève ses yeux vers moi, le visage impassible.

Qui a parlé d'importuner ? Tout de suite les grands mots. Je ne rends qu'une simple visite de courtoisie à mon promis !

- Je venais vous demander de ne pas me mettre en retenue.

Il a un temps d'arrêt et me regarde le sourcil haussé.

- ... certes. Et pour quelle raison ne devrais-je pas vous mettre en retenue ?

- Bah je sais pas, je réponds d'un air ennuyé. Parce que j'ai rien fait ?

Le tout en me dandinant sur moi-même.

En plus c'est vrai, j'avais pas prévu qu'il me poserait la question alors j'ai rien fait !

J'aurais dû kidnapper un élève de sa maison et le crucifier dans la grande salle avec des pieds de poules dans le cul.

Éventuellement j'aurais pu le forcer à s'accoupler avec un ornithorynque et lui enfoncer de la verroterie dans l'œil pour qu'il perde sa dignité encore plus et devienne aveugle mais ne nous égarons pas.

Si je teste tous mes châtiments d'un coup pour le premier rigolo qui passe, après j'ai plus d'idées pour Weasmoche. Et vous savez comme j'y tiens, à mon Weasmoche.

Si un jour il meurt, faudra que je me trouve un nouveau souffre-douleur et croyez bien que ça ne va pas être facile. Il a beau être con et laid, il n'en demeure pas moins que c'est le meilleur dans sa catégorie. On fait rarement des têtes de victime pareilles.

Rogue soupire et croise ses mains.

- Bien, il souffle d'un ton morne. Je prendrais votre requête en considération lorsque vous aurez fait quelque chose de notable.

Là-dessus il agite sa main - et quelles mains ! Vous ai-je déjà parlé de tout ce qu'il peut faire avec ? - signe que je peux partir, et il en retourne à ses occupations.

C'est-à-dire à son livre.

Ephismatologie, de Lerry Quin. Un titre qui reflète à merveille son petit côté intellectuel. Je suis sûre que c'est une lecture très enrichissante.

J'essaye de lire le résumé mais rapidement je me laisse surprendre par Rogue qui me jette de nouveau un regard ennuyé par-dessus sa page, l'air de me demander ce que je fous encore ici.

- Mais du coup, j'ai pas de retenues ? Je lui demande alors quand même, histoire de faire bonne mesure.

- Puisque vous n'avez rien fait.

...

C'est vrai que.

Elias et ses conseils je les retiens.

Et dire que l'autre Weasley a le droit aux retenus rien que sous prétexte qu'il respire, lui.

Y'en a marre ! C'est pas juste !

Ça se trouve c'est un fétichiste des roux et c'est pour ça qu'il ne me trouve pas à son goût !


- T'as fait quoi ?!

Je lui raconte les faits et Elias se frappe le front du plat de la main.

Encore une fois c'est moi qui passe pour la débile alors que je ne fais que suivre ses plans. On aura tout vu !

- Bon, il me fait son calme retrouvé, on va essayer une autre technique.

Il s'arrête.

- Je peux savoir pourquoi tu as teint tes cheveux en roux ?

- Tu n'aimes pas ?

- On dirait que t'as tenté le blond et que ça a raté. C'est très moche sur toi.

Je ne vais tout de même pas raser l'autre babouin pour m'en faire une perruque. Même si ça ferait plus naturel.

Qui sait, il se trimballe surement des poux.


- Hé, toi là ! Je gueule en apercevant Pipistrelle devant moi.

Bon entre nous Pipistrelle c'est pas vraiment son nom mais on va faire comme si. Ce sera plus accommodant pour la suite.

- Moi ? S'étonne mon larron en finissant par se retourner vers moi.

Ben oui, toi, tête de gland.

A qui tu crois que je vais parler ?

Au mur ?

Ça va, je suis pas encore devenue sénile.

- Oui, y a une sortie pré-au-lard samedi.

- Ouais et ?

Ouais et quoi ? C'est pourtant pas compliqué. Demeuré.

- Tu viendras avec moi.

- Pourquoi ?

- Quoi, t'as une raison valable pour refuser face de cul de poulpe ?

Je suis bonne et je suis pas chère !

Quand je vais au bar je ne prends jamais qu'un verre alors que d'autres jolies filles comme moi pourraient vraiment en profiter.

Mais bon.

La bière au beurre, ça me donne des gaz.

Vous comprendrez que. Voilà.

- Oui, le fait que ce soit toi qui demande.

- Ce n'est pas une raison valable, ça.

Il aurait tout aussi bien pu dire que j'étais trop belle pour lui et qu'il ne se sentait pas de ternir mon image en public.

Écoutez, je suis peut-être mauvaise, mais si j'empêche les gens de s'épanouir… Bon ben je veux bien faire des efforts.

- Tu mettras une perruque, je lui explique donc en ignorant son refus.

Là-dessus, je lui tapote gentiment l'épaule et m'en vais reprendre ma promenade journalière.


Je regarde mon camarade siroter sa bière au beurre le tout sans aucune délicatesse.

Severus, lui, il trempe doucement ses lèvres dans le liquide chaud avec une douceur sensuelle, il ferme imperceptiblement les yeux et semble savourer son thé avec une telle passion que j'en ai le cœur qui va éclater.

Y a pas à dire, on sait lequel des deux a le plus de classe.

Quelle prestance, quelle allure et quelle sensualité !

Je voudrai qu'il me savoure de la même façon.

Qu'il m'attache à une ficelle et me jette dans une tasse pleine d'eau chaude, que je donne une saveur à son breuvage. Il m'humerait avec délice et quand il en aurait fini avec moi, il me prendrait délicatement par la ficelle et ce serait comme s'il me sauvait de la noyade...

A ceci prêt que je serais un sachet de thé...

- Tu me dis quand t'auras fini de fixer le prof. Tu m'as forcé à venir ici avec toi, essaie au moins d'avoir de la conversation, me reproche Pipistrelle.

Je me tourne vers lui, déjà ennuyée.

- T'as pas compris que t'étais là juste pour faire figure ?

J'essaie de rendre Sev' jaloux.

Mais il continue à discuter avec cette salope de Sinistra l'air de ne pas remarquer que je n'ai qu'une envie, sauter à la gorge de l'autre grognasse.

A croire que tomber dans les escaliers n'a pas suffit.

Il aurait fallu la pousser du haut de la tour d'astronomie. Qu'elle s'éclate bien la gueule sur la sol. Comme une pomme pourrie.

Avec un peu de chance, on aurait pu faire d'une pierre deux coups et se voir épargner les aspics.

Par rapport au traumatisme.

- Fais un effort, pose-moi des questions, râle-il.

- Pourquoi tu veux que je t'en pose ?

Devrait déjà s'estimer heureux que je ne l'ai pas bâillonné !

- Pour que je ne me fasse pas chier.

- Pose-en toi.

C'est moi ou il sert à rien ?

Severus n'a même pas remarqué ma présence. Alors que bon. Je suis là. A côté. Avec un autre homme.

Je ne vais quand même pas devoir rouler une pelle à Pipistrelle pour qu'il me voie ? Si ?

- Bah... Pour le coup j'en ai pas vraiment, fait-il en se grattant nerveusement le crâne.

Ah ben oui hein, quand on a une vie de merde ça ne s'arrange pas comme ça, en quelques secondes. On a rien à raconter et puis on a rien à raconter, voilà hein, tant pis.

La vie est ce qu'elle est, on ne va pas s'en inventer une.

Je fixe mes yeux sur ses lèvres.

- Ah oui ?

Peut-être que c'est la solution après tout. Il y a un moment où il faut savoir faire des sacrifices.

Et puis bon. Ce n'est pas comme si c'était Weasmoche.

J'ai moins de risques de chopper une mononucléose.

- Alors... Euh... Tu préfères mourir noyée ou brûlée vive ? Me demande-t-il maladroitement.

- ...

Pourquoi ?

Il projette quelque chose contre moi ?

...

Je dois admettre que c'est pas con. On ne prend jamais assez de temps pour y penser.

- Eh bien... J'imagine que se noyer c'est plutôt pas mal mais après ça dépend. Ce serait dans un lac ou dans une piscine ? En hiver ou été ? Il y a plusieurs facteurs à considérer ! Imagine un peu te noyer en plein hiver dans un lac glacial. Merci le confort ! Bon si on regarde l'avantage, le corps est préservé. Tandis qu'été comme hiver, si t'es cramé, ton corps n'est plus ce qu'il était. J'imagine que même mort on garde un minimum de superficialité. Et puis si Severus me retrouve dans de la glace il pourra me retrouver alors que s'il ne reste plus que mes cendres comment il saura ? Sur quoi il se masturbera ? Mon urne ? Et sur quelle tombe pourra-il pleurer toutes les larmes de son corps ? Et puis qu'on se le dise, dans un lac, t'as de la compagnie avec des poissons. Dans le feu à part les molécules... Pas très communicatives d'ailleurs. En conclusion, ce serait noyée, dans un lac avec des canards, en hiver de préférence. Et un lac entretenu aussi. Je vaux mieux que l'égout. Pas envie de partager le loyer avec les tortues ninjas. Voilà. D'autres questions ?

- Je pense qu'après ton discours il va éviter de retenter l'expérience, ricane une voix de macaque, installé derrière moi avec un ami à lui.

Comme quoi, même un Weasley arrive à être sociable.

C'est bien, ça fait avancer la science.

Comment est-ce qu'il communique ? En agitant les bras et en poussant des bruits de paltoquet ?

Bignou va.

- Pour ou contre l'élevage des babouins roux à Poudlard ? Je demande alors à Pipistrelle en me retournant vers lui.

C'est que maintenant qu'il y a matière à discuter, je suis inspirée !

Y'a beau dire mais quand on sait pas de quoi parler, Weasmoche devient un sujet passionnant.

- Hein ?

- Mais va te faire f-

- Papa ? S'incruste alors un troisième année à l'encontre de Pipistrelle.

...

- Oh merde ! T'as un gosse ? T'es marié ? Je panique en regardant autour de moi. Mais t'as quel âge ?!

L'autre babouin pouffe derrière mon dos.

- Quarante-cinq ans, tu vas pas me dire que tu m'as pris pour un élève ? Bougonne alors mon sale individu.

Ahhhh !

Mais 'pour ça qu'il est chauve sous sa perruque en fait ! Je croyais qu'il avait eu des poux et que pour plus de commodité il s'était rasé !

Entre nous, ce qu'il y a de bien avec mon Rogue, c'est que lui ne sera jamais chauve.

Il prend soin de ses cheveux.

Bon, c'est vrai, parfois ils luisent un peu.

Mais au moins ça les laisse tranquille ! Il ne les agresse pas tous les matins avec des produits chimiques !

Et vous savez ce qu'on dit : une douche par semaine, c'est amplement suffisant !

Bon après… moi j'en prends presque tous les jours… mais c'est normal, je suis une adolescente, j'aime sentir bon et avoir les cheveux doux – et puis bon, faut pas se mentir, j'aime pas puer des aisselles et de la chatte et vous savez comme moi que ce sont des zones très odorantes.

Je dois faire bien attention, des fois qu'un jour Sev me prenne par surprise ou qu'il souhaite renifler mes dessous de bras.

Je ne voudrais pas le faire fuir.

- Tu sais, me fait face de cul de babouin en me tapotant l'épaule, il va bien falloir que tu t'intéresses à quelqu'un de ton âge, un jour.

Comme qui ? Lui ?

Je roule des yeux, et lui il s'en va, rouge de rire, avant que je n'ai pu lui jeter ma bière à la figure.

- Et dire qu'on autorise les animaux à circuler dans notre école, je commente à voix haute.

Saperlipopette !

J'attends toujours que son maître vienne le chercher et qu'on le fasse euthanasier, ce pochtron !


- Qu'est-ce que c'est, Miss Adams ? M'interroge notre bonne vieille McGo, les yeux fixés sur moi.

Je lui désigne le parchemin du doigt, tout sourire.

- Une pétition.

- Voyez-vous ça.

- Contre les animaux non traités contre la variole, notamment les babouins. C'est un danger pour les élèves de notre école.

- ... Et si j'en crois ce qu'il y a écrit... Le babouin serait Charlie Weasley. Vous voudriez que je le mette dehors ? Se scandalise-elle.

- Mais non voyons, si vous avez peur de l'abandonner à son triste sort...

On pourra toujours lui construire une cabane au fond du jardin.

- Mais sinon on peut toujours le piquer, les moldus font ça. Il ne souffrira plus.

Et ça fera plus de place dans le parc ! On aura plus à ramasser ses crottes !

- Je propose en plus de faire d'une pierre deux coups, et de piquer le professeur d'astronomie.

- Comment ?!

Avec ses comportements de bonobos, on ne sait pas quelles vilaines maladies vénériennes elle pourrait trimballer dans notre école et refiler à mon homme.

- Si vous avez peur des "qu'en dira-t-on ?", je peux m'en occuper en toute discrétion, je lui propose avec sérieux.

La dernière fois, c'est passé crème.

- En attendant il n'y a que votre signature alors dehors ! Me hurle McGo sans me laisser poursuivre.

- Mais-

- DEHORS !

... Est-ce que c'est ma faute si c'est une école d'analphabètes ?!

- A ce soir, je chantonne tout de même en déclarant forfait.

Oui, ça fait un mois que tous les soirs je suis collée avec le babouin dans sa salle.

On est devenue intime.

Euh, pas le babouin et moi, hein.

McGonounette.

Elle ne le dit pas mais je sais qu'elle m'adore ! Je lui fais toujours penser à quelqu'un.

La fille qu'elle n'a jamais eu, peut-être.


- Et ce sont ces moments que je chérie le plus, parce que vous êtes ma vie, mon homme, mon professeur, mon idéal, mon amant et ma raison de vivre. Pipistrelle, à toi !

Il râle pour la forme, gratte sa mandoline et chante une petite chansonnette romantique.

Severus, lui, semble vouloir retenir un tic nerveux, signifiant qu'il va bientôt assommer Pipistrelle avec sa petite guitare.

Je suis sûr que c'est la jalousie, il voit que je me rapproche de plus en plus de lui. Au début, ça ne lui faisait rien. Il devait se dire que ce n'était que le temps d'un rendez-vous. Mais voilà. Pipistrelle et moi, on est devenu copains comme cochons.

Je ne sais pas pourquoi, mais je l'ai encore croisé dans le château aujourd'hui. A croire qu'il crèche ici !

Alors soit il distribue des bonbons aux premiers années, soit c'est un père de famille clodo qui s'incruste à l'école de son fils…

Allez savoir.

Je devrais me méfier, d'ici qu'il cherche à forniquer avec Severus pour dormir dans un lit.

Ces sales étrangers sont parfois prêt à tout pour se faire loger gratos.

- Vous deux, sortez de ma chambre ou je ne répondrais plus de moi, siffle Sev, le regard noir.

- C'est-à-dire ? Vous n'arriverez plus à céder à vos pulsions sexuelles ?

- Miss Adams, sortez d'ici. Je perds patience.

Et ah !

Qu'est-ce qu'il est beau et chaud bouillant quand il est en colère.

Et dire que c'est la Saint-Valentin, je suis comblée !


- Tu as une idée pour ton avenir, toi ? Me questionne une camarade de chambre.

- Bah Elias m'a parlée du métier de mouchologue, mais niveau études je ne sais pas trop ce que ça donne.

J'espère juste qu'elles ne sont pas trop longues.

- De quoi ?

- Pour étudier les mouches. D'après lui j'aurais un talent caché qui pourrait se développer auprès d'elles.

Elle ricane.

J'ai bien envie de lui dire qu'elle est jalouse parce qu'elle n'a pas de talents cachés, elle.

Mais que voulez-vous ?

Moi et les mouches, on a un vrai feeling ! Chaque fois que j'entre dans une pièce, c'est comme si tout à coup je pouvais contrôler leur petites ailes et les faire aller où je veux.

Je ne sais pas pourquoi, c'est comme ça.

Je les regarde, je veux qu'elles se posent à un endroit, elles s'y posent.

C'est comme ça que j'occupe la grande majorité de mon temps l'été quand je me fais chier en cours. Je les envoie toutes s'écraser sur Weasley.

Et chaque année il ne comprend pas ce qu'il lui arrive ! Sa copie se retrouve envahie de cadavres de mouches et une fois il en a même avalé une !

Sur ce coup-là j'avais été vicieuse mais je m'étais bien marrée.

Je suis sûre qu'avec un peu de travail je pourrais diriger toute une armée de mouches et les domestiquer. Et d'ailleurs j'y ai beaucoup réfléchi et m'est venue à l'esprit une question : comment est perçue la mouche dans le marché du travail ? C'est vrai ça, on y pense pas assez mais la tapette à mouche est devenu un véritable outil du quotidien. Et parfois, elle n'est plus suffisante ! Trop de mouches, trop de flemme.

Du coup, je pourrais lancer ma propre entreprise. Une entreprise qui exterminerait vos mouches lorsque vous êtes envahis et que vous ne savez plus quoi faire.

Je me ramènerai, je leur dirai de se casser. Et voilà ! Ça me fait de l'argent facile et après je peux me financer un appartement dans Pré-au-Lard pour être au plus près de mon chéri.

En tout cas maintenant que je suis une professionnelle avec les mouches, je me suis décidée de tenter avec les moustiques. Vous avez surement dû deviner avec les récents évènements.

- Bon Yvette, pas que mais j'ai des amis, une vie sociale avec qui j'ai plus de conversation, alors à plus ! Je babille finalement à ma camarade.

- Morgane pas Yvette, bougonne-elle. Morgane Valdez.

Je vais pour répondre mais un toc à la fenêtre me coupe. Je l'ouvre et c'est non sans surprise qu'un hibou me jette une petite lettre à la gueule.

" J'arrive."

Ah ?

- Qui c'est ?

- C'est quelqu'un qui arrive, je fais, indécise.

C'est pas l'écriture à Severus, bien malheureusement. Ni celle d'Elias.

Mais qui alors ? Le Père Noël ?

La porte s'ouvre en grand, dévoilant une McGo rouge de colère, les narines dilatées.

- Ah bah voilà ! C'est votre écriture ! Merci de prévenir mais une petite sign-

- SUIVEZ-MOI TOUT DE SUITE !


J'aimerais bien devenir un wapiti plus tard.

Pour me fondre dans la masse.

Ou pour foncer dans la masse avec mes cornes plutôt. Avec un peu de chance, j'arriverais à embrocher le babouin en face de moi.

On en ferait un barbecue. Avec du camembert ce serait divin !

Quoiqu'il n'est même pas comestible.

Face de babouin hein, pas le camembert.

- ... Inadmissible ! Comment avez-vous pu ! Vous rendez-vous compte ?! Faire rentrer un parent d'élève pour entretenir des activités extra-conjugales et illégales au sein même du château !

- Hein ? Quoi ?

Face de cul de babouin sourit derrière elle.

Il est content, il a bien fait sa balance.

Va voir ce qu'il va voir.

Je vais remplacer ses gouttes pour les yeux par de l'acide, on rira bien !

- Il semblerait que Miss Adams ne se soucie pas de l'exemple qu'elle peut donner aux autres étudiants du château, ajoute lentement Severus. Il va falloir punir sévèrement.

Ah ! C'est comme ça qu'il me remercie de faire passer son bien être à lui avant celui de l'école ?

- Je veux bien qu'on m'enferme avec vous, je propose.

Oui j'essaye de participer pour leur montrer que je me sens concernée par cette affaire et que je ne prends pas cette punition à la légère.

- ... plus des inscriptions sur la porte de ma salle de classe, donc je vous soupçonne d'en être la cause.

- Quelles inscriptions ? Je demande.

Non parce qu'il m'arrive de prendre les murs et les portes pour des pense-bêtes quand je n'ai pas de papier. Le problème étant que je ne me souviens jamais de l'endroit où j'ai écrit.

- Vivien a un gros engin, me répond face de cul de piaf pour la forme.

McGo le fusille du regard.

Sev a un tic nerveux.

- Je ne connais pas de Vivien et j'ai pas vu son engin ! Je tente alors de m'expliquer auprès de Severus pour ne pas qu'il se fasse des idées.

Quel est le fou qui écrit ça sur les murs ? Et surtout dans la salle de bain de mon aimé ?!

Il doit vraiment être complexé pour en arriver là !

- Par contre, il y a bien un Pipistrelle, insiste le babouin.

Ah mais qu'il ferme sa gueule lui ! D'où il a été balancé que je préférais les vieillards ? Je ne suis pas gérontophiles moi ! Juste Severusophile !

Alors est-ce que c'est ma faute si Pipistrelle aime traîner dans le château ? Nan ! C'est celle du concierge qui laisse entrer n'importe qui !

Et est-ce que je dis à tout le monde que Weasmoche passe son temps à se branler sur des images d'axolotl, moi ? Non plus !

Alors que pourtant ces petites bêtes, bon d'accord, elles sont capables de régénérer leur membre endommagés ou détruits, mais elles ressemblent à rien, on dirait des truites ! Et faut avoir de sérieuses déviances sexuelles pour jouir sur des truites.

Moralité de l'histoire : respectons la vie privée des autres.

- Peut-être devrions-nous renvoyer miss Adams de l'école, propose alors mon Roguigou. Et monsieur Weasley aussi. Juste temporairement, bien entendu.

- Quoi ? S'insurge l'autre babouin. Mais… Mais J'ai rien fait moi !

- Et le programme alors ? On va rater nos cours ! On va rater notre vie !

- C'est pour la bonne cause, grince McGo. Et ne me faites pas croire que vous êtes une élève studieuse, elle rajoute avec un regard mauvais.

Bon.

C'est vrai que.

Sous cet angle là.

Voilà.

...

- Je vais écrire une lettre à vos parents, poursuit alors McGo tandis que Weasmoche blanchit. Vous serez renvoyez pendant trois jours. Et j'ose espérer que ces trois jours vous aideront à réfléchir sur votre conduite.

- Mais quelle conduite ? Grommelle quand même Weasley. Puisque je vous dit que j'ai rien fait !

- Ton existence est un crime suffisamment, je ne peux m'empêcher de lui répondre.

- Ah oui ? Il s'écrit, le visage tout rouge. Et ta sale tronche alors c'est pas une atteinte à l'environnement ? Quand c'est qu'on lance une alerte à la pollution ?

- A chaque fois que t'ouvres la bouche tête de crotte !

- CA SUFFIT ! Hurle la vieille.

Je ne tarde pas à sentir une prise ferme sur mes oreilles et je peux vous dire que la douleur qui s'ensuit est bien la seule chose qui m'empêche alors de me jeter sur l'autre babouin et de l'encastrer dans une chaise.